‹ Les noels bourguignons de Bernard de La Monnoye (Gui-Barôzay) suivis des noels maconnais du p. Lhuillier (le parrain Bliaise), publiés pour la premìere fois avec une traduction littérale en regard du texte patois, précédés de notices sur La Monnoye et Lhuilier [et] suivis d'un coup d'oeil sur les noëls en BourgogneChapitre 90 sur 92 · AUTRE NOËL · texte numérisé non relu

AUTRE NOËL

— Chantons Noël , Janneton ;

Chantons, je te prie.

Entonnons une chanson

Au doux Fruict de vie.

Chantons Nau autant de fois Qu'il y a de feuill's es bois,

Et d'herbes flories

Dedans les prairies !

■ — Vous me faictes grand plaisir ;

Je vous remercie, D'avoir changé le désir

Et la folle envie Que l'autre jour vous aviez , Quand d'amour vous me parliez.

Aymons donc Marie

Et le Fruit de vie !

— Janneton , qui n'aymera

L'Enfant de Marie !

Que l'on me croy' qui voudra ,

Jamais en ma vie Je n'ay vu enfant si beau Que ce petit frnicl nouveau ;

Jamais en ma vie

Rien tel que Marie!

Y auroil-il à vos yeux

Fille plus jolie Qu'elle qu'a ravi es cieux (que celle qui a)

L'auteur de la vie ; Qui par un de ses cheveux A charmé le Dieu des dieux ,

En luy blessant l'àme

De fa douce (lame1

Janncton , je t'aymois mieus.

Qu'une damoiselle , Mais or je suis amoureux

D'une autre pucelle, Qu'a tant d'attraits et d'appas !... (qui al Janne, je ne t'a y mes pas;

J'aymeray sans cesse

Ma saincle maistresse.

Vous aviez donc mal es yeux '

Estiez sans lunette.

Quittant un lys graiieux

Pour une Jannctle :

Elle est plus belle cent fois Que les nymphes de nos bois.

Que les fleurs jolies

Qui sont es prairies.

Adieu donc, ma Janneton;

J'ay une autre amye.

Je veux honorer son nom .

Puisque c'est Marie.

Et si je m'en veux aller En Bethléem adorer

De Dieu la naissance.

Faisant pénitence.

Adieu celui que j'aymois :

Que Dieu vous conduire i

Que l'estoile des (rois Roys

Claire vous reluise ; Et quand serez de retour, Nous ne pensions qu'à l'amour

Du Dieu fruict de vie

Qu'est nay de Marie 1 ( qui est ..)

C'est assurément une conversion édiGante si elle

n'a pas eu lieu uniquement dans le Noël. — En marge du quatrième couplet, l'auteur avait cité le verset suivant (le 9* du 4e chapitre du Cantique des Cantiques): « Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa; vulnerasticor meum in uno oculorum tuorum, in uno crine colli tui. » — Qui sait s'il n'a pas cru en donner la traduction dans ses vers?

Pour terminer nos citations, nous avons gardé ce dernier, dont la facture nous a paru meilleure, la touche plus ferme et le style plus correct que dans la plupart des autres.

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