‹ Les Nouveaux traitementsChapitre 11 sur 61 · Académie de médecine, 31 octobre · texte numérisé non relu

Académie de médecine, 31 octobre

tance, aussi bien que raclivité propre du médicament, explique les grandes précautions qu'il faut prendre pour son administration. Si Dalché et Danlos ont pu faire prendre à leurs malades, pendant des semaines et presque sans interruption, des doses assez élevées de cacodylate, il n'en est pas de même de beaucoup d'autres médecins et de A. Gautier, qui ont reconnu la nécessité d'interrompre souvent le traitement. D'habitude on donne le médicament pendant une huitaine de jours, et on interrompt, surtout s'il est administré par la voie hypodermique, pendant un temps égal, pour reprendre ensuite le cacodylate et ainsi de suite. On peut se guider à cet égard sur l'état général ; si, au cours de l'interruption et quand il n'y a pas d'accidents notoires d'intolérance, l'appétit diminue, la température monte, il convient de reprendre les injections. Au contraire, il faut les cesser, s'il y a des signes de saturation, bouffées congestives, essoufflements, élévation de température, etc.

Notons, avec A. Gautier, que lorsque les reins sont sains, et, à plus forte raison, quand leur perméabilité est diminuée, l'ingestion prolongée de cacodylate peut amener une albuminurie plus ou moins persistante. D'autre part, l'administration du médicament doit être suspendue quand il y a tendance aux congestions, aux hémorrhagies, aux hémoptysies, et pendant les règles.

Quelle est l'action physiologique de l'acide cacodylique et des cacodylates? Il semble que Von soit actuellement en présence de deux théories contradictoires.

Pour le professeur A. Gautier, l'arsenic, en se fixant sur le noyau des cellules, tend à activer leur vitalité, leur reproduction, leur rajeunissement, et joue ainsi un rôle très actif dans la régénération des tissus; il augmente rapidement le nombre des hématies — et par là intervient dans la régularisation des oxydations — e*t celui des globules lymphoïdes polynucléaires, producteurs de protamines et destructeurs des ferments pathogènes et de leurs toxines. C'est pourquoi l'appétit reprend, le poids du corps

augmente, les forces reviennent, le rapport urinaire de l'urée aux chlorures baisse ; Tamélioration est quelquefois durable. D'après cette théorie, il est évident que la médication cacodylique s'applique surtout aux maladies dans lesquelles les fonctions assimilatrices sont profondément atteintes.

Pour le professeur Renaut^ l'arsenic se fixe bien sur les éléments anatomiques, mais de préférence sur les neurones, dans le noyau desquels il se substitue probablement au phosphore. La conséquence de cette fixation est une diminution de l'excitabilité de la cellule nerveuse, comme le prouvent certaines observations empruntées à la pathologie du système nerveux. Or, dans les maladies consomptives, c'est par l'intermédiaire du système nerveux que se produit, en définitive, la suractivité de la désassimilatîon déperditive. Si donc on ralentit ou on entrave l'action nerveuse, on doit du même coup ralentir ou entraver la désassimilation, atténuer les progrès de la consomption. Et, en effet, le poids remonte parce que la désassimilation est rendue moins active et permet dès lors à une partie des matériaux circulants de se fixer ; de même, l'élimination urinaire est diminuée, la température baisse, par régulation des oxydations. La médication cacodylique est donc absolument indiquée dans les cas de dyscrasies consomptives, comme dit Renaut ; elle est contre-indiquée au contraire pour les sujets chez lesquels le coefficient d'oxydation, le taux de l'urée, de l'acide phosphorique et de tous les éléments fixes sont abaissés fortement au-dessous de la normale dans les éliminations urinaires.

Il ne semble pas facile, de prime abord, de concilier ces deux théories, ou de prendre parti pour l'une ou pour l'autre, d'autant plus que les faits qu'invoquent et A. Gautieç et Renaut sont parfaitement établis. On ne peut donc discuter que sur l'interprétation de ces faits.

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