Union pharniac, mars
S. Société de Biologie, 28 avril 1900.
possédons actuellement sur leur action physiologique, notions du reste si incertaines encore qu'aucune indication nouvelle n*en paraît ressortir, et que nous en restons à peu près aux anciennes applications de Tarsenic minéral, phtisie^ anémie, impaludisme, maladies de la peau. Quoi qu'il en soit, on peut grouper sous trois chefs les maladies et affections qui dépendent de la médication cacodylique: ce sont les maladies consomptives, certaines névroses et certaines affections cutanées.
Parmi les maladies consomptives, c'est la tuberculose et surtout la tuberculose au début qui paraît avoir été influencée le plus heureusement par les cacodylates. LetuUe notamment a cité trois cas d'amélioration remarquables.' Mais cette amélioration ne se produit pas chez les malades avancés, cachectiques. Du reste Dalché a constaté qu'il y a quelquefois discordance entre les modifications favorables et la gravité d'autres signes. Ainsi certains malades, tout en augmentant de poids, voient leurs forces continuer à faiblir et les accidents pulmonaires évoluer ; d'autres môme n'ont pas acquis d'embonpoint et leur tuberculose s'est aggravée.
Dans le cancer, le diabète, la maladie de Basedow, Renaut a constaté une amélioration assez notable par l'administration des cacodylates; il en est de même dans l'anémie, suivant le professeur Hayem.
Trois sortes de névroses ont été également favorablement influencées par la médication cacodylique ; les neurasthénies par excitation surtout, l'épilepsie, où, suivant Renaut, l'action des bromures est considérablement aidée par le cacodylate de soude, enfln la chorée de Sydenham, dont trois cas ont été traités avec succès par leD'"Garaud, de Saint-Etienne, à l'aide de cette médication.
Enfln, suivant Danlos, on obtient, avec les cacodylates, administrés à l'intérieur et non en applications externes, la guérison fréquente des psoriasis, mais les récidives toutefois ne sont pas rares; le lichen plan, le lupus érythémateux sont améliorés; mais pour le lupus
LES MODIFICAÏEUHS DE LA XIJIUITIOX 49
Ordinaire et le mycosis fongoïde, les résultats sont nuls. Pour les maladies consomptives, où il est urgent de conserver l'intégrité des fonctions digestives, on emploie de préférence les injections hypodermiques, suivant la formule de A. Gautier :
Cacodylate de sodium pur. . . . 6ff'',40
Eau distillée 100 grammes.
Alcool phéniqué X gouttes.
Chaque centimètre cube de cette solution répond à 5 centigrammes d'acide cacodylique pur ; chaque jour une ou deux injections hypodermiques de 1 centimètre cube, chacune. Ne p^s dépasser O^^IO d'acide cacodylique par jour.
Le professeur Renaut préfère, comme il a été dit, les injections rectales ; il en donne deux formules :
lo Solution faible.
Cacodylate de sodium pur .... O^^âb
Eau distillée 200 grammes.
a** Solution forte.
Cacodylate de sodium pur .... 06'',40 Eau distillée 200 grammes.
Chaque injection rectale est de 5 centimètres cubes; 2 injections par jour pendant six jours ; 3 pendant dix jours ; repos pendant cinq jours et reprise de la série.
Quant à la méthode par la voie buccale, employée par Danlos, elle a été détrônée par l'emploi du méthylarsinate disodique.