‹ Les noms divinsChapitre 3 sur 69 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

O I rhomme se fût maintenu dans son premier état d'innocence et de justice originelle, il ne lui aurait pas été difficile de méditer les choses célestes et divines, de toujours garder la présence de Dieu, d'exciter son âme à produire les actes des plus grandes vertus, telles que la foi, Tespérance, la charité, la religion, la reconnaissance, Thumilité, le respect, Tobéissance; enfin, d'unir son esprit à Dieu avec une inénarrable suavité. Car dans cet état Thomme jouissait d'une assistance toute particulière de Dieu qui éclairait son esprit, qui l'aidait à connaître son créateur, et qui lui faisait accomplir avec une grande joie et une faci-

4 Léonard Lessius.

lité égale tous les devoirs des vertus. Mais cet état ayant été renversé par le péché, ce secours ordinaire du divin Esprit a été enlevé, et nous sommes tombés dans Tinfirmité de la nature nue. D'où il résulte que la considération des choses divines et tous les exercices des vertus nous sont devenus difficiles et laborieux, et que d'ordinaire nous les pratiquons sans goût et avec ennui. Il est facile à notre esprit de penser aux choses terrestres et corporelles, de passer les jours entiers à s'en occuper, à les étudier; il se plaît à lire les histoires vraies ou fabuleuses, et il se représente aisément les guerres et les combats. Mais il lui est très difficile de s'élever au-dessus de ces objets terrestres et corporels auxquels les sens et rimagination sont accoutumés, et de s'occuper de la considération des choses célestes, surtout des perfections et des propriétés divines. 11 faut donc à l'homme une méthode courte et facile, qu'il prenne pour guide, et à l'aide de laquelle, après avoir imploré le secours d'en haut, il s'exerce dans la considération de l'excellence de TLtre de

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