PQ COST RCE EURE AUTRES
saisine du royaume d'Angleterre, et vous proteste que dans un mois votre chef sera couvert de la couronne. »
Tout en se servant des idées superstitieuses, qui à cette époque avaient tant d'influence sur les peuples, Guillaume avait l'esprit trop élevé pour y croire.
Sa flotte si considérable n'avait perdu en tout que deux navires, Dans l’un se trouvait l'astrologue de l’armée, Guillaume ne manqua pas de faire ressortir que les prétendus magiciens, qui veulent faire croire qu'ils prédisent l'avenir, ne sont pas capables de se préserver contre les dangers qui les menacent eux-mèmes.
Dans ses proclamations aux Anglais, le due de Normandie ne cesse de répéter qu'il arrive pour punir un prince parjure, et que les habitants du pays seront traités, non en ennemis, mais en sujets fidèles par leur roi légitime.
Pendant quinze jours, sessoldats fraternisèrent avec les indigènes qui acquirent une haute idée de Guillaume, Avant d'engager une grande bataille, on comprend le désir qu'avaient les deux chefs d’épargner les horreurs de la guerre au peuple anglais dont la couronne était disputée.
Nombreuses furent les négociations qui eurent lieu entre les deux armées. Harold avait fait halte à 7 milles de distance du camp ennemi.
Dix-huit messages furent échangés entre Guillaume et lui.
Dom Hugues Maigrot, religieux de Fécamp, fut envoyé par le duc normand au roi saxon et lui dit : « Mon maître a reçu de son cousin Édouard la promesse qu'il serait son héritier. Harold a juré que cette promesse se-
rait r'ESpe du pape la questic
Par un sang des !
vrande b currents :
Lorsqu, commode et qu'il vi cepter au vant la v menteur, (
Le com
La veill sérent la
Les Not
de leur p toireen
Eudes, était un frère les disgrâces
Il cont ses exhor
Après :
pontifical sistance €
devaient (
leur cour:
Puis, |’
que 16, »
ui à ples,
deux
née,
» les.
qu'ils BLVer
Norir un ; traiir l'O!
ec les Lume, nd le Preurs | était
lieu milles
ime et
it en- « Mon
è qu il
SSe SC-
ait respectée, S'il ne veut pas se soumettre à la décision du pape sur la validité du serment, le glaive tranchera la question.
ar un sentiment chevaleresque et pour épargner le sang des soldats, Guillaume proposait de substituer à une grande bataille, un combat singulier entre les deux concurrents à la succession d'Édouard,
Lorsque le messager eut épuisé tous les moyens d'accommodement en offrant même un partage du pouvoir, et qu'il vit Harold inflexible dans sa résolution de n’accepter aucune des propositions de son maitre, alors élevant la voix, il lui déclara la guerre, en le traitant de menteur, de parjure, d'excommunié.
Le combat fut fixé au 1% octobre 1066.
La veille, pour exciter leur courage, les Saxons passèrent la nuit à boire et à chanter.
Les Normands la passèrent à prier le Dieu des armées de leur pardonner leurs fautes, et de leur donner la victoire en punissant un prince parjure.
Eudes, évèque de Bayeux, fils de la mère de Guillaume, était un homme énergique, qui recut plus tard de son frère les plus hautes faveurs, suivies des plus grandes disgrâces.
IL contribua puissamment à enflammer les soldats par ses exhortations de prètre et son courage de guerrier.
Après avoir célébré avec solennité la messe, il bénit pontificalement tous les guerriers, et leur promit l’assistance du ciel. Dans ce temps de foi, tous ceux qui devaient combattre reçurent l’absolution, ce qui doubla leur courage.
Puis, l'évèque cachant son rochet sous une armure,
laissant la crosse pour le bâton de commandement, monte sur un cheval blanc et fait ranger la cavalerie, Il ne veut pas tremper sa main dans le sang, mais il veut assister à la bataille pour aider son frère de ses conseils.
Guillaumes'avance, le front rayonnant, commes'il était sûr de la victoire: son superbe cheval lui a été donné par le roi d'Espagne; sa cotte de maille et son glaive nu brillent au soleil. La bannière du pape portée devant lui, les saintes reliques suspendues à son cou, donnent l'assurance à ses soldats que Dieu les protégera.
Un trouvère renommé, Taillefer, monté sur un beau cheval, armé comme un chevalier, sort des rangs et entonne le chant de Roland et de Charlemagne. En chantant les paladins fameux, il excite à les imiter. Un geste belliqueux se joint à sa voix sonore. Il lance l'épée en l'air et la recoit adroitement dans la main. L'armée entière l’applaudit et répète en chœur que Diex aïe, que Dieu nous aide. Taillefer pour récompense obtient l'honneur de porter les premiers coups.
Nous ne redirons pas les détails trop connus de cette fameuse victoire, le courage, l'habileté des manœuvres, les stratagèmes du duc de Normandie. Il eut trois chevaux tués sous lui; le roi Harold périt avec ses deux frères sur le champ de bataille en défendant sa bannière qui fut remplacée par celle du pape.
Les deux armées firent des prodiges de valeur. Les Anglais privés de leurs chefs, se battirent avec le courage du désespoir, et es vainqueurs poursuivirent sans pitié les malheureux blessés ou épuisés de fatigue.
Horrible fut le carnage. Les Normands trouvèrent parmi leurs morts treize cadavres revêtus d’habits de
moin
blessi trouv Edith de cel Au Godw:
fils, P des he el per couve] Au I victoire de nor lit sois de Nom
Lorsc breuse
revenir
défaite
tants s’
mie SO)
et de co Harol Comme
frères :
mais su
Dans
des hon
qu'on m el protés
ionte
\ veut sister
| était lonné ve nu nt lui, t l'as-
|, beau et enchan- | geste pée en ée enje, que l'hon-
e cette euvres, bis cheis deux a ban-
ur. Les le coubnt sans uvèrent habits de
moine sous leurs armes, Harold était tellement criblé de blessures, qu'on avait peine à le reconnaitre. Pour le retrouver, on eut recours à une ancienne maitresse du roi, Edith au cou de eygne, qui finit par découvrir le corps de celui qu'elle avait aimé.
Au premier moment, Guillaume refusa à la veuve de Godwin de lui rendre au poids de l'or le corps de son ils. Parjure et sacrilège, il doit, disait-il, être privé des honneurs de la sépulture. Le due finit par s'apaiser et permit à deux moines d’enterrer le vaincu dans un couvent dont il avait été le bienfaiteur.
Au lieu de marcher : 1r Londres directement, après la victoire, Guillaume se rendit maître de Douvres:; il avait de nombreux malades atteints par une épidémie ; 1l les it soigner dans cette ville, et y fit venir des recrues de Normandie,
Lorsqu'il se dirigea vers Londres, la population nombreuse et guerrière de la capitale avait eu le temps de revenir du premier moment d’épouvante causé par la défaite de l’armée et la mort de Harold; tous les habitants s'étaient préparés à une défense énergique. Le prenier soin du conseil national ou witan, fut de s’assembler et de convoquer les thanes des comtés pour élire un roi.
Harold avait deux frères très braves qui furent tués comme lui; deux fils qui étaient trop jeunes; deux beauxfrères, Edwin et Morkar, dont l'influence était grande, mais surtout dans le nord de l'Angleterre.
Dans les circonstances difficiles où se trouvait le pays, des hommes sages auraient voulu, mais n’osaient le dire, qu'on mit à la tête du gouvernement un homme puissant el protégé par le pape, comme Guillaume.
La haine que l’on portait aux Normands, et la sympathie populaire toujours fidèle aux descendants de la ‘ace p°‘ionale des anciens rois, décidèrent le Conseil à appeler au trône de son père Edgar l'Ethelin (lillustre), neveu du roi Édouard et l'héritier légitime de la couronne,
Ce jeune prince, sans vigueur et sans intelligence, confia les opérations militaires à Edwin et à Morkar.
Guillaume, au lieu de chercher à s'emparer de force de la ville de Londres, répandit son armée aux environs pour tout piller et incendier.
Par son adresse, ses ruses, ses moyens divers de séduction, il parvint à désorganiser si bien les forces ennemies, qu'une députation composée d'Edgar, d'Edwin, de Morkar, de la haute noblesse et du haut clergé vint lui offrir la couronne et lui donner des otages. Il n'accepta le titre de roi qu'après avoir consulté ses compagnons de Normandie et s'être fait prier.
Le couronnement eut lieu à l'abbaye de Westminster, et fut présidé par l'archevèque d’York, sur le refus de celui de Canterbury. Durant la cérémonie, l'archevêque demanda aux Anglais en saxon, et l'évêque de Coutances aux Normands en francais, s'ils voulaient accepter Guillaume pour roi. Des acclamations, des clameurs si bruyantes, si confuses, retentirent tout à coup que les gardes normands placés aux environs pour punir une trahison si elle venait à éclater, erurent à une révolte, se ruèrent sur les Anglais et mirent le feu partout.
Le tumulte et le désordre occasionnés par cette méprise causèrent une vive émotion à Guillaume qui ne comprenait pas l'erreur de ses amis.
(OÙ du dans héré, quèt
mais qui à S'inst:
ville, et pré bler 1 comm avait |
Il fa comba la Bat
cette 1
Lor:
forcés
finitive
constr
Tamis
lions.
Roï :
ché de
le fron
avec ?
person]
Ïl emn
pu pro
VII = le la eil à
stre),
Colu-
ence, force
irons
séducennevin, de int lui ecepta
A LTNONS
inster, efus de evèque utances r Guileurs Si que les nir une révolle, out.
tte mé-
» qui ne
On disait mème qu'il avait des doutes sur la validité du sacre dont la cérémonie avait été interrompue, car dans les actes, il prend le titre de roi, tantôt par droit héréditaire (jure hereditario), tantôt par droit de conquète (jure gladü.)
I comprenait l'importance de la victoire de Hastinges, mais il n'ignorait pas les divisions de race et d'intérèts qui agitaient le Nord et le Sud de l'Angleterre ; avant de S'installer à Londres, 11 s'établit à quelques milles de la ville, employant tous les movens pour calmer les esprits et prévenir les résistances. IL voulait à la fois faire trembler le pays en se montrant terrible, et se présenter comme un pacificateur en faisant voir que sa cause avait été jugée juste par le pape.
I faisait ostentation de grande piété; sur le champ de combat où il avait vaincu Harold, il fit bâtir l'abbaye de la Bataille en mémoire de la protection de Dieu dans cette mémorable journée.
Lorsque le roi Edgar et ses principaux chefs furent forcés de faire leur soumission, Guillaume s'installa délinitivement dans la tour de Londres, qu'il avait fait construire à l’un des angles de la ville, au bord de la Tamise, etil arbora sur son donjon la bannière aux trois lions,
Roi absolu et incontesté, il eut le désir de revoir son duché de Normandie, et de se montrer à ses premierssujets, le front ceint de la couronne royale. Il quitta Londres avee un brillant cortège choisi parmi les plus nobles personnages d'Angleterre, pour l'accompagner en France. Il emmena surtout avec lui les seigneurs qui auraient pu profiter de son absence pour agir contre ses intérèts.
Il était d’ailleurs désireux de leur faire admirer ses Etats. La reine Mathilde, qui l'avait dignement remplacé dans l'administration du pays, lui avait préparé la réception la plus magnifique. |
Les Normands saluèrent avec enthousiasme le retour de leur due devenu roi. Partout où 1l passait, les laboureurs et les commerçants l'accompagnaient de leurs acclamations, et le jeûne solennel du carème se trouvait transformé, dit Lingard, en un iemps de fête et de réjouissance.
Les évèques et les thanes anglais qui avaient suivi Guillaume, déployaient tout leur luxe pour frapper d'adn ration les Francais; ils étaient à leur tour émerveillés des trésors que Guillaume possédait, dans son château, où il avait rapporté d'Angleterre le butin recueilli après la bataille, et des présents magnifiques recus à l’occasion des fêtes du couronnement.
Le Conquérant était parti si vite de Londres, au moment où sa présence y était si nécessaire, qu'on à cherché à cette visite en Normandie des motifs que nous ne discuterons pas. On à prétendu qu'il voulait voir qui lui serait fidèle en Angleterre durant son absence.
Cette visite ne fut pas longue et ne fut pas la dernière. Il aimait le pays natal et y revint souvent.
Après avoir réglé les affaires de Normandie, il se hâta de retourner à Londres, laissant leagouvernement du duché à sa femme Mathilde et à son fils ainé Robert.
Par ses sentiments chrétiens et la culture de son esprit, il hâta les progrès de la civilisation en Angleterre, et ses institutions judiciaires et politiques ont laissé des traces. Il joignait à une rare intrépidité l'art des stratagèmes
de g
plus Un mais Lond et tir que 1 const pour I fit La di plète, aucun horri] des 1 barba Dou était r Il étai lumiè
affron ble et les coï
des an
son fr
Aux
dons-1 imputs
un an lit, dit par le
bats.
dans
tion
‘four bou- $ aCavait
e ré-
suivi d'adexllés teau, ueilli
us à
IOcher- Us ne
ui lui
ière,
hâta
races.
‘èémes
de guerre, et pour inspirer la terreur, les atrocités les
plus grandes ne l’effrayaient pas.
Une révolte l'avait appelé à York, il la comprima; mais lorsqu'oh espérait que l'hiver le ferait rentrer à Londres, il envoya chercher sa couronne à Winchester et tint sa cour à York pendant les fêtes de Noël. Voyant que les indigènes, dans ces contrées, étaient en hostilité constante avec les Normands, il eut un affreux système pour les séparer : c'était de créer entre eux un désert. Il fit ravager toutes les terres entre York et Durham. La dévastation opérée par le fer et le feu fut si complète, que pendant neuf ans on ne vit plus dans ces lieux aucune terre cultivée; l'extermination des hommes fut si horrible, qu'on à évalué à plus de cent mille le nombre des malheureuses victimes de cet acte de politique barbare.
Doux, charmant, libéral pour ses amis, Guillaume était rude, farouche, cruel, pour ceux qui lui résistaient. I était surtout vindicatif, et lorsqu'il avait juré par la lumière de Dieu (c'était son serment) de se venger d'un affront ou d’une rébellion, sa vengeance était implacable et terrible. Il chassa les évèques de leurs diocèses, les comtes de leurs comtés; il retint en prison, pendant des années, les plus illustres personnages, mème Eudes, son frère, l'évèque de Bayeux, qui l'avait offensé.
Aux actes de cruauté que lui reproche l'histoire, gardons-nous d'ajouter ceux que la tradition populaire lui impute. Ainsi l’on raconte que la reine Mathilde avait un amant, et que son mari en fut averti, Guillaume lit, dit-on, écorcher vif l'amant, et attachant sa femme par les cheveux à la queue de son cheval, il la traina
longtemps à terre. Quoique l'on indique encore le lieu où ces exécutions barbares auraient été faites, nous préférons croire, avec les chroniqueurs conteniporains, que Mathilde, modèle de sainteté et de vertu, rendit heurenx son mari pendant 33 ans, sans avoir encouru d'autre reproche que de trop aimer son fils ainé, Robert, dont le père eut à se plaindre.
Le goût du pillage, la rapacité, l'amour des richesses que nous avons signalés souvent chez les plus nobles vikings, n’ont jamais été plus excessifs que chez le Conquérant.
Il permettait les massacres et les pillages pour punir la moindre insurrection;, et rien ne l’arrètait quand un riche butin tentait sa convoitise. Ainsi, malgré son ostentation de piété et de vénération pour les églises et couvents, il n’hésita pas à ordonner la spoliation de riches abbayes, sous prétexte que des Anglais ennemis y avaient ‘aché leurs trésors; l'argent monnayé ne fut pas seul enlevé, on n'épargna rien de précieux; on prit tout, jusqu'à l'or et aux pierreries des vases sacrés et des reliquaires.
L'avarice du Conquérant lui fit amasser d'énormes richesses. Il pillait ses ennemis sans scrupule et aimait à recevoir des cadeaux de ses amis. Pour lui faire la cour, il fallait lui faire des présents, et on lui en faisait de très beaux. Il possédait 1400 manoirs; il affermait ses terres le plus cher que possible, et renvoyait ses fermiers dès qu'il en trouvait d’autres qui lui offraient un prix plus élevé. Il prit à ses sujets, souvent sans droit et par force, plusieurs marcs d’or et des centaines de livres d'argent. «Le Conquérant, dit Gabriel du Moulin, tivait par chà-
eun jot plus 30 présent rémissi daient lions d que cet die, de Il ne Il aim:
de vast neuve) taires fu Comn en imp.
par des
cheval, pouvait dans un chaleur prit cet La nuit de s’ég danger:
suivre, que les La réco:
Guill:
Robe:
mis que son du
LA CONQUÈÊTE D'ANGLETERRE. 215
cun jour, des revenus d'Angleterre 1060 livres sterling, plus 30 sols 3 oboles, sans mettre en ligne de compte les présents qu'on lui faisait, ni l'argent qu'il tirait des rémissions et autres affaires qui particulièrement regardaient sa personne. » On à évalué ses rentes à 12 millions de notre monnaie; mais qui peut calculer tout ce que cet homme rapace et redouté retirait de la Normandie, de l'Angleterre et de l'Écosse qu'il avait subjuguées?
Il ne se gènait pas pour prendre ce qui lui plaisait. Il aimait la chasse. Possesseur de 68 forèts, sans compter de vastes parcs, il convertit en forêt (new forest, forèt neuve) quatre lieues de champs cultivés dont les propriétaires furent chassés.
Comme les vikings, ses aïeux, Guillaume cherchait à en imposer au peuple par la sévérité de son regard et par des tours de force extraordinaires. Monté sur son cheval, 1l parvenait à tendre la corde d’un arc que ne pouvait tendre aucun homme, même à pied. Il vit un jour dans une marche forcée le comte de Breteuil excédé de chaleur et de fatigue, suant sous sa lourde armure; il prit cette armure sur ses épaules et la porta lui-même. La nuit, dans des défilés de montagnes, il lui est arrivé de s’égarer, et lorsqu'il voyait des soldats cffrayés des dangers que son audace leur faisait courir, hésiter à le suivre, il leur criait : « Permis aux poltrons de se retirer ; que les braves seuls me restent, Qui m'aime me suive! La récompense sera proportionnée au danger. »
Guillaume n'avait pas su se faire aimer de ses fils.
Robert, l'ainé, prétendait que son père lui avait pro-
mis que lorsqu'il serait roi d'Angleterre, il lui laisserait
son duché de Normandie. Il en réclama l'investiture à
Guillaume, Celui-ci répondit qu'il n'avait pas l'habitude de se déshabiller avant de se coucher, et qu’il ne voulait se dépouiller de rien avant sa mort.
Le roi de France demanda au Conquérant de lui faire hommage du :oyaume d'Angleterre; Guillaume repoussa cette prétention et ne voulut se reconnaitre vassal de la France que pour le duché de Normandie.
Robert, qui ne cachait pas son mécontentement contre son père, cherchait à se faire des amis de tous les ennemis de celui-ci. Il fit la cour au roi de France qui lui donna le château de Gerberoy.
Dès que le roi d'Angleterre apprit que son fils rassemblait des troupes et se mettait en pleine révolte contre son autorité, il traversa la mer et vint en personne l’assiéger dans Gerberoy. Dans une sortie, le fils lutta corps à corps contre un guerrier qu'il blessa : ce guerrier était son père! Dès qu'il l'eut reconnu, Robert, saisi d'horreur à l’idée d’un parricide involontaire, se jette aux genoux du blessé en lui demandant pardon.. A ses larmes, à son repentir, Guillaume ne répondit que par de terribles paroles de malédiction.
Pour arrêter sa vengeance, apaiser son courroux et l’amener à une réconciliation avec Robert, il fallut toute l’habileté, tout le cœur de Mathilde, aussi tendre pour son fils que pour son époux.
Philippe I, roi de France, n'avait pas vu avec plaisir le duc de Normandie devenir son égal et roi indépendant. Guillaume, de son côté, se plaignait qu'on avait profité de sa minorité pour démembrer de son domaine le comté de Vexin qu'il ne cessait de revendiquer. Les négociations se prolongaient sans que les deux souve-
rains fus les termi diné, jou de perdr de Henri cet acte « les échec:
I l’eût et ne lui fuir au ge Des seig rol, Se pe du duc « agitée, éF exigeait d
à garder |
embonpoi
Le roi sait en ri:
long à fa relevailles
Guillaur Courroucé.
avec dix 1
Sa veng incendia 1 daient plu
franchissai ventre, fut le bruit de ville, dépe
rains fussent très pressés de recourir aux armes pour les terminer. Robert et Henri son frère, après avoir bien diné, jouaient un jour avec Louis de France, qui furieux de perdre beaucoup d'argent, jeta les échecs à la face de Henri et le traita de fils de bâtard. Henri répondit à cet acte de violence en frappant le prince si fort avec les échecs, qu'il fit couler le sang de sa figure meurtrie. I l'eût tué sur-le-champ, si Robert ne l’eût arrèté et ne lui eût fait comprendre qu'il était prudent de s’enfuir au galop.
Des seigneurs français, certains de ne pas déplaire au roi, se permettaient de faire des ravages sur les terres du duc de Normandie. Guillaume, après une vie si agitée, éprouvait le besoin de repos, son état de santé exigeait des soins. Ses médecins, à Rouen, l’obligèrent à garder le lit, et à combattre par la diète son excessif embonpoint.
Le roi de France, le raillant de cette infirmité, disait en riant : « Sur ma foi, le roi d'Angleterre est long à faire ses couches. Quand aura lieu la fête des relevailles. »
Guillaume répondit à ces propos dont il fut vivement courroucé. « J'irai faire mes relevailles à Notre-Dame, avec dix mille lances en guise de cierges. »
Sa vengeance ne tarda pas à éclater; 1l saccagea et incendia Mantes, mais ses forces physiques ne répondaient plus à son énergie de caractère; son cheval en franchissant un fossé s'abattit. Guillaume, blessé au ventre, fut transporté à Rouen, et, ne pouvant supporter le bruit de la ville, se retira au château d'Hermenteuville, dépendant de l’abbaye de Fécamp.
Sa maladie dura six semaines. Aux approches de la mort, il chercha à réparer des torts qui inquiétaient sa conscience, Il ordonna de reconstruire les églises de Mantes qu'il avait incendiées. Il envoya aux couvents d'Angleterre des sommes d'argent pour ètre employées à la célébration de messes pour le repos de son âme et surtout à la restitution de ce qu'il avait pris sans droit,
Il retenait depuis de longues années en prison des hauts personnages qui lui faisaient ombrage, comme le frère du roi Harold, ou qui l'avaient offensé, comme Eudes, évèque de Bayeux. Le chrétien dut pardonner et les mettre en siberté, mais le Normand vindicatif eut grand'peine à accorder la délivrance de l’'évèque qu'il avait excepté de l’amnistie.
Il régla sa succession. Il laissa à son fils ainé Robert, la Normandie; à Guillaume-le-Roux l'Angleterre; à Henri une somme de 5,000 livres en argent comptant que le prince s'empressa de faire peser et enfermer dans un coffre-fort bien cadenassé.
Rien de triste comme la mort du conquérant illustre. Il fut blessé dans une aventure plus digne d'un viking que d'un roi.
Le puissant monarque, sur son lit de mort, n'eut pas un ami près de lui pour le consoler à la dernière heure.
Le 9 septembre 1087, il entendit sonner le matin la cloche de l’église de Sainte-Marie. Il étendit le bras en disant : « Je recommande mon âme à notre Dame
mère de Dieu. Que par ses saintes prières elle me réconcilie avec son fils, mon seigneur Jésus-Christ! »
En disa Dès q sistants chez eux ies préla possédaie ment où purent, :
et pour :
Lorsqu des mort, plancher, L'arche terré à Ca compassic gneur, Île L’enter fondée pe clergé ét:
Le prin négyriqu messe éta fosse cret sortie de « Celui violence partient ; le mort. »
La récl près avoit put être f
» Ja lent ises ‘OUemson pris
des 1e le des, t les eut
qu'il
bert, ec; à
tant mer
Ilusd'un
t pas 1ère
aatin bras Dame e rét! »
En disant ces paroles, il rendit le dernier soupir.
Dès qu'il eut fermé les yeux, le médecin et les assistants se hâtèrent de partir à cheval pour rentrer chez eux et veiller à leurs intérêts, Les chevaliers et les prélats avaient hâte de mettre en sûreté ce qu'ils possédaient. Les serviteurs du roi profitèrent du moment où ils furent seuls pour prendre tout ce qu’ils purent, vaisselle plate, riches armes, vêtements, linge, et pour fuir avec leur butin.
Lorsque des prètres arrivèrent enfin pour les prières des morts, le cadavre du roi gisait presque nu sur le plancher, abandonné depuis trois heures!
L'archevèque ordonna que le roi Guillaume serait enterré à Ca en, et Harluin, chevalier du voisinage, ému de compassion en voyant l'abandon du corps de son seieneur, le fit transporter à ses frais dans la ville.
L'enterrement fut célébré à l’église de Saint-Étienne fondée par Guillaume. Les évèques et les membres du clergé étaient nombreux.
Le prince Henri présidait la cérémonie funèbre. Le panégyrique du royal défunt avait été prononcé et la messe était dite; on allait descendre le corps dans une fosse creusée entre le chœur et l'autel, lorsqu'une voix sortie de la foule se fit entendre :
« Celui q4üe vous louez a enlevé à mon père par la violence la terre sur laquelle vous êtes, et qui m'appartient; je vous défends au nom de Dieu d'y enterrer le mort. »
La réclamation n'était que trop fondée. Ce n'est qu'après avoir désintéressé le plaignant que l'enterrement put être fait.
Mo one LES
ND RER ER SAT Etat
220 LES ,,0ORMANDS.
Le corps du défunt revètu de ses habits royaux, sans cercueil, devait ètre déposé dans une tombe en pierre, qui se trouva trop étroite, En pressant le cadavre pour le faire entrer de force, on le creva, et l'odeur épouvantable qui en sortit rendit en un instant l'église déserte, nul n’y pouvait rester.
Guillaume-le-Roux était déjà près de Calais lorsqu'il apprit la mort de son père. Il ne perdit pas un instant: ilarriva le plus tôt possible à Londres, pour s'emparer du trésor royal d’abord et puis du trône.
Le 27 septembre, la cérémonie du couronnement fut solennellement célébrée à l’abbaye de Westminster,
Guillaume, surnommé le Bätard, ou le Conquérant. mourut à soixante ans, après avoir régné cinquante ans en Normandie et vingt ans dans la Grande-Bretagne, Nous n'avons pas à rechercher ce qu'il fit de grand et de sage durant ce double règne. Ces faits, qui appartiennent à l'histoire de France et à celle d'Angleterre, n'intéressent pas l'histoire des Normands que nous avons entrepris d'écrire.
Aussi avons-nous moins étudié le due et le roi, que
l'homme lui-mème pour faire ressortir, ce qui restail
encore, dans le prince chrétien, civilisé et illustre, des mœurs, du caractère et des instincts des vikings ses
aïeux.
Première et saint copale Norman lesse dé
gurd et
sule 1bé mais 1LS «Il est mands € quant à occiden:
et qui s métane
Nous périorite France «
pagne
(1) Étud lins de la S
, Sans pierre, 6e pour
épou-
l'église
PSqu'il nstant:
nparer
nement inster, uérant, ate ans etagne, rand et appatleterre,