‹ Les Nombres Indices: de la Variation des PrixChapitre 42 sur 79 · VE · texte numérisé non relu

VE

LES FORMULES D'INDICES BUDGETAIRES PONDERES 235

même une adaptation parfaite d’une formule à un usage, si important soit-il, lui donne le droit d’être appelée la meilleure formule. Cette déclaration est plus qu'une argutie verbale : beaucoup d’auteurs d'indices des prix de gros ont dit s'être proposé « un but général ». Mais le temps est venu où nous commençons à calculer une large variété d’indices spécialement adaptés à des buts particuliers et nous devons aller plus loin dans ce sens (1). En telle matière, l’auteur doit d’abord définir aussi précisément que possible l’usage auquel sa nouvelle série doit servir et de cet usage il déduira la forme de l'indice qui est la « meilleure » pour lui. Ce critère d'usage déterminera le nombre d'articles à inclure, le choix des articles, la valeur des poids et le fype de moyenne (2). Ce qui est le meilleur à cet égard pour un usage peut être mauvais pour un autre. On ne peut concevoir un indice qui serait le meilleur pour tous les usages » (3). M. Warren Persons se prononça dans le même sens. De même le professeur Udny Yule écrit : « On ne peut pas donner une réponse définie à une question vague et indéfinie et à moins que le but d’un nombre indice (la question à laquelle on se propose de répondre) ne soit posé avec une précision complète, la formule correcte à appliquer ne peut être déterminée » (4).

Voici ce que répond le professeur Irving Fisher à ces objections : « ilest vrai que dans le large champ de la science des types variés de moyennes conviennent le mieux à des buts variés nettement différents. Mais un indice est en luimême un but. C’est un but suffisamment différent des buts appartenant aux autres domaines qu’on à cités, et suffisamment homogène dans son propre domaine pour comporter

(1) Le professeur Irving Fisher n’a jamais, semble-t-il, exprimé J'opinion contraire.

(2) C’est sur ce dernier point seulement que porte la contradiction entre les professeurs Irving Fisher et Wesley Mitchell, car le professeur Irving Fisher a nettement précisé que seul le choix de la formule était indépendant du but assigné à l'indice.

(PA SAM 00 Een 587

certains critères bien définis. On peut être d'avis que tel type de balance convient à tel commerce et tel autre type à tel autre commerce, sans être pour cela d’avis que pour corriger les deux lectures obtenues en pesant successivement dans les deux plateaux, il faut en prendre la moyenne géométrique par exemple quand on pèse du thé, et la moyenne arithmétique quand on pèse du sucre » (1).

En vérité la discussion ainsi présentée me paraît être de pure terminologie, et ne comporte aucune conclusion ferme : qui pourrait dire si, étant admis que le choix d’une forme de moyenne dépend du but qu’on se propose, ce sur quoi tout le monde est d'accord, les différents nombres indices qu'on peut se proposer de calculer sont des variétés d’un même but, ou des buts distincts — ou encore qui pourrait dire si, étant admis qu’on ne peut donner une réponse précise qu’à une question précise, ce sur quoi tout le monde est d’accord, il est possible ou non de donner certains éléments de la réponse (formule de l'indice) quand on connaît certains éléments de la question (calculer un nombre indice des prix) et certains éléments seulement ? Il faut aller plus au fond des choses, et c'est d’ailleurs ce qu'a fait le professeur Irving Fisher en mettant ses contradicteurs au défi de trouver un seul but pour lequel la formule VAR ne serait pas la meilleure formule.

Le problème me paraît être celui que j'ai déjà énoncé : les deux conditions de réversibilité sont-elles nécessaires, et sont-elles les seules conditions nécessaires ?

Sur ces deux points, on pourrait opposer au professeur Irving Fisher... le professeur Irving Fisher lui-même. Dans son premier travail sur les nombres indices, celui-ci avait imposé à la formule de satisfaire à quatre conditions dont nous n'avons pas reparlé : les conditions de commensurabilité, de détermination, de proportionnalité, d’addition et de suppression d’un élément. Pour apprécier la valeur des cent trente-quatre formules réunies par lui, le professeur

(1) A. :S. A., 1921, art, cité, passim.

LES FORMULES D'INDICES BUDGETAIRES PONDERES 9237

Irving Fisher a négligé d'examiner dans le corps de sa théorie si ces formules satisfont à ces quatre conditions, mais il l’a fait en appendice, une fois ses conclusions posées (1). Il reconnaît comme fondamentale la condition de commensurabilité (insensibilité aux changements d’unité de mesure).

son

Cette condition conduit à éliminer l’agrégat simple 2P: Zpo

here >» Ce : Fe antithétique . HS et leur moyenne géométrique. 2 Po do 4 40

Quant aux trois autres conditions, trente-cinq formules y satisfont, mais vingt-trois seulement de ces formules sont distinctes ; l’une de ces formules étant l’agrégat simple, qui ne satisfait pas à la condition de commensurahbilité, il ne reste donc que vingt-deux formules qui satisfont aux quatre conditions autres que les conditions de réversibilité.

La condition de proportionnalité (2), qui est en réalité la définition même d’une moyenne, ainsi que le fait observer le professeur Irving Fisher, conduit à éliminer toutes celles des cent trente-quatre formules qui ont été formées par antithèse; les formules du type agrégat y satisfont en général, au contraire les formules du type géométrique tendent à n’y pas satisfaire.

La condition de détermination (3) élimine la plupart des formules intéressantes du type géométrique, et un grand nombre de formules qui satisfont à la condition de proportionnalité.

La condition d’addition et de suppression d’un élément (4) est en général satisfaite par les indices primaires qui satisfont à la condition de proportionnalité, mais conduit à éliminer presque toutes les formules croisées.

{1) pn. 420-496.

(2) Quand tous les prix relatifs ont la même valeur, l'indice doit avoir cette valeur.

(3) Quand un prix relatif devient nul, l’indice ne doit devenir ni nul, ni infini, ni indéterminé.

(4) L'addition ow la suppression d’un élément de valeur égale à celle de l'indice ne doit pas modifier celle-ci,

Des vingt-deux formules qui satisfont aux quatre conditions précédentes, cinq dérivent directement de la médiane et cinq de la dominante; deux autres sont une médiane et une dominante à poids croisés; elles ne satisfont pas à la condition de sensibilité. Il reste alors huit formules : les formules classiques 8 et y, la formule & à base élargie, trois

pr +.

2. EE pi Ve Zpi do + qu) Œo a RER Rene 1 (40 + à Zpo Vo 2potqo + qu) po :

do qu l’agrégat à poids constants 22, et enfin l’agrégat antithé- Poq : Po jo + piqu tique de la formule de Lehr pe LMD (ere

Po + Pt

agrégats à poids croisés :

Po

De ces huit formules, aucune ne satisfait à la condition de réversibilité par rapport aux facteurs; les cinq dernières satisfont à la condition de réversibilité par rapport au temps.

Il n’y a donc aucune formule qui satisfasse à l’ensemble des six conditions dont le professeur Irving Fisher admet la nécessité. Il semble donc qu'il n’y ait pas de formule « idéale ». Mais, réplique le professeur Irving Fisher, de ces conditions il n’y en a que trois de fondamentales : les deux conditions de réversibilité et la condition de commensurabilité. Les trois conditions de proportionnalité, de détermination, et d’addition ou suppression d’un élément, sont des conditions d'importance secondaire, car elles ne s'appliquent qu'à des cas très spéciaux. En effet la première s'applique quand tous les prix relatifs sont égaux (et si ce cas, d’ailleurs invraisemblable, se réalisait, on n'aurait nul besoin d’un indice), la troisième ne s'applique que quand un des prix relatifs est égal à l’indice (ce qui ne peut être que tout à fait exceptionnel), la seconde quand un des prix relatifs devient nul (cas qu’il ne faut pas confondre avec le cas fréquent d’une marchandise non cotée).

LES FORMULES D’'INDICES BUDGETAIRES PONDERES 239

On pourrait alors songer à utiliser ces trois conditions secondaires pour exercer notre choix entre les formules qui satisfont aux trois conditions fondamentales. Rappelons que sur les cent trente-quatre formules examinées, vingt-neuf, dont vingt-six seulement sont distinctes, satisfont aux deux conditions de réversibilité. Sur ces vingt-six formules, cinq sont à éliminer comme provenant de formules non pondérées, huit comme provenant de médianes ou de dominantes. Il reste treize formules parmi lesquelles le professeur Irving Fisher a choisi 4/5.,, et qui ont servi à calculer la précision de cette formule « idéale »; de ces treize formules, huit ne satisfont à aucune des trois conditions secondaires, une ne satisfait qu’à la condition de détermination, et quatre satisfont à deux des conditions secondaires, les conditions de proportionnalité et de détermination, et ne satisfont pas à la condition d’addition ou de suppression d’un élément : de ces quatre formules, une seule est simple, c’est la formute idéale 4/54. Le professeur Irving Fisher, désireux de laver sa formule idéale de tout reproche, a démontré soigneusement que si la formule idéale ne satisfaisait pas à la condition d’addition ou de suppression d’un élément, la différence était pratiquement tout à fait négligeable. Il n’en reste pas moins que, théoriquement parlant, la formule 4/8.+, qui ne satisfait pas à l’une des conditions posées par le professeur Irving Fisher lui-même, ne mérite pas le qualificatif d’ « idéale ». Personnellement je reconnais que la condition en question est d'importance absolument secondaire et je reconnais que la formule 4/8. y satisfait en fait à très peu - près. En tout cas, si l’on admet que les formules de nombres indices doivent satisfaire fondamentalement aux conditions de commensurabilité, de réversibilité par rapport au temps, de réversibilité par rapport aux facteurs et de sensibilité,

Epido pi ES as \ 2 Po ({o 2 Po qt

Il resterait à examiner si ces 8 conditions, et ces condi-

est bien la meilleure.

la formule 1/8. =

tions seules, sont effectivement nécessaires, mais auparavant je dois rappeler que, par une contradiction un peu surprenante, le classement fondamental des cent trente-quatre formules étudiées n’a pas été fait par le professeur Irving Fisher d’après leur conformité ou leur non-conformité aux trois conditions fondamentales, mais d’après le degré de différence de leurs résultats avec ceux de la formule « idéale ». C’est un critère nouveau, qui a le défaut de n'être pas en accord avec le raisonnement jusque-là impeccablement logique du professeur Irving Fisher, mais qui a l'avantage d'être simple. Logiquement il eût fallu classer hiérarchiquement les quatre conditions fondamentales d’une part, les quatre conditions secondaires d'autre part — par exemple éliminer d’abord toutes les formules ne satisfaisant pas aux conditions de commensurabilité et de sensibilité, puis parnn les formules restantes, classer dans un premier groupe les formules satisfaisant aux deux conditions de réversibilité, dans un second groupe les formules satisfaisant seulement à celle des conditions de réversibilité que l’on juge la plus importante, dans un troisième groupe les formules ne satisfaisant qu’à l’autre condition de réversibilité, enfin dans un dernier groupe les formules ne satisfaisant à aucune des conditions de réversibilité. A l’intérieur de chaque groupe, on ferait un classement d’après les conditions secondaires, par exemple, en supposant d’égale importance les trois conditions de proportionnalité, de détermination et d’addition ou de suppression d’un élément, d’après le nombre des conditions secondaires satisfaites; enfin dans chaque sous-groupe, le classement serait fait par ordre de simplicité.

Comme je viens de le dire, ce n’est pas cette méthode de classement qu’a appliquée le professeur Irving Fisher. Il a admis en particulier qu’une formule qui ne satisfait par exemple qu'à une condition de réversibilité est meilleure qu’une formule qui satisfait aux deux conditions de réversibilité, quand elle donne des résultats plus voisins de ceux

LES FORMULES D'’INDICES BUDGETAIRES PONDERES 24!

de la formule idéale ,/8.4. C’est ainsi que des onze indices superlatifs, cinq seulement satisfont aux deux conditions de réversibilité, quatre ne sont réversibles que par rapport au temps, deux (les deux plus proches de la formule idéale) ne satisfont à aucune des conditions de réversibilité. L’application de ce critère de classement peut aussi être complétée par l’étude des conditions secondaires. Des onze indices superlatifs, deux satisfont aux trois conditions secondaires,

le n° 4 : Ë pa (go + qu) etlen° 9 4 pi Var t (d le n° 1 1e , sept (dont le n 2 Po(qa + qi) Di Po Va

— l’idéale —, le n° 2: et le n° 3, antithétique de la

précédente formule) ne satisfont qu'à deux des conditions secondaires, deux ne satisfont à aucune d'elles. La considération des conditions secondaires pourrait donc amener à

Ep: V/au D pi (go + qi) | À eo COR TT = qe ns

référer ———— et surtout = - P D V/aoq Z polqo + qu) 2

Tout cela suppose que les huit conditions dont on s’est servi pour apprécier la valeur respective des formules sont nécessaires, qu’elles doivent être satisfaites par une formule correcte de nombre indice. La discussion ne peut porter que sur les-deux conditions fondamentales de réversibilité, car tout le monde est d’accord sur la condition fondamentale de commensurabilité et sur la condition secondaire de simplicité; quant aux trois autres conditions secondaires, on ne s’en est servi qu'à titre accessoire, et leur application ne peut modifier sensiblement les conclusions à tirer. La question est donc de savoir si une formule de nombre indice des prix doit être réversible par rapport au temps et par rapport aux facteurs.

Examinons quelle justification le professeur Irving Fisher a donnée de la nécessité de ces conditions. Voyons d’abord ce qu'il en est de la condition de réversibilité par rapport aux facteurs. « Partout où il y à un prix de quelque chose échangée, ou produite, ou consommée, ou autrement, il est

Epog pou,

impliqué une quantité échangée, produite, etc., de sorte que le problème d’un nombre indice des prix implique le problème jumeau de l'indice des quantités » (1). « La justifcation de la condition est double : 1° Il n’y a pas de raison d'employer pour un des deux facteurs une formule qui ne s’applique pas à l’autre. 2° Une telle réversibilité existe pour chaque paire de prix relatifs et de quantités relatives et doit logiquement exister pour les nombres indices qui ont pour but de les représenter dans l’ensemble » (2). « Les conditions de réversibilité s’appliquent à tous les indices, qu'il s'agisse des quantités et des prix de gros des marchandises importées, des quantités et des prix de détail des marchandises vendues par les épiciers de New-York, des taux de fret et des quantités transportées par tous les navires de la C*° Cunard, des cours des valeurs industrielles et du nombre de titres vendus par John Smith en janvier, du taux des salaires horaires et du nombre des heures de travail, etc., et non pas seulement de l’équation d'échange. Elles s’appliqueraient de même si les p représentaient la longueur des cartes de visite des « 400 », q leur longueur, pq leur surface » (3).

Dans tous ces exemples, il y a trois groupes de grandeurs concrètes; prix des marchandises importées, quantité des marchandises importées, valeur des importations; prix de détail à New-York, quantités vendues par les épiciers de New-York, recettes des épiciers de New-York; taux de fret, quantités transportées par la C* Cunard, recettes de la C*° Cunard. Mais il se peut très bien qu’on ne s’intéresse qu’à un seul groupe de grandeurs : si l’on désire étudier la variation des quantités importées et exportées par les différents moyens de transport et la variation de la répartition du commerce extérieur entre ces divers moyens de transport, il se peut très bien que nous nous désintéressions

LES FORMULES D’INDICES BUDGETAIRES PONDERES 243

totalement de la variation du taux des frets, des tarifs de chemin de fer, etc.; on peut s'intéresser pour une foule de raisons à la variation de la valeur moyenne des obligations de chemins de fer, sans se préoccuper le moins du monde de l’activité des transactions boursières sur ces valeurs, etc. En ce cas ce n'est nullement un défaut que la formule par laquelle nous mesurons la variation moyenne des prix ou des quantités soit réversible par rapport aux deux facteurs, mais ce n’est pas non plus une qualité.

Il y a plus : partout où il y a un prix de quelque chose échangée, il y a évidemment, comme le dit le professeur Frving Fisher, une quantité échangée, mais il se peut que le prix de la chose échangée et la quantité qui en est échangée ne soient nullement les données du même problème. Rappelons en effet que le problème des indices pondérés du mouvement des prix ne nous met en présence directement que de deux groupes de grandeurs et non de trois : les prix et les poids. Si les poids sont des valeurs, le quotient des poids par les prix représente des quantités, c’est-à-dire des grandeurs concrètes. Mais la nature du problème n’implique en rien que les poids soient des valeurs.

Le professeur Irving Fisher a défié qu’on cite un nombre indice des prix pour lequel il ne soit pas nécessaire que sa formule soit réversible par rapport aux facteurs : je me permets de relever ici ce défi. Supposons que nous nous proposions de calculer un nombre indice du mouvement des prix des matières premières : on pourra pondérer les différents prix relatifs d’après la valeur de la consommation de chaque matière première, mais on pourrait, sinon aussi bien, en tout cas sans absurdité, pondérer chaque prix relatif d’après le nombre des ouvriers employés par les industries qui transforment la matière première correspondante, ou la valeur des capitaux engagés dans ces industries. Dira-t-on que la formule devra être réversible par rapport aux prix d’une part, au quotient du nombre des ouvriers ou de la valeur des capitaux par les prix d’autre part ? 1! semble

évident que la question ne se pose même pas. Pourtant le problème du choix de la formule se pose toujours de la même manière : dans notre nombre indice du mouvement des prix des matières premières (soie, coton, laine, lin, caoutchouc, cuivre, ete.), dans lequel nous accordons à chaque prix relatif une importance proportionnelle à la valeur des capitaux engagés, ou au nombre des ouvriers occupés dans l’industrie de la soie, du coton, de la laine, du lin, du caoutchouc, etc., emploierons-nous la moyenne arithmétique, la moyenne géométrique, la médiane, tiendrons-nous compte de la valeur qu’avaient les capitaux en question à l’époque de base, ou de celle qu’ils ont à l’époque considérée ?

Le professeur Irving Fisher répondra sans doute que de tels indices sont en dehors du champ de son étude et qu'il n'entend traiter que des nombres indices des prix dans lesquels l’importance donnée aux différents prix relatifs est proportionnelle aux valeurs de l’échange, de la consommation, des salaires, des transactions boursières, etc., et que la formule 4/8.4 n’est la meilleure que pour les indices de cette nature. Il n’est pas inutile de toute façon de le dire expressément, car cette formule existe dans tous les cas. En effet, soit n, n, le nombre des ouvriers occupés dans chaque industrie aux époques 0 et 1, et de même la valeur des capitaux v, et v,. Prenons la moyenne arithmétique des prix relatifs, pondérée d’après le nombre des ouvriers, . ou la valeur des capitaux, à l’époque de base, et prenons la moyenne harmonique des prix relatifs, pondérée d’après le nombre des ouvriers, ou la valeur des capitaux, à l’époque

Vo

TPUA P n P Y considérée, Ces deux moyennes sont : Je e (ur É 5)

SL 1 ) ee None

Posons (ou à) = 40, | (ou F) = 6

Po Po On voit immédiatement que l’on retombe sur les formules $ et y bien connues, et en prenant leur moyenne géomé-

LES FORMULES D’INDICES BUDGETAIRES PONDERES 245

trique, sur la formule idéale, Quelle que soit l’autorité qui s'attache aux opinions du professeur Irving Fisher en pareille matière, Je pense que si l’on se propose de calculer un indice du mouvement des prix des matières premières, dans lequel on accorde à chaque matière première une importance proportionelle au nombre x des ouvriers employés dans l’industrie transformatrice correspondante, la formule

/ Hs) ee \ po Din \ Po ni dd

= Pi En:

c’est-à-dire la formule dite idéale n’est pas la meilleure, et

es)

que par exemple, la formule (@) ———<

en)

dôit lui être préférée, en supposant toujours que les sept autres conditions déjà envisagées, et elles seules, doivent être satisfaites. En effet la formule (2) satisfait, parmi ces sept conditions, aux mêmes conditions que la formule (1), et satisfait en outre à la condition d’addition ou de suppression d’un élément, tandis que la formule (1) n’y satisfait pas.

Si la portée des conclusions du professeur [Irving Fisher est limitée aux indices dans lesquels l’importance accordée à chaque prix relatif est proportionnelle à une valeur, Je reconnais que le fait pour une formule d’être réversible par rapport aux facteurs n’est jamais un défaut, mais je ne pense pas que ce soit une qualité indispensable. Si nous n’attachons aucune importance'aux variations des quantités correspondant aux valeurs qui doivent nous servir de poids, et si au contraire nous désirons pouvoir ajouter dans l’indice ou en retrancher un prix relatif ayant même valeur que l’indice sans en changer la valeur, nous serons en droit de

Epi (do + qi) Zpi Vis s Ares St +0) Spa

considérer les formules comme théorique-

ment meilleures que la formule dite idéale { /22T, Se Po Go P1 o

Le professeur Irving Fisher a donné de la nécessité de la

condition de réversibilité par rapport aux facteurs (et éga- Lement d’ailleurs de la condition de réversibilité par rapport au temps) une seconde raison : elle est satisfaite, dit-il, par les prix relatifs et quantités relatives individuels, donc elledoit être satisfaite par les indices de prix et de quantité. L’argument est particulièrement faible en ce qui concerne la réversibilité par rapport aux facteurs, ainsi que l’a fait observer le professeur Bowley (1), car la moyenne d’un produit de deux facteurs n’est pas égale en général au produit de la moyenne de chaque facteur. Mais surtout, si l’on pose en principe qu’il est désirable que les nombres indices jouissent des mêmes propriétés que les éléments individuels, la meilleure formule sera celle qui aura le plus de propriétés en commun avec les éléments individuels. En ce cas la formule (/8., ne sera pas la meilleure formule, car, comme nous le verrons, elle ne satisfait pas à la condition circulaire alors que les prix individuels y satisfont (= k:h).et il y a des formules qui y satisfont.

Il reste à examiner la condition de réversibilité par rapport au temps. Là les objections qui ont été faites au professeur Irving Fisher, et auxquelles je me rallie, me paraissent beaucoup plus graves et d’une portée beaucoup plus grande que les objections que je viens de faire quant à la nécessité de la condition de réversibilité par rapport aux facteurs.

Est-il nécessaire qu’une formule soit réversible par rapport au temps ? Ici encore le professeur Irving Fisher donne une double justification de la nécessité de cette condition : 4° il n’y a pas une raison de choisir un sens de calcul, qui ne s'applique également au sens opposé; 2° une telle réversibilité existe pour chaque marchandise individuelle. Je ne: reviendrai pas sur ce dernier argument qui a déjà été discuté.

Au premier argument on a objecté que le sens de dérou-- Jement du temps nous est imposé par la nature des choses..

(1) Ec. J., 1995, p. 98.

LES FORMULES D’INDICES BUDGETAIRES PONDERES 247

et que nous n'avons pas de libre choix entre deux sens opposés. Mais, a répondu le professeur Irving Fisher, les nonbres indices peuvent aussi bien porter sur des comparaisons dans l’espace, et dans ce cas il n’y a pas l’ombre d’une raison pour prendre comme base un des deux points plutôt que l’autre.

On se rappelle que le professeur Irving Fisher avait défié qu’on citât un nombre indice qui n’eût pas à être réversible par rapport au temps. Le professeur Udny Yule a relevé ce défi (1) et envisagé quatre cas, dont deux me paraissent topiques :

1° pour corriger les salaires nominaux des ouvriers et régulariser les salaires réels, ce n’est pas 4/8. qu’il faut Dr a DT

2° pour un ouvrier anglais qui se propose d’aller travailler en France en conservant son niveau de vie, et inversement pour un ouvrier français qui se propose d'aller travailler en Grande-Bretagne, ce n’est pas 4/87 qui convient pour mesurer la variation du coût de la vie, mais Ê ou y selon le cas.

En présence de ces deux exemples, le professeur Irving Fisher exprime successivement deux opinions. Il admet d’abord, avec le professeur Udny Yule, que les formules convenables dans les deux cas sont bien £ ou y, mais il fait observer qu’étant données les hypothèses faites, B ou 7 sont identiques à la formule idéale /8., (par exemple dans le cas de la régularisation des salaires, on a admis que l’ouvrier achète d'année en année les mêmes quantités, donc que les quantités q, sont identiques aux quantités q,; done f=y= 4/84). Sans doute, mais il serait bon alors de préciser que 4/87 est la formule « idéale » sous réserve que dans certains cas, qui se rencontrent (et souvent) dans la pratique, 4/8. se réduit à des formules plus simples. Le professeur Irving Fisher sera ainsi d’accord avec ceux qui

employer, mais £, c’est-à-dire

(DR SMS 201003

pensent (et je suis de ceux-là) que des formules plus simples, telles que 8, sont dans certains cas « la meilleure formule »:

Le professeur Irving Fisher a craint sans doute d’avoir fait trop de concessions à ses adversaires en exprimant l'opinion que je viens de reproduire, car il a ajouté que les hypothèses qu’elle implique sont contraires à la justice : car « si l’on désire être juste, il faudra tenir compte autant que possible, non seulement du budget initial, mais aussi du budget de l’année considérée », d’où il déduit que (/8.7 reste bien le meilleur indice pour l’ajustement des salaires. I] ne me paraît pas du tout démontré que la justice demande qu’on tienne compte des quantités q,, et en tout cas je ne suis pas du tout d’accord avec la conclusion du professeur Irving Fisher : « M. Yule peut-il citer un cas réel d’ajustement des salaires au moyen de nombres indices, où les parties intéressées ne désirent pas que l’indice se conforme à la condition de réversibilité par rapport au temps ? » (1) Pour ma part, j'ai la conviction que les patrons n’ont jamais un tel désir. Quand un patron accepte de rendre les salaires de ses ouvriers variables en fonction du coût de la vie, ce n’est jamais de gaîté de cœur, car il introduit ainsi une variable de plus dans le problème de la conduite de ses affaires; son désir est certainement de réduire au minimum cette nouvelle part d’inconnu, et par suite de rendre les salaires dépendants seulement des variations dans les prix, et non des variations dans les prix ef dans les quantités consommées, d'autant plus que les quantités qg, peuvent être fixées dans le contrat collectif de salaires, tandis qu’on ignore comment on se mettra ultérieurement d'accord sur les quantités/g}, 19, 1etc:

En résumé j'estime, avec le professeur Udny Yule et contrairement au professeur Irving Fisher, qu'il y a des cas où il n’est nullement nécessaire et même des cas où il n’est

Page 1