‹ Les nouveaux mystères de ParisChapitre 16 sur 24 · RETOUR A I.A MAISONNETTE · texte numérisé non relu

RETOUR A I.A MAISONNETTE

A cet endroit du récit, un domestique entra.

Surypère interrompit sa confession.

— Qu’est-ce? demanda Trelauney.

— Mylord, c’est cette paysanne que vous avez envoyé chercher...

Trelauney se leva, en proie à une vive émotion.

— Madeleine ! ma seconde mère ! murmurat-il.

Et se tournant vers Surypère :

— Repose-toi, lui dit-il, je te demanderai demain la suite de ton récit.

Madeleine attendait, assise sur une chaise dans la salle à manger. La pauvre femme avait bien vieilli.

Ses cheveux entièrement blancs, ses rides

profondes, son regard plein de douleur, son attitude entière disaient tout ce qu’elle avait dû souffrir.

En apercevant Trelauney, elle se leva.

— On est venu me chercher de votre part, monsieur, et comme votre domestique m’a dit qu’il s’agissait d’une jeune fille que j’ai vainement cherchée depuis plusieurs mois, je suis accourue aussitôt. Avez-vous de ses nouvelles, monsieur? Elle se nomme Louise.

— Oui, madame, répondit Trelauney; mais avant de vous mettre en présence de la jeune fille que vous avez pleurée...

Madeleine joignit les mains et leva les yeux au ciel.

— En sa présence! s’écria-t-elle. Louise est donc ici?

— Elle n’est pas loin... mais vous ne pouvez la voir encore.

— Oh! monsieur, le plus tôt possible, je vous en prie.

Des larmes abondantes sillonnèrent le visage de la vieille femme.

— Écoutez-moi, madame, dit avec douceur Trelauney. Je puis vous rendre Louise, mais je ne puis vous la rendre tout entière. Son âme

Page 1