INTRODUCTION. IX
mands païens étaient cruels et sans pitié contre les | chrétiens; après leur conversion, ils crurent pouvoir
0Ù concilier avec leur foi leurs instincts sanguinaires en VAN ne faisant couler que le sang des infidèles.
Dans la période des longs pèlerinages qui sem- | blaient devoir remplacer leurs expéditions lointaines, À lorsque l’histoire des Normands semblait toucher à sa fin, il faut y ajouter un chapitre, le plus étonnant Bde tous peut-être.
Un Norr.and, un gentilhomme pauvre, Tancrède de Hauteville, avait douze enfants dont l’avenir l’in- | quiétait. Sans autre ressource que leur courage, ses
00 fils allèrent chercher fortune en Italie. Pour subvenir
à leur existence durant le long voyage, trop fiers pour mendier, ils préféraient vivre avec le produit de leur épée, c’est-à-dire en brigands. Nous raconterons
commen ls parvinrent, après les plus prodigieuses Javentures, à devenir assez forts pour vaincre le "0 pape commandant en personne une armée, pour battre les troupes de l’empereur d’Allemagne et de l’em- “Mpereur d'Orient, pour chasser les Sarrasins de la
“7 Sicile, pour disputer à l’empereur Alexis le trône de
Byzance, pour fonder le royaume des Deux-Siciles net et la principauté d’Antioche.
| Après avoir résumé les expéditions guerrières des Normands, nous dirons leurs expéditions maritimes pacifiques.
x INTRODUCTION.
Is ne faisaient pas la guerre pour la guerre ellemême; quand ils pouvaient se rendre maitres, sans coup férir, d’iles désertes, ils mettaient autant d’ardeur à les coloniser qu'ils auraient mis d’audace à ravager des contrées fertiles et bien défendues.
Leur humeur voyageuse et leur goût d'aventures lointaines leur procurerent la découverte de l’Amérique plusieurs siècles avant Christophe Colomb.
Après avoir tracé le plan de cet ouvrage, je le soumis à un de nos savantsles plus versés dans les antiquitésscandinaves, M. E. Beauvois, qui me répondit : « Ce programme est très intéressant, mais tellement vaste que tous les membres de PInstitut, s’ils savaient le vieux norrain, outoutau moins le danois ou le suédois, nesufliraient pas à le remplir dans une vie d'homme. »
M. Beauvois ajoutait : « Rien que pour les antiquités, il y a plus de trois cents volumes danois, suédois, norvégiens, finlandais à dépouiller. »
J'ai examiné avec curiosité ce qui reste des armes et des reliques des vikings dans les musées de Stockholm et de Copenhague. J’ai lu avec intérêt les principaux travaux de l’érudition scandinave moderne. M. Steenstrup (1) a entrepris un immense ouvrage sur les Nor- (1) M.Steenstrup a publié déjà : Normannerne; Copenhague, 1876, 3 volumes ; — Danelag, un 4° vol.; Copenhague, 1882. (Danelag est le district danoisde l’Angleterre.) L'établissement des Normands en France
sera l’objet du 5° volume. La grande question agitée dans le Nordest | celle de l’origine danoise ou norvégienne des Normands qui occupè-
Le AS ST LS PR ES PAR