‹ Les normands au Canada: Jean Nicolet, 1618-1642 [microforme]Chapitre 10 sur 12 · PE |. CA · texte numérisé non relu

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dans la neige, à laquelle est fixé un chiffon de papier : sur ce papier, quelques mots griffonnés avec du charbon : « Les Iroquois nous ont pris dans le bois. »

On entre dans la forêt, et sur un gros arbre dont l’écorce a été enlevée, sont écrits ces mots : « Les Iroquois nous ont pris la nuit; ils ne nous ont fait encore aucun mal, ils nous emmènent en leur pays. »

La colonie canadienne tout entière fut plongée dans la douleur. Pour le moment, cependant, il parut impossible d'aller à leur secours. On se contenta de recommander l'affaire à Dieu.

La Providence permit en effet que des conseils de modération et de sage prudence prévalurent parmi les Agniers. Le nom français imposait encore à ces barbares.

Il fut résolu d’épargner Marguerie et Godefroy, et de les garder comme gage et prix de la paix dont on voulait traiter avec les Français au printemps.

On les confia à deux chefs de famille, qui en prirent soin et les traitèrent comme leurs enfants.

« L'un d'eux, voyant que son prisonnier priait Dieu soir et matin, et faisait le signe de la croix avant le repas, lui demanda ce que cela signifiait. Ayant eu pour réponse que le Dieu qui a fait le ciel et la terre conservait ceux qui l’honoraient et avaient recours à lui : « Je veux faire de même, répondit-il, afin qu’il me « conserve et qu’il me nourrisse. »

« Une autre fois, plusieurs de ces Barbares invitèrent l’un de leurs prisonniers à chanter à la française : « Tenez-vous en res- « pect, dit-il, car le Dieu du ciel et de la terre que nous honorons « par nos voix et nos cantiques, vous pourrait châtier rudement, « si vous entriez dans quelque mépris... » [Il entonne alors l’Ave maris stella, qu’ils écoutent la tête baissée, avec beaucoup de modestie et de respect, témoignant que ce chant leur avait agréé. »

Nos jeunes gens avaient été obligés de se dépouiller d’une partie de leurs vêtements pour les donner aux [roquois : ils eurent beaucoup à souffrir du froid. Un Sauvage se rendant un jour à Albany pour y porter quelques pelleteries, Marguerie, qui n’était jamais à bout d’expédients, lui demande une peau de castor, puis, avec un petit bâton trempé dans de la suie, écrit sur ce parchemin improvisé quelques mots aux Hollandais pour leur faire connaître son dénuement. On lui envoya quelques chemises,

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