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des couvertures, quelques vivres, ainsi que de l’encre et du papier pour écrire. Il écrivit alors, en effet, pour les Hollandais, toute son aventure et celle de son compagnon; et pour être plus sûrement compris, il écrivit en français, en latin et en anglais. Mais il n'eut pas de réponse.
Dans les premiers jours de juin, une vingtaine de canots iroquois parurent #n face fes Trois-Rivières. L'un d’eux, monté par un jeune h ; seul, se détacha de la petite flotte, et se dirigea vers la ville, portant un petit guidon pour marque de paix. »
Le jeune homme descend à terre : il est habillé en Sauvage ; mais la voix est française : c’est François Marguerie. Il demande à être conduit au Fort pour parler au commandant, M. de Chamflour.
« Tout le monde accourt, chacun l’embrasse; on le regarde comme un homme ressuscité..., on lui fait quitter ses haillons, on le revêt à la française, chacun est dans la joie, on le traite avec amour, et après les premières caresses chacun se met en silence pour l'écouter. »
Marguerie était chargé de parler de paix avec les Français, mais non avec les Sauvages. Il apprit à M. de Chamflour que les Iroquois
étaient ivés en grand nombre, armés jusqu'aux dents. « J'ai comm , dit-il, de retourner sans délai; ils ont retenu avec eux mon ompagron pour otage, et je leur ai donné parole que je les reverrais au plus tôt. »
Le commandant lui donne un Français pour l’accompagn aux Iroquois, et fait dire à ces Sauvages qu'il va avertir immédiatement le gouverneur du Canada, et que c’est avec lui qu’ils devront traiter de la paix. En attendant, il leur envoie force présents.
Dans leur impatience d'arriver immédiatement à quelque résultat, les Iroquois dépêchent de nouveau Marguerie, cette fois avec son compagnon Godefroy, pour prier M. de Chamflour de venir les entendre.
C’est alors que Nicolet est député avec le P. Ragueneau auprès des [roquois, à la place du commandant des Trois-Rivières. Ils partent tous deux, accompagnés de Marguerie et de Godetroy, et vont rencontrer les Iroquois de l’autre côté du fleuve.
Ceux-ci se sont logés dans une redoute bien fortifiée, afin de se défendre, en cas d’attaque. Plus loin, dans la forêt, ils ont un
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autre Fort en palissades, « si bien fait et si bien muni, disent les Relations, qu’il était à l'épreuve de toutes nos batteries. »
Nicolet et le P. Ragueneau tiennent conférence avec les Iroquois, et leur font comprendre que rien ne peut se décider avant l’arrivée du gouverneur. Comme marque de bonne volonté, ils leur offrent plusieurs présents, puis reviennent seuls aux Trois-Rivières, Marguerie et Godefroy étant gardés encore comme otages.
Au bout de quelques jours, une barque et quatre chaloupes arrivent de Québec. M. de Montmagny s’est empressé de monter pour rencontrer les [roquois; et il va « mouiller l'ancre devant leur Fort, à la portée du mousquet. » Les Sauvages saluent son arrivée par une salve de quarante coups de fusil, et lui expédient deux canots : Nicolet et le P. Ragueneau retournent alors bravement chez les Iroquois pour entendre de nouveau leurs propositions de paix et surtout pour obtenir la délivrance des prisonniers.
« Ils entrent dans le Fort des Iroquois, qu'ils trouvent assis en rond, en assez bon ordre, sans tumulte et sans bruit, Ceux-ci font asseoir les deux médiateurs de la paix sur un bouclier, et les deux prisonniers à terre, les liant pour la forme, afin de montrer qu’ils sont encore captifs. »
Il y eut alors de nombreux discours, des échanges de présents; puis, « après quelques autres cérémonies, l’un des chefs iroquois s'approche des captifs, brise leurs liens, les jette par dessus la palissade du Fort, en s’écriant : Que la rivière emporte si loin ces liens, que jamais il n’en soit de mémoire! Ces jeunes gens ne sont plus captifs, leurs liens sont brisés, ils sont maintenant tous vôtres. »
Marguerie et Godefroy avaient recouvré leur liberté. Nicolet et le P. Ragueneau, tout joyeux, les amenèrent en triomphe à M. de Montmagny.
Nicolet fit alors comprendre au gouverneur à quelles conditions les [roquois voulaient la paix. Il ne la voulaient qu'avec les Français : aux Algonquins, aux Montagnais, aussi bien qu'aux Hurons, ils avaient voué une haine à mort. M. de Montmagny, pas plus que Champlain, n’était disposé à abandonner ses anciens alliés, ses voisins, sous prétexte de se mettre en paix avec d’autres nations, et il fait savoir aux Iroquois sa résolution bien arrêtée. Ceux-ci devenant de plus en plus menaçants, il dresse contre leur Fort la petite batterie montée sur sa barque, et lance quelques
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obus. Les Iroquois prennent alors la fuite, se sauvent en désordre : et il rentre aux Trois-Rivières (1).
La fuite des ennemis, cependant, n’était que simulée. Ils avaient été se réfugier dans leur redoute, à l’intérieur des bois; et ils continuèrent tout l'été à faire la chasse aux Algonquins et aux Hurons.
Pour le moment, du moins, le but principal des Français, à savoir, la délivrance de leurs compatriotes, était atteint; et Nicolet avait été pour une bonne part dans le succès de cette affaire.
Olivier Le Tardif (2) remplissait à Québec les fonctions importantes de commis général pour la Compagnie des Cent-Associés (3). . Comme il avait besoin de passer en France (4) dans l'automne de 1642 (5), son beau-frère Nicolet descendit des Trois-Rivières pour le remplacer durant son absence. Ce lui fut « une joie et une consolation bien sensible, dit le P. Vimont, de se voir dans la paix et la dévotion de Québec. »
Il n’y avait pas un mois qu’il était à son poste, qu'une nouvelle
très grave lui arrive des Trois-Rivières : un parti d’Algonquins revenant de guerroyer, à it prisonnier un Sauvage appartenant à une nation alliée aux lroquois, et l’on a décidé de le bràler,
(1) Relations des Jésuites, 1641, p. 38.
(2) Veuf de Louise Couillard, sœur de Mme Jean Nicolet. Louise Couillard mourut à Québec le 23 novembre 1641.
(3) Il avait succédé à François de Ré de Gand, décédé le 21 mai 1641.
(4) Il faut admettre que Nicolet, lui aussi, fit un voyage en France, en 1640, puisque la chose est expressément mentionnée dans un acte des registres des Trois-Rivières : « 14 die Maii 1610, ego Carolus Raymbault baptisavi cum cæremoniis Franciscum pridiè natum, filium Christophori Crevier pistoris et Joannæ Emart, conjugum Rothomagensium. Patrinus fuit Dominus Franciseus de Chamflour, moderator, et matrina Domina Margarita Couillard, conjux interpretis (est in Galliä). » Mais ce voyage dut être extrêmement court, et le départ du Canada n’eut pas lieu à l’époque ordinaire des départs : d’après les Registres, Nicolet était encore certainement aux Trois-Rivières le 6 janvier 1640; et d'un autre côté il est également certain qu'il était présent à Québec le 2 septembre de la même aunée 1640, aux noces de Nicolas Bonhomme.
(à) I partit le 7 octobre.
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après lui avoir fait subir mille tortures préliminaires, suivant l'usage.
Les Français des Trois-Rivières sont effrayés non seulement à la pensée de l'acte barbare qui va se commettre au milieu d’eux, mais à cause des conséquences terribles qu’il entraînera pour la colonie. [ls supplient les Algonquins de se tenir tranquilles, et de ne pas provoquer inutilement leurs ennemis. Le P. Le Jeune, surtout, emploie toutes les ressources de son art et de sa charité pour les détourner de leur sinistre projet : peines perdues; le sort du malheureux est décidé : hommes, femmes et enfants s’acharnent à le torturer; les uns lui percent les pieds avec des bâtons, les autres lui arrachent les ongles avec leurs dents, d’autres lui lient les bras avec des cordes à nœuds coulants et lui enlèvent la chair jusqu'aux os. Le bûcher se prépare, et le jour du dernier supplice est fixe.
Dans sa douleur, le commandant des Trois-Rivières songe à Nicolet, le seul homme qu’il juge capable d’exercer une heureuse influence sur ces barbares. Il lui expédie en toute hâte un courrier pour solliciter son intervention, et écrit en même temps au gouverneur général pour l’informer de ce qui se passe aux Trois- Rivières.
Le courrier arrive le 27 octobre, et va porter le message à Nicolet.
Une tempête horrible sévit à Québec. Le vent de nord-est, qui y souffle presque toujours avec rage à cette saison de l’année, a bouleversé les eaux du grand fleuve : les vagues sont comme des montagnes. Le froid est intense, et déjà les rivages sont glacés.
Nicolet n’écoute que son cœur. Il est sept heures du soir; la nuit est sombre, et presque sinistre; mais l'affaire à régler est pressante. Une chaloupe est au rivage, celle de M. de Chavigny, et s'apprête à faire voile pour Sillery : il s’y jette, avec M. de Chavigny lui-même et deux ou trois autres Français (1), probablement avec l’intention de passer la nuit à Sillery, où demeure M. de Chavigny, puis de repartir de grand matin pour Trois-Rivières.
(1) Les Relations disent : « M. de Chavigny perdit trois de ses meilleures hommes. » Les Registres de Québec disent aussi que trois hommes de M. de Chavigny se noyèrent, mais n’en nomment que deux : Noël Girardeau et Jean Ferré,
Ils allaient doubler la Pointe-à-Puyseaux, lorsqu'un coup de vent fait chavirer leur chaloupe : elle tourne deux ou trois fois, puis flotte renversée contre une roche, assez près du rivage ; mais l'obscurité est telle que les pauvres naufragés ne distinguent aucun objet. Ils se cramponnent à l’embarcation; et Nicolet criant à M. de Chavigny : « Monsieur, lui dit-il, sauvez-vous; vous savez nager, moi je ne le sais pas. Je m'en vais à Dieu. Je vous recommande ma femme et ma fille. » De Chavigny se jette à l’eau, et rage au milieu des vagues qui menacent de l’eagloutir. Il sent le cœur et les forces lui manquer; il fait un vœu à Dieu, puis, se redressant, il touche du pied la terre, et gagne péniblement le rivage, dont il était bien près, puis la résidence des Jésuites : il était à demi-mort.
Pendant ce temps, les autres naufragés, transis de froid, sont arrachés à la chaloupe les uns après les autres, et emportés par les vagues.
Leurs cadavres ne furent jamais retrouvés (1).
M. de Chavigny, chez les Jésuites, fut longtemps sans pouvoir parler. Revenu enfin à ses sens, il raconte aux Pères ce qui vient d'arriver. La nouvelle de ce naufrage se répand aussitôt, et jette le deuil dans toutes les familles. Français et Sauvages sont incon-
solables de la mort de Nicolet. Les Sauvages, surtout, qui perdent un ami, un protecteur, un père (2), expriment des regrets indicibles, courent sur la plage près de laquelle il a disparu, et jettent des cris de douleur.
Aux Trois-Rivières, ce fut un deuil général lorsqu’on apprit le
(1) « Dans les vieux registres de Québec, dit l’abbé Tanguay, on trouve la note suivante : Le 29 octobre (1642) on fit les cérémonies funéraires de M. Nicolet et de trois hommes de M. de Chavigny, noyés dans une chaloupe, lorsqu'ils allaient de Québec à Sillery; leurs corps ne furent point trouvés. » (A travers les Registres, p. 26).
(2) Is lui avaient donté le nom d’Achirra. Ce fut Guillaume Couture, un natif de Rouen, qui hérita de ce beau nom. « Au lieu de son ancien nom lhandick, qui sonne mal en lroquois, on lui donna le nom d’Achirra, le nom de feu M. Nicolet. » (Journal des Jésuites, p. 42). « Guillaume Couture, par ses travaux et son courage, méritait bien, dit M. J. E. Roy, de rappeler le souvenir de l’un des voyageurs les plus entreprenants des premiers temps de la colonie. Depuis la mort de Nicolet, pas un interprète n'avait su s’attirer l’estime et la confiance des Sauvages comme Couture. » (Le premier colon de Lévis, Guillaume Couture, p. 46}.
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naufrage de ce bon citoyen : et on l’apprit aussitôt, car le gouverneur dépêcha immédiatement un courrier à M. des Rochers, pour lui ordonner de racheter à tout prix le prisonnier des Algonquins et de lui rendre la liberté. Il était temps : le bûcher était prêt, et la nuit où devait se passer l’horrible tragédie allait commencer. Le commandant réussit, mais avec beaucoup de peine, à délivrer le malheureux : il fallut payer une forte rançon (1).
Telle fut la fin tragique et héroïque de Nicolet : couronnement glorieux, on peut le dire, d’une vie toute de dévouement et de sacrifices pour le bien de sa patrie et de la religion.
Nicolet était marié depuis quelques années. Il avait épousé, le 7 octobre 1637, Marguerite Couillard, fille de Guillaume Couillard, l’un des premiers habitants du pays, et de Guillemette Hébert (2). C'était la filleule de Caamplain, ei la petite-fille de Louis Hébert (3), le premier colon du pays, « le premier chef de famille résidant au pays, qui vivait de ce qu’il cultivait, » dit Champlain. Non seule-
(4) Relations des Jésuites, 1643, p. 46.
(2) Le mariage eut lieu le 7 octobre; mais le contrat de mariage ne fut passé que le 22 octobre 1637. Ce contrat fut trouvé dans le greffe du notaire Guitet. « Il ne porte pas le nom de Guitet, dit M. Sulte, mais la pièce a été trouvée dans son greffe, et reconnue comme étant de lui par Du Laurent, notaire et greffier à Québec, de 1734 à 1759, et le vicaire général Verrier. » Il a pour titre : « Traité de mariage entre Jean Nicolet et Marguerite Couillard, » et a été publié dans la Revue Canadienne. t. xxir.
Dans ce traité, Jean Nicolet donne à son épouse « pour deniers dotaux la somme de deux mille livres à avoir et prendre sur ses biens tant meubles qu'immeubles présens et advenir et en quelque part qu'ils puissent être tant à la vieille que nouvelle France. » Guillaume Couillard et Guillemette Hébert, père et mère de l'épouse, « s’obligent solidairement bailler à l'époux toutes fois et quantes qu'il luy plaira la somme de neuf cents livres par manière d'avancement de succession, laquelle somme luy sera présentée sur le droit successif qu’elle pourra avoir de ses dits père et mère après leur décès, »
On voit par le contrat de mariage que Nicolet avait alors perdu son père ; mais sa mère vivait encore à Cherbourg.
(3) Louis Hébert était mort en 1627; mais sa veuve, Marie Rollet, mariée en secondes noces à Guillaume Hubou, vivait encore, et signa le contrat de mariage de sa petite-fille Marguerite Couillard,
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ment Nicolet était un vrai Canadien, attaché à sa patrie d'adoption, mais il tenait par son mariage à tout ce qu'il y avait de plus canadien dans la colonie.
Sa femme lui donna deux enfants, dont le premier mourut presque aussitôt après sa naissance; l’autre, Marguerite Nicolet, n’avait que quelques mois, à la mort de son père : on lui nomma aussitôt pr tuteur son oncle Pierre Nicolet. Son père, comme nous l’avons vu, l'avait recommandée, avant de mourir, à M. de Chavigny. Elle épousa, à l’âge de quatorze ans, Jean-Baptiste Le Gardeur de Repentigny, « dont le fils, Augustin Le Gardeur de Courtemanche, officier dans les troupes, se distingua, dit M. Sulte, par de longs et utiles services dans l'Ouest, fut un digne contemporain de Nicolas Perrot, de même qu’un honorable rejeton de son grand-père Nicolet. »
Marguerite Couillard, veuve de Jean Nicolet, épousa en secondes noces Nicolas Macard, honnête citoyen de Québec, et lui donna une nombreuse postérité. Elle survécut longtemps à son premier mari, et ne mourut qu'en 1705.
Nicolet possédait, dans la banlieue de Québec, conjointement avec son beau-frère Olivier Le Tardif, « cent-soixante arpents de terre en bois sur pied, » qui leur avaient été concédés par M. de
Montmagny le 23 mai 1637. C’est sur cette propriété, sur la route de Sainte-Foye, que s'élève aujourd’hui le monument des Braves de 1760.
Quelques jours après la mort de Nicolet, le 12 novembre, on fit aux Trois-Rivières, par ordre de M. des Rochers, commandant du Fort, un inventaire de ses meubles (1). En descendant à Québec pour y remplacer temporairement son beau-frère, Nicolet n'avait apporté avec lui, en effet, que sa garde-robe; et il en fut fait aussi un inventaire dans le magasin de Québec, le 27 novembre.
(4) Inventaire des meubles de Nicolet, fait aux Trois-Rivières le 12 novembre 1642, en présence de François Marguerie et Joseph de Beaune, suivant commandement de M. des Rochers, capitaine du dit Fort, par André Crohine, caporal et chirurgien, et Jean de Lespinière, aussi caporal,
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Les deux documents se complètent l’un l’autre, et nous font connaître ce qu'était un modeste intérieur canadien, daas ces temps héroïques de notre histoire. Comme il fallait alors, mais aussi comme on savait alors se contenter de peu ! Un lit, quelques chaises de bois, quelques ustensiles indispensables de cuisine et de ménage, beaucoup d’instruments de chasse et de pêche, plusieurs objets ayant trait à la navigation, des bal. ‘ts et des coffres couverts de cuir, garnis de clous et munis de serrures, qui accompagnaient sans doute le voyageur dans ses longues courses : voilà quel était à peu près tout le mobilier de Nicolet.
La garde-robe, sans être riche, était assez bien montée. Ces souliers de maroquin noir, ces hauts-de-chausses de serge de Fécamp, ces pourpoints de futaine doublés de toile, cette casaque de drap de Berry avec des boutons, ces larges rabats, ces bonnets de drap gris ou noir ; tout cela, c’est bien le costume de l’époque, tel que le portait Champlain, par exemple (1). Il y a dans cette garde-robe un chapeau de castor garni d’un cordon d'argent et d’une plume blanche, ainsi qu'un bonnet de drap écarlate passementé d’argent : c'était sans doute la coiffure de Nicolet dans les occasions un peu solennelles. On y trouve aussi « un petit baril à mettre des senteurs, deux calumets de pierre rouge avec une boîte à petun de cuivre émaillé, un étui à barbier de beau rouge avec huit rasoirs, quatre peignes, deux relève-moustache, une paire de ciseaux et un bassin de cuivre. » Ces détails nous révèlent, pour ainsi dire, la physionomie de Nicolet et quelques-unes de ses habitudes domestiques.
Dans son modeste logis, avec le peu que la Providence lui avait donné, il était heureux, parce que ses désirs n’allaient pas au delà de l’honnête médiocrité dont parle le poète :
Auream quisquis mediocritatem
Diligit, tutus caret obsoleti
Sordibus tecti, caret invidendä Sobrius aulâ,.
Ce qui nous intéresse particulièrement dans l'inventaire que nous avons en ce moment sous les yeux, c'est le catalogue des
(1) Voir le Portrait de Champlain au commencement de ses OŒuvres, publiées à Québec, en 1870, par M. l’abbé Laverdière, sous le patronage de l’Université- Laval.
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