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vint le commun, lequel on ne laissa point entrer
dans Paris; mais par justice furent logez à la chapelle Saint-Denis et n’estoient, pas plus en tout, de hommes et de femme et d’enfans de cent à six-vingt ou environ. Et quant ilz se partirent de leurs païs, estoient mil ou XIT° mais le remenant estoit (mort) en la voye, et leur roy et leur royne, et
ceulx qui estoient en vie avoient cette espérance
d’avoir encore des biens mondains, car le Sainet Père leur avoit promis qu’il leur donroit païs pour habiter. bon et fertile, mais qu'ilz de bon eueur achevassent leur pénance.
» Item, quant ilz furent à la Chapelle, on ne
vist oncques plus grant allée de gens à la beneïsson du Lendi, que là alloit de Paris, de Sainct- Denis et d’entour de Paris pour les veoir. Et vray est que les enffans d’icelx estoient tant habiles filx et filles que nul plus, et le plus et presque tous avoient les deux oreilles percées; et en chascune oreille ung anel d’argent ou deux en chascune, et disoient que ce estoit gentillesse en leur païs.
» Item les hommes estoient très noirs, les cheveulz crépez, les plus laïides femmes que on peust veoir et les plus noires; tous avoient le visage deplaié, chevelx noïrs comme la queue d’ung cheval, pour toute robbe une vieille flaussoie très grosse d’un lien de drap ou de corde liée sur l’es-
paule et dessoulz un pauvre roquet. ou chemise pour
tout parement. Brief ce estoient les plus povres
| — 33 — A aan que on à vist onques venir en Frarce de aage d’homme.
Le
» Et néanmoins, leur povreté, en la compagnie
avoit sorcières qui regardoient ès mains :des gens et disoient ce que advenu leur estoit ou à advenir et midrent constans en plusieurs mariaiges, car
elles disoient (au mari): € ta femme (t’a fait)
coux » ; ou à la femme: « Ton mari t’a fait coulpe ».
et qui pis estoit, en parlant aux créatures par art magicque ou aultrement, ou par l’ennemy d’enfer,
ou par entregent d’habileté, faisoient vuyder les
bources aux gens et le mettoient en leur bource, comme on disoit. ;
» Et vrayement je y fus III ou IIIT fois pour parler à eulx, mais oncques ne m’aperçeu d’ung denier de perte, ne ne les vy regarder.,es mains, mais ainsi le disoit le peuple partout, tant que la nouvelle en vinst à l’evesque de Paris, lequel y alla et mena avec lui ung frère meneur nommé le Petit Jacobin, lequel par le commandement de l’Evesque fist là une belle prédicacion en excommuniant tous. ceulx ou celles qui ce faisoient et qui avoient creu et monstré leurs mains. Et convint qu’ilz s’en allassent, et se partirent le jour de Nostre Dame et s’en allèrent vers Pontoise. »
On suit les Bohémiens de Paris à Pontoise, puis à Amiens où on perd leurs traces.
Les textes relatant leur présence deviennent en-
suite de plus en plus rares, et « cela s’explique,
EP
à 2,34 Re LA TU Res dit M. Challiôr. par le fait que ja curiosité suscitée au début par l’étrangeté des Bohémiens s'était beaucoup atténuée » (1). Cependant « dans les pre-
miers jours du mois de juin 1430, on voit à Metz.
«des Sarazins du pays d’Egypte » au nombre de 150 environ, conduits par un due et deux chevaliers. Ils paraissent à à Erfurt en 1432, en PAIE en 1433 » (2).
Au demeurant, il serait d’un faible intérêt de suivre pas à pas les nomades dans leurs randonnées du xv° siècle à nos jours. Le but de cette étude n’est pas en effet d'écrire le journal de leurs pérégrinations jusqu’au xx° siècle mais d'examiner quel est leur état Juridique dans les siècles passés et à l’heure actuelle. Aussi, avant d’étudier les loïs qui les régissent aujourd’hui, devons-nous examiner celles qui ont été édictées précédemment, ce qui nous permettra de préciser les rapports qu’ils ont eus avec les autorités publiques du xv° sièele à nos
jours. F
(1) Challier, p. 36.
(2) Id.
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