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CHAPITRE PREMIER C/^ l Infinité de Dieu

ÉLÉVATION ET PRIERE

O EiGNEUR, mon Dieu, Dieu grand et terrible, Dieu d'une immense majesté! vous êtes un océan infini d'essence, de bonté et de béatitude, enfermant en vous tout être et tout bien, le devançant de toute éternité et le possédantéminemmentavant qu'il existe, comme étant la source de tous lés êtres. Vous êtes le fondement de toutes les choses possibles, vous êtes l'Etre suressentiel de toutes les choses qui sont, et de celles qui ne sont pas;

196 Léonard Lessius.

sans qui non seulement rien ne peut exister, ni en acte, ni en puissance, mais ne peut même être conçu d'aucun entendement. Vous êtes le principe de tous les êtres, la fin de tous les êtres-, leur créateur, leur soutien, leur lien^ leur âge, leur durée, leur terme, leur ordre, leur connexion, leur harmonie et leur consommation.

Tout le bien des anges et des hommes est en vous, ainsi que celui de toute nature, tant de celle qui est, que de celle qui n'est pas. En vous, toute gloire et dignité^ toutes les richesses et trésors, toutes les suavités et consolations, toutes les délices, toutes les joies, toutes les béatitudes. Vous êtes mon Dieu et mon tout, le Dieu de mon cœur et mon partage, mon Dieu pour Téternité !

Que toutes les choses qui passent me soient à dédain et à dégoût pour l'amour de vous, et que tout ce qui vous touche me soit cher, et vous, mon Dieu, plus que tout! Ah! qu'est tout le reste, en présence de la grandeur de vos biens? Que sont autre chose qu'une fumée, qu une ombre, qu'un néant, toutes les richesses, les délices et toute la gloire de ce

Élévations à Dieu. — Cliap. I. 197

monde, qui fascinent si misérablement les yeux des mortels, afin qu'ils ne puissent connaître et chercher les vrais biens qui sont en vous? De même que ceux qui, durant leur sommeil, bercés par une vaine image des richesses, des voluptés, des honneurs, ne trouvent rien en s'éveillant, si ce n est une grande douleur de se voir si cruellement trompés; de même en arrivera-t-il à tous ceux qui aiment ce monde, lorsque, le sommeil de cette vie étant rompu par la mort, rame se réveillera et ouvrira les yeux à la lumière de Tautre vie.

Que je n'aime et n'estime donc rien de ce qui passe, mais vous seul, ô mon Dieu, et vos biens qui sont cachés en vous, qui sont vous-même et dont jouiront à jamais ceux qui, méprisant ces choses caduques, se seront attachés à vous. Que je vous aime par-dessus toutes choses, et que je vous serve toujours, parce que vous êtes infiniment meilleur que tout le reste ensemble, et souverainement digne que toute créature vous aime, vous chérisse, vous révère, vous serve, vous loue et vous glorifie durant toute Téternité!

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