‹ Les noms divinsChapitre 7 sur 69 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

*Z)e r Infinité de Dieu.

Ps. 144, V. 3. — DiONYS., c. 9.

s. Thomas, i p., q. 7.

lEu est Infini^ quant à son essence^ non seulement en quelque genre de perfection, comme en puissance, en sagesse, en sainteté, en justice, en miséricorde, etc., mais il est absolument infini en tout genre de perfection, et par conséquent en tout genre d'être.

1° Il est infini^ comme cause féconde dans laquelle existe éminemment toute Tétendue de Tétre, qui comprend les espèces infinies de tous les genres, et les individus infinis de chaque espèce, et par conséquent tout ce que Tcntendcment des anges et même Tentcn-

Les Noms divins. — Chap. III. 17

dément de Dieu peut concevoir en qualité d'être.

C'est pourquoi Dieu est appelé par saint Grégoire de Nazianze « un immense océan d'essence ( 1 ) ». Là, des mondes infinis, des espèces infinies d'anges toujours plus excellents jusqu'à l'infini, des nations infinies de peuples, des espèces infinies d'animaux, des natures et variétés infinies de plantes, de métaux, de minéraux, de pierres précieuses. Là, une infinité d'or, d'argent, des perles d'une grandeur infinie, et des pierres précieuses de tout genre; des espèces infinies de couleurs, de peintures, de symphonies^ d'odeurs, de saveurs et d'objets délectables. Là, des régions infinies et des villes sans nombre ; des campagnes et des bois sans fin, des champs et des jardins infinis, des montagnes et des fontaines à l'infini-, une infinité de mers et de fleuves; une infinité de palais et de temples, une infinité de meubles de tout genre et d'un prix au-dessus de tout prix. Là enfin est contenu et possédé avec une abondance infinie toutcequel'esprii peut

(i) Oratione in Natalitia.

i8 Léonard Lessius.

concevoir de précieux, de beau, de splendide, de délectable. Car toutes ces choses et une infinité d'autres qu'aucun esprit créé ne pourrait comprendre, existent de telle sorte dans Tessence, la sagesse, la toute-puissance de Dieu, et brillent devant lui dans une si vive lumière, qu'il peut, d'un seul signe de sa volonté, les produire au dehors en telle multitude et grandeur qu'on pourrait concevoir.

D'où il suit que quiconque possède Dieu, possède en même temps toutes ces choses, et qu'il en jouit en Dieu d'une manière très relevée.

2" Dieu est appelé absolument infinij parce que lui seul, par lui-même, est infiniment plus excellent, plus élevé, plus grand, plus beau, plus aimable que toutes ces choses infinies qui sont éminemment contenues dans son essence, sa sagesse, sa puissance. Et quand bien même Dieu les ferait passer du néant à l'existence, il serait encore infiniment élevé au-dessus d'elles. Que dis-je? toutes ces choses collectivement prises et considérées ensemble ne sont qu'un néant en com-

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paraisoii de rexcellence divine. Ainsi donc, celui qui possède Dieu et jouit de lui, goûte, par sa seule possession, un bonheur incomparablement plus grand que s'il possédait, mais en dehors de Dieu, toutes ces choses réunies, jouissant de tout ce qu'elles ont de beauté, de splendeur, de gloire et d'éléments de félicité -, car Dieu lui est toutes ces choses, et infiniment plus que toutes ces choses!

3" De ce que Dieu est infini, quant à son Essence., il suit qu'il est lui-même nécessairement infini en tout genre de perfection qui lui convient, comme la grandeur, la puissance, la sagesse, la sainteté, la bénignité, la miséricorde, la justice, la beauté, etc. Et en voici la raison : Premièrement, parce que de telles perfections ne conviennent à l'Essence divine que dans un degré et dans une perfection infinie; car elles doivent être proportionnées et en tout égales à cette Essence, de laquelle, selon notre manière de concevoir, elles semblent émaner -, secondement, parce que ces perfections se trouvent en Dieu par une seule et très simple forme entièrement infinie et illimitée -, car elles ne sont pas

20 Léonard Lessius.

de vraies propriétés procédant de TEssence, mais elles sont TEssence divine elle-même subsistante par soi et par conséquent une très simple forme de la Divinité, que nous ne pouvons à la vérité comprendre qu'imparfaitement.

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