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Le voyageur vénitien fait des contrées de l’Extrêrae-Orient un tableau qui rappelle les merveilles des Mille et une nuits. Des fleuves d’une immense étendue, aux rives enchanteresses, portent partout la fraicheur, l’abondance et la vie. De nombreux navires, richement chargés, s’y croisent avec les élégantes embarcations des seigneurs et des artisans. Dans un seul de ces
me dié lo que abastaba, y ansi de geometria yo arismética ; y engenio en el ânima y manos para debujar esfera, y en ella las cibdades, rios y montañas, islas y puertos, todo en su propio sitio.
En este tiempo he y visto yo puesto estudio en ver de todas escrituras, cosmografia, histôrias, corônicas y filosofia, y de otras artes ansi que me abri Nuestro Señor el entendimiento con mano palpable, 4 que era hacedero navegar de aqui à las Indias, y me abriô la voluntad para la ejecucion dello; y con este fuego vine 4 V. A. (Libro de las profecias, apud NAVARRETE, op, cit.,t. IT, p. 262.). — Voir Historie, cap. 1V, pp. 14-16.
$2 Ya dije que para la esecucion de la impresa de las Indias no me aproveché razon ni matemäâtica ni mapamundos : Ilenamente se cumplié lo que dijo Isaïas.. (Libro de las profecias, loc. cit., p. 265).
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fieuves, deux cents villes mirent leurs ponts de marbre ornés de colonnes, leurs temples, leurs palais d’une richesse infinie, leurs bains nombreux, vastes et splendides, A travers les bosquets où chantent les plus beaux oiseaux du monde, on aperçoit des habitations admirablement travaillées. « Il hi a tant merchaanz » et si riches qe font si grant mercandies, qe ne est homes qe » peust dir la vérité, si demesurée couse sunt.... Et lor dames » sunt ausi ausi mout deliés et angélique chouse ».
Non-seulement ces pays féériques produisent en abondance les pierres précieuses, l’or, l’argent, les épiceries; non-seulement ils sont très-peuplés, très-industrieux, trés-artistiques ; non-seulement ils sont administrés, comme les Chinois le sont encore aujourd’hui, par les plus intruits et les plus dignes, sans nul égard à la naissance et à la fortune, mais le Grand Can ou roi des rois demande des prêtres pour convertir ses peuples à la foi chrétienne 53.
Cette belle et véridique relation ouvrit à la vieille Europe des horizons complètement inattendus. L’art nautique, la cosmographie, l'astronomie en reçurent une impulsion prodigieuse. En 1339, les Normands allaient aux Canaries et aux côtes du Maroc ; en 1364, ils arrivaient aux côtes de Guinée; en 1402, notre Jean de Béthencourt prenait possession des Canaries et montrait au vieux continent la route de l’Amérique; bientôt
$3 Voyage de Marc Pol, édit. de la Soc. de Géog. de Paris — Pereg. inatio Marci Pauli, édit. de la Soc. de Géog. de Paris — Dei viaggi di messer Marco Polo gentil’ buomo venetiano (traduit du latin, en 1320, par le frère Francesco Pipino, de l'Ordre des Frères Prêcheurs), dans Ramusio, Delle navigationi et viaggi, t. IT, jusqu’au folio 60 ; Venetia, 1606, — Comparez avec le Viaggio di Nicolo di Conti venetiano, scritto per Messer Poggio Fiorentino, dans Ramusio, Venetia, 1573, t. I, ff. 338-345.
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arrive le prince Henri, surnommé le Navigateur, et les Portugais commencent cette.merveilleuse série de découvertes, cette admirable page de l’histoire de la géographie qu’ils ont couverte de tant de noms illustres, sur laquelle ils viennent encore de graver ceux de Serpa Pinto, de Capello et d’Ivens.
La relation de Marco Polo fut publiée en allemand, en 1477 et 1481, à Nüremberg et Augsbourg. Elle fut également incompréhensible pour Colomb, Toscanelli et les Normands. Peutêtre n’en fut-il pas de même de celle faite à Zwolle, en 1483, à la suite de l’Jlineraria de Mandeville 54.
Cette relation prit de suite une si grande importance qu’elle parût simultanément, traduite ou abrégée, en Allemagne, en France, en Hollande, en Italie, en Espagne, en Portugal, en Angleterre. En 186$, le savant Pauthier en comptait 56 éditions 55. Depuis, on en a fait au moins quatre, dont deux de grande valeur.
Avant la découverte de l'imprimerie on en fit de nombreuses copies. D’où venaient-elles ? C’est ce que nous allons rechercher.
En 1298, Marco Polo était dans les prisons de Gênes et avait
pour compagnon de captivité Rusticien de Pise, qui jouissait d’une réputation littéraire méritée.
Le vieux voyageur narra ses pérégrinations, Rusticien tint la plume et la relation fut rédigée dans cette bonne vieille langue
$4 Sous le titre : M. Paul, venet, de regionibus orientalibus.
$$ Le livre de Marco Polo, citoyen de Venise, conseiller privé et commissaire impérial de Khoubilaï-Khaân ; rédigé en français sous sa dictée en 1298 par Rusticien de Pise ; Paris, 186$, Introduction, p. xcv.
d’oil 56 que les Normands portérent en Palestine, dans cette langue qui servit de moule aux Assises de Jérusalem, aux Établissements de saint Louis, aux œuvres si originales de Villehardouin et de Joinville.
Pourquoi Marco Polo, qui voulait être lu par « l'univers monde », choisit-il précisément la langue de Joinville? Nous laissons à deux auteurs italiens du temps le soin de répondre.
Brunetto Latini, le maître du Dante, s’exprime ainsi : « Et se » aucuns demandoit por quoi cist livres est escriz en romans, » selon le langage des François, puisque ncs some” Ytaliens,
$6 M. PauziN Paris, Bulletin de la Soc. de Géog. de Paris, t. XIX, année 1833, pp. 23-31. — Nouveau Journal Asiatique, t. XII, année 1833, pp. 244- 254. — Moniteur universel du 26 oct. 1850, pp. 3156, 57.
M. D’Avezac, Un mot sur la langue en laquelle a été écrite la relation originale de Marco Polo. (Bull. de la Soc. de Géogr.de Paris, août 1841, pp. 117-120). M. d’Avezac cite Jehan Lelong d’Ypres, abbé de S.-Bertin, auteur presque contemporain, qui termine ainsi un article sur Marco Polo: « .…. Quem » (Marcum Paulum) Chaan, propter suam Hhabilitatem in suis negotiis, ad » diversas Indiæ et Tartariæ partes et insulas misit, ubi illarum partium multa » mirabilia vidit, de quibus postea LIBRUM IN VULGARI GALLICO COMPOSUIT, » quem librum mirabilium cum pluribus similibus penes nos habemus ».
M. D’Avezac, Relation des Mongols ou Tartares par le frère Jean du Plan de Carpin, de l'Ordre des Frères Mineurs, etc., dans le Recueil de Voyages et de Mémoires de la Soc. de Géog. de Paris, t, IV, pp. 407-11.
Hucx Murray, The Travels of Marco Polo ; Edimbourg, 1844, pp. 28, 29.
Tomas WeiGuT, The Travels of Marco Polo; Londres, 1854, Introd., pp. 24 et seq.
Vincenzo Lazart, IL Viaggi di Marco Polo, descritti da Rusticiuno di Pisa, tradotti per la primera volta d’all originale franc:"e; Venezia, 1847, pp. xxu-
Bazpecct Boni, I! Milione di Marco Polo; Florence, 1827, t. I, pp. x1t- XIV et 98,
G, PAUTHIER, op. cil,, Pp. LXXXI-XCI,
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