‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 27 sur 39 · CONQUÊTE DE L'ANGLETERRE PAR LES NORMANDS DE FRANCE · texte numérisé non relu

CONQUÊTE DE L'ANGLETERRE PAR LES NORMANDS DE FRANCE

En Angleterre, Godwin etle roi Édouard. — En France, Robert le Diable et Guillaume le Bâtard. — Guillaume en visite à Londres. — Harold en visite à Rouen. -— Guillaume revendique la couronne d'Angleterre. — Bataille de Hastings. — Guillaume le Conquérant, roi d'Angleterre. — Sagesse et cruauté. — Rapacité et fortune énorme. — Luttes contre ses propres enfants et contre le roi de France. — Triste mort et tristes funérailles.

Les invasions normandes en Angleterre et en France, comparées entre elles, offrent des traits de ressemblance, mais n'ont aucune connexité. Les mèmes acteurs paraissent parfois dans les deux pays, mais avec un caractère particulier. Par un changement subit, Canut le Grand naturalisé anglais et Rollon français, de vikings sanguinaires devinrent des chrétiens fervents, des princes remarquables par leur sagesse et leur justice; ils se montrèrent dignes d'occuper les premiers rangs parmi les souverains les plus civilisés de l’Europe.

Après avoir consacré deux chapitres entièrement disfincts aux Normands d'Angleterre et à ceux de France, voici un chapitre où nous allons raconter comment les Normands, devenus Français, devinrent anglais et con-

quirent la Grande-Bretagne.

Nous avons à reprendre notre récit, interrompu à la mort du roi Canut le Grand.

Ce prince illustre mourut en 1035, laissant deux fils. Hardeknut, fils d'Emma la Normande, était celui que Canut avait désigné pour son successeur; mais Harold, fils d'une première femme, disputa la couronne à son frère puiné. Après avoir partagé le royaume avec Harold, Hardeknut le posséda en entier à la mort de son frère.

Les Anglo-Saxons et les Danois, les anciens habitants du pays et les fils des Normands, étaient en état d'hostilité permanente.

Godwin, dont la curieuse histoire serait trop longue à raconter, était le fils d'Ulfnoth, simple bouvier, et fut le père de Harold, qui devint roi d'Angleterre.

Godwin dirigea si bien la guerre qui éclata entre les Anglais et les Danois, qu'il mit fin à la domination scandinave et chassa les Danois.

Maitre du pouvoir, il eût pu garder pour lui la couronne d'Angleterre, il la fit donner à Édouard second fils du roi Ethelred. Godwin lui fit annoncer la nouvelle de son élection en Normandie, où le prince vivait retiré depuis 27 ans. Une seule condition était imposée au nouveau souverain, c'était de n’amener que fort peu de Normands avec lui.

Édouard arriva avec une suite peu nombreuse et fut sacré FOI.

Il paya d’abord sa dette de reconnaissance envers Godwin en épousant sa fille Édith. Ce mariage fut célébré en 10%#%. Édith était d'une rare beautéet le roi l'avait pré-

venue d’ure étrange chose; il avait fait vœu de chasteté et voulait le tenir; elle serait sacrée reine d'Angleterre,

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Edouard n'avait que #0 ans, mais sa renonciation

À l'espoir d’avoir des héritiers de son sang était irrévocable,

L'antipathie, qui existait toujours entre ses sujets de races diverses, fut la cause de troubles graves qui agitèrent le règne de ce bon roi.

Édouard avait éie choisi comme descendant des anciens rois de race saxonne, et cependant il ne pouvait se défendre de sentiments de sympathie pour les hommes de race normande.

C'est en Normandie qu'il avait passé une grande partie de sa vie, qu'ilavait de nombreuses relations de famille du côté de sa mère, et des amis qui lui avaient rendu agréable l'exil dans un pays dont il avait adopté la ligue, les mœurs et les idées.

L'influence que les Normands acquirent à sa cour, les actes de violence d’un de ses beaux-frères contre des Anglais, soulevèrent une révolte, à la tète de laquelle Godwin se mit avec ses fils. Le roi, irrité de voir sympathiser avec les rebelles ceux qu'il avait chargés de marcher contre eux, exila Godwin et ses fils; il n'épargna pas même Édith qui fut enfermée dans un couvent. La réconciliation ne tarda pas à se faire entre Îe roi qui redoutait Godwin et Godwin qui voulait rentrer en grâce à la cour pour en chasser ses ennemi

Godwin fut recu par le Roï; il lui fit les protestations les plus vives de dévouement et, comme gage de la loyauté de ses paroles, il lui remit deux otages, son fils Vulfnoth et son neveu Hacon.

On a vouluentourer la mort de Godwin de mystérieuses circonstances ; on a déjà réfuté suffisamment toutes les fables inventées pour expliquer sa fin imprévue. Le lundi de Pâques 105%, Godwin dinait à la table royale, lorsqu'il fut frappé d'une attaque d’apoplexie à laquelle il succomba le jeudi suivant.

Le roi Édouard mourut en 1066.

Nous n'avons fait que tracer une esquisse de ce qui se passa en Angleterre avant que ce royaume ne devint la conquête de Guillaume, duc de Normandie.

Que s’était-il passé parmi les Normands depuis la mort de Rollon ?

Les ducs de Normandie se distinguèrent par leur sagesse et leur bravoure :t devinrent de vrais Francais.

Ils employèrent à repeupler le pays l’'habileté que leurs pères avaient mise à le ruiner; ils attirèreut des colons dans les campagnes qu'ils avaient rendues stériles, et créèrent l’industrie dans le pays qu'ils avaient tant de fois dévasté.

Les hommes du Nord qui avaient attiré des aventuriers de tous les pays, surent si bien les soumettre à leurs lois et leur donner l'habitude de la subordination, que la Normandie, devenue chrétienne, comptait, 150 ans après le baptème de Rollon, parmi les provinces de France les plus avancées dans la civilisation.

Les Normands, en cultivant les arts agréables et utiles, n'avaient rien perdu de leur caractère belliqueux.

Robert II, cinquième successeur de Rollon, contribua à replacer sur son trône Henri, roi de France, qui, pour le récompenser, agrandit ses possessions patrimoniales. Ce duc de Normandie surnommé le libéral, doux et

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bienfaisant, avait cependant quelquefois des mouvements terribles de colère et le surnom de Robert le diable lui est resté.

Il avait aimé Harlette, fille d'un bourgeois de Falaise, simple corroyeur, disent les uns, officier de la maison du due, disent les autres. Il eut d'elle un fils, qui devint célèbre sous le nom de Guillaume le Bätard, nom qu'il se donne lui-même dans les actes : eg" cognomine bastardus. Il mérita aussi d’être appelé : Guillaume le Conquérant.

C'est par son histoire que nous allons clore ce que nous avons à dire des Normands de France et d’Angleterre.

Guillaume naquit en 1027 et fut élevé princièrement au château de Falaise. Après coup, peut-être, on à raconté des faits étranges qui, dès son enfance, faisaient pressentir sa grandeur future.

Robert le Diable qui, malgré l'emportement de ses passions, avait des sentiments de piété très sincère, résolut, pour l'expiation de ses fautes, de faire un voyage à Jérusalem.

Avant de partir pour la Palestine, d'où il ne devait pas revenir, il manda tous les prélats et barons de Nor-

mandie pour leur faire part de ses intentions.

On chercha à le retenir dans ses États en lui disant que ses deux parents les plus rapprochés, Alain, duc de Bretagne, et le comte de Bourgogne, en se disputant son héritage, allaient mettre tout en guerre el combustion en Normandie.

Robert répondit : «Ce n’est pas ma volonté de vous

laisser sans seigneur, j'ai un petit-fils qui croitra s’il

plait à Dieu et me promet tant un jour de sa valeur qu'il sera capable de vous défendre et de vous gouverner. Je ne suis pas en doute qu’il ne soit le mien; c'est pourquoi je vous prie et conjure par le devoir, dont vous m'êtes obligé, de le recevoir pour votre seigneur et, dès à présent, je le saisis du duché comme mon seul héritier et nomme mon cousin le duc de Bretagne gouverneur en Normandie jusqu'à ce que l'enfant, que je laisserai en la garde de Henri, roi de France, soit venu en âge d'être chevalier et de vous gouverner. »

Dans son voyage, où nous regrettons de ne pouvoir le suivre, il justifia son surnom de libéral par sa générosité et sa magnificence princière.

invité à diner par l’empereur, il remarqua qu’autour de la table, qui était assez basse, on n'avait pas mis des sièges pour lui et pour les seigneurs de sa suite. Le duc Ôta le superbe manteau qui couvrait sa brillante robe, le plia et s’assit dessus. Tous les seigneurs suivirent son exemple.

Quand ils quittèrent la table, après diner, ils laissèrent à terre leurs riches vêtements, et le duc dit tout haut que ce n'était pas la coutume des nobles normands, de porter leurs sièges sur les épaules.

Guillaume n'avait que huit ans lorsqu'il perdit son père. Chacun crut devoir mettre à profit la faiblesse d'un enfant. Ses parents disaient qu'un bâtard ne pouvait commander à des Normands. Ses vassaux, au lieu de défendre leur seigneur, bâtissaient des châteaux forts, se querellaient entre eux et s’érigeaient en petits tyrans. Le tuteur de Guillaume, Alain de Bretagne,

fut appelé en Normandie et lorsqu'il venait au secours

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de son pupille, on l’accusait de ne songer qu'à le dépouiller de son héritage : il périt empoisonné par les amis du jeune duc.

Les empoisonnements et les guerres privées étaient fréquents à cette époque.

Plus Guillaume était entouré de dangers, plus les amis de son père veillaient sur sa personne et tenaient à lui. Fort jeune encore, Guillaume sut s'attacher ses sujets. Il aimait les beaux chevaux de Gascogne et d'Espagne, et couvert de son armure, il les montait sans toucher à l’étrier.

Dévoué et généreux pour ses amis, il était implacable et cruel envers ceux qui l'irritaient par leurs railleries. Un jour qu'il assiégeait Alençon, les habitants de la ville le raillant de sa tache de naissance et faisant allusion au métier du père de sa mère que l’on disait ètre un simple corroyeur, lui criaient : La peau, la peau; il faut battre le cuir. Guillaume, pour se venger, eut la barbarie de faire couper, aux prisonniers qu'il avait faits, les pieds et les mains qui furent lancés dans la place par des frondeurs.

Dans ces temps de violence, lestrahisons et les complots ne répugnaient pas aux plus braves. Guillaume, une nuit, fut averti par un bouffon que des assassins, dans l'intérêt du duc de Bourgogne, se préparaient à le surprendre et étaient prêts à le tuer. Guillaume, à deminu, se hâta de fuir et sauva ainsi sa vie.

Depuis qu'il eut pris, à dix-huit ans, les rènes du gouvernement, les occasions ne lui manquèrent pas pour acquérir la précoce et grande renommée de vaillant et ter-

rible guerrier. Nous ne rapporterons pas tous ses hauts

faits; longue serait l'histoire de ses guerres continuelles

contre le duc de Bretagne, contre le comte d’Anjou, contre le comte du Maine, contre tous ses voisins, contre son roi lui-même.

Son ambition démesurée n’était pas satisfaite d’une couronne ducale, c’est une couronne royale qu'il rêvait.

Il alla faire une visite en Angleterre au roi Édouard, qui le recut avec les plus grands honneurs, en souvenir de la Normandie, le pays de sa mère, le pays où s'était écoulée sa jeunesse. Édouard combla le due Guillaume de prévenances et de présents. Il lui donna de beaux chevaux, des armes de prix, des chiens et des oiseaux de chasse.

Lui donna-t-il plus encore? Lui fit-il la promesse formelle de le choisir pour héritier de son trône?

C'est une question qui a été fort discutée et diversement résolue.

Édouard avait trop redouté Godwin pour l'avoir beaucoup aimé. Il éprouva une véritable sympathie pour Harold qui avait hérité de la popularité de Godwin, son père, et l'avait agrandie par de grands services rendus au pays.

Édith, qui avait partagé la disgrâce de sa famille et participé à la réconciliation, avait quitté le couvent pour reprendre sa couronne de reine et rentrer à la cour. Son frère Harold était tout-puissant.

Édouard, en signant le traité de paix avec Godwin, avait exigé la remise de deux otages qu'il s'était hâté, pour plus de sûreté, de faire passer en Normandie.

Ils étaient dans cet exil depuis dix ans, lorsque Harold eut le désir d'aller les chercher lui-même, après

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avoir obtenu du roi l'autorisation de les délivrer.

Édouard, qui connaissait l'astuce du Normand, déconseillait à Harold de faire ce voyage.

Harold, qui avait le désir de voir la France, se mit en route comme pour une partie de plaisir, emmena de gais compagnons, des lévriers et des oiseaux de chasse.

Durant la traversée, survint une tempète qui le jeta sur les terres de Guy, comte de Ponthieu. Ce comte mhospitalier et cupide, abusant de l'usage quipermettait de s'emparer des épaves d'un naufrage, fit sans pitié saisir les naufragés et les retint prisonniers pour en tirer une rançon. Le duc de Normandie obtint la délivrance de Harold, le recut dans son château, et, en multipliant autour de lui les fêtes et les plaisirs, parvint à le décider à passer quelques jours en Normandie. I le comblait de présents, d’'attentions et on les voyait toujours ensemble.

Un vrai plaisir, dans ce temps là, c'était de faire des prouesses sur le champ de bataille. Harold accompagna Guillaume à la guerre, ils couchaient sous la même tente, mangeaient à la mème table, et une grande intimité s'établit entre eux.

Un jour Guillaume dit au Saxon : « Lorsque Edouard

était en Normandie, il m'avait promis, s'il montait sur le trône de son père, de me choisir pour son héritier. Aide-moi à obtenir le royaume d'Angleterre, et si tu me promets ton concours, sois sûr que tout ce que tu pourras me demander te sera accordé. »

Harold fut surpris de cette proposition inattendue; il n'osait irriter le duc de Normandie par un refus;

il répondit par de vagues paroles que le duc accepta aussitôt comme un engagement formel.

Quelques jours après, les barons de ! ormandie étaient convoqués. Sur une table recouverte d'un grand drap d'or, un missel était placé ainsi que quelques reliques de saint Conon.

Guillaume requit Harold de confirmer sa promesse en présence des barons par un serment sur les Évangiles et les reliques des saints.

« Jure, dit le duc, de garder pour moi la couronne d'Angleterre qu'Édouard m'a promise. Jure que si je veux envoyer une garnison, tu la recevras au château de Douvres, bien approvisionné de munitions ?

« Jure de prendre pour femme ma fille Adèle dès qu'elle sera en âge d'être mariée?

« Reconnais-moi comme héritier du roi Édouard et jure-moi foi et hommage. »

Harold n'osa refuser de prèter ce serment. On le vit cependant pälir lorsqu'on souleva le drap d'or qui couvrait la table et qu'on lui montra sous ce drap les reliques des plus grands saints, apportées là pour servir de témoins sacrés de sa parole devant Dieu.

Après avoir prolongé quelques jours encore son séjour en France, Harold repartit pour l'Angleterre et dès son arrivée, il n'eut rien de plus pressé que de tout raconter au roi.

Lorsque Édouard était en Normandie au milieu de vrais amis, a-t-il eu l'idée de céder après sa mort le trône d'Angleterre, qu'il ne possédait pas encore, au fils du duc? N’avait-il pas plus d'affection pour un parent de sa mère, que pour les Godwin qu'il redoutait? C'est possible.

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Édouard acheva sa vie dans des pratiques de dévotion.

Avant de mourir, consultant surtout l'intérêt de l'État, il crut consciencieux de choisir pour successeur de la couronne un homme assez fort pour la porter dignement, un homme de race indigène, plutôt que de race étrangère, et préféra à un prince de son sang Harold qui était en possession des sympathies nutionales et d’origine saxonne.

Dès qu'Édouard eut rendu le dernier soupir en 1066, Harold fut reconnu son successeur, et, le lendemain des funérailles, il fut solennellement élu et sacré roi d'Angleterre.

Guillaume, à cette nouvelle, fit sommer Harold d'avoir à tenir le serment fait par lui sur les saintes reliques, à lui rendre la couronne d'Édouard et à prendre sa fille pour femme.

Harold répondit que son consentement était nul, parce qu'il n'avait pas été libre, et qu'il n'était pas maitre

d'épouser une étrangère sans l’aveu des représentants du pays.

La rupture fut éclatante. Harold se hâta d'épouser une Saxonne et Guillaume de lui déclarer la guerre. Le due de Normandie dénonca d'abord le roi d'Angleterre à la cour pontificale comme parjure. Le Pape somma Harold d’avoir à se justifier du crime de sacrilège; cette sommation resta sans réponse, mais elle eut pour effet de jeter une grande défaveur sur Harold dans toute l'Europe chrétienne, et d'attirer sur lui les foudres de l'excommunication.

Guillaume, après avoir recu du pape la bulle, une

bannière et un anneau, symboles d'investiture ecclesiastique et militaire, hâta ses expéditions d'outre-mer, Pour avoir de l'argent, le duc convoqua, dans une grande assemblée, les gens d'Église, de guerre et de négoce parce qu'il est de droit que qui paie la dépense doit être appelé à la consentir. L'assemblée fut nombreuse et la discussion vive. Les uns disaient : « Le Duc est votre seigneur. S'il est vainqueur, et que vous lui manquiez, il s’en souviendra. » Les autres répondaient : « S'il est vaineu, le pays est ruiné, Il ne nous a déjà que trop grevés par des guerres; nous ne sommes tenus à rien pour ses expéditions d'outre-mer. »

L'assemblée décida qu'on n'était tenu à rien envers le duc. Cette décision ne découragea pas Guillaume : il fit appeler séparément chez lui les personnages qui l'avaient rendue, et, par ses bonnes paroles, il obtint de chacun d'eux, pris isolément, un avis contraire à la résolution prise en assemblée générale.

Des chevaliers de tout pays ayant confiance dans là bravoure et l'habileté de Guillaume vinrent grossir son armée. Tosté avait beauc eub à se plaindre de son frère Harold et ne cherchait qu’une occasion de se venger. Il offrit son appui à Guillaume qui mit à sa disposition quelques vaisseaux. Tosté ne put entrainer son cousin Swen, roi de Danemark, à faire la guerre au roi d’Angleterre; mais il fut plus heureux auprès du roi de Norvège qui se nommait aussi Harold.

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à recevoir à son débarquement son terrible adversaire Guillaume, avait grand intérêt à se débarrasser au plus tt des Norvégiens.

Il arriva à marches forcées et les surprit par son apparition inattendue ; il fit faire à Tosté, son frère, des offres de réconciliation qui furent repoussées. Il livra bataille, et au premier choc tomba le roi de Norvège, tué par une flèche qui lui avait traversé la gorge. Tosté périt aussi en combattant, et Olaf, fils et successeur du roi de Norvège, se hâta de faire la paix avec le roi d'Angleterre.

Tarold savait qu'il aurait un autre ennemi plus redoutable à combattre; il réunit toutes ses forces et se hâta de se mettre en route pour aller à sa rencontre. Il était lemps. Trois jours après sa victoire contre les Norvégiens, les Normands, le 28 septembre 1066, débarquaient à Pevensey, près Hastings. Considérable était leur armée de 60,000 hommes. Leur flotte se composait de 400 navires de grande voilure et de mille bateaux de transport. Le vaisseau de Guillaume portait au haut du mât la bannière envoyée par le pape. Le duc de Normandie cherchait à donner à ses soldats la conviction qu'en se battant pour sa cause, ils combattaient contre un roi parjure et sacrilège, un excommunié qui avait le ciel contre lui.

Le duc ne quitta son bâtiment que le dernier, après avoir présidé au débarquement de toutes les troupes. Dans sa précipitation à descendre, il glissa par terre et tomba sur ses mains. Pour empècher que cette chute ne fùt interprétée comme un mauvais présage, il s’écria : «Je prends possession de l'Angleterre! » et un cavalier

vint aussitôt lui apporter une poignée de chaume prise

sur le toit d'une maison, en criant : « Sire, je vous en-

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