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XII. Du choix d'un état de vie, et du célibat

Mais dans Lessius la vertu s" élève encore au-dessus de la science. Il est ainsi dépeint dans /'Imago i soe:. Soc. Jesu : « Son âme, plus grande que le monde, était toujours élevée vers Dieu, en sorte que sur la terre il semblait mener une vie céleste. Se sustentant avec une très modique nourriture prise une seule fois par jour, il était constamment occupé à lire les choses divines, ou à écrire sur les choses divines.,. Son visage respirait la sainteté. »

Parmi ses vertus, la patience chrétienne brille dhin incomparable éclat. A une infirmité des plus douloureuses qu'il porte depuis sa jeunesse religieuse, se joignent, les quatre dernières années de sa vie, les maux les plus cruels. Non seulement il ne demande jamais allégement à ce qu il endure, mais il rend à Jésus- Christ les plus vives actions de grâces de ce qu'il a daigné le choisir pour lui faire part de sa croix. Contre tant de maux réunis il n'emploie d^ autre remède que cette abstinence par laquelle il a étonné ses contemporains. S''élevant au-dessus des organes, son intelligence est perpétuellement dans une région de lumière, et, malgré le martyre du corps, Lessius écrit ses chefs-d'œuvre. A la vérité, il faut voir là, avec les historiens, une assistance de Dieu, voisine du miracle.

La sainteté de Lessius se révèle surtout dans ses écrits. Ses traités des Perfections divines, du Sou-

X Préface du traducteur.

verain Bien et des Noms Divins sont un miroir où se peint son âme. Avec saint Denys l'Aréopagiteet saint Augustin, il s'élève à la contemplation de la Divinité, et il plonge dans les profojideurs de l essence divine. Il en parle ensuite avsc la fermeté de leur génie, et avec un cœur embrasé de leurs feux. Or. connaître Dieu est la justice ou la sainteté consommée, suivant l'oracle du Saint-Esprit (i). Qu'on Juge alors de celle de Lessius!

Ce grand serviteur de Dieu termine sa carrière à Louvain, le \ 5 janvier 1623, âgé de soixante-neuf ans. L'idée que Von avait de sa sainteté se manifeste alors; chacun veut avoir quelque chose de lui : on se dispute ses cheveux^ ses ongles et les doigts dont il s'était servi pour écrire ses admirables ouvrages. Il est enterré devant le maître-autel de Véglise du collège de la Compagnie., oii il avait professé pendant trente-huit ans avec tant d'éclat. On garde dans la bibliothèque de l'archevêché de Malines les Informations manuscrites sur sa vie et ses vertus. On les avait prises aussitôt après sa mort, dans la pensée que Von travaillerait un jour à sa béatification.

Un grand pape, Urbain VIII., lui a rendu ce témoignage : « Léonard Lessius était parfaitement connu de moi. J'ai eu avec lui des rapports intimes à Rome, c'' est pourquoi je Vai toujours eu en très haute estime., à cause de sa science extraordinaire. Cependant f ai encore incomparablement plus estimé sa vertu. Car il était souverainement humble et d'une rare pieté. Aussi je le tiens pour grand dans le Ciel. »

Tel est l'auteur du livre des Noms Divins. Cet ouvrage est le dernier de Léonard Lessius ; car cinq

(1) Sap., i5.

Préface du traducteur. xi

à six jours après l'avoir terminé, il est appelé à la récompense.

Lessius, dans son Prologue, va lui-même nous exposer tout le dessein de son livre. Ainsi, nous n avons pas à en parler dans cette Pré/ace.

Pour notre traduction, nous avons suivi l'édition princeps publiée à Bruxelles en 1 640. Nous espérons que le livre des Noms Divins ne tardera pas à être traduit dans les autres langues de l'Europe.

A la suite des Noms Divins, nous publions un extrait du grand traité des Perfections Divines. Lessius a divisé cet ouvrage en quatorze livres, et il termine chaque livre par un résumé en forme de prière ou d'élévation à Dieu. Ce sont ces élévations que nous présentons au lecteur. Elles lui donneront une idée du chef -d' œuvre par excellence de Lessius.

O Vierge Immaculée, très sainte mère de Dieu, je dépose humblement à vos pieds un travail terminé en ce jour de V Annonciation. Qu'un regard de vous et de votre divin Fils en soit au Ciel la récompense!

Marcel BOUIX, s. j.

Taris, 35 mars 1S82, fête de l'Atmoaciatioa.

LÉONARD LESSIUS

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