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« frère d’un honnête habitant du pays. » Ils s’enfoncent dans les bois, et, la nuit venue, se couchent dans la neige. Quelques Iroquois les suivent à la piste de leurs raquettes, les surprennent durant leur sommeil, et se jettent sur eux en poussant des cris et des hurlements épouvantables.
« L'un des deux Français, dit la Relation, eut le loisir de présenter son arquebuse au premier qui le voulut saisir; mais par bonheur elle fit fausse amorce : si elle eût pris feu, et qu'il eût tué ce barbare, ils auraient tous deux perdu la vie. Il en fut quitte pour un coup d’épée que lui darda son ennemi dans la cuisse.
« L'autre Français se lève promptement au bruit, et met la main à l'épée : un Iroquois lui tire un coup de flèche qui lui passe sous le bras; un autre veut l’aborder, fait un faux pas et tombe dans la neige.
« Aussitôt le Français lui présente l'épée nue à la gorge : les Iroquois le regardent faire sans branler, pas un ne fait mine de l'empêcher ou de le tuer, de peur qu’il ne transperce son ennemi, qu’il a à ses pieds.
« Enfin, le jeune homme, voyant qu’il va être massacré à l’instant, s’il passe outre, jette bas son épée et se rend, pour avoir, ajoute la Relation, le loisir de penser à sa conscience, quoiqu'il se füt confessé et qu’il eût communié le dimanche précédent, aimant mieux être brülé, rôti et mangé, que de mourir dans cette précipitation sans penser à Dieu. »
Marguerie et Godefroy sont alors saisis par les Iroquois, garrotés et emmenés captifs. Ils n’arrivèrent qu'après dix-huit jours de marche dans la première bourgade de la Contédération iroquoise, celle des Agniers, la plus proche de la colonie hollandaise d’Albany.
Cependant leurs familles ne les voyant pas revenir au jour convenu, entrent dans une vive inquiétude. On envoie quelques Français à leur recherche; ceux-ci trouvent une perche plantée
bien étonnés, car ils nous tiennent pour des tortues, au respect de tous les Sauvages. » (Rel. des Jésuites, 1636, p. 71).
Comme chrétien, il était admirable. Au Fort de Richelieu, en 1642, il servait d'assistant au P. Le Jeune : « Le sieur de Normanville faisait faire les prières tout haut, aux Sauvages, au commencement de la messe... Sur le soir, le Père prenait une partie des cabanes, et le sieur de Normanville l’autre, et ainsi on faisait prier tout le monde. » (Ibid., 1643, p. 47).
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