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MÉDICATIONS MINERALES 4Û1

organique, a-t-il raison de dire : « Quand un tissu est en activité, sa minéralisation n'apparaît pas dans les excréta, surtout dans les urines; elle n'apparaît que quand le tissu se repose ou se détruit. Lors donc qu'il existe dans les urines un excès, en poids, d'un élément minéral quelconque, cela signifie que l'un des tissus ou Tune des humeurs se dépouillent. Lorsque l'un quelconque des éléments minéraux de l'urine fait constamment défaut, cela prouve que l'un des tissus ou l'une àes humeurs sont ruinés*. » L'importance de cette notion saute aux yeux si, rejetant définitivement la conception de Cl. Bernard, en vertu de laquelle tout organe qui fonctionne se détruit, on admet au contraire que le fonctionnement est inséparable de la synthèse assimilatrice de l'organe considéré et que, par conséquent, le fonctionnement fixe les éléments minéraux du complexus vivant (qui diminuent par suite dans les urines), tandis que le repos, qui est une destruction plus ou moins lente des matières plastiques, ou la destruction sous une influence morbifique, doivent déterminer et déterminent en effet l'augmentation dans les excrétions des éléments minéraux spéciaux à l'organe atteint.

Ainsi envisagée, la minéralisation, — qui est naturellement ambiante, humorale, avant d'être plastique — est nécessaire à la synthèse assimilatrice et partant au bon fonctionnement des ceUules, des tissus et des organes. Il en résulte que toute cause qui porte atteinte à la minéralisation normale des humeurs influe consécutivement sur le fonctionnement et sur l'activité, sur la résistance vitale des éléments anatomiques, puisque, privés d'une partie des matériaux indispensables à leur synthèse assimilatrice, ces éléments ne peuvent plus fonctionner avec la même énergie. .

Les modifications de la minéralisation organique ont

1. Gaube (du Gers) : Minéralisation urinaire (Bull, de thérap., 1898, I. p. i4l).

iO? LES NOUVEAUX TRAITEMENTS

d^autres conséquences. Si elles diminuent en effet la résistance vitale par le fait même qu'elles restreignent Tamplitude et l'intensité du fonctionnement, elles diminuent également le pouvoir normalement antitoxique et bactéricide des humeurs et aussi leurs propriétés osmotiques qui jouent un rôle notable dans l'élimination des toxines tissulaires ou bactériennes. On est encore dans l'incertitude à l'égard du mécanisme de ces actions antitoxiques; les uns veulent y' voir un phénomène purement chimique; la plupart des auteurs admettent plus volontiers un antagonisme physiologique qui paraît bien mystérieux s'il ne se réduit pas à une oxydation, à un dédoublement ou à une fixation des toxines ou encore à l'augmentation de leur solubilité sous l'influence des combinaisons qu'elles contractent. Quoi qu'il en soit, les faits sont là. Ajoutons au surplus que, au point de vue de la défense organique, les modifications de la minéralisation interviennent également sur le pouvoir phagocytaire, surtout sur celui des microphages, et sur l'activité de la diapédèse, en dehors même de la présence d'agents pathogènes et de leurs toxines, ce qui est facile à comprendre, puique les leucocytes vivent dans le milieu intérieur et subissent par conséquent l'influence des altérations qu'il peut présenter dans sa composition minérale. Toute variation de cette composition diminue l'activité des phagocytes, comme celle de tous les autres éléments an^tomiques; elle ralentit donc la diapédèse et la phagocytose, comme on l'observe dans le rachitisme, la croissance trop brusque, les affections gastriques avec fermentations anormales, et si une infection bactérienne survient alors, elle est d'autant plus grave qu'elle trouve devant elle une résistance plus diminuée.

Si telle est l'importance de l'intégrité de la minéralisation normale de l'organisme, on doit s'efforcer de combattre, le plus énergiquement possible, toutes les causes de déminéralisation ou d'altération du sol minéral de nos tissus. Ces causes sont de trois sortes:

à) Les fermentations digestives anormales et les autointoxications. En effet, dans révolution incomplète des aliments ternaires, par exemple, il se produit au lieu de H*0 et C0« des acides organiques, lactique, acétique, formique, butyrique, propionique... etc.,quis'éliminentsous forme de sels, et les bases qu'ils empruntent sont principalement la soude et la potasse, puis la chaux et la magnésie de nos humeurs et de nos tissus. Ces acides, par le fait même de leur production, entraînent donc la désalcalinisation de l'organisme et leur élimination conduit à ce que les anciens auteurs, Ben Jones en particulier, désignaient sous le nom de dyscrasies acides. Or, dans toutes les dyspepsies, il y a production plus ou moins considérable de ces acides organiques, et Ton sait, du reste, que ces troubles gastriques existentdans le rachitisme des enfants, dans Tostéomalacie des adultes et expliquent les phénomènes de minéralisation insuffisante ou de déminéralisation osseuse que ces malades présentent, puisque, comme Tont montré les expériences de A. Robin, Tintervention des matières ternaires, ayant subi dans l'économie une évolution complète, est nécessaire à la fixation des matières minérales surTosséine. Dansla plupart des auto-intoxications, on observe des phénomènes de même ordre; dans le surmenage, par exemple, Talcalinité du sang est diminuée dans une mesure plus ou moins considérable ; il en est de même dans Tinsuffisance hépatique et rénale, dans les affections pulmonaires, cutanées, nerveus.es, où la minéralisation est modifiée, etc.

b) La croissance. Dans la croissance, les matières minérales, spécialement le phosphore et la chaux, quittent les plasmas et même certains éléments cellulaires en régression pour se fixer sur le squelette, qui épuise ainsi l'organisme à son profit, car, à ce moment, Talimentation est ordinairement trop pauvre pour suffire au besoin de matières minérales, d'autant plus que les troubles digestifs sont alors assez fréquents. De là dans la croissance, le défaut de résistance vitale si souvent constaté, la gravité

et la fréquencedes infections, contre lesquellesTorganisme partiellement déminéralisé ne peut plus lutter aussi énergiquement.

c) Enfin les infections. Les infections sont rendues plus facile, comme il a été dit précédemment, par une déminéralisation antérieure. Fodor, Lauter-Brunton , Maragliano ont montré que Tétat bactéricide fléchit quand les sels de soude diminuent dans les plasmas, Calabrese, Blumenthal, Gharrin, Roger, que l'infection bactérienne ne peut végéter que sur des humeurs dont les réactions sont changées, et A. Robin a insisté avec raison sur la grande importance de cette modification pour préparer favorablement le terrain à l'évolution de la tuberculose.

Mais cette déminéralisation qui prépare et facilite Tinva^ sion bactérienne, augmente et s'aggrave au cours même de l'infection, comme on l'a observé dans la tuberculose, la pneumonie, la diphtérie, la fièvre typhoïde et les fièvres exanthématiques. Cette augmentation provient de la destruction des tissus par les bactéries pathogènes ou plus habituellement par leurs toxines, d'une mobilisation excessive des réserves nutritives non compensée par une alimentation suffisamment réparatrice et enfin des altérations . cellulaires et plasmatiques sous l'influence des réactions défensives. Elle peut à la vérité ne pas être manifeste dès le début et n'apparaître qu'à la période critique ; les matières minérales désintégrées sont en effet parfois retenues en partie par les toxines qu'elles servent à fixer et qui ne s'éliminent par suite en masse qu'au moment des grandes décharges urinaires qui représentent en général un pronostic favorable et la marche vers la convalescence. Mais ces matières minérales, bien que présentes encore dans le milieu intérieur de l'organisme sous forme de combinaisons plus ou moins complexes, n'en ont pas moins cessé de jouer leur rôle physiologique normal.

D'ailleurs ces décharges minérales ne sont pas toujours critiques ; elles indiquent aussi parfois, surtout quand

MÉDICATIONS MINÉRALES iOo

elles se produisent à la période d'état, rimminence d'une complication. En effet, raffaiblissement de Torganisme, Tépuisement successif de tous ses moyens de défense naturels contre les parasites pathogènes préexistants, peuvent permettre l'invasion de nouvelles bactéries nocives qui vont évoluer pour leur propre compte et greffer une nouvelle infection sur l'infection actuelle ; parfois même, ce sont des bactéries banales qui deviennent pathogènes sous l'inûuence des altérations humorales et tissulaires déterminées par la première infection. Telles sont les origines des infections associées (par association microbienne) et des complications qui surviennent au cours des maladies infectieuses ou non. S'il est donc nécessaire, quand la déminéralisation seproduiten dehorsde l'état morbide, de parer à cette déminéralisation et de maintenir intacte la résistance vitale afin d'éviter l'infection, il n'est pas moins utile, quand l'infection a eu lieu, est en cours, de pourvoir à la déminéralisation consécutive afin d'empêcher les complications.

Bien avant que ces notions fussent acquises, on employait déjà empiriquement, dans un grand nombre de maladies, le bouillon, les infusions et les décoctions végétales qui agissent tantôt comme toniques et minéralisateurs, tantôt simplement comme diurétiques. Après une période de dédain, d'oubli, on revient aujourd'hui à ces moyens, que l'on a perfectionnés, dont on a augmenté la valeur et l'efficacité, développé et précisé les modes d'action. C'est ainsi que se sont constituées les diverses formes de la médication saline, les unes visant essentiellement la reminéralisation de l'organisme (minéralisateurs), les autres visant non seulement cette reminéralisation, mais aussi l'augmentation de la diurèse, de la pression vasculaire, le « lavage du sang » (sérums physiologiques ou artificiels), les dernières enfin cherchant à augmenter l'activité nutritive (cure saline) ou la fixation des matières médicamenteuses (méthode métatrophique). •

2o Minera LTSATEURS

Qu'il s'agisse de releverl'acti vite fonctionnelle des tissus ou de maintenir le pouvoir défensif des humeurs, il faut restituer les éléments minéraux plastiques qui ont été perdus. Mais la nature organique ou non de ces éléments minéraux et la source à laquelle on les emprunte sont loin d'être indiflFérentes, puisque nous savons aujourd'hui, surtout depuis les recherches de Bunge, que les éléments minéraux en combinaison organique sont beaucoup plus assimilables que les autres et que seuls, ou à peu près, ils peuvent s'intégrer dans le complexus moléculaire des plastides vivants.

La plus usuelle et la plus ancienne de ces préparations minéralisatrices organiques est le bouillon du pot-au-feu, dont voici la composition centésimale suivant Kônig et A. Girard :

Albumines 0,3—0,4

Gélatine 0,3—0,7

Graisse 0,2—0,4

Matières minérales 1,3 — i,8

— extractives 0,5—0,8

Eau 95,8 — 97,3

Le bouillon n'est donc pas un aliment ; en revanche, les recherches de Schifï et de Herzen et celles de Lapicque ont montré qu'il constitue unprécieux stimulant des sécrétions digestives, du système nerveux et du cœur; c'est, comme l'usagé le montre du reste, un peptogène, un eupeptique très actif et très puissant, surtout par les matières extractives diverses qu'il renferme ; en outre, par ses matières minérales, principalement par les chlorures et les phosphates potassiques, il exerce une action réparatrice des plus heureuses dans toutes les formes de la déminéralisation et particulièrement dans celles qui sont

consécutives aux infections. Aussi a-t-il été employé de temps immémorial dans les convalescences où il donne d'excellents résultats. Malheureusement la préparation d*un bon bouillon est longue et coûteuse, sa conservation précaire et difficile surtout en été, car, en raison même de sa côm-' position, il représente un excellent milieu de culture pour les microorganismes.

Aujourd'hui, par suite de sa teneur relativement forte en matières extractives, relativement faible en matières minérales assimilables, le bouillon n'est guère utilisé, dans la thérapeutique minéralisalrice, que comme véhicule aromatique, agréable, des solutions salines artificielles ou végétales dont nous nous occuperons tout à l'heure. Souvent d'ailleurs il est mal toléré dans l'hypersthénie et dans les troubles gastriques de la croissance et est contreindiqué dans l'hypertension à cause de son action vasoconstrictive, et chez les uricémiques à cause de l'acide urique que donnent ses matières extractives.

Il n'en est pas de même des bouillons végétaux ou décoctés de céréales, dont l'usage est fort ancien, mais dont remploi méthodique a été indiqué par Springer et par Gharrin. Ces décoctions sont destinées à remplacer le bouillon, qui ne semble pas assez riche en principes minéraux assimilables et qui contient des matières qui peuvent être nuisibles pour le patient, et c'est ainsi que Charrin les conseille pour combattre la déminéralisation consécutive aux infections et à la croissance et les préfère, en l'occurrence, au lait lui-même.Voici comment il faut préparer ces décoctés. On met dans un litre d'eau, une cuillerée abouche des céréales : blé, avoine, seigle, orge, maïs et sont concassées avec soin et même très légèrement passées au four; on ramène par l'ébullition à un demi-litre et on passe sur un linge très fin. Le liquide mucilagineux ainsi obtenu est aromatisé au goût du malade, et administré par tasse à café, quatre à huit fois par jour. On fait ainsi ingérer une solution très riche de phosphore et de fer organiques, de matières minérales physiologiques^ beaucoup

plus assimilables que si on les empruntait aux combinaisons et aux remèdes inorganiques et parfaitement tolérées par tous les malades chez lesquels elles ne déterminent jamais la moindre fatigue gastrique ou intestinale. Charrin s'est très bien trouvé de ces décodés de céréales dans la fièvre typhoïde et la pneumonie ainsi que dans les maladies éruptives de Tenfance et, dans ces dernières, il n'a jamais observé les infections secondaires qui viennent si souvent compliquer la maladie primitive et aboutissent ainsi trop fréquemment à une terminaison fatale.

Laumonier et, plus récemment, Springer* ont repris Tétude de ces bouillons végétaux pendant la croissance et spécialement chez les rachitiques. Chez les petits enfants de quinze mois à trois ans, les bouillons végétaux sont administrés coupés de lait et de bouillon, 4 fois par jour à la dose d'un verre à liqueur ou à madère chaque fois. Comme ces décoctés sontparfaitement tolérés par les estomacs les plus délicats, et que le régime lacté absolu ou mixte (lait, œufs, bouillon, riz, purée de pommes de terre), suivant l'âge, était rigoureusement imposé, les accidents gastro-intestinaux ont disparu rapidement, de même que ceux dus au rachitisme et notamment certaines malformations osseuses (jambes arquées, côtes en chapelet, etc.) qui cependant persistent d'habitude fort longtemps. Chez les enfants de sept à treize ans, les bouillons végétaux sont ingérés de préférence sous, forme de soupe, avec un jaune d'œuf et un peu de beurre, deux fois par jour à la dose d'une ou deux tasses à café chaque fois. Pour ces derniers enfants, l'indication de la médication minéralisatrice n'est pas déterminée uniquement par la fièvre et les phénomènes inflammatoires que Ton constate souvent, mais aussi et surtout par l'analyse ^es urines et l'augmentation rapide de la taille, en dehors de tout phénomène morbide apparent. Si l'analyse urologique indique

l. Cf. L'Énergie de croissance (Aide-mémoh'e Léauté).

une déminéralisation des plasmas et des tissus en faveur du système osseux, il faut recourir à la réminéralisation artificielle qui est d'autant plus active et efficace qu'elle est plus précoce, et Ton évite ainsi presque sûrement les infections si fréquentes et généralement si graves de la croissance. On doit reconnaître que, la plupart du temps, ni Idi. phosphatose ni \a, phosphatine ne donnent des résultats aussi encourageants.

Les glycérophosphates sont également des minéralisateurs de premier ordre, surtout les glycérophosphates acides que Ton fabrique actuellement, qui sont h la fois plus solubles, plus stables et plus actifs que les sels neutres. J'en ai parlé longuement ci-dessus (cf. p. 32) et ne puis en conséquence que renvoyer à cet article qui contient toutes les indications nécessaires relativement à Tusage thérapeutique de ces médicaments.

Enfin, pour terminer ce qui a trait aux minéralisateurs proprement dits, il faut mentionner le sel physiologique de Poehl, qui a joui à l'étranger et surtout en Allemagne d'une certaine vogue. C'est une association minérale artificielle qui contient, en leurs proportions respectives, les éléments minéraux du sérum sanguin. Voici la composition centésimale du sel physiologique :

Sodium 21,51

Chlore 33,09

Soude 11,02

Potasse 4,61

Chaux 1,38

Magnésie 0,21

Acide sulfurique 2,39

— phosphorique 1,74

— carbonique 17,79

Ce sel est livré en pastilles de 1 gramme que l'on dissout dans un verre d'eau chaude. La solution à 1,5 p. 100 répond assez sensiblement à la composition du sérum sanguin. On l'emploie soit à l'intérieur par la voie diges-

tive, soit en lavements, soit encore en injections hypodermiques ou in Ira- veineuses. Les résultats obtenus n'ont pas été aussi satisfaisants qu'on pouvait Tespérer, étant donnée la composition théorique de cette préparation, et les éléments minéraux de la solution se sont presque toujours montrés réfractaires à une assimilation suffisante, comme c'est le cas pour la plupart des matières minérales qui ne se présentent pas sous la forme organique.

3** Séuums artificiels

Les sérums artificiels, appelés aussi sérums physiologiques, sont des solutions aqueuses salines faibles ordinairement, dans lesquelles le plus généralement le chlorure de sodium domine ou est même seul en solution. Leur origine paraît remonter à plus d'un demi-siècle, puisque dès 183i2, Thomas Latta, de Leith, et Magendie recommandaient les injections intra-veineuses d'eau salée. Colson et Duchaussoy (1855), Hérard et Oulmont (1866), Lorrain (1868), Conheim, dans sa fameuse expérience de la grenouille salée (18G9), s'occupèrent de cette question, mais ce fut surtout Dujardin-Beaumetz (1873) qui appela l'attention des thérapeutes sur cette méthode en traitant le choléra par des injections salines se rapprochant par leur composition de celle du sérum sanguin. Hayem en 1884, utilisa de nouveau, lors de l'épidémie de choléra qui eut lieu en France, cette méthode qui fut du reste employée avec succès au moment de l'épidémie de Hambourg (1892). D'autre part, Jolyetet Lafont (1878) pratiquaientdes expériences sur les effets des injections d'eau salée à 6 p. 1000 (solution des histologiques), injections que Kronecker et Sander, en Allemagne, préconisaient l'année suivante dans les hémorrhagies graves, et dont Sanarelli d'abord, Roux de Lausanne en 1884, Dastre et Loye en 1888-89, Sahli de Berne en 1890 essayaient l'action dans les intoxications et les infections graves. Bosc et Barré ont égale-

ment préconisé Ja saignée-transfusion, c'est-à-dire une saignée suivie d'une injection plus ou moins considérable de sérum, méthode qui représente en définitive un succédané de la transfusion sanguine, mais paraît appelée à rendre de meilleurs services *.

Physiologie. — Les injections d'eau salée, et de sérums artificiels sont, au point de vue physiologique, absolument sans aucun inconvénient, quand les reins, qui éliminent l'eau en excès, sont en bon état, puisque Dastre et Loye ont pu injecter un poids de sérum égal aux 2/3 du poids du corps. Mais si la quantité est indiflFérente, il ne paraît pas en être de même de la vitesse; quand la vitesse de l'injection dépasse par exemple 3 centimètres cubes par minute et par kilogramme de poids vif chez le lapin, il se produit des accidents graves et même la mort. C'est pourquoi Bolognesi* dit avec raison qu'il n'y a pas de dose toxique, mais bien une vitesse toxique.

D'une manière générale, les injections salines relèvent' la pression sanguine, agissent comme toniques cardiovasculaires et excitent la diurèse en restituant au sang la mas&e liquide qu'il a perdue soit par des hémorrhagies, soit par des effusions séreuses (diarrhées cholériformes) ; elles préviennent et combattent le coUapsus post-opératoire et les accidents du choc traumatique; elles favorisent l'hémostase, sans doute en activant la migration deshémaloblastes, qui arrivent encore riches enfibrine dansle sang et servent ainsi de point de départ à la formation du caillot (Bolognesi) ; enfin elles interviennent efficacement contre les infections et les intoxications, d'une part en facilitant l'oxydation et la dilution des toxines non adhérentes aux tissus, comme dit Manquât, en réalisant ainsi une sorte de lavage du sang, moins complet peut-être

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