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Cæfficient de corrélation entre l'indice du coût de la vie et l'indice des prix de 4 gros.
La différence moyenne entre l’indice du coût de la vie et l’indice des prix de gros 4 mois plus tôt a été trouvée égale à 5,9 points (2 1/2 %), encore une partie en est-elle due à des circonstances anormales, et en éliminant les 8 mois anormaux la différence moyenne pour les 29 mois restants n'est-elle plus que de 3,6 points (1 1/2 à 2 %) et le coefficient de corrélation est égal à 0,991.
La formule est : coût de la vie au début d’un mois= 103,6+0,58 x indice du Statist 4 mois auparavant. Le professeur Bowley conclut : « cette formule n’exprime pas une loi naturelle ou économique, mais simplement une équation empirique dont les éléments numériques changeront graduellement, et apte à failhr s’il y a quelque perturbation temporaire dans le prix de détail d’une marchandise saisonnière ».
Au lieu de comparer le mouvement général des prix de détail au mouvement général des prix de gros, on peut se borner à comparer la moyenne des prix de détail d’un certain nombre de marchandises à la moyenne des prix de gros des mêmes marchandises. C’est ainsi que M. Dugé de Bernonville à comparé (1) l'indice officiel des prix de détail en France, qui porte sur 13 denrées alimentaires ou de première nécessité, à la moyenne arithmétique des prix de gros des mêmes denrées. Les courbes représentant les deux indices ont « des allures générales à très peu près concordantes, avec tendance à une stabilité un peu plus grande pour les prix
(1) S. S. P., 1924, pp. 275-277.
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de détail que pour les prix de gros (1). De plus l’indice des prix de gros est constamment plus élevé que l'indice des prix de détail, et l’on n’observe pas un décalage régulier entre les maxima ou minima de l’une et l’autre courbe : le maximum absolu se place bien en octobre 1920 pour les prix de gros au lieu de novembre pour les prix de détail, on retrouve aussi un autre maximum des prix de gros en septembre 1921, précédant encore d’un mois Celui des prix de détail, mais les autres maxima (mai 1922, juin 1923) coin- <ident, les minima des prix de gros se placent tantôt avant, tantôt après ceux des prix de détail, ou bien encore aux mêmes dates ». Encore M. de Bernonville entoure-t-il ces conclusion de réserves absolument justifiées : « Les conditions différentes dans lesquelles les marchandises sont présentées ou cotées, en gros et au détail, font qu’on éprouve souvent de grandes difficultés à mettre en regard l’un de l’autre des chiffres comparables ». Après avoir étudié en particulier le cas de la viande et du riz, il ajoute : « Ces exemples suffisent à montrer que, même en se limitant à des articles qui se retrouvent chez le détaillant à peu près dans le même état que sur les marchés de gros, c’est-à-dire sans transformations importantes, il est difficile, en raison même des conditions dans lesquelles les prix peuvent être relevés, d’assurer aux chiffres une comparabilité suffisante ».
Ces réserves s'appliquent avec beaucoup plus de force encore à la comparaison du mouvement général des prix de détail au mouvement général des prix de gros. S'il s’agit du mouvement des prix de gros exprimé par un indice pondéré, füût-ce même d’après la consommation — pour se piacer dans l’hypothèse la plus favorable, — on verra plus loin que l’indice pondéré des prix de détail ne peut, par la force même des choses, exprimer qu’un phénomène très
(1) De même, dans l'étude précédente, le professeur Bowley avait trouvé due les oscillations des prix de détail des denrées alimentaires n'étaient que les 7/10 de celles des prix de gros correpondants.
particulier, qui n’est en rien Comparable aux phénomènes qu'exprime et mesure l'indice des prix de gros. Mais, dirat-on, n'est-il pas possible, aussi bien pour les prix de détail que pour les prix de gros, d'obtenir par l'effet de la loi des grands nombres la compensation des effets des causes de variation propres à chaque élément, de dégager ainsi l'effet de la tendance commune à tous les prix de gros d’une part, à tous les prix de détail d’autre part, et de trouver une fonction simple qui relie les deux variables l’une à l’autre ? I n’est déjà pas certain que l’on puisse mesurer grâce à la loi des grands nombres la tendance commune à tous les prix de gros. Quant aux prix de détail, il est absolument impossible de dégager de leurs variations une tendance commune grâce à la loi des grands nombres. Il est probable en effet que les causes de variation propres à chaque marchandise auront, par rapport à la cause commune, beaucoup plus d'importance que pour les prix de gros; ensuite 1l sera tout à fait impossible de réunir un nombre d'éléments suffisant pour que la loi des grands nombres puisse entrer en action. Les échanges dans le commerce de gros s’exercent en général sur un petit nombre de marchés importants et portent sur des marchantises qui sont susceptibles d’être définies et identifiées avec plus ou moins de précision. Au contraire les transactions dans le commerce de détail s'effectuent entre des échangistes beaucoup plus nombreux et beaucoup plus dispersés, et portent sur des marchandises de type et de qualité extrêmement différents. Dans un même lieu, une même marchandise mise en vente diffère complètement de qualité selon la nature de la clientèle à qui elle est destinée à être vendue : si l’on considère, par exemple, les chaussures mises en vente par les différentes maisons que possède dans Paris telle Société à succursales multiples, les chaussures offertes en vente dans les succursales des quartiers riches diffèrent de celles qui sont offertes en vente dans les succursales des quartiers ouvriers. De même les qualités d’un même article que l’on consomme dans les différentes régions de la France
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ne sont pas les mêmes, etc. Enfin la nature des marchandises échangées au détail varie dans le temps, d’abord parce que les besoins des consommateurs varient, ensuite en raison des phénomènes de mode. Il me paraît donc bien difficile d’établir un lien simple entre les variations générales des prix de gros et les variations générales des prix de détail, et par suite de déduire celles-ci de celles-là, comme le professeur Bowley a cherché à le faire, et c’est à l’aide d’indices appropriés que le mouvement des prix de détails doit être étudié.
On distingue assez souvent, parmi les indices qui utilisent les prix de détail, les indices des prix de détail proprement dits et les indices du coût de la vie. L'Institut International de Statistique a consacré, dans les résolutions qu’il a adoptées à sa session de 1923, un alinéa spécial à chacune de ces catégories d'indices, mais à vrai dire, la définition qu'il en donne ne fait pas ressortir bien clairement qu'il s’agisse d'indices de nature distincte.
Les prix de détail sont ceux qui concernent la consommation individuelle pour la satisfaction immédiate d'un besoin de l'organisme humain; s'ils n’intéressent chacun de nous, c’est en raison de leur répercussion directe sur nos dépenses, sur le budget de notre ménage. C’est évidemment à l’étude des variations de nos dépenses de consommation, des variations du « coût de la vie », selon l’expression usuelle, que les prix de détail peuvent être appliqués. La nature et la quantité de biens et services que consomment les différents individus sont extrêmement variables, mais les variations dans la consommation seront d'autant moins marquées que la marge qui existe pour l’individu considéré entre son revenu et la somme nécessaire à l’entretien de sa vie sera moins grande. De plus la principale application des indices des prix de détail est la régularisation du pouvoir d’achat du salaire nominal des ouvriers. Aussi la plupart des divers indices des prix de détail qui sont publiés ont-ils pour but l’étude des variations du coût de la vie pour la classe ouvrière. Ainsi les indices que nous allons étudier ont pour
but de mesurer la répercussion des variations des prix de détail sur le pouvoir d’achat d’une certaine classe de la population (en général la classe ouvrière, quelquefois — mais tres exceptionnellement — l’ensemble de la population) à l’égard des biens et services que consomment habituellement les individus ou les familles de cette catégorie de la population. Les indices en question se présenteront donc comme des moyennes des prix relatifs de détail pondérées d’après læ valeur de la consommation ou comme des moyennes agrégatives des prix absolus de détail pondérées d’après les qua:tités consommées.
Parmi les besoins fondamentaux de l’homme, il en est un dont la satisfaction exige des dépenses beaucoup plus considérables que chacun des autres, souvent même plus considérables que l’ensemble des autres besoins n’en exige, c’est le besoin de nourriture. C’est donc le plus important pour la mesure que nous cherchons à effectuer. Il se trouve aussi — et fort heureusement — que la dépense correspondante est celle dont il est le moins difficile de mesurer les variations. Aussi a-t-on souvent mis au premier plan la mesure de ces variations et a-t-on donné l’appellation beaucoup trop large d’ « indice des prix de détail » à un indice des variations de la dépense pour l’alimentation, indice qui n'utilisait donc que les prix de détail d’un certain nombre de denrées alimentaires. A ces denrées alimentaires se trouvaient parfois ajoutés quelques combustibles et produits d'éclairage (charbon, coke, bois, gaz) et quelques produits de nettoyage (savon, amidon, ete.). Même avec cette adjonction, les dits indices ne méritaient nullement l’appellation d’indices des prix da détail; on pourrait plutôt les appeler des indices incomplets du coût de la vie.
Ce n’est que depuis peu d’années que l’on calcule et publie régulièrement des séries d'indices des prix de détail des denrées alimentaires et de première nécessité, et du coût de la vie. Avant la guerre de 1944-1918 il n’en était encore publié qu’un très petit nombre : les quatre plus anciennes de ces
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séries étaient l’indice officiel anglais, alors annuel et ne portant que sur les denrées alimentaires, l'indice australien, également annuel, et comprenant, en dehors des denrées alimentaires, quelques articles d’épicerie, l’indice américain du Bureau of Labor Statistics, qui était mensuel et ne portait que sur des denrées alimentaires, l'indice officiel canadien, mensuel, portant sur des denrées alimentaires, des articles de nettoyage, le charbon, le bois et le loyer. À la fin de 1914, le Board of Trade rendit son indice mensuel et en Juin 1916 commença la publication d’un indice du coût de la vie. De même aux Etats-Unis, les conventions passées en 1917 entre les Unions des Constructions navales et l’Emergency Fleet Corporation, qui prévoyaient la revision des salaires en cas de hausse du coût de la vie, provoquèrent la publication d'indices du coût de la vie. Depuis la guerre le nombre de ces séries s’est multiplié et tous les pays de quelque importance publient des indices des prix de détail des denrées alimentaires, et souvent aussi un indice du coût de la vie.
En raison de leur importance spéciale, j’étudierai d’abord les indices des prix de détail des denrées alimentaires.
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