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Voy. Société de Thérapeutique, séance du 27 mars 190L

bon apéritif; il est indiqué avant tout dans la tuberculose au début, où il donne ses meilleurs résultats, puis dans les convalescences des maladies aiguës, quand les fonctions digestives se rétablissent mal et lentement, dans la dyspepsie, l'atonie, le cancer de l'estomac, Tanémie et la chlorose, enfin dans certaines affections nerveuses, comme la neurasthénie, la chorée et l'hystérie. Ses indications sont à peu près les mêmes que celles de l'orexine et des métavanadates , parce que ces divers remèdes agissent tous principalement comme irritants actifs de Testomac, dont ils augmentent les sécrétions glandulaires et favorisent Tévacuation.

Administration et doses. — Les médecins lyonnais et le D' Hirtz emploient la solution de persulfate de soude connue sous le nom de Persodine. C'est une solution àl/75 qui contient 08%20de persulfate pour 15 grammes (ou une cuillerée à soupe) d'excipient. Cette solution n'a pas de goût désagréable. On en donne une cuillerée à soupe aux adultes, une cuillerée à café aux enfants dans un quart de verre d'eau une heure avant le principal repas. Les médecins lyonnais recommandent de l'administrer en une seule fois le matin à jeun ; l'effet apéritif se maintient toute la journée. Hirtz avait d'abord prescrit 08',50de persulfate par jour, mais, à cette dose, les malades n'ont témoigné d'aucune amélioration décisive et ils se sont plaints d'une sensation de creux pénible dans la région épigastrique, sensation douloureuse qui persistait toute la journée après l'ingestion du médicament; il est donc revenu à la dose quotidienne normale de 0»',20 et s'en trouve bien, comme on l'a vu précédemment. Le professeur A. Robin prescrit le persulfate de soude, de la manière suivante :

Persulfate de soude 2 grammes.

Eau distillée 300 —

Une cuillerée à soupe de cette solution une demi-heure avant chacun des deux principaux repas. Si, au bout de

six jours, Teffet n*est pas obtenu, supprimer le persulfate. Chez les personnes dont l'état est amélioré par le médicament, il faut également interrompre le traitement, au bout de trois semaines" à un mois, pour éviter Faccoutumance, mais le reprendre si l'appétit vient à faiblir de nouveau, ce qui s'observe le plus souvent, car Faction apéritive n'est généralement pas très persistante et elle cesse peu de temps après qu'on a interrompu l'administration du persulfate.

F. — Orexine.

Chimie. — L'orexine, ou dihydro-phényl-quinazoline, QUHi2^2^ préconisée eh premier lieu par Penzoldt, est un dérivé de la quinoline (quinazoline), qui s'obtient par la réduction de Torthonitro-benzilformanilide. En thérapeutique, on l'emploie sous trois formes il'orexine basique, poudre blanche, fine, très peu soluble dans l'eau, maissolubledans les liquides acidulés, inodore et insipide; le chlorhydrate d'orexine ou orexine chlorhydrique, poudre cristalline, incolore ou légèrement jaunâtre, renfermant deux molécules d'eau de cristallisation, un piBu plus soluble et fondant à 80° G. ; enfin le tannate d'orexine ou orexine tannique, poudre jaunâtre ou dorée, inodore, sans autre saveur qu'un léger goût crayeux, insoluble dans l'eau, mais soluble dans les acides dilués et particulièrement dans l'acide chlorhydrique. Celte circonstance rend ce produit parfaitement soluble dans le liquide gastrique.

Physiologie. — La toxicité de l'orexine, sous ses diverses formes, paraît très faible; les animaux mis en expérience n'ont en effet accusé de troubles notables qu'avec des doses de beaucoup supérieures à celles que Ton emploie en thérapeutique. Cependant Hofmann a constaté, sur lui-même, que 1 gramme d'orexine chlorhydrique, pris en une seule fois, détermine des malaises, du vertige et des bouffées de chaleur au visage; elle donne lieu aussi, par suite de son

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action irritante, à une sensation de chaleur et.de brûlure sur les muqueuses des voies digestives antérieures, et parfois même, mais plus rarement à des vomissements; mais ces inconvénients s'atténuent considérablement ou font même totalement défaut quand on emploie Torexine basique ou le tannate. Du côté de la circulation, du cœur et des reins, on ne peut rien signaler de particulier, sinon un léger renforcement de l'énergie cardiaque et peut-être une tendance à la congestion rénale, ce qui fait que Torexine ne doit être employée qu'avec une extrême prudence dans l'inappétence des néphrites. Quant aux voies d'élimination, elles n'ont guère été étudiées.

L'action sur l'estomac est mieux connue, et Penzoldt et ses élèves l'ont expérimentée avec soin. En efiFet Hofmann a montré que l'orexine favorise la sécrétion abolie ou diminuée de l'acide chlorhydrique stomacal, dont la présence se manifeste un heure plus tôt que d'ordinaire; par suite, la digestion des matières contenues dans l'estomac est plus rapide. Munter a établi du reste que l'ingestion de 25 à50 centigrammes de chlorhydrate d'orexine diminue assez notablement (une demi-heure et davantage) la durée de la digestion du pain blanc et de la viande rôtie. Comme, d'autre part, l'orexine, d'après Henné et Kronfeld, excite activement la motilité des parois stomacales, il en résulte que l'évacuation de l'estomac est plus prompte, le temps de séjour des aliments abrégé, et que par conséquent, les pesanteurs d'estomac, les fermentations gastriques anormales, les flatulences sont atténuées ou supprimées. .

Kotljars va encore plus loin, et admet que l'orexine favorise à un très haut point l'assimilation des albuminoïdes et l'absorption des graisses. Cette opinion, toutefois, a besoin d'être corroborée par des expériences précises, car si l'excitation de la muqueuse gastrique par rorexioô paraît établie, il n'en est pas de même de son action sur les sécrétions pancréatiques et sur le pouvoir absorbant et synthétique des cellules de la muqueuse

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intestinale, qui transforment, comme on sait, lespeptones de la digestion en albumines nouvelles. L'influence excito-sécrétoire résulte d'une action chimique différente de celle qui conduit à l'augmentation du pouvoir de synthèse de la muqueuse intestinale, comme on le constate par exemple dans la peptonurie entérogène. L'orexine n'intervient donc probablement sur ces processus, quand ils ne sont pas troublés organiquement, qu'en améliorant et en activant les sécrétions digestives qui fournissent à leur tour, aux muqueuses saines, des produits absorbables plus abondants et de meilleure qualité.

Le réveil de l'appétit, parfois assez durable, que provoque Fadministration de Torexine est la conséquence de l'action spécifique du médicament; ce phénomène nerveux est, en effet, pour une part, sous la dépendance de l'évacuation stomacale. Presque aussitôt que l'estomac est vidé, l'appétit fait son apparition, à moins d'une intoxication profonde ou d'un très grand affaiblissement. Evideipment le bon fonctionnement de l'assimilation et de l'élimination intervient dans le même sens, et peut d'ailleurs être synergétiquement influencé d'une manière très efficace par l'état du pouvoir digestif. C'est pourquoi le retour de l'appétit, encore qu'il soit artificiel et qu'on ne le voie pas toujours accompagné d'une augmentation de l'activité assimilatrice et du poids du corps, est un phénomène très encourageant, qui réconforte le malade et peut d'ailleurs conduire à des réactions nerveuses favorables.

Ajoutons enfin que Swirjetin prétend que l'orexine combat la constipation, en donnant aux matières fécales une consistance plus molle. Cette action semble due d'une part à l'hypersécrétion glandulaire, d'autre part au réveil ou au renforcement de la motricité digestive. Elle n'est pas constante cependant, mais quand elle se produit, elle doit contribuer à la réapparition de l'appétit. Par cette propriété et par ses qualités apéritives, l'orexine agit donc doublement dans l'amélioration des états auto-toxiques et particulièrement de la chlorose.

Thérapeutique. — L'application' thérapeutique ressort de ce qui précède. Remarquons d'abord, avec Goldmann, de Vienne, que l'orexine est un médicament de choix, en raison de sa toxicité à peu près nulle et de la tolérance que manifeste à son égard la grande majorité des malades, et de l'extrême facilité avec laquelle on peut la manier. En eflet, dans la plupart des aflFections de Testomac et dans les formes ordinaires de l'inappétence et de Tanorexie, le traitement doit être, souvent, continué fort longtemps. Or les spécifiques jusqu'ici employés, comme les amers, la noix vomique, les préparations aromatiques alcoolisées, etc., ne sont pas absolument sans danger quand on prolonge leur administration. L'orexine au contraire, innocive par elle-même et sans effets accumulatifs visibles, ne produisant guère du reste l'accoutumance, est, au point de vue de la durée de l'utilisation, dépourvue de ces inconvénients, et, bien qu'il faille, suivant le précepte rationnel du professeur A. Robin, cesser l'administration du médicament aussitôt qu'il a produit l'eflfet cherché, on peut cependant, quand besoin est, continuer très longtemps le traitement par l'orexine sans avoir à redouter le moindre accident, pourvu qu'on ne force jamais les doses et qu'on procède au début avec prudence, de manière à tâter la susceptibilité du malîide, car, si rares que soient les personnes réfractaires à ce remède, il y en a quelquesunes pourtant, et cela seul suffît à ne jamais se départir des précautions habituelles.

L'orexine est indiquée toutes les fois qu'il y a inappétence et état anorectique. Si on fait une critique sévère des observations, déjà nombreuses, publiées par les auteurs, on voit que, en définitive, les succès les moins contestables sont obtenus :

i^ Dans les affections de l'estomac, dyspepsies, atonie, gastrites catarrhales, et toutes les fois qu'il y a troubles fonctionnels sans lésions profondes de l'organe. Dès les premières doses et par suite de l'action de l'orexine sur la sécrétion glandulaire et la motilité de l'estomac, on

voit disparaître la sensation de pesanteur, les renvois, la fétidité de Thaleine et on constate le retour franc de Fappétit.

2*> Dans Fanémie et surtout dans la chlorose, car Torexine agit, ainsi qu'il a été dit, non seulement comme stomachique et apéritif, mais aussi comme laxatif.

3° Dans la tuberculose au début, où les effets de Tadministration de ce médicament sont quelquefois des plus remarquables, car Taugmentation de Tappétit entraine souvent une augmentation de poids du corps notable et assez persistante. Toutefois i'orexine, comme les cacodylates et les dérivés du vanadium, ne donne que des résultats très médiocres ou reste même complètement impuissante dans les formes graves de la tuberculose ainsi que dans les états cachectiques avancés.

k^ Enfin dans Tanorexie des convalescences, spécialement chez les enfants, et dans Tinappétence des états nerveux. Cependant le résultat semble ici inconstant, et quand il se produit, bien qu'alors assez durable, ce n'est que par un traitement toujours assez prolongé.

Ajoutons que Torexine est contre-indiquée dansThyperchlorhydrie, Tulcère de l'estomac, les états hémorrhagiques et les opérations abdominales récentes (Bolognesi). Dans les cardiopathies avancées et les affections du rein, on ne doit en tout cas l'administrer qu'avec la plus grande prudence.

Administration et doses. — L'administration de l'orexine est facile, car ce produit est inodore et à peu près insipide; comme les quelques phénomènes d'intolérance auxquels il donne lieu, — sensations de chaleur et de brûlure sur les muqueuses buccopharyngienne et stomacale, vomissements, vertiges, etc., — semblent se produire surtout avec l'orexine chlorhydrique, Penzoldt a renoncé à l'emploi de ce produit et se sert aujourd'hui de préférence d'orexine basique, et son exemple a été suivi. IToutafois, pour les enfants, en raison de la susceptibilité

plus grande, il faut employer le tannate d'orexine, qui n'a jamais déterminé aucun phénomène d'intolérance.

Sous l'une ou l'autre forme d'ailleurs, ce médicament doit être pris au début, comme il a été dit précédemment, à doses très faibles, 10 centigrammes par exemple deux heures avant chacun des deux principaux repas. Si cette dose est bien supportée (et dans les affections du cœur et des reins, il est souvent bon de s'en tenir là, surtout quand l'appétit tend à reprendre), on peut alors progressivement atteindre la dose normale de 30 à 50 centigrammes, deux fois par jour. Penzoldt et Kriinkler recommandent d'avaler, immédiatement après cette dose, 200 à 250 grammes d'un liquide quelconque, de l'eau notamment, mais rien autre, jusqu'au repas. Chez les enfants, la dose du début doit être proportionnée à l'âge, pour contrôler la tolérance, mais on peut ensuite aller sans inconvénient jusqu'à 20 et 30 centigrammes.

On use généralement de cachets, mais on peut parfaitement ingérer directement la poudre d'orexine dans une gorgée d'eau. Il est quelquefois utile de prescrire les capsules ou les pilules à Os^l0 d'orexine chaque. Pour les enfants, on recommande les pastilles ou les tablettes chocolatées à O8'',2o de tannate d'orexine, qui sont toujours acceptées très volontiers par les petits malades.

5° Les levures*

L'utilisation thérapeutique des levures de bière est déjà assez ancienne, mais elle fut d'abord exclusivement empirique. Dans les pays de brasserie, les ouvriers avaient en effet remarqué que l'ingestion des levures semblait

1. J'ai placé les levures parmi les nouveaux modificateurs de la nutrition parce qu'il me semble que les effets, si multiples qails soient, de cette médication, doivent être en définitive tous rapportés à des actions métaboliques, et, par conséquent, à des phénomènes ' qui interviennent dans les échanges des éléments tissulaires?

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exercer une action favorable sur l'évolution des furoncles, et ils ne manquaient guère en conséquence de recourir à cette médicatioa quand ils étaient atteints de furonculose. Il paraît du reste que, dans la vieille pharmacopée allemande, la levure était recommandée comme un précieux spécifique contre un très grand nombre d'affections et de maladies, et, depuis les résultats constatés, dès 1852, par Messe, remploi des levures, grâce au développement de nos connaissances relativement à l'action fermentative des microorganismes et à l'utilisation bactériothérapique de certains d'entre eux, a été singulièrement étendu dans ces dernières années.

Ces multiples applications dérivent de deux propriétés des levures : leur pouvoir glycolylique, qui est hors de doute, et leur pouvoir phagocytaire,. bactéricide et antitoxique qui semble beaucoup moins certain. A la vérité, quelques auteurs ont bien constaté la présence des bactéries dans rintérieur de certaines cellules de levure; mais on doit se demander si ces bactéries ont été capturées par la levure se comportant ainsi comme, un phagocyte ordidaire, ou bien si ce sont les bactéries 'qui ont envahi et tué la levure. Celte seconde interprétation paraît de beaucoup la plus probable, car la cellule de levure vivante est entourée d'une enveloppe de cellulose, qui ne permet normalement que le passage des matières dissoutes et diflfusibles et interdit par suite soit la pénétration de corps solides, soit Témissionde prolongements protoplasmiques. Dans la levure morte, au contraire, la paroi cellulosique est altérée plus ou moins et on conçoit dès lors que des bactéries mobiles puissent s'y introduire. Le pouvoir phagocytaire des levures, qui n'a jamais du reste été constaté de visu, ce qui eût levé tous les doutes, ne me semble donc rien moins que prouvé; on en peut probablement dire autant du pouvoir bactéricide, car Lomry a montré que les levures n'arrêtent pas le développement des cultures microbiennes, et Nobécourt qu'elles semblent même favorisa l'action du bacille de Lœfler. Quant au pouvoir

antitoxique, il est moins incertain, car Nobécourt a prouvé que la levure diminue considérablement la toxicité des toxines du bacille de Lœfler, puisqu'il faut des doses de ces toxines mises en présence de levures deux ou trois fois plus fortes qu'avec la toxine ordinaire, pour tuer les cobayes.

Examinons maintenant les résultats cliniques de l'emploi des levures, mais notons tout d'abord que le choix de la levure à employer est très important, car chaque produit donne, pour ainsi dire, des résultats différents. D'habitude, au début surtout, on se servait de levure fraîche de brasserie, qu'il faut préférer à la levure de boulanger ou de pâtissier; cette levure, dont on use du reste encore, , n'a pas, quand elle est bien fraîche, un goût par trop désagréable; mais elle donne lieu rapidement à des fermentations acides et putrides ; on est donc obligé de la renouveler tous les jours en été, tous les deux jours en hiver, et quand il n'est pas possible de s'en procurer de nouvelle, il faut bien la conserver dans la glace. On se sert aujourd'hui de préférence de levures sèches, dont certaines marques sont connues dans le commerce sous le nom «le lévurine^ mais il faut toujours les essayer au préalable. D'une manière générale, on doit préférer les levures desséchées à basse température et dans le vide ou par des substances inertes ; dans ce cas d'ailleurs ^les levures gardent en partie leur couleur et leur odeur normales.

Mais les levures ont des inconvénients réels, parfois sérieux, qui rendent leur emploi souvent difficile. Elles provoquent en effet des pesanteurs d'estomac, des aigreurs, des renvois acides, qui se succèdent chez certaines personnes avec une rapidité et une abondance extrêmement désagréables ; en outre, elles donnent de la diarrhée, des selles fétides avec gaz abondants ; mais ces inconvénients sont notablement atténuée avec les bonnes levures sèches, ce qui permet du reste d'utiliser ces dernières dans les dyspepsies, la dilatation et les entérites. De plus, quand

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les levures sont fraîches, elles ont un goût plus accusé et qui n'est pas fort agréable. Il s'ensuit que beaucoup de personnes ne peuvent supporter cette médication, même quand leur appareil digestif est en bon état, surtout si on a recours aux doses i:elativement élevées que l'on a employées d'abord et que l'on a heureusement restreintes depuis.

On peut grouper comme suit les principales applications thérapeutiques des levures.

Cassaet a utilisé la levure pour diminuer ou enrayer la glycosurie ; son point de départ est le pouvoir glycolytique énergique que possède ce microorganisme. Il administre en conséquence, au momentdes repas, de la levure fraîche, délayée dans de l'eau, à la dose de 50 grammes par jour. Cette dose, assez élevée, de levure fraîche, donne lieu à la plupart des inconvénients signalés ci-dessus, du côté de l'appareil digestif, mais avec une intensité très variable suivant les individus. Gomme le ferment glycolytique agit sur le glucose du tube alimentaire, on observe quelquefois, par ce procédé, une diminution assez notable du sucre urinaire ; de plus il semble y avoir, dans certains cas, amélioration de l'état général, car le poids du corps a une tendance à augmenter; toutefois cette amélioration n'est jamais que temporaire. Cana et Beylot ont obtenu des résultats identiques à ceux de Cassaet et, plusieurs fois, ils ont vu la glycosurie disparaître presque complètement; ils ont également appliqué cette méthode au traitement de l'albuminurie. Quand cette albuminurie est d'origine dyspeptique, il y a parfois amélioration, ce qui est en rapport avec les résultats obtenus par Aragon et Collet ; mais quand l'albuminurie est d'origine néphrétique, on ne constate généralement aucune modification.

On peut se demander, à propos de l'action glycolytique, si, dans les milieux peu oxygénés de l'intestin, il n'y a pas pioduction d'alcool, ce qui semble théoriquement assez probable ; cependant le fait n'a jamais, à ma connaissance, été expérimentalement constaté.

Laumomer. — Nouveaux Iraitemeuts. &

C'est surtout dans les infections pyogènes que la levure paraît donner des résultats vraiment encourageants. Brocq notamment a obtenu des succès positifs dans la furonculose. Dans l'anthrax en pleine évolution, la douleur diminue ou cesse dès le deuxième jour, l'œdème périphérique et la lymphangite du troisième au quatrième, puis la suppuration se ralentit et cesse enfin complètement, et au septième ou huitième jour. Ta nthrax se cicatrise, laissant seulement une induration, plus ou moins prononcée, qui ne disparaît totalement qu'au bout de plusieurs semaines. Toutefois, si, à ce moment, on interrompt brusquement Tadministration de la levure, l'anthrax tend à récidiver ; aussi convient-il de continuer la médication jusqu'à ce que l'induration ait complètement disparu. Pour le furoncle simple, la guérison est beaucoup plus rapide. Quand il s'agit d'une furonculose rebelle et à foyers multiples, l'amélioration se constate presque aussitôt et les furoncles en évolution sèchent; cependant au cours même du traitement, il peut se faire que quelques petits furoncles nouveaux fassent mine de poindre, mais ils restent à l'état initial et n'évoluent pour ainsi dire pas. Ces résultats très favorables ont été constatés par Lassar dans les éruptions de furoncles si fréquentes et si tenaces parfois chez les diabétiques. Dans ce cas en effet la levure agit non seulement par ses propriétés spéciales contre les pyogènes, mais aussi sans doute pour son pouvoir glycolytique.

Dans l'acné phlegmoneuse, les folliculites à staphylocoques et dans certaines autres dermatoses suppuratives, l'action des levures est moins évidente et moins sûre, et l'efifet de la médication est loin, en tout cas, d'être constant. Au contraire, dans les orgelets à répétition, Terson a constaté une amélioraiion constante par l'administration de cachets de 1^^,50 de levure, à prendre avant le repas ; de trois à six cachets par jour. Si l'orgelet n'avorte pas complètement, les douleurs au moins sont rapidement atténuées.

Dans la furonculose et les infections analogues, la levure

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s*administre à la dose de 3 à 6 cuillerées à café par jour, suivant qu'elle est fraîche ou sèche, suivant aussi Vélat et la tolérance du sujet. Debouzy et les médecins du Nord donnent des doses plus fortes, jusqu'à 3 ou 4 cuillerées à soupe par jour. On délaie la levure dans une eau alcaline ou dans de la bière et on prend le mélange au moment des repas.

Landau, Gelli et Murer ont appliqué la levure au traitement des infections des voies génito-urinaires et la considèrent comme un réel agent bactériothérapique. Murer traite la leucorrhée par des injections vaginales, contenant de la levure diluée (dans de l'eau sucrée ou de la bière, suivant Landau), et des tamponnements ou des pansements vaginaux à demeure. Il faut au préalable laver le vagin avec une injection à 30® C. d'eau bouillie et le sécher avec un tampon de coton hydrophile. Avec cette médication, l'écoulement tarit rapidement, les muqueuses se modiûent et redeviennent rosées, le col reprend son aspect normal et les ulcérations s'améliorent ou même disparaissent. Toutefois, au bout de quelques jours, l'action delà levure semble devenir moins énergique, et si l'amélioration se maintient, la guérison est rarement complète. Du reste, contrairement à ce que croient Landau et Gelli, on retrouve souvent, dans la blennorrhagie vaginale, des gonocoques. Il n'est pas rare au surplus que cette médication occasionne un prurit très gênant du vagin que l'on peut combattre à l'aide d'injections de carbonate de soude.

Marie a administré la levure à un pneumonique atteint de furonculose intense et douloureuse ; malgré la gravité du pronostic, ce malade guérit si rapidement que l'auteur eut la pensée d'utiliser cette médication pour sept autres pneumoniques qui tous guérirent également dans de bonnes conditions, bien que quatre de ces cas eussent été jugés très inquiétants. D'autre part Marie et Faisans ont noté des cas de fièvre typhoïde favorablement influencés au point de vue de la durée de l'évolution, par l'adminis-

tratîon de la levure ; il en est de même pour des cas d'ostéo-myélite, observés par Doyen, et guéris par la levure ; Heer, Rieck et Mettenlieimer ont enfin attiré Inattention sur l'utilité que Ton peut retirer de l'emploi des levures dans le choléra, la diphtérie, la scarlatine, la rougeole, le purpura et même les affections cancéreuses, bien que, à cet égard, les résultats soient encore trop peu nombreux pour que Ton puisse sérieusement tabler sur la valeur de ce traitement.

Thiercelin et Chevrey ont utilisé la levure contre les gastro-entérites infantiles. L'enfant, purgé et soumis à la diète hydrique, reçoit, après un grand lavage de l'intestin pratiqué au moyen d'une sonde adaptée à une poire en caoutchouc, et sous forme de lavement, une cuillerée à café de levure sèche ou une cuillerée à dessert de levure fraîche, délayée dans 50 grammes d'eau bouillie tiède. Ce lavement, qu'il faut faire garder quelque temps, est renouvelé deux ou trois fois par jour. Tant qu'il existe de la diarrhée, ce traitement est régulièrement continué, en maintenant les lavages intestinaux et la diète hydrique. Thiercelin et Chevrey ont obtenu par cette méthode d'excellents résultats. Ces résultats du reste sont corroborés par ceux que Blancher relate, et qui s'appliquent aux gastro-entérites aiguës et chroniques et aux entérites muco-membraneuses ; chez l'adulte, Blancher, ordonne, en lavement, 2 à 3 cuillerées à bouche de levure délayée dans 150 grammes d'eau bouillie, et, par la bouche, 3 cuillerées à café de levure sèche, délayée dans un peu d'eau, le tout par 24 heures. Chez l'enfant, il adopte en partie la méthode de Thiercelin, mais il y adjoint l'administration par la bouche de 1 ou 2 cuillerées à café de levure sèche. Il déclare que le traitement par la voie buccale réussit mieux que les lavements de levure seuls.

Néanmoins l'action laxative des levures est parfaitement établie. C'est pourquoi on les utilise, et Roos, de Fribourg, particulièrement, pour combattre la constipation rebelle. Cet auteur administre des doses de 50 cen-

tigrammes de levure fraîche 2 à 3 fois par jour, des doses moitié moins fortes quand il s'agit de levures desséchées et stérilisées à Téluve. Ce sont ces dernières du reste qu'il recommande d'employer toujours de préférence afin d'éviter les coliques et les flatulences. Roos pense que la levure agit, non pas à la faveur d'un processus de fermentation ou de bactériothérapie au niveau de l'intestin mais bien en stimulant simplement le péristaltisme intestinal. En tout cas, le résultat favorable se manifeste dès le second jour chez les constipés chroniques et dure encore un certain temps après la cessation du traitement. Enfin mentionnons, pour terminer, la tentative de de Backer. De Backer, attribuant à la levure un pouvoir nettenient phagocytaire, introduit dans l'économie, par la voie hypodermique, des levures sélectionnées. Ces levures, délayées dans l'eau stérilisée, sont injectées sous la peau à la dose de 1 centimètre cube, et de Backer affirme que, par cette méthode, d\ie Médecine des fermentSy il a obtenu, dans la tuberculose surtout, des améliorations sensibles. Pour la tuberculose cependant, comme pour le cancer, auquel on a aussi appliqué ce procédé, les résultats sont loin d'être tous probants; on peut craindre d'ailleurs des embolies plus ou moins graves. Heer au surplus a déjà signalé l'utilité occasionnelle de la levure dans la tuberculose, mais en employant, la voie digestive.

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