DELAFOSSE
Vaskia Mohammed, s'était rendu indépendant vers le milieu du XVII^ siècle et avait formé alors deux Etats. L'un avait sa capitale à Ségou et s'étendait le long du Niger, entre ce fleuve et le Bani ; l'autre, dit du Kaarta, avait son domaine à l'Ouest du premier, au Nord du haut Sénégal. L'un et l'autre étaient gouvernés au début par des prmces de la même famille, celle des Kouloubali, la fraction occidentale portant le nom de Kouloubali-Massassi.
Vers 1660, le roi Biton Kouloubali venait de s'installer à Ségou. Le mansa du Manding, qui était alors Mama- Magan, voulut détruire dans son nid ce voisin qu'il devinait dangereux et, vers 1667, il vint mettre le siège devant la forteresse qu'avait élevée Biton. Le siège durait encore en 1670 et Mama-Magan, désespérant d'en venir à bout, se retira en suivant la rive droite du Niger ; Biton le poursuivit jusqu'à la hauteur de Niani, l'accula au fleuve et le força à conclure un traité aux termes duquel le souverain mandmgue s'engageait à ne pas s'avancer dorénavant en aval de Niamina, Biton promettant de son côté de ne pas se porter en amont de ce point. Cet événement marqua la fin de l'empire mandingue, qui, réduit désormais aux provinces malinké du haut Niger et de la haute Gambie, cessa de compter parmi les Etats puissants de l'Afrique noire.
Biton s'était constitué une armée de métier à l'image de celle des as^i'a, au moyen de ton-dion ou esclaves du gouvernement, et une flottille d'Etat, en utilisant les pêcheurs dits Somono et leurs embarcations. Il assit solidement son autorité sur tous les pays compris entre Niamina et Dienné, s'empara du Bagana et imposa sa suzeraineté au Massina et à Tombouctou. Il mourut du tétanos en 1710, à la suite d'un accident, et avec lui finit sa dynastie.
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Son armée en effet massacra ses enfants et ses parents et s'empara du pouvoir ; mais elle se divisa en clans dont les uns soutenaient le chef de l'infanterie et les autres le maître de la cavalerie, jusqu'à ce qu'un serviteur de l'ancienne famille royale, nommé Ngolo ou Molo Diâra, réussît à se faire proclamer roi et fonda une nouvelle dynastie (1750). L'un de ses successeurs, Monson (1792- 1808), se rendit surtout célèbre par la guerre qu'il fit à ses congénères les Bambara du Kaarta et par une expédition punitive qu'il conduisit en 1803 à Tombouctou, à la suite du refus de cette ville de payer à Ségou son tribut annuel.
Ce fut sous son successeur Da que le Massina s'affranchit de la suzeraineté bambara pour constituer un royaume indépendant sous le commandement du marabout peul Sékou-Hamadou, de la famille des Bari ou Sangaré (1810). Ce dernier s'empara de Dienné, se construisit une capitale à Hamdallahi, sur la rive droite du Bani, et organisa sagement l'administration et les finances de son royaume. Il convertit à l'islamisme les Peuls qui jusqu'alors avaient obéi à Vardo de la famille Diallo et réussit à substituer à Tombouctou sa propre influence à celle du roi bambara de Ségou. En fait, il s'était emparé de Tombouctou en 1826 ou 1827, mais ses compatriotes y étaient détestés et la garnison peule qu'il y avait installée ne put y rester. Il ne devait avoir que deux successeurs : son fils Hamadou- Sékou et son petit-fils Hamadou-Hamadou, lequel fut vaincu et mis à mort en 1862 par le conquérant toucouleur El-Hadj Omar.
Quant au royaume bambara de Ségou, il disparut à la même époque et de la même façon que le royaume peul du Massina : El-Hadj Omar s'empara en effet de Ségou
le 10 mars 1861 et, Tannée suivante, il se saisit de la personne d'Ali, le dernier roi de la dynastie des Diâra, lequel s'était réfugié auprès de Hamadou-Hamadou, devenu, en face du danger commun, l'allié de ses anciens ennemis.
Le royaume bambara du Kaarta avait eu une durée moins longue encore. Ses débuts remontent, comme ceux du royaume de Ségou, à 1660 ou 1670. Moins d'un siècle après, en 1754, le roi Sié s'emparait de Diâra. Ses successeurs se rendirent maîtres de la plupart des autres provinces situées au Nord du haut Sénégal et enlevèrent le Bambouk et Kita aux Mandingues.
C'est vers la même époque, en 1776, que se produisit dans le Fouta-Toro une révolution qui devait donner un regain puissant à l'islamisation des peuples sénégalais. Les Noirs toucouleurs, en majorité musulmans depuis six siècles, triomphèrent des Peuls païens ; l'imâm ou almâmi Abdoulkader remporta une victoire définitive sur Soulé-Boubou, le dernier prince de la dynastie dénianké fondée par Koli, et établit au Fouta-Toro un Etat théocratique, à monarchie élective, qui devait durer jusqu'en 1881, date de l'annexion de ce pays à la colonie française du Sénégal.
Cependant les progrès des Bambara-Massassi avaient continué et ils étaient parvenus, vers 1810, à établir momentanément leur suzeraineté sur le Khasso (région de Kayes), où des Diallo, semi-peuls et semi-mandingues, avaient fondé un petit État. En 1846, Kandia, roi des Bambara du Kaarta, avait installé sa capitale à Nioro, mais en 1854, cette capitale était prise par El-Hadj Omar, Kandia était mis à mort par le conquérant toucouleur et le royaume des Massassi n'existait plus.
Cet El-Hadj Omar, qui s'empara ainsi en l'espace de
huit ans de trois puissants Etats, était un Toucouleur de la caste des Torodo, laquelle avait dirigé le mouvement de révolte contre les Dénianké. Né à Aloar, dans la provmce de Podor, vers 1797, il entreprit en 1820 de se rendre à La Mecque, où il se fit recevoir dans la confrérie des Tidjania et investir du titre de « khalife » de cette confrérie pour le Soudan ; à son retour, il séjourna auprès du Kanémi, maître du Bornou, de Mohammed-Bello, empereur toucouleur de Sokoto, et de Sékou-Hamadou, roi peul du Massina. Revenu en Afrique occidentale en 1838 seulement, il s'établit d'abord dans le Fouta-Diallon, puis en 1848 à Dinguiraye, où il s'occupa activement de se constituer une armée. Il ne tarda pas à soumettre le Manding à son autorité, s'empara du Bambouk, puis, sous prétexte de convertir les Bambara, qui étaient toujours demeurés païens comme ils le sont encore, il marcha contre les Massassi et entra en vainqueur à Nioro (1854).
Après avoir fait à Hamadou-Hamadou, alors roi du Massina, et à Touroukoro-Mari, roi bambara de Ségou, des propositions d'alliance qui furent repoussées, il se tourna contre le Khasso et vint, le 20 avril 1857, assiéger Médine, capitale de cet Etat, avec une vingtaine de mille hommes. Le siège fut soutenu pendant trois mois, avec une rare vaillance, par Diouka-Sambala, roi du Khasso, et le mulâtre français Paul Holle, commandant du fort que nous possédions en cette localité. Le gouverneur Faidherbe arriva le 18 juillet avec des renforts et mit en fuite El-Hadj Omar, qui passa dans le Boundou et le Fouta-Toro, attaqua vainement en 1859 notre poste de Matam où il retrouva en face de lui Paul Holle, retourna à Nioro, marcha contre le Bélédougou et, après toute une série de combats contre les Bambara et les Peuls, s'empara de Ségou le 1 0 mars 1 861 .
Sans se reposer, il tourna ses armes contre Hamadou- Hamadou, se rendit maître de Hamdallahi et fit couper la tête au roi du Massina (1862).
Toujours assoiffé de nouvelles conquêtes, il alla piller Tombouctou, revint au Massina où sa cruauté vis-à-vis des Peuls suscita une révolte, fut bloqué dans Hamdallahi, parvint à en sortir à la faveur d'un incendie allumé par luimême et finit par périr misérablement dans une grotte où l'avaient acculé les Peuls, en septembre 1864.
Un empire fondé dans de pareilles conditions, et n'ayant même pas comme base le pays d'origine de son fondateur, ne pouvait pas durer. El-Hadj avait laissé, dans chacun des royaumes conquis par lui, un de ses fils ou de ses parents comme gouverneur ; tous se jalousaient ou ne s'accordaient que pour jalouser l'un d'eux, Ahmadou, qui était installé à Ségou et prétendait au commandement suprême. Les peuples opprimés par El-Hadj, ses fils et ses bandes saisissaient toutes les occasions de se révolter contre un joug détesté ; païens et musulmans s'unissaient contre le despotisme cruel d' Ahmadou et de ses frères. Aussi les troupes françaises, envoyées pour mettre de l'ordre dans ce chaos, furent-elles accueillies en libératrices. Le lieutenantcolonel Archinard entrait à Ségou le 6 avril 1 890 ; devenu colonel, il occupait Nioro le 1^^ janvier 1891 et, promu général, il enlevait, le 29 avril 1893, la ville de Bandiagara, dont les Toucouleurs avaient fait leur capitale au Massina.
La paix française avait succédé à l'aventure toucouleure. Un seul obstacle sérieux la menaçait, du côté du Sud, dans la personne du conquérant mandingue Samori Touré, originaire du Ouassoulou, qui, gagnant vers l'Est à mesure que nous gênions sa situation dans l'Ouest, dévastait
Kong, le Gulmlni et la région de Bondoukou (Côte d'Ivoire) en 1894-95, attaquait les troupes britanniques de la Côte d'Or en 1897, puis se rabattait vers le Nord-Est du Libéria, où il était enfin fait prisonnier le 29 septembre 1898, après une lutte de près de dix-huit ans, par le capitaine Gouraud, aujourd'hui général, et le capitaine Gaden, aujourd'hui gouverneur des colonies.
Je n'ai parlé jusqu'ici que des peuples ayant constitué de grands Etats : les Sarakollé, les Mandingues, les Songoï, les Mossi, les Gourmantché, les Berba, les Peuls, les Bambara, les Toucouleurs. Il y en a cependant bien d'autres, en Afrique occidentale, qui, pour n'avoir pas eu une fortune aussi éclatante, ne méritent point pourtant d'être passés sous silence.
Si nous suivons la zone côtière à partir de l'embouchure du Sénégal, nous rencontrons d'abord les Ouolofs, divisés en trois royaumes peu étendus à la vérité, le Oualo avec son prince portant le titre de brak, le Djolof avec son bour^ le Cayor avec son dameï, qui furent de tout temps remarquables par leur organisation et dont le second surtout ne fut pas sans jouer un rôle important à plusieurs reprises. Plus au Sud est le Baol, formé de groupements ouolofs et sérères obéissant à un roi qui porte le titre de tègne. Au delà se trouve le grand royaume sérère du Sine, où l'agriculture fut toujours florissante.
Ensuite nous arrivons à une poussière de tribus pour la plupart très arriérées et souvent à demi-sauvages, restes probables de populations autrefois plus nombreuses et plus compactes entre lesquelles les Mandingues et les
Peuls se sont infiltrés depuis des siècles, tantôt les acculant à la côte de l'Océan ou parfois même aux îles situées dans les estuaires des fleuves, comme c'est le cas pour les Diola de la basse Gambie et de la Casamance, les Balantes, Bagnoun, Bissago, Papel, Biafada, etc. de la Guinée Portugaise, les Nalou, Landouman et Baga de la basse Guinée Française, les Timné et Boulom du Sierra-Leone, tantôt les isolant en îlots plus ou moins étendus à l'intérieur des terres, comme ceux formés par les Tiapi, les Bassari et les Koniagui au Nord du Fouta-Diallon, les Kissi, fabricants de statuettes en pierre, au Nord-Ouest du Libéria, les Gola dans l'Ouest de ce dernier pays. De l'histoire de ces diverses tribus, nous savons fort peu de chose, en dehors du fait que leurs voisins plus puissants ont largement puisé parmi elles les milliers et milliers d'esclaves qui, vendus aux marchands négriers, allèrent, par delà l'Atlantique, défricher et cultiver les terres des anciennes colonies espagnoles, portugaises, françaises et anglaises de l'Amérique.
A partir de la Guinée Française, des peuples apparentés aux Mandingues contribuèrent avec ceux-ci à pousser ces tribus vers la mer en l'atteignant eux-mêmes : tels les Soussou ou Sosso, qui habitaient autrefois dans le Fouta- Diallon et qui furent rejetés du côté de l'Atlantique ; tels encore les Mendé du Sierra-Leone,- à moitié islamisés aujourd'hui comme les Soussou et doués comme eux d'un esprit assez entreprenant ; tels aussi les Vaï ou V^eï de la région de Gallinas et de Cape-Mount (Sierra-Leone et Libéria), qui usent pour écrire leur langue d'un alphabet syllabique inventé de toutes pièces par quelques-uns d'entre eux vers la fin du XVIII® siècle ou le début du XîX^.
J'ai cité le nom du Fouta-Diallon et je ne puis passer
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outre sans dire au moins un mot de cette contrée de montagnes et de vallées, oii un mélange de Soussou prétendus autochtones, de Peuls venus du Massma et du Termes, de SarakoUé de Diakha (Massina), de Toucouleurs du Fouta- Toro et de Mandingues du haut Sénégal arriva à former une sorte de nation, dite des Foula, relativement homogène, surtout pastorale mais agricole aussi, parlant le peul et pratiquant en immense majorité la religion musulmane, qui s'est constituée en un Etat théocratique assez analogue à celui des Torodo du Fouta-Toro et chez laquelle le goût de l'étude et des belles-lettres a été en honneur jusqu'à nos jours.
J'ai parlé aussi du Libéria. L'on sait en quoi consiste cet Etat et quelle en est l'origine. Des esclaves noirs libérés par des sociétés philanthropiques y furent amenés de l'Amérique du Nord, à partir de 1822, et s'y multiplièrent. En 1847, ils se constituèrent en une République indépendante dont la constitution fut copiée sur celle des Etats- Unis et qui fut reconnue par toutes les puissances d'Europe et d'Amérique. Les Libériens proprement dits, c'est-à-dire les Noirs et mulâtres de provenance américaine, vivant à la mode européenne, ayant l'anglais pour langue maternelle, ne sont guère plus de 15.000 et n'exercent qu'un contrôle très restreint sur les quelque 700.000 indigènes qui leur ont été octroyés comme sujets par les traités conclus avec la France et la Grande-Bretagne.
Au Sud -Est du Fouta-Diallon, en bordure de la forêt dense, nous rencontrons une série de peuplades généralement très primitives, parfois encore anthropophages, qui se sont spécialisées dans la culture des colatiers et en vendent les fruits à leurs voisins du Nord, Malinké et Dioula. Ce sont, en allant du pays des Kissi à Bondoukou, les Toma,
les Guerzé ou Pessy. les Manon, les Dan ou Mêbé, les Toura, les Lo ou Gouro, les Mouin ou Mona, lesNgan, les Gbin.
Au Sud de cette série de peuplades, confinées dans la forêt dense, est un peuple plus primitif encore peut-être, sauf en ce qui concerne la fraction vivant en bordure de la mer. Il est en grande partie adonné à l'anthropophagie et se divise en une multitude de tribus qui s'étendent depuis le Saint-Paul jusqu'au delà du Sassandra. Celles qui habitent la côte, connues sous le nom générique de Kroumen que leur ont donné les Anglais, sont utilisées depuis cinq siècles environ par les navigateurs et les commerçants de toutes les nations pour fournir des manœuvres aux navires et des équipes de canotiers aux factoreries.
A l'Est des Kroumen, la forêt équatoriale et ses abords sont habités prmcipalement, du Bandama à la Volta, par un groupe de populations remarquablement développées sous le rapport intellectuel, quoique d'une civilisation matérielle parfois très rudimentaire et souvent abâtardies par un usage immodéré des liqueurs fortes. Elles surprennent tous ceux qui les approchent par une propreté corporelle méticuleuse et une étiquette mondaine compliquée. Certaines de leurs fractions ont atteint un stade politique relativement avancé, tandis que d'autres vivent dans l'anarchie la plus absolue. Les portions christianisées par les missionnaires protestants de la Côte d'Or britannique fournissent une quantité stupéfiante de docteurs en théologie ou en droit, d'avocats et de littérateurs. Ce groupe renferme notamment : les Baoulé ; les Agni ; les Zéma ou Apolloniens, commerçants avisés ; les Abron, lesquels ont fondé au XV^ siècle, dans la région de Bondoukou, un Etat savamment organisé qui existe encore ; les Achanti ou mieux Assanti, lesquels avaient créé, i avec Coumassie
comme capitale, un royaume puissant et fort bien constitué qui dura de 1700 à 1895 ; enfin les Fanti, chez lesquels les Anglais ont trouvé une abondante pépinière d'excellents fonctionnaires et employés subalternes, comme chez leurs voisins orientaux, les Gan d'Accra.
En continuant vers l'Est, nous trouvons encore des peuples étonnamment doués aux points de vue intellectuel, artistique et politique. Ce sont les Ehoué du bas Togo» les Mina et les Fon ou Djedji du bas Dahomey, puis, dans un groupe ethnique différent quoique assez voisin, les Yorouba ou Nago, les Bénin ou Edo et les Noupé de la Nigeria méridionale. Tout le monde en France a entendu parler du royaume du Dahomey, qui, fondé dès avant le XVI® siècle ^, avec Abomey comme capitale, fut annexé par nous en 1894 à la suite d'une campagne fameuse ; les rois du Dahomey furent de grands guerriers et de grands rabatteurs d'esclaves et se rendirent célèbres par leurs sacrifices humains, mais il convient de dire d'autre part qu'ils avaient su organiser leur Etat et leur armée et administrer leur royaume d'une façon qui leur fait honneur ; il faut ajouter aussi que les talents des Dahoméens comme cultivateurs et comme artisans, joints à leurs indéniables capacités intellectuelles, les placent à l'un des tout premiers rangs parmi les peuples noirs de l'Afrique.
1. Certains auteurs donnent 1625 comme date de la fondation du Dahomey. D autres comme M. A. Le Hérissé, veulent ne faire remonter cet événement qu'au règne du prince Ouagbadja, qui se place entre 1650 et 1680 et sous lequel serait apparu, d'après eux, pour la première fois le nom de Dahomey ou mieux Danhomé. Or la carte intitulée Guinea de Joannes Janssonius, éditée à Amsterdam en 1627, porte le pays et la ville de Daama au Nord d'Arder (Ardra) et à l'Elst de la Volta. c'est-à-dire là où se trouve le Dahomey que nous connaissons : de plus, Léon l'Africain, qui vivait entre 1491 et 1540 et qui voyagea au Soudan vers 1507, mentionne également un royaume de Daama, qu'il situe assurément bien à l'Est du Dahomey, mais qui devait très probablement être le même que le Daama de Joumes JanMonius.
Contrairement à toutes les populations que je viens d'énumérer à partir de l'embouchure du Sénégal, à l'exception des Ouolofs, des Soussou, des Vaï et des habitants du Fouta-Diallon, contrairement aussi aux populations ouestafricames qu'il me reste à citer, les Yorouba sont en grande partie islamisés. Ils se répartissent entre plusieurs Etats pourvus d'assemblées législatives et parfois de journaux — officiels et privés — rédigés en anglais. L'un de ces États a pour capitale Abéokouta, cité extrêmement populeuse et très industrieuse.
Quant au Bénin, il a formé, depuis sans doute le XV® siècle et peut-être depuis une époque plus lointaine, un État puissant et redouté, oii les arts industriels et notamment l'art du bronze et celui de l'ivoire ont fleuri d'une façon remarquable ; certains bronzes du Bénin des XV® et XVi® siècles, que l'on peut voir aujourd'hui dans les musées de Hollande, d'Allemagne et d'Angleterre et dans des collections privées, sont dignes de rivaliser avec les produits analogues de plusieurs civilisations renommées.
La nécessité de suivre les côtes de l'Océan nous a contraints à laisser provisoirement de côté quantité d'autres peuples intéressants, répandus dans l'intérieur de la Boucle du Niger : les Tombo ou Habé, qui habitent, au Nord du Yatenga, des demeures creusées dans les falaises rocheuses de Bandiagara et de Hombori ; les Samo, qui les avoisinent dans la direction du Sud-Ouest ; les Foulsé, Nioniossé, Kipirsi, Nourouma, Sissala et autres tribus communément englobées sous le nom générique de Gourounsi ; les Dagari, Birifo ou Birifor, Gbanian ou Gondja, Dagomba, Nankana et autres peuplades ethniquement apparentées de très près aux Mossi ; les Bobo, Lobi, Dian et autres peuples plus ou moins barbares ; les Koulango
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de la haute Côte d'Ivoire orientale, les Soumba du haut Togo et du haut Dahomey, etc.
On peut dire de tous ces peuples qu'ils ^ont, dans leur ensemble, demeurés des primitifs ; à part quelques exceptions, ils n'ont pas su arriver à un stade politique quelque peu élevé et, la plupart du temps, n'ont pas dépassé l'unité familiale. Quoique voisins d'Etats puissants et bien organisés, comme les empires mossi et les royaumes du Gourma et du Bergo, habités par des populations de même groupe ethnique, ils n'ont pas profité en général de ce voisinage ; les uns se sont trouvés englobés comme sujets ou vassaux dans ces Etats, les autres sont demeurés en dehors, semblant n'avoir qu'un but, sauvegarder, à force de sauvagerie, leur farouche mais stérile indépendance. Par une contradiction singulière, presque tous sont de merveilleux cultivateurs et l'attachement à la terre semble la seule institution solide et féconde de leur société chaotique.
Il convient de mettre à part l'importante population des Sénoufo ou Siéna, répandue depuis la région de San et de Koutiala sur la rive droite du Bani jusqu'à celle de Bondoukou et du coude de la Volta Noire, où elle atteint la limite septentrionale de la grande forêt. En partie dégrossies par les Dioula établis parmi elles et qui souvent, comme à Sikasso et à Kong, ont exercé dans le pays une hégémonie durable, beaucoup de fractions sénoufo sont arrivées à constituer de petits États de superficie restreinte mais offrant de la cohésion et de la vitalité. L'industrie du fer et celle de la poterie, l'agriculture, l'art musical ont atteint chez certains Sénoufo un développement qui mérite de retenir l'attention.
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les pays haoussa. — l empire du bornou. — le baguirmi. le royaume du ouadaï. — le darfour et le kordofan. l'Équipée de rabah. — le mahdisme. - les populations VOISINES DE L ABYSSINIE ET CELLES DE LA POINTE ORIENTALE DE L 'AFRIQUE.
Si nous sommes moins documentés sur l'histoire ancienne du Soudan central et oriental que sur celle du Soudan occidental, c'est principalement parce que les musulmans d'abord et les Européens ensuite n'entrèrent en relations avec le Centre et l'Est de l'Afrique noire que bien après avoir pénétré jusqu'au cœur des régions situées plus à l'Ouest. L'islamisation et l'exploration des pays qui s'étendent à l'Est du Niger sont relativement très récentes.
Le peuple nombreux et fort intéressant des Haoussa ou Afno, dont l'habitat est compris entre le Songoï et le Bornou, fut de tout temps réparti entre plusieurs petits Etats qui semblent avoir été tributaires les uns des autres tour à tour, sans qu'aucun ait jamais eu sur l'ensemble une prééminence véritable. C'étaient et ce sont encore : le Gober ou royaume de Tessaoua, célèbre dès le XVI^ siècle par ses tissus de coton et ses chaussures de cuir ; le royaume
de Kano, dont la capitale était déjà populeuse au temps de Léon l'Africain et réputée pour son enceinte imposante, ainsi que pour son commerce et son industrie ; celui de Katséna, renommé pour sa richesse agricole et sa puissance militaire ; celui de Zegzeg ou Zaria, dont on a toujours vanté la prospérité commerciale et dont on prétend qu'il aurait autrefois, grâce à l'énergie d'une femme qui en était la souveraine, étendu son autorité sur tous les pays haoussa ; d'autres encore, notamment les royaumes de Zinder, du Zanfara, du Kontagora, du Baoutchi, etc.
Il semble que ces divers Etats furent réunis au XV® siècle sous l'autorité des k^nta ou rois du Kebbi, pays situé au Sud-Ouest de Sokoto et à l'Ouest de Gando, dont les habitants seraient issus d'un mélange de Songoï et de Haoussa, Vers l'an 1 500 régnait un k^nta qui passait pour être maître de Katséna, de Kano, de Zaria, du Gober et du Zanfara et étendre son pouvoir jusque sur l'Aïr. Le sultan du Bornou, Ali, qui venait de s'installer à Gassaro, à l'Ouest du Tchad, voulut mettre fin à l'extension grandissante du Kebbi et vint attaquer le k^nta dans sa résidence de Sourami ; après un siège sans résultat, il dut se retirer. Le roi du Kebbi le poursuivit, l'atteignit à l'Est de Katséna et mit son armée en déroute ; mais, comme il revenait sur ses pas, il fut attaqué par les gens de Katséna révoltés, reçut une fîèche et mourut de sa blessure.
Son successeur fit alliance en 1513 avec Vaskia Mohammed, qui l'aida à reprendre Katséna et, en 1515, poussa jusqu'à Agadès. Craignant de voir ses Etats passer sous la suzeraineté de Gao. le k^nta rompit le traité d'alliance. En 1517, il infligea une défaite complète à l'armée que Vaskia avait envoyée contre lui et rétablit l'autorité propre du Kebbi sur Katséna et l'ensemble des pays haoussa.
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Mais, vers l'an 1600, les rois du Gober et du Zanfara s'unirent à celui de l'Aïr contre le k^^nta qui vivait alors, le vainquirent, détruisirent ses trois villes principales (Goungou, Sourami et Liki) et libérèrent le Haoussa du joug du Kebbi.
C'est au début du XIX® siècle seulement que remonte l'islamisation des Haoussa ou, plus exactement, d'une certaine partie d'entre eux. Jusque-là, on ne rencontrait guère de musulmans qu'à Kano, et ils n'y étaient pas nombreux. C'est au zèle mystique et au fanatisme guerrier d'un marabout toucouleur ^, originaire du Fouta-Toro, que cette importante région de l'Afrique dut d'être envahie par le mahométisme.
En 1801, le cheikh Ousmân le Torodo, fils d*un nommé Mohammed dit Fodé ou Fodio, c'est-à-dire « le savant ^ », ayant appris que des difficultés s'étaient élevées entre des bergers peuls du Gober et leurs patrons haoussa, profita de la circonstance pour prêcher la guerre sainte contre les habitants du Gober et leurs voisins. Prenant fait et cause pour les Peuls, qui avaient avec lui et son peuple un lien commun consistant à parler la même langue, il leva une armée parmi des guerriers sans emploi du Fouta-Toro, du Massina, du Liptako et du Songoï et se lança à la conquête du Haoussa. Il réussit dans son entreprise et fonda, avec Sokoto comme capitale et son faubourg de Wourno comme résidence princière, un empire qui ne tarda pas à englober tous les royaumes haoussa, une partie de l'Adamaoua, le Noupé, le Kebbi et, dans la boucle du Niger, le Liptako.
1 . C'est tout à fait à tort que l'on parle couramment de l'empire fjeul du Sokoto et de la conquête du Soudan central par les Peuls ou Foulbé : ceux-ci n'intervinrent que comme cause occasionnelle et la conquête fut faite i>ar un Toucouleur et au profit des Toucouleurs.
2. D'où son nom haoussa de Ousmân-dan-Fodio, c'est-à-dire « Ousmân fils de Fodio ».
il envahit même le Bomou, mais en fut chassé en 1810 par le Kanémi, dont il sera parlé plus loin. Le cheikh Ousmân mourut vers 1815, à la suite d'un accès de folie mystique. Son frère Abdoullahi prit le commandement des provinces occidentales de l'ernpire, avec Gando comme capitale ; l'Adamaoua forma un Etat à peu près indépendant ; quant à la majeure partie des provinces conquises par Ousmân, elle passa sous la domination de son fils Mohammed Bello (1815-1837).
Les débuts du règne de ce prince furent consacrés à une lutte sans répit contre le Zanfara, le Gober, le royaume de Katséna et le Kebbi qui refusaient l'obéissance au fils comme au frère d'Ousmân et dont les habitants avaient abjuré l'islamisme presque aussitôt après l'avoir accepté par contrainte. En fait, tout le Haoussa s'était révolté contre la domination toucouleure et les Touareg de l'Aïr et du Damergou pactisaient avec les rebelles. Bientôt, le Kanémi leur apporta son aide et leur fournit des contingents envoyés par le Ouadaï et le Baguirmi ; puis il partit lui-même en guerre contre Mohammed Bello. Celui-ci dépêcha contre son ennemi deux armées commandées l'une par Yakouba, roi du Baoutchi, et l'autre par Ya-Moussa, roi de Zaria. Ce dernier prit la fuite avec son contingent dès le premier contact avec le maître du Bomou, mais Yakouba, après deux durs combats, mit le Kanémi en déroute et sauva l'empire de Sokoto.
Mohammed Bello, qui fut un guerrier assez médiocre et qui aimait peu se battre en personne, était un homme de lettres distingué. Il composa en arabe une foule de poèmes et d'ouvrages en prose, les uns religieux, les autres historiques, protégea les savants, reçut avec égards l'explorateur anglais Clapperton (1828) et se signala par un con-
trôle rigoureux des actes des magistrats, qui redoutaient ses enquêtes et sa censure.
Son frère et successeur Atikou (1837-1843) se montra surtout grand ennemi de la danse et de la musique et proscrivit tous les divertissements. Le Gober et le royaume de Katséna se révoltèrent de nouveau sous son règne contre les excès des princes toucouleurs installés comme résidents dans les provinces vassales.
Ali, fils de Mohammed Bello, régna de 1843 à 1855, au milieu des continuelles révoltes de ses prétendus sujets qui, notamment dans le Gober et le Kebbi, refusaient avec persistance d'adhérer à l'islamisme. Ali laissa s'émietter L'autorité que lui avait léguée son oncle et qui, peu à peu, passa aux gouverneurs de province. Les cinq souverains toucouleurs qui vinrent après lui — Ahmadou (1855- 1866), Alioun-Karani (1866-1867), Ahmadou II (1867- 1872), Boubakar (1872-1877) et Méyassou (1877-1904)furent incapables de gouverner un empire trop vaste et trop mal organisé, qui s'effondra comme un château de cartes, en 1904, du seul fait de l'occupation de Sokoto par les troupes britanniques de Sir Frederick Lugard.
A l'Est du Haoussa, des deux côtés du lac Tchad, vit une population dont le domaine porte à l'Ouest le nom de Bornou et à l'Est le nom de Kanem. Cette population se rattache, par ses origines et par sa langue, à une autre, dispersée à travers d'immenses territoires pour la plupart désertiques, celle des Téda ou Gorân ; ceux-ci se rencontrent au Kaouar (oasis de Bilma), au Tibesti ou Tou ou région de Bardai (d'où les noms de Tibbou ou Toubou et de Bardoa donnés aux Téda de cette région), au Borkou ou Daza, dans l'Ennedi (où ils prennent le nom d'Anna et sont appelés Bédéyat par les Arabes), dans le Kabga
OU Kapka du Nord du Ouadaï (Gaoga de Léon l'Africain), enfin dans le Zaghaoua. situé au Nord du Darfour entre TEnnedi et le Nil. Ces Téda se divisent en un grand nombre de tribus, les unes nomades et les autres sédentaires, les unes musulmanes et les autres païennes, les unes franchement nègres, d'autres plus ou moins métissées de sang blanc. C'est à ce peuple qu'appartenait vraisemblablement la famille du premier souverain du Kanem-Bornou dont la tradition ait conservé la mémoire. Elle donne à ce prince le nom de Saéfé ou Séfou, dont les musulmans n'ont pas hésité à faire SeïfouUâhi « le sabre de Dieu) , tout en reconnaissant qu'il n'était pas musulman ; ils n'ont pas hésité davantage à l'assimiler à Seïf ben Dzou-Yezen, dernier roi himyarite du Yémen.
En réalité, ce Saéfé était tout bonnement un nègre d'origine téda, qui fixa sa résidence à Ndjimi, entre Mao et Yagoubri, dans le Kanem, et établit sa domination sur les Téda du Borkou, du Tibesti et du Kaouar, sur les Kanembou ou habitants du Kanem et sur les Kanouri ou Baribari du Bornou et du Mounio. On ignore à quelle époque se place sa vie. C'est vers le XI® siècle, sous l'un de ses successeurs nommé Oumé, que l'islamisme aurait fait sa première apparition dans le pays.
A la fin du XII® siècle, la dynastie téda et païenne fondée par Saéfé fut renversée par une dynastie kanembou et musulmane dont le premier représentant fut Tsilim ou Salmama, c'est-à-dire « le musulman », qui régna, croiton, de 1 194 à 1220 et prit le titre de mai'. Son successeur Dounama I (1220-1259) eut à combattre les Téda révoltés. Deux siècles se passèrent ensuite dans une anarchie presque continuelle. Sous le mai Ibrahim (1288-1304) commença la révolte de la tribu, jusque-là vassale, des Boulala, laquelle
continua durant plus de trois cents ans à troubler l'empire. Le mat Idris I (1352-1376) venait de monter sur le trône lorsque le voyageur arabe Ibn-Batouta, se rendant de Tombouctou au Touat, séjourna en 1 353 à Takedda, entre Gao et Agadès (le Teguidda de nos cartes actuelles), célèbre alors par ses mines de cuivre en pleine exploitation ; les gens de Takedda racontèrent à Ibn-Batouta que le roi Idris ne se montrait jamais en public et ne parlait à personne que caché derrière un rideau, selon une coutume que l'on observe encore de nos jours dans beaucoup d'Etats de l'Afrique noire.
Le mai' Omar (1394-1398) se décida à abandonner le Kanem aux Boulala et alla s'établir au Bornou, où l'un de ses successeurs, Ali (1472-1504), fixa la capitale de l'empire à Gassaro ou Kasr-Eggomo, à 75 kilomètres à l'Ouest du Tchad. Ce fut cet Ali qui s'attaqua au k^nta du Kebbi et fut défait par lui. Son fils Idris II (1504-1526) reconquit le Kanem sur les Boulala ; il était contemporain de Léon l'Africain, lequel parle de lui dans sa relation en lui donnant par erreur le nom d'Ahran (Ibrahim), l'un des prédécesseurs d'Idris.
C'est avec Idris III (1571-1603) que l'empire du Bornou atteignit son apogée. Sa suzeraineté s'étendait alors sur Kano, Zinder et l'Air, sur le Kanem jusqu'au Fitri,sur l'ensemble des pays habités par les Téda et, au Sud du Tchad, sur le Mandara ou Ouandala (Maroua), sur le Kotoko (Kousseri) et sur le Mousgou (moyen Logone). Mais, après la mort de ce prince, les Boulala redevinrent maîtres du Kanem, pour en être chassés ensuite par des Toundjour émigrés du Ouadaï et se retirer vers l'Est. Ce furent les Toundjour qui régnèrent désormais au Kanem, avec Mao comme capitale, mais ils payaient un tribut au mai du Bornou, qui entretenait un résident à Mao.
Ces Toundjour, qui parlent habituellement un dialecte arabe, passent pour être d'origine arabe antéislamique. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ne professent l'islamisme que depuis un siècle à peine et que beaucoup d'entre eux n'ont jamais été et ne sont pas encore musulmans. Il se pourrait qu'ils fussent d'origine abyssine et que leur ancien paganisme eût été un christianisme plus ou moins corrompu. Il semble d'ailleurs que cette appellation de toundjour soit donnée à l'Est du Tchad à tous les peuples non musulmans auxquels la tradition attribue une origine non nègre.
En 1808, le Bornou fut attaqué par le conquérant toucouleur Ousmân-dan-Fodio, qui battit près de Gassaro les troupes du maï Ahmed. Un chef très influent, Mohammed-el-Amine, dit « le Kanémi » à cause de son pays d'origine (le Kanem), se mit à la tête des Noirs du Bornou et des Arabes Choa ^, refoula l'armée toucouleur en pays haoussa et ramena dans sa capitale le maï Ahmed, qui avait pris la fuite à l'approche de l'ennemi (1810). Cet Ahmed et ses successeurs jouèrent le rôle de rois fainéants et l'autorité désormais fut tout entière entre les mains du Kanémi et des gens de sa famille. Le cheikh Omar, fils du Kanémi, prit les rênes du gouvernement à la mort de son père et finit, en 1846, par se faire prochamer sultan du Bornou. Il installa sa résidence à Koukaoua ou Kouka, qui devint la capitale de la troisième dynastie, fondée par son père et par lui.
Hachem, successeur d'Omar, fut attaqué en 1893 par l'aventurier Rabah ; malgré les secours que lui envoya le Ouadaï, il fut défait et tué. Rabah détruisit Kouka et
1. Il y a un certain nombre d'Arabes répandus à l'Est du Tchad. Les uns, sédentairea, venus d'Arabie par l'Abyssinie, sont appelés Choa. Les autres, nomades, venus de Tripolitaine, sont connus sous le nom d'Oulad-Slimân.
Tropique du Cmcer