I. D. S., 1924, 17e partie, p
) Edgeworth, Papers, pp. 202-204.
si l’on avait à mesurer la pression atmosphérique : il serait sans intérêt scientifique de faire porter la mesure sur l’ensemble d’un continent, il convient au contraire de mesurer la pression atmosphérique soit en plusieurs stations voisines, soit en une seule station et dans ce cas, pour corriger l'effet des erreurs accidentelles, de prendre la moyenne des lectures faites sur plusieurs baromètres. Dans ce dernier cas, l’hydrostatique montre qu'il n’y aurait pas lieu d’attacher une importance particulière, toutes choses étant égales par ailleurs, aux lectures faites sur un baromètre contenant une masse importante de mercure. De même, ajoute le professeur Edgeworth auquel j’emprunte cette comparaison, dans la mesure de la tendance commune aux différentes variations de prix, il n’y aurait aucune raison, en prenant la moyenne des différentes observations, de proportionner l'importance de chaque observation à la masse de la marchandise en question : a priori et abstraitement, le poivre et les épices fournissent une aussi bonne observation que le coton.
La notion du pouvoir d'achat de la monnaie en biens et services indéterminés est purement abstraite, mais chacun de nous possède une notion concrète, beaucoup plus précise du pouvoir d’achat de la monnaie. Pour chacun de nous, le pouvoir d’achat de la monnaie est le pouvoir qu’a celleci d’assurer la satisfaction de nos besoins. Nous disons que la valeur de la monnaie à augmenté ou diminué entre deux époques déterminées, si la satisfaction de nos besoins a nécessité l’emploi de plus ou de moins de monnaie à la deuxième époque qu’à la première. Mais si nos besoins ont changé en qualité ou en quantité, ou à la fois en qualité et en quantité, notre comparaison portera en réalité sur deux séries de grandeurs, le prix des biens et services, et la nature et la quantité de ces biens et services. L’indice qui serait calculé de cette manière serait un indice de dépense et non un indice de prix; à la différence de l’Institut International] de Statistique, j'estime qu’en règle générale, cet indice est sans intérêt et peut être négligé. Nous poserons comme condition
que la nature des biens et services dont les prix entrent dans le calcul de l'indice et la quantité de ces biens et services sont les mêmes aux deux époques qui sont comparées dans l’indice. Nous avons ainsi, à l’opposé de l'indice abstrait du pouvoir d’achat en objets indéterminés, un indice concret, qui est le rapport du coût aux deux époques d’une collection déterminée de biens et services consommés par un individu, de ce qu’on peut appeler le « budget » de l’individu considéré. C’est la forme « budgétaire » des indices des prix, que l’on oppose souvent à la forme « monétaire », dans laquelle on recherche la tendance commune aux différentes variations de prix, tendance que l’on attribue, soit de fait, soit par définition, à une cause monétaire.
Cet indice budgétaire est susceptible d’être généralisé sous diverses formes, et à mesure qu’il sera généralisé, il prendra un caractère de plus en plus abstrait, On peut d’abord le généraliser en l’étendant à un groupe social plus ou moins large, et on aboutit ainsi à un type d’indice d’une application courante, l’indice du coût de la vie qui, appliqué à la classe ouvrière et combiné avec un indice des salaires nominaux, permet de calculer un indice des salaires réels. Bien entendu on ne prend en considération, pour former l'indice, qu'un nombre plus ou moins grand d'individus du groupe social étudié et qu’un nombre plus ou moins grand des éléments du budget de ces individus. On étudie parfois aussi la variation du coût, non de ce qu’un milieu social consomme, mais de ce qu’il doit consommer, par exemple d’après la physiologie et l’hygiène alimentaire.
On peut aller plus loin dans la généralisation du concept d'indice budgétaire et de même que nous avons étendu la notion de budget du budget d’un individu à celui d’un groupe social, l’étendre à la nation tout entière, En même temps il faut étendre la notion de consommation de la consommation individuelle, destinée à la satisfaction immédiate des besoins, à la consommation reproductive de l’agriculture, de l’industrie et du commerce, mais cette extension soulève des diffi-
cultés théoriques et pratiques assez sérieuses, que nous retrouverons plus loin. Comme dans le cas précédent, pour que la comparaison ne porte que sur l’élément prix, nous devons supposer qu’un même régime de consommation s'applique aux deux époques comparées; nous devons même ajouter l'hypothèse accessoire de la constance de la population. Dans cet indice du type « consommation » nous étudions donc le mouvement des prix des biens et services consommés par une nation.
Mais on peut concevoir une forme plus « raffinée », selon l'expression du professeur Edgeworth, de cet mdice du type « consommation ». Dans l’indice précédent on s’attachait au pouvoir qu’a la monnaie d'acheter certains biens et services destinés à notre consommation ou à la consommation nationale. Mais la cause fondamentale de cet achat, c’est la nécessité de satisfaire nos besoins. On peut donc se proposer de mesurer le pouvoir qu'a la monnaie de nous permettre d'assurer la satisfaction de nos besoins, du pouvoir qu'a la monnaie d'acheter de la jouissance. Dans un tel indice on comparera les quantités de monnaie nécessaires pour procurer la même satisfaction, C’est Lehr le premier qui a exprimé clairement cette proposition (1), en suggérant de remplacer dans le type précédent les unités physiques de quantité par des unités de jouissance (genusseinheit), des unités d'utilité finale. Ce problème peut paraître d’ordre uniquement théorique ; nous le retrouverons pourtant bientôt dans l’étude d’une question pratique, qui se pose fréquemment à l’époque d’instahilité monétaire que nous traversons actuellement.
La monnaie n’a pas seulement le pouvoir d’acheter des quantités physiques de richesses ou d’acheter de l'utilité finale. Elle à aussi le pouvoir de compenser de la « désutilité », de rémunérer un effort ou de compenser un sacrifice.
(1) Beiträge zur Statistik der Preise, Francfort, 1885.
« Si tous les articles, écrit le professeur Nicholson (1), étaient produits par du travail non qualifié payé à un taux uniforme, les changements de ce taux seraient la meilleure mesure possible des changements de pouvoir d'achat de la monnaie : si les salaires nominaux doublaient, tous les prix doubleraient, le pouvoir d’achat de la monnaie diminuerait de 50 % », mais il ajoutait à juste titre que le rendement du capital et du travail varient continuellement. Le professeur Simon Newcomb reprit cette idée (2), et considérant le pouvoir qu'a la monnaie d’acheter du travail, proposa de prendre pour mesure de la variation dans la valeur de l’étalon monétaire, le volume de valeur produit par le travail d’un individu moyen dans l’unité de temps. Une telle formule suppose naturellement que l’on peut trouver une unité commune aux travaux les plus divers, en tenant compte de leur nature, de leur intensité, de la déplaisance de l’effort, etc. Elle suppose aussi que la productivité moyenne de chaque individu est la même aux deux époques comparées. Ricardo suggère une formule analogue quand il pose en principe qu’une marchandise « qui exige à chaque instant pour sa production les mêmes sacrifices d'effort et de travail à une valeur invariable ». De même Marshall déclare dans sa déposition devant la Royal Commission on Gold and Silver (3), en parlant de l'appréciation de l’or : « Quand on la présente comme montrant une augmentation dans la valeur réelle de l’or, je la regarde comme mesurée par l'augmentation du pouvoir qu’a l'or d’acheter du travail de toute sorte, c’est-à-dire non seulement du travail manuel, mais du travail des hommes d’affaires et de tous ceux qui sont engagés dans une industrie quelconque ». On peut donc concevoir, avec le professeur Edgeworth, un indice du type « travail » dans lequel on mesurera l’appréciation ou la dépréciation de la monnaie
(L)ERAIS. NS; H1SS7, (2) Principles of Political Economy, et Journal of Political Economy, 1893, (3) Question no 9695.
par le changement dans la rémunération d’une certaine collection de services, c’est-à-dire tous les services ou les princis paux services rendus dans le cours de la production pour l’ensemble de la communauté, durant un an, soit à l'époque initiale, soit à l’époque finale, ou quelque expression intermédiaire,
Aux indices précédents, qui se rattachent au type « consommation » on peut faire correspondre des indices se rattachant à la notion de production. Nous sommes parvenus à l’indice budgétaire général du type « consommation » par généralisation de l'indice montrant les variations du coût de la consommation individuelle, La production de l’individu étant en général beaucoup moins variée que sa consommation, ie nombre indice montrant les variations de la valeur de la production de l’individu est sans intérêt, mais ïl peut être utile de considérer, pour un groupe donné de producteurs ou pour l’ensemble de la nation, un indice montrant les variations de valeur de la production.
On peut, d'autre part, faire correspondre aux nombres indices précédents, qui sont des indices du revenu, des indices du type « capital » et mesurer les variations du pouvoir qu'a la monnaie d’acheter les éléments du capital : terre, usine, machines, ete. À ce type, on peut rattacher le nombre indice proposé par le professeur Nicholson, qui montre lès variations de la valeur de toutes les richesses vendables à un instant donné dans une collectivité.
L'une des applications que l’on a proposé le plus souvent de donner aux nombres indices des prix conduit à une forme d'indice qui devrait théoriquement appartenir selon les cas, soit au type « consommation », ou « revenu », soit au type « capital ». Les changements du pouvoir d'achat de la monnaie causent dans l’économie des contrats à long terme un trouble grave auquel on a cherché depuis longtemps à porter remède. On s’y efforçait déjà au xvr° siècle à propos du trouble apporté par la hausse des prix dans l’exécution des contats de rente constituée. En 1797,
l’évêque anglais William Fleetwood s’en préoccupe à son tour dans son « Chronicon Preciosum ». Au début du xIx° siècle, Poulett-Scrope, Lowe, Porter recherchent, comme nous l’avons vu au chapitre précédent, un étalon tabulaire pour les paiements différés (ainsi appelé parce qu'il est calculé à l’aide d’un tableau de prix). C’est l’une des principales préoccupations de l’Association britannique pour l’Avancement des Sciences quand elle constitue en 1888 le Comité pour lequel ont été rédigés les trois célèbres memoranda du professeur Edgeworth. Celui-ci a caractérisé très heureusement l’importance du problème : « Les oscillations du pouvoir d’achat de la monnaie intensifient les hauts et les bas de la Fortune, si éprouvants pour la nature sensible et morale de l’homme. Le trouble surajouté par une circulation défectueuse pourrait être annulé en corrigeañt l’étalon. Le travailleur honnête ne serait pas déçu dans son salaire par des erreurs dans le caleul de la valeur de, la monnaie. Ceux qui ont fait reposer leur vie sur la foi en un revenu fixe ne seraient pas désappointés dans leurs justes espoirs. Les dispositions en faveur de la veuve et de l’orphelin seraient plus sûres. Les bourses d’études garantiraient cette aisance constante qui est favorable à la pratique des arts libéraux » (1). Plus récemment, le professeur Irving Fisher déclare que « le but le plus important des indices est peut-être de servir de base aux contrats d'emprunt » (2). Il est évident, en effet, que si un individu emprunte 1.000 francs qu’il s’engage à rembourser au bout de 10 ans, et qu'entre temps l’ensemble des prix a doublé de façon inattendue, le prêteur subit une perte, puisqu’avec les 1.000 francs qui lui sont remboursés il ne peut se procurer que la moitié des biens qu’il eût pu se procurer avec cette même somme au moment du prêt. Inversement l’emprunteur bénéficie d’un gain imprévu. C’est le gain qu'a réalisé par exemple l'Etat
(1) Papers, pp. 200-201.
(2) Purchasing Power, p. 208.
allemand à qui la dépréciation du mark a permis d’annuler presque entièrement sa dette intérieure. Il n’y a d’ailleurs à ces gains et pertes aucune injustice, au moins dans le cas général où la variation du pouvoir d’achat de la monnaie ne résulte pas des agissements du débiteur ou du créancier. Le contrat était parfaitement loyal, chacun des contractants ayant pu savoir lors de la passation du contrat que le niveau des prix était susceptible de changer. Le contrat comportait un risque, le perdant n’est pas fondé à se plaindre ni à réclamer aucune intervention; au contraire une intervention de cette nature, survenant après coup, serait injuste. Le risque est dans certains contrats à terme un élément normal, quelquefois même, comme dans les affaires de spéculation pure, il en est l’élément essentiel. Mais il arrive souvent que le risque en question n’est qu’un élément accessoire du contrat, que les contractants ont accepté de subir sans l’avoir recherché. Il y a socialement le plus grand avantage à débarrasser les contrats de cette nature du risque qu'ils comportent du fait d’une appréciation ou d’une dépréciation possible de la monnaie. Aussi a-t-on eu l’idée de baser ces contrats sur un nombre indice qui les rende indépendants du pouvoir d’achat de la monnaie. L'action des fluctuations du pouvoir d’achat de la monnaie sur les contrats d'emprunt sera éliminée s’il est stipulé que l’emprunteur remboursera à l’échéance, non pas le montant en monnaie qu'il a ermprunté, mais ce montant multiplié par l'indice : s’il a emprunté 1.000 francs à une époque où l'indice était égal à 120 et qu’à l’époque du remboursement l'indice est de 180, il devra rembourser non pas 1.000 francs, mais 41.500 francs.
L'application d’un tel indice n’est nullement limitée aux contrats d'emprunt, elle s'étend aux formes les plus diverses de contrats à terme plus ou moins long, et en parüculier aux baux de toute nature (baux à loyer, baux à ferme, etc.), contrats de salaires, d'assurance. Dans ce dernier cas, l’adaptation aux variations du pouvoir d'achat de
la monnaie du taux des primes et de l’indemnité à verser en cas de sinistre soulève des problèmes très délicats sur lesquels on trouvera d'’intéressants développements dans une étude publiée par le Docteur Elsa Pfau dans le Journal de Statistique suisse (1). L'adaptation des salaires au coût de la vie sera examinée plus loin. J’aurai donc surtout en vue dans ce qui suit le cas des contrats d'emprunt.
Le professeur Edgeworth définissait de la manière suivante le problème de la recherche d’un étalon pour les paiements différés : « Trouver une Unité telle que le créancier reçoive dans l'avenir autant d’Unités qu’il reçoit actuellement de £ et trouve autant d'avantage au point de vue de la consommation — ou telle que le débiteur futur, payant autant d’'Unités qu'il reçoit aujourd’hui de £, ne soit pas plus embarrassé dans ses affaires qu'aujourd'hui ».
Le problème qu'il s’agit de résoudre par l’institution d’un indice servant d’étalon pour les contrats à long terme, les emprunts par exemple, est extrêmement complexe. L’opération du prêt peut en effet s’analyser, selon les cas, de façon très différente. Le prêt a pu être, de la part du prêteur, une consommation différée, c’est-à-dire une renonciation à une consommation immédiate dans l’espoir d’une consommation plus forte lors du remboursement. L'égalité de pouvoir d’achat à réaliser doit donc être considérée pour le prèteur par rapport aux biens et services qu'il désirait consommer lors du prêt et qu il a renoncé à consommer. Dans ce cas, on devrait se servir d’un indice du type « consommation ». Mais on peut chercher à réaliser l’égalité de pouvoir d’achat en prenant pour base soit la quantité physique des biens et services, soit leur valeur d’usage, leur utilité finale.
Jusqu'ici, c’est le prêteur que nous nous sommes efforcés
de garantir contre les effets de l'instabilité du pouvoir d'achat de la monnaie. Maïs on peut tout aussi bien se pro-
poser de procurer à l’emprunteur la même garantie, et tout ce qui vient d’être dit pour le prêteur s'applique également à l’emprunteur. En particulier s’il s’agit d’un emprunt en vue de la production, il faut que la somme à rembourser ait le même pouvoir d’achat par rapport aux biens que l’emprunteur produit.
On a quelquefois ajouté une donnée nouvelle à ce problème déjà si complexe et proposé de tenir compte des variations qui peuvent s’être produites dans les moyens, soit du débiteur soit du créancier, entre l’époque du prêt et celle du remboursement, On a proposé également de tenir compte de la variation de la richesse nationale ou de celle de la richesse nationale par tête; à ce dernier sujet, le professeur Irving Fisher a déclaré que la recherche d’un étalon pour paiements différés, qui devrait pourvoir à la juste distribution des « bienfaits du progrès » semble aussi présomptueuse que celle de la pierre philosophale. Il est exact cependant que l’homme a une tendance naturelle à apprécier son sort, non pas en lui-même, mais par rapport à celui de son voisin. On est donc fondé à admettre que si la richesse nationale, ou plus précisément la richesse moyenne par tête, a augmenté au cours de l’exécution du contrat, l'utilité finale d'une même quantité de biens et services a diminué pour le créancier.
Ainsi, même si l’on n’envisage que le cas d’un contrat isolé bien déterminé, on voit que le problème peut se poser d’une foule de manières bien différentes, selon le but qu'ont eu en vue les deux contractants en passant leur contrat, selon le contractant qu’on se propose de garantir contre les conséquences des fluctuations du pouvoir d'achat de la monnaie, selon qu’on cherche à maintenir l’équivalence physique ou l’équivalence économique du pouvoir d'achat de la monnaie, à tenir compte ou non de la variation des moyens de l’un ou de l’autre des deux contractants, ou de celle de la richesse nationale, etc. L'idéal serait d’ailleurs toujours de garantir les deux contractants contre les variations du pou-
voir d’achat de la monnaie, mais en général les intérêts des deux contractants sont différents, souvent même ils sont opposés, et le problème est insoluble. Pour des contrats individuels, on à employé, notamment en Allemagne au cours de la période d'inflation, les indices les plus variés (1), tantôt des indices spéciaux exprimant les variations du prix d’une marchandise ou d’un groupe de marchandises intéressant particulièrement l’un des deux contractants : blé, seigle, charbon, potasse, pain, or, etc., ou des indices généraux tels que l'indice des prix de gros, du coût de la vie, du change, etc. Il est quelquefois nécessaire de recourir à une combinaison de différents indices. Dans un contrat de fourniture, ainsi que le fait observer très justement le Docteur Pfau, une partie du prix (celle qui doit assurer la subsistance de l’entrepreneur) doit dépendre des variations du coût de la vie, une autre de la valeur de remplacement de la marchandise vendue, De même quand il y'a disparité entre les pouvoirs d’achat intérieur et extérieur de la monnaie, il faut combiner un indice du change ou de l’or avec un indice des prix de gros intérieurs, etc.
La méthode à choisir dépend de la nature concrète du contrat. Il en résulte qu’il est impossible de trouver un étalon qui puisse être appliqué à tous les contrats à terme. On peut évidemment généraliser le problème, mais on n’aboutira qu’à une solution très grossièrement approchée, même si l’on se borne aux cas généraux les plus simples : la nature et la quantité des biens consommés varient à un instant donné d’un individu à l’autre, et, pour un mèênre individu d’un instant à l’autre; de même pour leur valeur d'usage.
Pour les contrats d'emprunt, par exemple, on sera conuit, selon que l’on cherche à garantir le prêteur ou l’emprunteur, à adopter un indice budgétaire du type « consom-
tt} Ct Pau, art. cité.
mation » dans le premier cas, du type « production » dans le second, mais ces indices ne pourront tenir compte que grossièrement des multiples prétentions de la masse des emprunteurs et des prêteurs. Un indice tout à fait général destiné à servir d’étalon pour les contrats à terme devra tenir compte des variations de tous les prix, aussi bien de ceux des instruments de capital que de ceux des biens immédiate ment consommables ; mais il sera difficile de déterminer l’importance relative à donner à ces biens qui n’ont pas de commune mesure : devra-t-on, par exemple, donner la même importance aux chemins de fer du pays qu’à un mois de consommation de sucre ? Il semble qu’on ne puisse appliquer qu’une seule méthode consistant à donner à chaque bien ou service une importance proportionnelle à la valeur qui en est échangée pendant la période couverte par l’indice. On est ainsi amené à examiner les nombres indices du pouvoir d’achat de la monnaie qui s’attachent particulièrement à l’un des attributs de la monnaie, celui de servir d’intermédiaire dans les échanges.
Le type « échange » de nombre indice du mouvement des prix ou du pouvoir d’achat de la monnaie est celui qu'a étudié le professeur Irving Fisher dans son livre « The Purchasing Power of the Money ». On sait que le professeur Irving Fisher a résumé dans une équation, dite équation d'échange, la relation qui existe entre les différentes grandeurs mesurant les phénomènes d'échange dans l’économie monétaire. Cette équation exprime que le produit de la masse monétaire par sa vitesse de circulation est égal à la somme des paiements effectués pendant le temps considéré, c’est-à-dire à la somme des produits des quantités échangées multiphées par leur prix de vente :
MV+MV'= pq
M — masse de monnaie en cireulation.
V — vitesse de circulation de la monnaie.
M” — masse des instruments de crédit.
vitesse de circulation des instruments de crédit.
q —= quantité des biens et services échangés.
p = prix des biens et services échangés.
Le professeur Irving Fisher s’est efforcé de transformer le second membre de l’équation en un produit de deux termes dont l’un serait un indice des quantités échangées (volume du commerce) et l’autre un indice des prix. L’équation d'échange prend alors la forme