‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 24 sur 39 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

L'empereur Charles le Gros, qui régnait sur tout l'Occident, vit s’'écrouler sa puissance, avant de finir sa triste vie dans un couvent, le 12 janvier 888. L'empire frank disparut avec lui et sept rois se présentèrent pour se partager son héritage.

Le comte Eudes qui avait reçu, comme récompense de sa défense héroïque de Paris, le duché d’entre Seine et Loire, fut proclamé roi aux acclamations de la France occidentale. C'était le fils de Robert le Fort, et les chroniques disent «que ce vaillant guerrier surpassait tous les autres hommes en beauté de visage, en hauteur de taille, en force eten sagesse. » Il descendait, disait-on, de Charles Martel.

Les ravages des Normands avaient irrité profondément les cœurs généreux. On leur reprochait toutessortes d'abominations; ce qui indignait surtout, c'était leur manière de traiter les évèques vénérés, ils les vendaient comme de vils esclaves.

Eudes, sacré roi à Reims, commença par prouver qu'il saurait remplir dignement sa mission; il attaqua avec mille hommes seulement le 24 juin 888, dans la forêt de Montfaucon les Normands qui avaient une armée de 19,000 hommes qu'il mit en pièces.

Les vaincus disparurent. Ils ne tardèrent pa® à signaler par des ravages leur présence à Toul, à Verdun et jusque dans l’Aquitaine. On les croyait bien loin, et revenant sur leurs pas après avoir brûlé Troyes, ils arrivèrent plus

nombreux devant Paris. Comme ils avaient passé par Meaux et Sens, ils furent obligés de trainer à sec de nouveau leurs navires, ce qui fut fait à grande sueur.

Eudes n'avait pu garder assez de troupes auprès de lui, et suivant le procédé en usage à cette triste époque, il acheta quelque temps de répit en donnant de l'argent aux envahisseurs pour évacuer le pays.

Les Normands acceptaient toujours de l'argent. Eudes était à leurs yeux un terrible adversaire. Ils espérèrent trouver de plus faciles succès en Bretagne qui était divisée en deux partis. Allan, comte de Vannes, e! Judicaël, comte de Rennes, se disputaient le pouvoir. Faisant trève à leurs querelles, ils s’'unirent pour vaincre etchasser l'étranger. En 890 Allan battit si complètement les Normands, qu'il ne leur resta que #00 hommes sur 15,000. Le carnage fut horrible. Eudes poursuivit luimème les ennemis pour arrèter leurs ravages et Les battit devant Noyon.

Les Normands, quand ils étaient vaincus avaient l’art de se dérober aux atteintes du vainqueur, ils savaient se cacher dans les bois et avaient soin de se ménager un lieu de retraite dans leurs barques ou dans quelque lieu fortifié.

Les vaincus reparurent l'année suivante, avec une armée qui s’accroissait sans cesse et s'élevait à cent mille hommes; ils taillèrent en pièces les troupes considérables d'Arnauld, roi de Germanie. Ce prince ne tarda pas à prendre sa revanche dans un combat où l'ennemi perdit 10,000 hommes.

Les Normands, en 892, voulurent aller revoir leur patrie, mais pour y rentrer plus riches, ils pillèrent avec

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LES NORMANDS EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE. 167 plus de rapacité les châteaux et les abbayes qu'ils rencontrèrent sur leur passage.

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