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Académie de médecinei 31 mai

46 LES NOUVEAUX TIIAITEMEXTS

A ce point de vue, la théorie de Renaut est beaucoup plus satisfaisante que celle de Gautier. Si l'arsenic se fixe sur le noyau cellulaire, si, à l'état normal, il se rencontre particulièrement dans le corps thyroïde, le thymus, les glandes mammaires et les productions épidermiques, il semble bien que, à doses thérapeutiques, son lieu d'élection soit le tissu nerveux. Ce qui le montre, c'est l'action sédative qu'il exerce dans les névroses par excitation, neurasthénie, chorée, épilepsie, c'est aussi la production de ces lécithines arsenicales qui dérivent jde la dégénérescence d'éléments nerveux arséniés. Mais cette action indique que l'arsetiic, qu'il se substitue ou non au phosphore nucléique, intoxique la cellule, la fait passer de la condition d'assimilation fonctionnelle à la condition de destruction. N'est-ce pas là, du reste, ce que l'on constate chez les arsenicophages et chez certaines personnes soumises à la médication cacodylique ? La masse adipeuse augmente, sans que la masse des matières plastiques vivantes suive la même progression. L'intoxication arsenicale ou cacodylique diminue les excitations trophiques nerveuses; elle n'augmente pas, bien au contraire, l'activité de la synthèse assimilatrice. L'arsenic est donc bien, comme le dit Renaut, un médicament d'épargne. C'est pourquoi, chez les sujets traités par les cacodylates, l'augmen talion de poids du corps est plus prompte (quand elle a lletij ce qui n'arrive pas toujours) que le retour de i'appétit et surtuul que la renaissance des forces, incertaine d'ailleurs, variable et passagère.

Cette inlerprélatian cadre parfaitement, avec toutes les observations cliniques. C'est par leur toxicité relative — et principalement par le mécanisme spécial de cette toxicité — que les cacodylates peuvent intervenir, efficacement parfolî^T dans les maladies consomptives et dans les infeetions, ainsi que dans les névroses par excitation ; c*€st grâce encore à leur toxicité et aux voies d'élimination qu'ils suivent, que ces cacodylates ou leurs produits

I if*'»dviiljlenH?nt sunt capables d'agir sur la tuberculose

pulmonaire et dans les maladies de la peau. Les préparations arsenicales et cacodyliques paraissent augmenter le nombre des hématies, mais cette augmentation n'entraîne pas nécessairement une fixation d'oxygène correspondante. Langlois a constaté en efifet que, chez les lapins soumis à la médication cacodylique, la quantité d'oxygène contenue dans le sang est abaissée de 20 p. 100. Cette expérience est en rapport avec une observation, due, je crois, à Renz, et suivant laquelle l'air expiré par un cacodylique renfermait 17 p. 100 d'oxygène, au lieu de la normale 15,5 p. 100. Là aussi il y avait donc diminution de la fixation d'oxygène par l'hémoglobine. Quant à la multiplication des globules lymphoïdes polynucléaires sous l'influence de la médication arsenicale, établie par Besredka, elle paraît constituer surtout un procédé de défense, non contre les bactéries antérieures, mais contre le toxique circulant que ces éléments arrivent peut-être à fixer dans leurs nombreux noyaux.

Reste une dernière question. Comment s'élimine Tacide cacodylique? Pagel^ a fait à ce sujet des expériences sur le lapin et conclut que les cacodylates traversent l'économie sans être ni absorbés ni modifiés chimiquement, puisqu'on les retrouve intacts dans l'urine. Imbert et Bodel paraissent être arrivés, chez l'homme, au même résultat, et Langlois 2, d'autre part, a observé que le lapin auquel on injecte sous la peau 0k%75 d'acide cacodylique, maigrit et ne tarde pas à périr, tandis qu'il supporte parfaitement cette dose si on l'injecte dans une veine ; dans ce dernier cas, l'innocuité de l'acide cacodylique ne peut être attribuée qu'à son inaltérabilité et à sa rapide élimination.

Thérapeutique. — Les applications thérapeutiques des cacodylates ont précédé les quelques notions que nous

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