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comme celles de St-Germain des Prés et de Sainte-Geneviève, étaient impossibles à défendre. Les moines se retirèrent dans la cité qui était bien fortifiée et entourée d'eau. On ne pouvait franchir la Seine que sur deux ponts protégés par de grandes tours. L'un de ces ponts avait été construit de manière à obstruer le passage des bateaux. Sigefroy, arrèté par cet obstacle, sollicita de l’évèque Gozlin, la liberté de traverser le fleuve, promettant bien de ne faire aucun mal à la ville. Gozlin, aussi prudent qu'énergique, repoussa cette proposition.
Sigefroy commença les opérations par l'attaque du pont. |
L'évèque dirigeait la défense lui-même, et il s'épargnait si peu, qu'il fut blessé par une flèche. Les Normands manquaient des machines nécessaires pour le siège d’une ville importante, mais s'ils n'avaient pas d'engins pour faire crouler les murs, ils savaient les escalader. Ils étaient intrépides à l'assaut, et habiles à inventer des moyens d'attaque.
Ils tentèrent en vain de monter à l'assaut de la grande tour. Ne pouvant arriver sur le sommet, ils voulurent en saper les fondements. Pour s'approcher du mur, ils s’abritaient sous leurs boucliers en carton et des mantelets de peaux fraiches, et se servaient du fer de leurs armes.
Les assiégés, pour les éloigner, firent pleuvoir sur eux de l’huile bouillante, du plomb fondu et des pierres énormes.
Comme consolation des lenteurs du siège, les Normands ravageaient les environs de la ville, massacrant les hommes, incendiant les cabanes, pillant tout.
Ils travaillaient aussi à construire des machines de guerre. Au mois de janvier 886, ils approchèrent de la grande tour du pont, qu'ils voulaient battre en brèche, trois engins élevés l’un sur l’autre, mus par des roues et chargés de guerriers.
Les Parisiens écrasèrent ceux qui dirigeaient ces engins. Rien ne déconcertait les assiégeants, ils comblaient les fossés à l’aide de tas de bois et des corps des hommes qui périssaient. La lutte était héroïque et terrible. L’évéque Gozlin tua d’un coup de flèche un ennemi au moment où il allait tuer un prisonnier français pour combler le fossé.
Les Normands, habiles à mettre le feu partout, firent descendre, à l’aide de cordes, dans la Seiue trois barques chargées de matières combustibles enflammées pour brûler le pont. Les assiégés jetèrent de grosses pierres dans les barques pour les submerger.
Dans la nuit du 6 février, une crue d’eau considérable de la Seine fit crouler le pont et une petite tour fut séparée ainsi de la cité.
Douze hommes seulement étaient restés dans cette tour qu’ils défendirent avec héroïsme. Quand l'épuisement de leurs forces les contraignit à se rendre, ces braves furent
immolés sans pitié, à l'exception d’ui seul qui parvint à
s'échapper.
Le siège se prolongeait, les Parisiens avaient recours à l'intervention des saints dont ils portaient les reliques au combat; ilseurent recours aussi à Charles le Gros, élu depuis peu empereur. Charles rassembla une puissante armée composée d'Italiens, de Bavarois et d’Allemands.
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Cette armée n’arrivait pas, et les Parisiens, pressés par l'ennemi, cherchaient à l’éloigner à prix d'argent.
Enfin l’empereur se mit en route. Il chargea le duc Henri de le devancer à marches forcées pour sauver Paris.
Le duc Henri arriva avec des troupes considérables. Il voulut avant tout se rendre compte des forces ennemies.
Les Normands avaient creusé autour de leur camp des fossés perfides couverts de légers branchages. Des sentinelles étaient placées de manière à pouvoir frapper l’ennemi qui tomberait dans le piège. Le duc Henri y tomba et fut tué sur place. Les soldats eurent peine à pouvoir reprendre son corps pour lui rendre les honneurs de la sépulture à l’église Saint-Médard de Soissons.
L'empereur , désolé de cette perte, hâta sa marche et, au mois d'octobre, l’armée impériale parut enfin près de Paris.
Le moment semblait venu d'infliger une rude défaite à l'étranger qui montrait tant d'opiniâtreté dans ses entreprises contre Paris.
Mais l’abbé Hugues, le vaillant combattant qu’on surnom mait le fléau des Normands, vint à mourir, et Eudes qui le remplaca dans le commandement de la ville assiégée était loin d'avoir l'énergie de son père, Robert le Fort.
Au lieu d’écraser les pirates du Nord et de leur ôter l'envie de revenir à Paris, Eudes avait commencé par conclure avec eux une trève et leur abandonna une partie de la Neustrie, pour y vivre en maitres.
L'empereur, peu pressé de se servir de son armée, ne fit rien de bon, nil utile gessit, dit la Chronique de gestis Normannorum. 1 sembla s’incliner devant la puissance de l'ennemi et conclut aveclui un traité honteux. Il s'engagea
à payer au mois de mai suivant 700 livres pesant aux Normands, à condition qu'ils quitteraient Paris pour aller en Bourgogne où il leur était permis de ravager le pays, parce que les habitants n’obéissaient pas à l’empereur.
Les Normands, au lieu de descendre la Seine, transportèrent leurs barques sur des charrettes ou machines faites exprès et remirent leurs vaisseaux à flot au-dessus de Paris.
Libres d'aller s'enrichir en spoliant la Bourgogne, les Normands n'étaient pas pressés de s'éloigner de Paris et des evirons. Sigefroy connaissait bien la faiblesse de Charles et son intérêt passait avant le respect des traités.
Il eût continué à faire beaucoup de mal sur les rives de la Seine, si le successeur de Gozlin, l’évèque Hanchéric ne lui eût prouvé par son énergie qu'il le forcerait à tenir son engagement.
Obligés de partir, les Normands allèrent attaquer Meaux. L’évèque Sigismond et le comte Thiébaut défe: * rent la place en attendant toujours l’arrivée du roi, qui, lorsqu'il arriva trop tard, trouva la ville saccagée et brûlée.
Le roi-empereur, dont les domaines -ient ravagés, ne songeait qu'à mettre sa personne à l bri du terrible ennemi, au lieu de chercher à l’écraser dans une bataille.
Les Normands assiégèrent Sens et ne consentirent À s'éloigner qu'après que l'évêque leur eut compté une forte somme d'argent.
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