LOCOMOTIVE DE LA COMPAGNIE DU NORD
avec une vitesse toujours égale, dans les montées comme dans les descentes. Il fallait pour cela emmagasiner une partie de la puissance produite dans le premier cas pour l'utiliser dans le second ; on s'est servi dans ce but d'accumulateurs. Le moteur électrique fonctionne donc en palier avec sa puissance normale ; à la descente, le long des déclivités, l'excès de courant va charger les accumulateurs ; aux montées, les accumulateurs restituent ce qu'ils ont pris, et leur courant s'ajoute à celui du générateur. C'est, comme on voit, ingénieux, et l'on peut réduire ainsi la puissance eflfective du générateur et réaliser finalement des économies.
En outre, comme il s'agit seulement d'une machine d'études, les accumulateurs constituent l'uniquesource d'électricité, tandis que, pour une locomotive destinée à un service courant, il faudrait évidemment employer une dynamo actionnée par une machine à vapeur, et les accumulateurs ne serviraient plus que de régulateurs de vitesse.
Les accumulateurs employés sont au nombre de 80, du type de la Société pour le travail électrique des métaux. Quatre accumulateurs étant réservés pour l'excitation des inducteurs, les soixante-seize autres sont répartis en quatre batteries de dix- neuf. Une de ces batteries a encore un usage spécial : elle fournit le courant à une petite dynamo qui commande le compresseur d'air du sifflet de la locomotive et du frein.
Le poids total de ces accumulateurs est de 14000 kilogr. et la capacité totale de la batterie atteint 148 400 ampèreheures. A la vitesse de 40 kilomètres à l'heure, la batterie serait par conséquent