EXTUS
Les nations se relèvent par les hommes : j'étais homme, j*élais Italien ; je résoins de faire ponr mon pays tout ce qui était en mon pouvoir. Les actions étaient difficiles ; mais les travaux de la pensée les préparent. L'Italie s'était associée aux derniers événements de TEurope; elle y avait répondu, soit par des tentatives, soit par dos écrits. . -
La famille de lord Mortirner élait nombreuse : l'une d'î ses filles, agoc de sei/o ans, était belle ; sa famille vantait la fermeté de son caractère; je ne voyais que sa modestie ; plus jeime et plus timide que ses sœurs, elle se mêlait rarement à la convei'sation, et un sourire plein do charme et d'intolli^'once montrait seul par moment qu'elle avait entendu. Le peu qu'elle trahissait de ses sonlinients était noble. Si un homme lui adressait la parole, elle rougissait; elle se montra toujours aussi réservée avec moi que le premier jour. Je crus voir en elle la femme telle que l'homme doit la chercher : belle, modeste, capable de vertu et de fermeté. Je la voyais le matin, le soir, à table ; je vivais près d'elle ; souvent ce que je disais dans la conversation lui plaisait ; elle souriait de ce sourire qui me ravissait. Que n'imn^inais-jo point sur bon esi^ril, son caractère? Je me trouvais subju^^uô sans savoir comment. Je souffris bi^MitOt assez pour songer à fuir. QjeI«^aefois je voulai:. (nourir, je répandais des larmes. Je cruijjnjis de trahir mon trouble ; son entrée dans la chambre, sa sortie, couvraient mon front de rougeur ; les palpitations do mon euMu* m'étouffaient, un nuage c\)uvrait ma vue, je frémissais, je croyais que j'allais perdre connaissaïu^e.
Lord Mortirner et sa famille partaient pour l'Angle-
terre ; je déclarai que je ne pouvais les suivre; lord Mortimer s'étonna de ma résolution, me sachant le désir de voyager ; peut-être il se douta de la raison qui me déterminait, il me força d'accepter des livres et des présents. Lady Fanny 1 je vous perdis sans que vous eussiez jamais deviné les regrets que vous laissiez ! Cette femme passa devant mes yeux, je ne connus ses sentiments que par ce que j'en crus deviner ; mais Timpression fut telle, qu'elle conserve encore du pouvoir.
Le moment où je me retrouvai isolé fut cruel.
Je retournai dans les Maremmes, où le cardinal avait besoin de moi ; Timage de lady Fanny m'y suivit. Un jour, son frère, en jouant avec une arme, s'était bless'é à la main ; elle était présente, elle avait pâli ; que de sensations, que de rêveries me valut cette pâleur 1 J'étais poursuivi dans les N^remmes par ces images, ces souvenirs passionnés 1