‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 25 sur 39 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

La renommée de plusieurs vikings a péri dans le cours des siècles, il en est un dont le nom vit toujours dans la mémoire populaire et sera immortel en France, parlons de Rollon :

Son nom est écrit de plusieurs manières différentes; en général on l'écrit Hrolf en norvégien, Roll, Harotel, Raoul, Rou, en langue normande, Rollus en latin, Rollon en français.

Il était fils de Rogvald, larl puissant, qui par ses ri-

chesses et son ambition, s'était rendu bien redoutable

à Harald Harfagher, roi de Norvège. Il mourut laissant deux enfants, Hrolf et Garim.

Nous ne raconterons pas avec le moine de Jumièges (1) comment Rollon fut en révolte pendant cinq ans contre le roi de Norvège; comment ce roi pertide envahit le territoire des deux frères, tua Garim er obligea Rollon à s'exiler.

Le moine de Jumièges raconte longuement une invitation faite en songe à Rollon de se rendre en Angleterre et d’une vision interprétée par un chrétien qui lui annonçÇait la belle destinée que lui réservait la France.

« Rollon, dit Snorre Sturleson, était un fameux roi de mer, si grand de taille, que ne pouvant trouver aucun cheval à son usage, il allait toujours à pied, ce qui le fai-

(1) Histoire des Normands, par Guillaume de Jumièges, publiée par M. Guizot.

sait nommer Rollon le marcheur. » En France, un chevulier (ce nom dérive du cheval) n'aurait jamais combattu à pied comme un manant. Rollon, à cause de sa stature colossale, n'avait pas trouvé commode pour lui de monter les petits chevaux de son pays, et comme il était d’une force prodigieuse, il s'était fait remarquer par la vigueur de ses jarrets comme par celle de son bras.

Les documents ne manqueraient pas pour écrire une vie merveilleuse de Rollon. Le roman du Rou (Rollon), chronique rimée, fut composé en 1160 par Robert Wace, et c’est un des plus curieux monuments de l’histoire et de la langue du moyen âge.

Rollon, après avoir passé quelque temps en Angleterre, fit un traité d'alliance avec le roi, et quand ils se séparèrent ils s'embrassèrent cordialement.

Rollon commença par se conduire comme un vrai et terrible viking. Il eut à lutter contre des seigneurs puissants : Reinier, duc du Hainaut, et Rudbold, duc de Frise, qui tentaient de s'opposer à ses ravages. Le roi d’Angleterre, fidèle à son amitié pour Rollon, lui envoya douze vaisseaux chargés de grain, de lard et de vin, et douze vaisseaux remplis de guerriers armés.

Un jour, attaqué par une troupe considérable de Frisons, Rollon, pour faire croire qu'il avait peu de soldats, en fit mettre une partie à genoux, puis, au signal donné, tous se relevèrent avec leurs grands glaives étincelant au soleil. Les Normands vainqueurs firent un grand nombre de prisonniers qu'ils emmenèrent dans leurs navires et imposèrent de fortes rançons aux populations épouvantées.

Rollon, étant entré dans le fleuve de l’Escaut, ravagea

mais

d'ab qu’il de la me li

La épou et fit possi

Ro et ta ses fe de l com

hevabattu tature monétait par là $.

‘e une lon), Wace, e et de

Anglel ils se

vrai et s puis- B Frise, i d'An- 1 douze

douze

le Frile solsignal s étingrand leurs opula-

Avagea

le territoire de Reinier Au-long-cou, duc de Hainaut. Il y eut de nombreux combats et la terre resta inculte, ce qui occasionna une famine affreuse pour le peuple des campagnes.

Reinier était brave et payait de sa personne; un jour qu'il s'était placé en embuscade pour tomber à l’improviste sur l'ennemi, il fut surpris, enveloppé de tous côtés, enchainé malgré sa résistance, et conduit prisonnier devant Rollon.

Les soldats de Reinier, de leur côté, surprirent douze Normands dont ils s'emparèrent.

« Alors, dit Guillaume de Jumièges, la femmede Reinier, pleurantet se lamentant sur son sort, convoqua les chefs et les envoya à Rollon pour lui demander de lui rendre son seigneur en échange de ses douze compagnons d'armes. Rollon ayant recu sa députation la lui renvoya sur-le-champ en disant : Reinier ne te sera pas remis, mais Je lui ferai couper la tête, si tu ne me rends d'abord mes compagnons, si tu ne me livres en outre ce qu'il y a d'or et d'argent dass ton duché, sous le serment de la religion chrétienne, et si de plus cette contrée ne me livre tribut. »

La veuve éplorée ne négligea rien pour sauver son époux à tout prix; elle renvoya les douze prisonniers et fit porter à Rollon tout l'or et tout l'argent qu'il lui fut possible de se procurer.

Rollon, qui se conduisait tantôt comme un brigand et tantôt comme un noble chevalier, délivra Reinier de ses fers, lui demanda son amitié, lui restitua la moitié de l'or envoyé pour sa rancon et le rendit à sa femme comblé de présents.

NX y.

4 à DS

A a y Re WW Ÿ NZ Li ” Le È | d KO 4 LO V b N NX y & VW, VF &,& \d IMAGE EVALUATION RS TEST TARGET (MT-3) |O ‘12 12 [El “Ne Jj22 ue | HU 1122 +. ILE LEE TES a > AN AN > | TS À: | QN \ | RAS ; à W 4 4 AN # À ? à / DN es e "a? Photographic ee 9 Sens mur 6 Corporation

Page 1