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Nous avons déjà signalé la présence de Hasting en Angleterre et annoncé que nous le retrouverions en France, c'est un des vikings les plus fameux ; traçons quelques
traits de son histoire. Dans les vieilles chroniques, son
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nom est écrit de dix manières différentes, et son origine est fort controversée. Schæming le fait naître en Norvège ; Suhm, dans la Gothie occidentale, Glaber, qui écrivait au onzième siècle, dit qu'il est né dans une maison de paysans près de Troyes en Champagne. Cette opinion de Glaber a été adoptée par plusieurs auteurs français, notamment par Gabriel du Moulin, le vieil historien de la Normandie, et par Michelet (1), qui précise qu'Hasting naquit à trois milles de la ville de Troyes dans un village nommé Tranquille et qu'il était de la plus basse classe des paysans.
Que Hasting fût le fils d’un Français pauvre, ou d'un prince danois, s'il n'était pas viking de naissance, il avait tout ce qu'il fallait pour le devenir. Il joignait l’habileté au courage, l'humeur aventurière à la cruauté, l'astuce et la perfidie à la sagesse et à la loyaé, quand la loyauté lui était commandée par sa position.
I aurait, dit-on, abjuré la religion du Christ pour celle d'Odin. Ce qu'il y a de certain c'est que pour devenir comte de Chartres il se convertit à la foi catholique. Les conversions intéressées ne sont pas rares chez les héros-pirates qui n'adoraient que la force. Jamais viking en massacrant les religieux au nom d'Odin , n'eut l'idée de leur demander de quitter la religion du Christ pour celle des dieux de Valhalla. Les Normands désertaient souvent la foi de leurs pères par intérèt, sauf à y revenir, pour la quitter encore selon l'intérèt du moment.
Le moine de Saint-Gall nous raconte une curieuse
1) Histoire de France, \. F, p. 393.
anecdote. Il s'était, dans une circonstance, présenté tant de Normands pour se faire baptiser ensemble, qu'on n'eut pas le temps de préparer assez de belles robes pour tous les néophytes; on fut obligé d'en confectionner de grossières. On en offrit une à un viking qui la repoussa avec indignation en disant « Gardez votre casaque pour un bouvier; voilà, grâce au ciel, la vingtième fois que je me fais baptiser, jamais on ne m'avait présenté de pareilles guenilles. »
Ordéric Vital, Guillaume de Jumièges, et plusieurs historiens racontent que Hasting avait été le précepteur de Biærn, l’un des fils du fameux Regner Lodbrog. Ce roi, dit Guillanme de Jumièges, rappelant les lois de ses ancètres, forçca son fils Biœrn Côte-de-fer, à sortir de son royaume avec une immense suite de jeunes gens et avec Hasting son gouverneur, homme rempli de méchanceté en tous points, afin que se rendant en des pays étrangers, Biærn conquit par les armes une nouvelle résidence (p. 11).
Hasting et Biærn étaient dignes de s'associer.
La chronique de Normandie de Benoit de Saint-Maur fait le plus affreux portrait de Hasting : r
« Litrès horrible, li crueaux, « Le plus malo hom. q. onc nasquit « Et qui cel siècle plus mal fist. »
Tout ce que l’on dit des actes de cruauté, des perlidies de son cœur de Judas, des délices qu’il éprouvait à faire couler les larmes et le sang, est parfaitement sa justifié par son histoire comme nous le verrons plus £1 loin.
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S'il n’a pas commencé sa vie en chrétien, ce n'est pas en viking qu'il l'a terminée.
Biærn, dont il avait été le gouverneur, ou dont il fit son compagnon d'armes, étaitsurnommé Côte-de-fer. D'où lui venait ce surnom? Les uns disent qu'il avait une plaque de métal qui garantissait ce côté blessé. D'autres racontaient sur lui d'étranges choses; sa mère, par ses enchantements, l'avait rendu invulnérable, à l'exception d’une côte sur laquelle il avait soin de poser une forte armure.
On lit dans le roman du Rou :
ÉCM eEe re Biærn
« Que l’on clamait Côte-de-fer
« Ne ni c’est veir, mezco dit lien « Que la mère, qui l’ont porte, « L’ont si charmé et enchanté Que fer ne le peut entamer
Ni par férir ni par bouter. »
Hasting et Biœrn entrèrent en France en 853. en remontant la Seine. Ils pénétrèrent dans la Neustrie, qu'ils saccagèrent; quand tous les villages furent pillés, ils revinrent à leurs contrées de prédilection, aux ahords de la Loire. Ils réduisirent Amboise en cendres et assiégèrent Tours. Ils prirent des miesures si énergiques, et ils étaient si nombreux que la ville, objet depuis longtemps de leur convoitise, paraissait dévoir enfin succomber à leurs assauts.
Les Tourangeaux se dirent qu'ils ne pouvaient se sauver que par un miracle et ils espérèrent l'obtenir grâce à l'intervention de leur patron saint Martin.
La foi qui les animait excita leur courage. Ils portè-
rent au combat les reliques de leur saint guerrier et combattirent avec une ardeur inouïe, comme si du haut du ciel saint Martin lui-même les commandait. Les Normands furent obligés de se retirer. Ces barbares étaient superstitieux, ils avaient tant de dieux et de demi-dieux, qu'ils n'étaient pas bien sûrs que les autres pays n'en eussent pas de plus puissants. L'image de saint Martin habillé en guerrier, l'intrépidité et la foi des hommes qui combattaient sous son drapeau leur firent impression et déconcertèrent leur courage. Is ne soutinrent pas longtemps la lutte contre l'invisible patron de Tours que l'on disait en faveur au ciel, et ce n’est pas sans raison qu'on peut attribuer à saint Martin le salut de sa ville préférée.
A l'endroit où ses reliques avaient été portées dans le
combat, la reconnaissance populaire se hâta d'élever une
basilique qui devint une des plus fameuses cathédrales de France. En souvenir de la miraculeuse délivrance de la ville, une procession commémorative fut instituée à perpétuité et fixée au 12 mai de chaque année. Les victoires contre les Normands étaient rares, celle des Tourangeaux aidés par saint Martin, combattant avec eux, fut célébrée en vers par l'évêque Adelbold d'Utrecht.
Hasting vaincu avait disparu. Il ne tarda pas à se venger à Nantes de l'échec subi à Tours. Il prit la ville d'assaut et la livra au pillage. Le clergé avec les processions et les reliques lui avait dérobé la victoire en inspirant aux Tourangeaux une force surhumaine, il fut sans pitié pour les prêtres et les religieux qu'il put saisir et les fit périr dans des tourments cruels. Il égorgea l'évêque pendant qu'il présidait les cé-
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rémonies du samedi saint, veille du jour de Pâques.
Quoique toujours en courses, les Normands ne dédai- #naient pas d'acquérir des stations où illeur fût possible de se retirer en cas d'échec où pendant l'hiver.
Les Rois de France étaient souvent assez faibles pour leur faire des concessions de lieux propres à ces établissements; en leur assignant un lieu déterminé, ils espé- “lent les cantonner, et l'expérience aurait dù les prévenir que les faveurs et l'argent donnés aux Normands ne servaient qu'à accroître leur nombre et leur puissance. Ainsi le terrible Harald, après avoir brûlé Anvers et fait d'effroyabies ravages, obtint de Lothaire la cession d’une petite île d’où il s’étendit peu à peu dans le pays dont il fit une place d'armes.
Un autre redoutable viking, Godefroy, se fortifia à Nimègue, fonda une petite colonie près de Maestricht et sortant de sa retraite il porta le fer et l'incendie dans les plus grandes villes. Quand il était battu dans un combat, il faisait payer cher sa défaite par des ravages et des actes de cruauté commis dans d’autres contrées. Godefroy comptaitnotamment, dinssesterriblesexploits, d’avoirtué le fils naturel de Louis le Germanique, d'avoir dévasté le palais de Charlemagne à Aix-la-Chapelle et logé les chevaux dans la chapelle enrichie de tant de pieux trésors par le grand empereur. Un viking fameux, Roric, en 845, avec 600 vaisseaux, s'avançca par le fleuve d'Elbe pour attaquer l'Empereur d'Allemagne. Il rencontra une résistance qu'il n’essaya pas de vaincre, et préféra aller
chercher fortune ailleurs. Il ravagea les côtes de Hollande et de Flandre et tout ce qui s'offrit à sa portée jusqu'à l'embouchure de la Seine.
La France était si déchirée par les dissensions intestines, que les vikings crurent le moment favorable pour attaquer Paris, but constant de leurs convoitises et de leur ambition. Cette proie si enviée devait leur échapper toujours. La cité était très bien fortifiée et la rupture des ponts en rendait l'approche difficile. Comme dédommagement de leurs échecs devant la ville, ils en dévastèrent les environs et les abbayes extra-muros de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain des Prés leur offrirent un riche butin. Ragenaire, terrible viking, fameux spoliateur d'églises, au moment où il profanait et pillait des choses sacrées, tomba mort, Cette mort subite fut attribuée à un miracle, on prélendit qu'il avait été flagellé par une main invisible. Les Normands, superstitieux, crurent enxmèmes au miracle; ils rendirent leurs prisonniers et tout le butin.
Après avoir réglé leur compte avec les Saints de Paris qu'ils ne voulaient pas irriter, ni avoir contre eux, ils continuèrent leurs dévastations, leurs massacres et leurs incendies dans les champs, les villes et les couvents.
Le bruit courut qu'ils s'étaient enfin rendus maitres de Paris, mais ils ne purent franchir les fortes murailles d'enceinte et ne s'emparèrent que des faubourgs.
L'église de Sainte-Geneviève fut prise de nouveau et pillée, Saint-Germain et Saint-Denis furent épargnés. grâce à une forte indemnité en argent payée aux Normands.
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Les religieux étaient les principales victimes des Barbares ; ils étaient instruits, éloquents et puissants en France, ils ne manquèrent pas de faire ressortir les malheurs de la patrie et de faire appel à ceux qui pouvaient la sauver.
Un moine de Corbie, Paschal Robert, qui dans ces (ristes temps, traduisait les lamentations de Jérémie, n'eut pas le courage de continuer son travail et s'écriait : « Pourquoi consacrer mes veilles à chanter des maux qui me sont étrangers! C'est à la patrie désolée qu’il faut réserver mes soupirs! » Voici ce qu'il écrivait dans son commentaire des lamentations : « Qui aurait cru, ou plutôt qui aurait jamais pu s'imaginer ce que nous avons vu arriver sous nos yeux et ce qui fait le sujet de nos gémissements et de nos larmes, qu'une troupe de pirates, composée d'hommes ramassés au hasard, viendrait jusqu'à Paris et brülerait les églises et les monastères situés sur les bords de la Seine? qui eût pu penser que des brigands auraient l'audace d'entreprendre de pareilles choses”? qu'un royaume si célèbre, si bien fortifié, si étendu et si peuplé serait destiné à être humilié et déshonoré par les ravages de ces barbares? »
Agius, évèque de Vabre quiécrivait au dixième siècle. fait une brève description de l’état déplorable où se trouvaient les contrées dévastées par les Normands :
« Dans presque tous les cantons situés le long de l'O-
céan gallique, les églises étaient ruinées, les villes dépeuplées, les monastères abandonnés. Les persécuteurs égorgeaient tous les chrétiens qu'ils pouvaient saisir, ou s'ils étaient las de verser le sang des innocents, ils les gardaient et les obligeaient à se racheter. Quelques-uns, parmi les chrétiens, abandonnaient] : sbiens et leur patrimoine pour s'enfuir dans les région: orientales; beaucoup aimèrent mieux mourir sous le fer des païens que de quitter le foyer paternel; bien d’autres, dans le cœur desquels la foi n'était que faiblement enracinée, se précipitaient dans les erreurs ténébreuses des païens et s’assoclaient à leurs forfaits. »
Chez nos vieux chroniqueurs, le tableau de nos désastres est peint sous les plus tristes couleurs!
Les terres ne rapportaient plus rien aux seigneurs. Les riches moissons n'ornaient plus les champs incultes et couverts de buissons. On nc rencontrait personne dans les campagnes désertes.
«.. Nul n'osant aler par chemin « Ne marchant ne pélerin. »
La France ne fut jamais dépourvue de guerriers braves et généreux. Plus d'un noble cœur battit de colère en voyant la France en proie à des étrangers barbares. Il était temps de se liguer pour sauver la patrie.
Des chevaliers rassemblèrent une petite armée à la tète de laquelle brillaient Robert le Fort, le comte d'Anjou. Renouf, duc d'Aquitaine, et le comte Henry.
Les Normands comprirent le danger qui les menacait, et loin de chercher à engager le combat avec des troupes si bien commandées, ils cherchaient à l’éviter. Hasting et
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Biœrn prirent toutes les mesures pour vendre chèrement leur vie.
Ils se retranchèrent dans un endroit resserré et firent de l’église une véritable citadelle,
Robert le Fort et Renouf se précipitent sur les retranchements improvisés, s'en emparent et passent au il de l'épée tous ceux qui les défendaient.
[n’était pas aussi facile de prendre l’église bien fortifiée eténergiquement défendue.
La journée, qui avait été rude, touchait à sa fin. On se borna à assiéger la place et l’on renvoya au lendemain l'emploi des machines de siège et l'assaut.
Robert, fatigué de la terrible besogne qu'il avait accomplie, avait Ôté son casque et son armure. Les soldats ne songeaient qu’à réparer leurs forces par le sommeil pour achever le lendemain ce qu'ils avaient si bien commencé.
Tout à coup les Normands font une sortie et se battent avec le courage du désespoir.
Robert le Fort, sans songer qu'il était désarmé, accourt un des premiers et pousse ses soldats contre les assiégés qui sont repoussés.
Mais l’imprudence de Robert de n'avoir pas repris son armure lui coûta la vie, et le duc d'Aquitaine tomba comme lui sur le champ de bataille.
Les troupes privées de leur chef, effrayées de tout ce que l’on racontait de Hasting et de Biœrn Côte-de-fer levèrent le siège de l'église. Les Normands s’empressèrent d'aller retrouver leurs vaisseaux et de disparaitre. Leur absence ne fut pas de longue durée et de nouveaux ravages signalèrent leur retour.
ls avaient si souvent et si complètement pillé Angers
que les habitants de la ville trouvèrent prudent de l'abandonner. Les Normands, qui avaient pris goût à ce beau pays, eurent l'audace de vouloir s’y installer. Ils relevèrent les remparts qu'ils avaient abattus et creusèrent de nouveau les fossés qu'ils avaient comblés. Rendre imprenable cette cité, s’y fixer, y faire venir leurs femmes et ieurs enfants, y créer un lieu de dépôt des fruits de leurs incessants pillages, tels étaient leur projet et leur entreprise hardie.
Le roi de France ne pouvait souffrir que des étrangers, bravant son autorité, vinssent s'établir en maitres au sein de son royaume dont ils étaient le fléau et l'épouvante.
Des troupes sont levées de tous côtés, et les Bretons surtout s'empressent de se joindre à l’armée royale. La ville d'Angers est vivement attaquée et vivement défendue. Au moment où de braves chevaliers brülaient d’exterminer les envahisseurs qui avaient causé partout de si grands désastres, les Normands eurent l’habileté de traiter avec le roi, qui leur accorda une forte somme d'argent sous la promesse qu'ils lui firent de quitter ses États, promesse déjà faite tant de fois et tant de fois violée.
Ils s'éloignèrent d'Angers, mais pour aller continuer leurs déprédations sur les bords de la Loire. Tours leur résista, mais ils prirent Amboise qu'ils brûlèrent en partant.
Les seigneurs des grands comtés se regardaient comme de petits souverains indépendants. Leur intérêt particulier passait avant l'intérêt général et rien ne leur coûtail pour étendre leurs domaines.
Le comte Partermetten disputait le pouvoir au comte
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Urfeau. Partermetten avait des partisans parmi les Bretons, mais pour écraser son ennemi tous les moyens lui parurent bons, et pour renforcer ses troupes, il n'hésita pas à acheter à prix d'argent le concours de Hasting, de Biærn, et de les prendre à sa solde.
Urfeau , loin de suivre le conseil qu'on lui donnait de seretirer devant des forces trop redoutables, n’écouta que son courage et attaqua son rival avec tant de bravoure que la victoire lui resta. Les Normands vaincus se barricadèrent dans l'abbaye de Saint-Melain, près de Rouen; puis, profitant des ombres de la nuit, ils allèrent rejoindre leurs vaisseaux et disparurent.
Lorsque les vikings s'éloignaient de la France, ce n’était pas toujours pour aller jouir dans le Nord des trésors apportés du Midi; le repos ne leur convenait guère:
Ils étaient plus avides de ramasser des richesses qu'hàbiles à les conserver. Lorsqu'ils avaient entassé du butin dans leurs barques, il ne leur en coûtait pas de hasarder leur vie et leurs trésors dans les plus périlleuses expéditions.
Pendant que le terrible Hasting jetait l'épouvante en France, il disparaissait, rèvant les plus étranges entreprises. Il visait, dit le moine de Jumièges, au diadème impérial. Nous raco* rons ailleurs comment il se crut un jour arrivé à Rome, dont il voulait faire la conquête.
De retour en France, Hasting se rendit de plus en plus redoutable par son habileté à tomber à l'improviste sur les points les plus faibles, par l'audace de ses entreprises.
l'adresse de ses stratagèmes, la perfidie de ses attaques,
l'intrépidité au combat.
Charles le Gros désespérant de le vaincre, n'eut d'autre
moyen pour l'empêcher de nuire à la France que d'en nelle faire un Français; il lui donna le comté de Chartres, Has- si et ting recut le baptème, et se montra vassal fidèle du répoi roi dont il avait tant dévasté les États, Biærn ne voulut les | pas se faire chrétien; il quitta son compagnon d'armes d'ens et résolut d'aller jouir dans le Nord des richesses con- avale quises par son épée. Ses projets furent détruits ar une au sa violente tempête, qui engloutit la plus grande partie Le: de ses vaisseaux et le jeta dans la Frise où il mourut peu lorsq de temps après. comn Les Normands avaient plusieurs chefs, et après avoir Aussi traité avec l’un, il fallait compter avec l'autre. nous Woland , un redoutable viking, remonta un jour, lors- les c
9 qu'on était loin de l’attendre, la Seine avec deux cents trans] vaisseaux. Le roi de France, pour l'arrêter dans sa marche Corbe vers Paris, d’autres disent, pour le chasser de Paris où il son € serait déjà entré, lui donna cinq mille livres d'argent, que Le des troupeaux, du bétail et des provisions de blé. Not Sidéric, cousin de Biæœrn Côte-de-fer, voulut marcher d'aut sur ses traces, mais il respecta les traités passésavec Biœrn. les ch Il consentit même à prêter secours aux Bretons contre une profai bande de Normands qui avait fait des ravages à Nantes, à duire Angers et à Poitiers. en avi Sidéric combattit vaillamment ses compatriotes; il fut d'Orlé blessé, mais vainqueur. IIne fut pas impitoyable pour les précif vaincus; il leur permit d'aller continuer ailleurs leurs soufre déprédations. et il ft C’est vers une riche abbaye que les battus se dirigèrent Les et ils comptaient ramasser beaucoup d'or en courant peu Normi
de danger. tre let
Les religieux, à leur approche, firent des prières solen- À quels :
ue d'en es. Hasdèle du e voulut d'armes ses conpar une le partie arut peu
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ur, lors- ‘ux cents a marche aris Où il ’argent, lé.
marcher ec Biœrn.
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tes ; il fut pour les
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res solen-
LES NORMANDS EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE. 157 nelles à leursaint patron pour qu'il vintà leur aide. Comme si leurs vœux eussent été exaucés, une effroyable tempète répondit à leurs voix par des coups de tonnerre terribles: les Normands, pour apaiser les flots qui menaçaient d'engloutir leurs vaisseaux, n'entrèrent à la chapelle qu'ils avaient résolu de détruire, que pour offrir des vœux au saint patron du lieu, afin de désarmer sa colère (862).
Les vikings superstitieux s’inclinaient devant les saints, lorsqu'ilsles croyaient les plusforts, sinonilslesregardaient comme des ennemis et faisaient la guerre À leurs reliques. Aussi dans la période des invasions normandes, voyonsnous de fréquentes pérégrinations de moines pour mettre les châsses de leurs patrons en süreté. Les Bretons transportèrent en France des reliques, et le comte de Corbeil prépara pour les recevoir une chapelle près de son château ; 11 garda aussi les reliques de saint Exupère que les moines de Bayeux avaient confiées à sa piété.
Nous avons cité les Tourangeaux et nous pourrions citer d'autres religieux cherchant un asile au loin pour mettre les châsses de leurs saints à l'abri des convoitises et des profanations. Les Normands ne manquaient pas de réduire en cendres les monastères et les chapelles lorsqu'ils en avaient le temps. Après avoir mis le feu aux couvents d'Orléans et de Poitiers, ils furent obligés de partir si précipitamment qu'ils n’allumèrent pas assez bien le soufre dont ils avaient rempli l’abbaye de Sainte-Croix, et il fut possible d’éteindre l'incendie (865).
Les rois de France, désolés de ne pouvoir vaincre les Normands, ne se montrèrent que trop portés à reconnaitre leur impuissance en payant une rançon à ceux auxquels ils auraient dù faire payer cher leurs déprédations.
CPE NUE PU PNR À
Les vikings promirent au roi de France de cesser de ravager ses États moyennant une rente annuelle de quatre mille livres (les uns disent livres d'or, les autres livres d'argent). La reddition des prisonniers de guerre fut de plus exigée (869).
En 870, les Normands, malgré les #,000 livres qui leur avaient été comptées, n'avaient pas quitté les bords de la Loire. Hugues, un abbé qui se disait président de toutes les abbayes de France, suivi de quelques braves accourus à sa voix, marcha contre les envahisseurs, leur tua 60 hommes et s’'empara d’un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouvait un moine apostat qui eut la tête tranchée.
Quand: les Normands laissaient la France tranquille, c'était, nous l'avons dit plusieurs fois, pour aller porter ailleurs la désolation et l'incendie. En quittant les bords de la Seine et de la Loire, ils allèrent brûler Trêves ct Cologne.
Ils étaient précédés par la terreur, et ce qui causait le plus de désolation, c'était l'enlèvement des hommes et des femmes, surpris dans les champs ou saisis dans les villes dont ils s'emparaient. Rambert, arechevèque de Hambourg, s'occupa avec une ardente charité du rachat des prisonniers. Il vendit tout ce qu'il possédait; il vendit ensuite les vases sacrés d'oret d'argent, « Il vaut mieux, disait-il, sauver des âmes à Dieu, que des beaux vases pour son service : Melius est animas Deo quam aurum servare.
En 876, Charles le Chauve, devenu empereur, résolut d'user de toute sa puissance pour faire cesser les désastres dont les vikings affligeaient la France. Ses beaux projets ne 5e réalisèrent pas.
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s qui leur ords de la { de toutes es acCou- , leur tua le prisontat qui eut
ranquille, ler porter les bords Trêves ct
causait le mes et des sles villes de Hamrachat des il vendit nieux, diases pour servare.
r, résolut les désases beaux
En 880, Louis II! battit, près des bords de l'Escaut, une véritable armée de Normands qui laissa 5,000 morts sur le champ de bataille. Cette victoire a’cut pas de grands résultats pour la France et la priva de braves chevaliers morts en combattant.
Nous avons déjà dit que les Normands avaient formé un établissement à Gand d'où ils s'élancaient comme des oiseaux de proie pour dévaster les environs.
Louis IE les surprit dans la forêt de la Charbonnière et leur tua 10,000 hommes. Cette terrible perte, loin de déconcerter et d’épouvanter les vaincus, ne fit qu'irriter leur soif de vengeance, et ils reparurent en si bon ordre et si formidables que les vainqueurs trouvèrent prudent de battre en retraite devant eux.
Plus audacieux et plus cruels que jamais, les hommes du Nord pillèrent tant de villes et d’abbayes qu'il serait long et difficile d'en faire l’énumération complète. Bornons-nous à citer Arras, Cologne, Cambrai, et Aixla-Chapelle où ils brûlèrent le palais et l’église bâtis par Charlemagne (880).
Les richesses que les Normands envoyaient sans cesse
dans le Nord leur attiraient des recrues, aussi la perte
d'une armée était-elle suivie de l'apparition d'une armée plus forte.
Le but constant des envahisseurs était de s'emparer de Paris et de conquérir la France. La double mort des rois Louis de France et Louis le Germanique parut leu: frir une occasion favorable pour tenter encore, en réunissant tous leurs efforts, cette grande entreprise, si souvent manquée, et dont le succès leur tenait tant à cœur. Godefroy, le terrible viking, qui avait épousé Gisèle,
fille de Lothaire Il, ne s'était pas contenté du grand établissement que le roi lui avait concédé en Frise, et il continuait à être la terreur de ses voisins. Il s'était emparé de terres appartenant au comte Everhard. Dans une entrevue avec le comte, qui lui exposait ses griefs, il blessa tellement Everhard par son arrogance, que celui-ci tirant son épée frappa Godefroy qui fut aussitôt achevé par des soldats présents à cette tragique scène.
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Quand les Normands perdaient un chef habile, il en surgissait aussitôt un autre. Rollon, qui commençait à paraitre lorsque Godefroy périt, marcha a vec Sigefroy vers Paris à la tête de 50,000 hommes, d’autres disent 40,000. Abbon, dans son poème sur le siège de Paris, dit que les barques normandes couvraient la Seine dans une étendue de deux milles. C'était une forte armée recrutée dans le Nord et augmentée par des aventuriers venus de toutes parts, surtout d'Angleterre et de Belgique. |
Sigefroy arrive devant Paris le 25 novembre 885. Les débuts avaient été heureux pour lui et tristes pour les Français. Il était entré à Rouen, avait tué Ragnald, due du Maine, repoussé les Neustriens et les Bourguignons, brûlé tout ce qu'il avait rencontré sur son chemin, et forcé enfin le fort de Pontoise à capituler. Paris, averti de son approche, s'apprètait à faire une vive résistance.
Paris n'avait pas de véritables remparts et n'était difficile à prendre que dans l'ile de la cité. Les faubourgs et les environs où se trouvaient de grandes abbayes
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