‹ Les normands dans les deux mondes [microforme]Chapitre 34 sur 39 · CHAPITRE VITE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITE

Bohémond part pour la croisade avec Tancrède. — Réception au palais d’Alexis. —Conquêtes des croisés. — Bohémond prince d’Antioche. — Sa captivité chez un Turc. —Mort simulée. — Retour en Italie, — Voyage en France où il épouse la fille du roi. — Sa mère sauve Brindes. — Retour en Grèce. — Siège de Durazzo. — Fourberie de l’empereur. — Traité de paix. — Mort de Bohémond. — Princes d’Antioche.

Reprenons l'histoire de Bohémond, interrompue à la mort de Guiscard son père.

Bohémond, doué du génie de la guerre, passionné pour les aventures lointaines, plein d'une ambition démesurée, ne pouvait se résigner à passer sa vie comme simple lieutenant d'un frère qui lui était inférieur, qui lui avait contesté sa légitimité et l’avait dépouillé d’une partie de la succession paternelle à laquelle il avait droit par sa naissance.

Réconcilié avec Roger, il l’aidait, mais sans une grande ardeur, à assiéger Amalfi que leur père avait possédé, mais dont il fallut plusieurs fois refaire la conquête.

C'est durant ce siège qui se prolongeait, que Bohémond eut occasion de voir de nobles chevaliers traversant l'Italie pour aller rejoindre en Palestine l'armée des croisés, qui avait pour chef Godefroy de Bouillon.

Son enthousiasme pour la guerre sainte fut prompt

à s'enflammer, Un jour, devant l’armée électrisée par sa chaleureuse éloquence, qui souvent lui servit autant que son épée, il ôta son manteau, le découpa en petites croix, il attacha une de ces croix à sa poitrine et les plus braves guerriers, se disputant les autres, suivirent son exemple et se croisèrent au cri de Dieu le veut!

Les soldats de Roger abandonnèrent le siège qu'il fallut lever et s'enrôlèrent en foule sous le drapeau de Bohémond qui se trouva ainsi à la tête d’une armée de 10,000 cavaliers et d’un nombre considérable de fantassins. D'illustres chevaliers s'associèrent aux destinées du prince de Tarente, notamment son frère Guy, son cousin Richard, comte de Principato, et l'un des héros les plus célèbres des croisades, Tancrède, fils d'Emma, sœur de Guiscard, et femme d’un seigneur sicilien Odon le Bon.

Bohémond ne put mettre à la voile que vers la fin de 1096 et alla débarquer auprès de l’Andrinople d’Albanie, l'ancienne Phœnicé.

L'empereur Alexis apprit avec un vif déplaisir l'arrivée dans ses États du fils de Guiscard, qui l'avait battu trois fois. en bataille rangée, et qui avait entrepris de le détrôner.

L'empereur, qui ne brillait point par la franchise, lui fit faire des compliments affectueux et l'invita à venir le voir à Constantinople où il recevrait un brillant accueil. Le prince de Tarente répondit comme s’il croyait à la sincérité de l'amitié d’Alexis, mais ilprit ses précautions. comme s’il s'attendait à quelques perfidies.

Bohémond, nous l’avons déjà dit, et nous aurons souvent occasion encore de le faire remarquer, avait beaucoup de traits de ressemblance avec les anciens vikings.

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