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ment, salles en toutes leurs facons de faire, sur
È toutes choses experts à larreçin. DCE)
C'est le’ premier texte qui relate la présence des Bohémiens dans nos contrées; il ne dit pas d’où ils venaient. |
Dès ce moment il est facile de les suivre dans
leurs pérégrinations. Ils visitent les villes han- —
séatiques : on les signale à Lunebourg et à Hambourg. Ils errent à travers l’Allemagne et parviennent aux côtes de la Baltique. Là on les voit
brusquement changer de direction et aller vers la
Suisse. Sans doute n’avaient-ils pas trouvé un accueil excellent chez les habitants de ces contrées: « Les habitants si retors de ces villes si marchandes, ouvertes aux voyageurs de toutes les nations, ne s’en laissèrent pas imposer (2) ». Ils eurent vite fait de voir qu'il avaient affaire à à de «franes vauriens » et durent leur faire comprendre qu'il valait mieux pour eux aller à la recherche de cieux plus cléments.
On suit le passage de la caravane à travers l’Allemagne. On les trouve à Leipzig, dans la Hesse, et enfin en Suisse en 1418. Au mois d’août
de cette année, ils campent aux portes de Zurich.
(1) Sébastien Munster, La cosmographie universelle de tout le monde. Trad, franç de Bélleforest- T. I, 2: partie, p. 879.
(2) Bataillard, p. 460.
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Ils paraissent avoir modifié leur ligne de conduite,
et loin de commettre comme en Allemagne des dé-
prédations sans nombre, ils ont une conduite des. plus régulières. « Les chroniqueurs qui signalent
leur passage en disent du bien. Cette modération dans leur conduite, est d’autant plus remarquable,
de Ja part des pèlerins au teint sombre, qu'ils se
sentaient en force. La horde, était, en Suisse, plus nombreuse qu’elle n’avait jamais paru encore. Il semble que ce séjour dans l’Helvétie a été un
heu de réunion de plusieurs bandes, dont une
seule avait pénétré en Allemagne. » (1)
On voit bientôt se seinder la troupe, qui s’est mise en marche. Cette scission a lieu près de Baden. Une partie d’entre eux franchit le Jura, entre dans le duché de Bade et va jusqu’à Strasbourg où on les trouve en 1418. Une partie pénètre en France en 1419: et quant au plus grand nombre, il disparaît sans laisser de traces.
Ceux qui entrent en France, nous sont sigralés à Saint-Laurent-les- Macon, le 24 août 1419, puis pénètrent en Provence. Dans cette région, nous avons des détails assez nombreux sur leurs faits et gestes, relevés dans l’Histoire de la ville de Sisteron: « Leur étrange visite ne fut pas sans inspirer des craintes; ils restèrent pendant Jeux
(4) Challier, p. 34.
Dur
jours campés à la manière des gens de guerre, dans
Fur pré, an quartier de la Baulme, où on leur en-
voya des vivres, suivant en cela l'exemple des
autres villes de Provence par où ils avaient
passé » (1). |
Pendant près de trois ans nos caravanes sem-
blent avoir disparu, puis on les retrouve tout à: coup en Italie en 1422 et notamment à Bologne, à Florence et à Rome. Là comme ailleurs, chacune de leurs étapes est marquée par de nouveaux iméfaits; de plus, leur passage coïncide avec une su démie de peste.
Parvenus à Rome, les nomades changent encore de direction, et reprenant les chemins par lesquels
ils sont venus, ils gagnent le nord de l'Italie, et
de là la Suisse, puis la France, après avoir fait un long détour en Bavière.
Ils arrivèrent à Paris, ou plus exactement à la chapelle Saint-Denis le 17 août 1427, jour de la foire du Lendi. Les Parisiens de l’époque durent éprouver une stupéfaction sans borne à la vue de cette étrange cavalcade, si l’on en juge par ce fait, que le bruit de leur venue s’étant propagé « tout Paris, tous les habitants de Saint-Denis et des villages circonvoisins, vinrent en foule » les voir.
Plusieurs témoins oculaires nous ont laissé le
(4) Histoire de Sisteron, tirée de ses archives par M. E. de Laplane. Digne, 1843, t. I, 4: époque, ch. 4. p. 259,
récit de cet événement, ét ilest facile de voir en lisant ces chroniques dans quel étonnement cette aventure extraordinaire les avait plongés.
. L'un des récits les plus curieux, est rapporté dans l’ouvrage de M. Challier. T1 est extrait du « Journal d’un bourgeois de Paris » (1405- PE | publié par Alexandre Tuetey. Le voici:
« Le dimanche d’après la mi-aoust, qui fut :e © XVII jour d’aoust, audit an mil [II XVIL, vint à Paris XII penanciers, comme ils disoient. C’est assavoir ung duc et ung comte, et dix hommes tous à cheval, et lesquels se disoient très bons chrestiens et estoient de la Basse Egypte; .et oncore disoient qu'ils avoient été chrestiens autrefois, et n’avoit pas grant temps que les chrestiens les avoient subjugués, et tout leur païs et tons fait christianner et mourir ceulx qui ne le Voiloïient estre; ceulx qui furent baptisez furent signeurs du pais comme, devant et promistrent d’estre bons et loyaux et de garder la loi de Jhesu-Crist jusques à la mort. Et avoient Roy et Royne en leur païs qui demouroient en leur signourie parce qu'ils furent christiennez. |
» Item vray est, comme ilz disoient, que, après aucuns temps, qu’ilz orent prins la foy chrestienne, les Sarazins les vindrent assaillir, quand ilz se virent pour fermes en notre foy à très pour d’achoison, sans endurer guères à la guerre et sans faire leur devoir de leur païs déffendu que très pou, se
| FRE EVE et randirent à leurs ennemys et devinrent Sarazins te comme devant et renoieront Nostre Seigneur.
» Item, il advint après que les chrestiens comme l'Empereur d'Allemagne, le roi de Poullaine et autres signeurs, quant ils sorent qu'ils orent ainsi
faulcement et sans grant peine laissé nostre foy
et qu'ilz étorent devenus sitost Sarazins et: ydolatres, leurs coururent sus, et les vainquirent tantost, comme s'ils cuidoient que on laissat en leur pais, comme à l’autre fois, pour devenir chres- tiens. Mais l'Empereur et les autres signeurs, par
grant deliberacion de conseil, dirent que jamais ne tinroient terre en leur païs, se le pape ne le consentait, et qu'il convenoit que là allassent au Sainct-Père à Romme; et là allèrent tous, petitz et gran, à moult grant peine pour les enffans. Quant là furent, ils confessèrent en général leurs péchéz. Quant le pape ot ouye leur confession, par grant déliberacion du conseil leur donna en penance d’aller VIT ans ensuivant parmi le monde, sans coucher en lict et pour avoir aucun confort pour leur des- pence, ordonna, comme on disoit-que tout esvesque et abbé portant crosse leur donroit pour une foys dix livres tournois et leur baïlla lettres faisant mencion de ce aux prélatz de l'Eglise et leur donna sa beneisson, puis se despartirent. Et furent avant cinq ans par le monde qu’ilz vinssent à Paris et vindrent le XVII° jour d’aoust mil IIIE XXII les doze devant diz, et le jour Sainct Jehan Decolace