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Le gouverneur du Canada, M. de Montmagny, se trouvant par hasard aux Trois-Rivières, rassure autant que possible les Sauvages épouvantés, et met les Français sous les armes; puis il équipe une barque, et envoie Nicolet à l'entrée du lac Saint-Pierre afin de reconnaître l'ennemi.
A la vue de cette barque, le canot iroquois disparaît. Nicolet s'avance, et découvre cinq cents lroquois, dont la moitié se promène sur le lac, et les autres se démènent comme des enragés sur la lisière des bois. Il court à leur poursuite. Malheureusement, il s'aperçoit que sa barque menace d’échouer, et ils sont hors de la portée de son fusil. Il en voit cependant quelques-uns dans les jones du rivage, et il les couche en joue : il en tue plusieurs, en blesse un plus grand nombre, répand l’épouvante parmi ces barbares, puis revient aux Trois-Rivières informer M. de Montmagny de la situation. Les Iroquois n’osèrent plus se montrer devant le Fort; mais il aurait fallu leur donner la chasse, et l’on n'avait pas assez de monde : ils continuèrent à infester les environs (1).
Ces Sauvages, que la crainte de Champlain avait tenus en respect durant plusieurs années, venaient de se réveiller, et d’accentuer plus que jamais leur humeur guerrière. La Nouvelle-France allait désormais éprouver, en plus d’une occasion, les terribles effets de leur vengeance contre les autres races aborigènes. Le poste d'- Trois-Rivières était spécialement exposé à leurs coups.
Dans l'hiver de 1641, deux jeunes Français partirent pour « aller faire un tour à la chasse » : l’un était François Marguerie (2), interprète en langue algonquine, et l’autre Thomas Godefroy (3),
(1) Relations des Jésuiles, 1637, p. 89.
(2) Originaire de Saint-Vincent de Rouen. Il se noya en face des Trois- Rivières le 23 mai 1648. C’est de lui que le P. de Brébœuf écrivait en 1636 : « Nous fûmes surpris de voir qu’un jeune homme comme lui, âgé de vingt à vingt-deux ans, eût le courage de suivre les Sauvages sur les glaces, dans les neiges et à travers l’espace de quelques 300 lieues, portant, trainant et travaillant autant et plus que pas un de sa bande; car ces barbares, arrivant au gite, lui faisaient faire leur chaudière, tandis qu’eux-mêmes se chauffaient et se reposaient. »
(3) Thomas Godefroy de Normanville, frère de J.-Bte Godefroy de Linctôt (Voir plus haut, p. 36. Au physique, ce jeune homme était bien doué : « Le 18 août 1636, le sieur Godefroy, jeune homme fort leste et dispos de son corps, devança à la course un Huron, aux yeux de quatre ou cinq nations, sur une gageure qu'avait fait pour lui un Montagnais : de quoi les Hurons demeurèrent