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Landouzy : Les sérothérapies, XXIV et XXV» leçons

2. Les solutions salines dans les infections (Bull, de thérapeutique. 2« seni. 1898 et !•' sem. 1899}.

qu'on ne Ta cru tout d'abord, mais qui cependant, combiné aux effets réminéralisateurs des solutions salines complexes, n'en réalise pas moins des conditions favorables à la restitution du pouvoir défensif des humeurs, et d'autre part en réveillant, ainsi que l'ont montré Mourette et Salé, la phagocytose, diminuée par l'hypertoxicité du sang. Ajoutons que, à doses peu élevées (10 à 100 centimètres cubes), mais continuées longtemps, les injections salées sont des névrosthéniques, des excitants toniques du système nerveux, qui semblent augmenter la mobilité des arborisations protoplasmiques et diminuent la production ou facilitent l'élimination des ponogènes des neurones.

A la suite des injections de sérums artificiels, on constate, chez l'homme, les phénomènes suivants: 1<* d'abord une période de calme, de bien-être, assez courte (quelques minutes à une heure), surtout chez les infectés; 2^ une période de réaction critique qui présente deux phases : la première est caractérisée par un frisson, une sensation de froid ; le pouls est fréquent, irrégulier ; la respiration accélérée, difficile ; il y a quelquefois des crampes, des spasmes ; mais cependant la température monte et peut atteindre dans le rectum 40° et 40°,5, la face est vultueuse, la conjonctive injectée, le pouls très accéléré (150- 180 pulsations), la respiration haletante, la peau extrêmement chaude, parfois fumante ; la seconde phase est caractérisée par la diminution de l'intensité de tous cesphénomènesdont l'évolution dure environ trois hetires ; il se produit alors une abondante diurèse, des sueurs, souvent de la diarrhée ; 3° en dernier lieu une période post-critique, pendant laquelle tout rentre dans l'ordre tandis que la température redevient normale, définitivement s'il y aguérison, pour un ou deux jours seulement si une rechute doit se produire. Toutefois, comme l'a fait remarquer Debove, il y a accoutumance assez rapide ; les phénomènes critiques sont de plus en plus atténués, le malade réagit de moins en moins énergiquement quand on répète fréquemment les injections.

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Les divers organes sont plus ou moins affectés par les injections intra-veineuses de sérums artificiels ; la pression vasculaire se relève, les battements du cœur se régularisent, le pouls devient régulier et énergique, la diurèse est abondante, les chlorures naturellement mais aussi Turée sont en augmentation ; la toxicité urinaire monte aussi légèrement ; la salivation, les sueurs (abondantes surtout au moment de la défervescence), les sécrétions glandulaires sont augmentées; il y a de la diarrhée, parfois des vomissements ; la soif disparaît, les fonctions digestives sont améliorées, le rythme respiratoire se régularise, la dyspnée cesse, les expectorations sont activées ; on constate quelquefois des contractions utérines par l'intermédiaire de la moelle, enfin il y a une excitation modérée du système nerveux et, en quelques circonstances, un léger délire passager. Les mêmes phénomènes se produisent par l'emploi des injections sous-cutanées, mais les réactions sont seulement plus tardives et moins intenses.

Thérapeutique. — Les indications des sérums artificiels découlent de leur action physiologique ; on peut en conséquence les grouper comme suit :

1^ Les hémorrhagies traumatiques ou chirurgicales, les hémorrhagies intestinales (dans la fièvre typhoïde, par exemple), les hématémèses, les épislaxis rebelles, les hémoptysies, certaines métrorrhagies, l'hémophilie, quelques formes du purpura.

T Les grandes pertes séreuses, le choléra asiatique, les diarrhées cholériformes, le choléra infantile et même les infections intestinales des nourrissons (Barbier). Le sérum de Hayem peut être très utilement utilisé dans les enté- ' rites, en raison de Faction constipante du sulfate de soude, et le sérum de Huchard modifié dans Tathrepsie des petits enfants.

3** L'érysipèle, la rougeole, la scarlatine, la variole, LaumoiNier. — Nouveaux traitements. 8

la grippe, la bronchopneumonie grippale, l'endocardite infectieuse, les accès pernicieux de malaria, la fièvre typhoïde, le typhus exanthématique, Tictère grave, le tétanos et l'anémie (Tuffier), l'anurie alcoolique (Dumont), certains empoisonnements par les champignons. Pour les infections urinaires, suivant Desnos, c'est le sérum de Chéron, à petites doses, qui semble donner les meilleurs résultats, tandis que pour les accidents aigus fébriles des prostatiques, c'est au sérum physiologique qu'il faut s'adresser de préférence. Mais d'une manière générale, et quand il n'y a pas de contre-indication, les sérums donnent toujours des résultats fort appréciables, quelquefois même des succès réels, dans les diverses formes de l'infection.

Dans la tuberculose, on a préconisé l'emploi d'injections salées pour établir, par la réaction de température et les poussées congeslives, un diagnostic précoce, mais comme l'a montré Colleville, l'hyperthermie dans ce cas n'implique pas nécessairement l'infection tuberculeuse latente, et, toute fréquente qu'elle soit, en réalité, chez les tuberculeux, la séro-réaction ne saurait être considérée comme réellement pathognomoaiquo. Cependant suivant Hutinel, les injections chez des tuberculeux peuvent parfaitement réveiller un foyer ancien ^

4° Dans les états neurasthéniques et les formes dépressives des psychoses et des névroses, on obtient de très bons résultats par l'emploi méthodique, continu et fractionné, soit du sérum physiologique, soit surtout du sérum de Chéron à petites doses (5 à 10 ce. pro die ou tous les deux jours).

5° Enfin Lancereaux a préconisé, contre Tanévrismejes injections d'eau salée contenant 2 p. 100 de gélatine, et ïommasoli a employé plusieurs fois très heureusement le sérum dans les brûlures étendues.

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