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mention de toutes les invasions partielles, passagères ou avortécs.
Une inscription du temps d’Alphonse III (dixième siècle) nous apprend qu'une forteresse fut élevée à Oviedo pour protéger le pays contre les pirates païens qui avaient coutume (solent) de ravager la côte. La chronique d'ria dit que les Normands venaient souvent (sæpe) chercher leur proie dans la Galice.
Au milieu du onzième siècle et même au douzième lorsque les invasions des vikings cessaient partout en Europe, elles continuaient à se produire en Espagne et semblaient y devenir plus fréquentes. Les Normands, mème lorsque le christianisme eut adouci leurs mœurs, étaient trop habitués à vivre hors des régions glacées de la patrie et à rechercher les pays fertiles pour rom-
pre tout à coup avec leur goût de vie errante et aven- È
tureuse.
Les Normands établis sous le beau ciel de France rtvaient encore des contrées lointaines: les uns l'Italie, la Grèce, la Syrie; les autres l'Espagne.
Adémar rapporte que Roger, chevalier venu de Normandie, arriva en 1018 en Catalogne avec quelques braves guerriers.
Il entra au service d'Ermecinde, qui gouvernait Barcelone comme régente pendant la minorité de son fils. Il se fit apprécier par son habileté et par son courage, Il combattit les Sarrazins, comme les vikings avaient combattu les chrétiens, avec la même audace et presque les mêmes procédés.
Il ne lui suffisait pas de répandre la terreur par des prodiges d'intrépidité, il exploitait encore l'épouvante
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qu'inspiraient les barbares du Nord. On devait raconter des choses étranges de ces septentrionaux qui avaient jadis été anthropophages et qui passaient peut-être pour l'ètre encore.
Voici la traduction d'un passage d'Adhémar dont Marea (1) cite Le texte extrait, dit-il, d’un manuscrit ancien.
«Item les Normands, conduits par Roger pour combattre les païens en Espagne, firent un massacre considérable des Sarrazins et leur reprirent un grand nombre de villes et de châteaux. Dès son arrivée, Roger imagina chaque jour, en présence du prisonnier, de faire mettre dans des chaudrons des quartiers de cadavres au lieu de quartiers de porc; on les apportait ensuite chez lui et il faisait semblant de s’en régaler. Les prisonniers, qui assistaient à ce spectacle étaient saisis d'horreur; on les laissait échapper pour aller raconter aux Sarrazins les monstruosités dont ils avaient été témoins.
« Si grande fut la terreur que ces nouvelles répandirent parmi les musulmans, qu'ils vinrent demander à Ermecinde de faire la paix et s’assujettirent à lui payer tribut. »
Si Roger avait la finesse des anciens vikings, il en avait aussi toute l’intrépidité. Ermecinde lui donna la main de sa fille qu'il avait méritée par ses exploits contre plusieurs princes musulmans, parmi lesquels Adhémar cite notamment Modjéhid, prince de Darna et des iles Baléares, le plus grand pirate de son temps, qui détruisit Pise en 1012 et fut longtemps maitre de la Sardaigne.
(1) Marca hispanica, p. 529.