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Nouveaux remèdes^ 1903, p

diathèse urique, goutte et rhumatisme chez les goutteux, et gravelle, particulièrement s'il y a à craindre des phénomènes inflammatoires du côté de l'appareil urinaire. On l'emploie à la dose de 2 à 4 grammes pro die, 6 grammes au plus dans la goutte, bien (Jue le médicament soit absolument inoffensif. En cachets de 1 gramme ou dissous dans un peu d'eau.

E. — Théohromine,

La théobromine, principe actif du cacao, fruit du Theohroma cacao (Malvacées) ou cacaoier, est un véritable diurétique. Homologue inférieur de la caféine, la théobromine CH^Az^O* jouit de propriétés diurétiques très remarquables qui la font actuellement préférer à la caféine et à la digitale, car elle agit plus rapidement, plus activement que ces substances, et ne détermine pas, comme la caféine, une augmentation de la teûsion artérielle céphalique. Aussi est-elle de beaucoup préférable à cette dernière quand il existe de l'hypertension.

Huchard et Robin préconisent en conséquence la théobromine dans les ajscites et les anasarques d'origine cardiaque ainsi que dans les néphrites interstitielles et parenchymateuses. Par suite de son action tonique, les œdèmes sont rapidement résorbés, puis éliminés, et la proportion des chlorures augmente dans les urines, mais le taux de l'albumine varie peu; on constate en même temps une amélioration rapide des symptômes, la disparition de la dyspnée, le retour d'un sommeilpaisible, etc. Toutefois, si •ces phénomènes favorables ne se produisent pas au bout de cinq à six jours de traitement, il convient de cesser la théobromine, car c'est là le signe qu'elle est inefficace.

Huchard préconise la thçobromine à l'état pur; comme elle est peu soluble, on l'administre en cachets à la dose de 2 à 3 grammes par jour; quelquefois 0^^,50 à. O^^GO suffisent pour obtenir le résultat cherché.

On emploie plus souvent le salicylate de soude et de théobromine, sel connu sous le nom de diurélihe, qui est soluble dans Teau et peut en conséquence s'administrer sous forme de potion, par exemple :

Diurétine 5 grammes.

Sirop d'écorce d'oranges . 25 —

Eau distillée 60 — (Bardet).

Une cuillerée à soupe toutes les 2 heures, chaque cuillerée contenant environ Os'^,40 de théobromine La diurétine toutefois ne doit être administrée qu'avec prudence, dans les affections rénales, à cause de la présence de l'acide salicylique, qui irrite fortement le rein.

F. — Sels de strontium.

Ce sont les homéopathes qui paraissent avoir, les premiers, en 1830, employé les sels de strontium dans un but thérapeutique; pendant plus de cinquante ans, ces essais demeurèrent isolés ou inconnus, et ce n'est qu'en 1885 que Ton apprit, par la thèse de Hassan, les recherches de Vulpian sur l'emploi du nitrate de strontium à haute dose (15 à 20 grammes p7'0 die) dans le traitement du rhumatisme articulaire.

Enfin Laborde, en 1891, ayant prouvé l'innocuité des sels de strontium, G. Sée, Dujardin-Beaumetz, C. Paul, Féré, etc. , les firent définitivement entrer dans la thérapeutique.

Les sels de strontium, bromure, lactate, nitrate, etc. , que l'on emploie doivent être purs, c'est-à-dire que, vu la difficulté que l'on éprouve à séparer les combinaisons de la baryte de celles de la strontiane, il faut que les sels de strontium ne renferment qu'une quantité de sels de baryum inférieure à un millième, ce que l'on reconnaît en traitant un gramme du sel donné dissous dans 10 centimètres cubes d'eau distillée par 1 centimètre cube d'une solution à 10 p. 100 de bichromate de potasse. S'il se pro-

dail un trouble seasible, c'est que le sel de strontium renferme plus de 1 millrème de sels de baryum, et doit être par conséquent rejeté de l'usage.

Le bromure, Tiodure, le lactate et le nitrate de strontium sont très solubles dans Teau; ce sont les seuls employés en thérapeutique, le phosphate de strontium étant insoluble ou presque insoluble.

Les expériences de Laborde ont montré que les sels de strontium sont presque complètement innocifs et que leur toxicité est, en tout cas, notablement inférieure à celle des sels de potassium. Des animaux ont pu supporter pendant des mois cette médication sans manifester aucun trouble; il en est de même chez Thomme, dont l'appétit semble, de plus, augmenté; enfin l'action diurétique, bien que variable au point de vue de Tintensité, est toujours assez notable.

Les sels de strontium ont, suivant leur nature, des indications différentes. Le bromure a été préconisé par Féré aux lieu et place du bromure de potassium^ on l'administre à la dose considérable de 15 grammes par jour sans remarquer des phénomènes d'intolérance ou des accidents de bromisme; l'action sur l'estomac est moins intense. Ce sel ainsi que l'iodure ont également paru donner de bons résultats dans la maladie de Basedow, à la dose de 1 gramme pour le bromure et de :28'',50 pour l'iodure.

Le nitrate de strontium, qui est un diurétique notoire, aussi actif que les nitrates alcalins, est surtout utilisé, depuis Vulpian, dans le rhumatisme articulaire et surtout dans le rhumatisme goutteux, à la dose de 10 à 15 grammes pro die. Enfin le lactate de strontium jouit de la propriété, inexpliquée du reste, mais démontrée par Dujardin-Beaumetz et surtout par G. Paul, de diminuer l'albuminurie dans le mal de Bright. Sous l'influence de ce médicament, pris à la dose de 6, 8 et 10 grammes par jour, « l'albuminurie urinaire diminue rapidement jusqu'à un taux au-dessous duquel rabaissement ne se produit plus » (Bardet) ; il se produit en même temps une

augmentation de la diurèse. Dans les néphrites interstitielles, l'action du lactate de strontium est moins efficace. Notons enfin que l'usage du lactate paraît déterminer parfois de violentes douleurs dans la nuque.

Le bromure de strontium s'administre sous forme de sirop :

Bromure de strontium pur ... 30 grammes.

Sirop d'oranges 150 —

Sirop d'écorce d'oranges amères. 150 ' — Par cuillerée à café, qui renferme 1 gramme de bromure.

L'iodure, le lactate et le nitrate se mettent en solution .

Solution dHodure.

lodure de strontium pur 20 grammes.

Eau distillée 300 —

1 gramme d'iodure par cuillerée à bouche.

Solution de nitrate.

Nitrate de strontium pur 40 grammes.

Eau distillée 275 —

2 grammes de nitrate par cuillerée à bouche.

Solution de lactate,

Lactate de strontium pur ... 50 grammes.

Eau distillée 250 — (G. Paul).

3 grammes de lactate par cuillerée à bouche, 2 à 5 cuillerées pro die.

1° L'Hypertension

La tension vasculaire est sous la dépendance de trois facteurs : la masse sanguine, Timpulsion cardiaque et les résistances périphériques. Ces résistances sont réglées, pour une grande part, par les éléments contractiles des tuniques vasculaires, — éléments contractiles qui sont en relation avec le grand sympathique surtout, dont les fîlels nerveux, les uns vaso-dilatateurs, les autres vaso-constricteurs, déterminent le tonus vasculaire, c'est-à-dire Tétat de contraction variable des vaisseaux. Les centres bulbaires et médullaires peuvent d'ailleurs agir également sur ce tonus. La propriété contractile règle donc la section des artères et suivant que, sous cette influence, Tartère se dilate ou se contracte, il y a conséquemment d'une part hypernutrition ou nutrition insuffisante des organes que ces artères irriguent, et d'autre part augmentation ou diminution de la tension, diminution ou augmentation de la capacité du champ circulatoire. Toutefois le fonctionnement répété et un encroûtement pathologique ou purement sénile peuvent modifier le tonus et l'abolir presque complètement, tout en produisant l'hypertension en quelque sorte permanente par suite de l'épaississement scléreux ou athéromateux des vaisseaux et de leur tendance consécutive à l'oblitération.

La pression diminue des gros troncs aortiques auxarlé- Laumonier. — Nouveaux trailemenls. 11

rioles, où cette pression n'est cependant jamais nulle. La pression moyenne, chez l'homme, est de 110-120 millimètres de mercure. Mais il faut noter que la pression moyenne comprend deux éléments r Tun invariable, qui est la pression avant le passage de Tonde sanguine (systole artérielle); l'autre, qui est la pression au moment du passage de Tonde ou pouls (diastole artérielle), dépend non seulement de la systole ventriculaire mais aussi de Télasticité des tuniques. Les artères, d'ailleurs, peuvent supporter des pressions bien supérieures à la pression normale. C'est ainsi que Gréhant et Quinquaud ont reconqu que la carotide de l'homme sain peut résister à une pression de huit atmosphères.

Dans les capillaires, la pression est plus faible que dans les artérioles. Ludwig et von Kries l'évaluent à 20-40 millimètres de mercure. En raison* de Télasticité de Tarbre artériel, il n'y a pas de pouls capillaire, sauf dans le cas d'obstacle à la circulation veineuse et d'hypertension consécutive. Cependant, on trouve normalement le pouls capillaire chez le fœtus, parce que les artères n'y ont pas acquis leur élasticité, et chez le vieillard, parce que, au contraire, les artères ont perdu la leur par suite d'athérome ou de sclérose. Enfm, dans les veines, la pression normale est encore plus faible, 5 à 10 millimètres de mercure, bien que ces vaisseaux soient contractiles et résistants surtout, par suite de la présence d'éléments musculaires dans leurs tuniques, mais il ne faut pas oublier que Taire du cône veineux est le double de Taire du cône artériel et que la pression ne varie pas avec les phases de la révolution cardiaque, le cours du sang ayant été régularisé par Télasticité artérielle. Aussi n'y a-t-il pas de pouls veineux, sauf quand le système capillaire est très dilaté, car le pouls veineux de Potain résulte de la réaction de la systole auriculaire sur la pression du sang des veines voisines du cœur (jugulaire) ; elle ne fait pas refluer le sang, mais en relarde un moment l'arrivée. Somme toute, on peut dire, avec Cl. Bernard, qu'un

double appareil préside aux mouvements du sang ; l'un, placé àla périphérie, régularise les résistances ; l'autre, au centre, le cœur, crée et régularise l'impulsion sanguine, — et, avec Huchard, que, suivant la cause et la localisation des résistances, il y a trois sortes d'hypertension, l'hypertension artérielle, l'hypertension pulmonaire et l'hypertension portale. Je n'étudierai ici sommairement que l'hypertension 'artérielle, qui est mieux connue et contre laquelle certaines médications nouvelles nous défendent puissamment.

Dans la pression artérielle, l'effet de la masse sanguine de ce que Ton appelait la pléthore, n'intervient que dans une mesure faible, attendu que la saignée ne modifie que légèrement et passagèrement la tension artérielle qui, comme l'a montré Frédéricq, reprend vite, ou bien alors il faut recourir à des saignées de 2 à 3 litres de sang, qui sont dangereuses. L'impulsion cardiaque agit peut-être plus efficacement, mais cependant beaucoup moins que l'état de contraction, que le tonus vasculaire, car, toutes les fois qu'ily a excitation des nerfs vaso-constricteursetdescentres vaso-moteurs, les résistances périphériques augmentant, la tension artérielle monte, et cet accroissement de pression conduit à des réactions correspondantes, ainsi que Huchard l'a bien montré. «Toutes choses égales d'ailleurs, dit-il, et la masse sanguine ainsi que l'impulsion cardiaque restant normales ou invariables, la seule augmentation des résistances périphériques est capable d'élever la pression vasculaire; bien plus, ces résistances périphériques agissent sur le moteur central, dont elles renforcent la puissance systolique, et aussi sur la masse sanguine dont elles augmentent le volume dans la partie située au-dessus de l'obstacle. Par conséquent, l'intervention du seul faeteur — augmentation descirconstances circulatoirespériphériques — met en jeu les deux autres, et c'est ainsi que la plus grande part, dans la production de l'hypertension vasculaire, revient à l'état de la circulation artérielle ^ »

1. Cf. Huchard : Traité des maladies du cœur, 3«éd. Paris, 189949014

Par conséquent, à cAté des cardiopathies vasculaires et des myocardites, qui conduisent à Thypotension et à Tasystolie, et qui dépendent en conséquence d'une médi* cation toni-cardiaque, toni-vasculaire, hypertensive, il faut admettre les cardiopathies artérielles, avec ischémie des organes, hypertension et intoxication par insuffisance précoce du rein et du foie, et qui sont, au contraire, du ressort de la médication éliminatrice, antitoxique, hypotensive .

L'hypertension artérielle, dont la gravité est d'autant plus grande que l'intégrité histologique des vaisseaux est moins complète, est dangereuse dans un grand nombre d'affections et de maladies, parmi lesquelles on peut citer : la présclérose de Huchard, Tangine de poitrine coronarienne, Turicémie et la goutte, l'aortisme héréditaire, le tabagisme, l'alcoolisme, la néphrite interstitielle, la syncope locale des extrémités, la maladie de Stokes-Adam ou pouls lent permanent, les anévrismes, Talimentation carnée excessive et enfin les infections où les toxines bactériennes sont en majorité vaso-constrictives, comme dans la scarlatine, et entraînent la tachycardie et la cardiectasie aiguë (Federn, de Vienne). Or, dans toutes ces affections ou maladies, qui aboutissent à un état presque permanent de vaso-constriction, d'hypertension, l'indication thérapeutique, comme le dit très bien Huchard, est de s'adresser, non pas au cœur central, plus ou moins atteint lui-même dans sa force contractile, mais bien au cœur périphérique, autrement dit au système artériel, dont il faut combattre la contraction exagérée afin de soulager et de faciliter le travail du cœur central.

Pour modifier l'hypertension, nous disposons de plusieurs sortes de moyens, dont les uns visent l'état aigu qu'ils modifient rapidement, et dont les autres s'adressent de préférence à l'état chronique qu'ils ramènent peu

Cf. aussi : Huchard : Les trois hypertensions (Société de thérapeutique. 12 juin 1901).

h peu à la normale. Parmi les premiers, ont doit citer d'abord la trinitrine et le létranitrate d'érythrol (tétranitrol),puis les extraits organiques de foie, de thymus, de pancréas, de testicules, d'ovaires, qui sont, comme l'a montré Livon de Marseille S nettement hypotenseurs (tandis que les extraits de capsules surrénales, de rate, de corps pituitaire, de rein, de corps thyroïde, de glandes parotides sont, au contraire, hypertenseurs), — et, parmi les seconds, le massage, car la contraction musculaire fait passer dans les muscles 5 à 9 fois plus de sang qu'il n'en passe à Tétat de repos, favorise ainsi la circulation périphérique et soulage le cœur, et exerce enfin une action éliminatrice et an ti toxique efficace puisque, suivant Zabludowski, le muscle fatigué élimine beaucoup plus rapidement et plus complètement ses ponogènes quand on le masse que quand on le laisse simplement au repos, — et le régime lacto-végétarien, qui est à la fois éliminateur, par la diurèse qu'il entraîne, antitoxique et hypotenseur, par la faible quantité de toxines vaso-constrictives qu'il produit dans l'économie. Comme la trinitrine est déjà bien connue et que le massage est en dehors du cadre de ce livre, je n'étudierai ici que le tétranitrol. Pour le régime lactovégétarien je renvoie à mbn Hygiène de r alimentation^.

2® TÉTRANITRATE d'ÉRYTHROL

Le tétranitrated'érythrol ou tétranitrol appartient à une série de corps qui sont connus depuis plusieurs années comme vaso-dilatateurs plus ou moins énergiques et temporaires. Leech, en 1893, préconisait les nitrites et la nitroglycérine (trinitrine), Mathieu Hay le nitrate d'éthyle

1. Livon : Action des sécrétions internes sur la tension sanguine (Congrès de méd. d3 Montpellier, 1898).

2. V. 3«» éd. Paris, F. Alcan. Voy. aussi J. Laumonier : le régime végétarien (Bull, de thérapeutique, n«>du 15 juillet 1902).

et la nitro-cellulose ; plus tard, Lauder-Brunton essayait le chlorhydrate d'hydroxylamine, qu'on dut abandonner à cause de son action fâcheuse sur Testomac ; Bradbury et Broadbent étudiaient les nitrates d*alcool à valences multiples et enfin Leech, Marshall, Huchard surtout, établissaient définitivement les propriétés et l'emploi thérapeutique du tétranitrate d'érythol K

Le tétranitrol rentre dans la catégorie des éthers nitriques. On obtient ces corps en faisant agir sur un alcool de l'acide sulfurique et de l'acide nitrique concentré. La préparation chimique est donc simple ; elle exige pourtant de grandes précautions, attendu que ces corps sont des explosifs dangereux. Une faible élévation de température les décompose, et ils émettent des vapeurs nitreuses; enfin ils détonent sous le choc avec une grande violence. Le tétranitrol est solide à la température ordinaire, mais il fond vers 60^ G. ; insoluble dans l'eau, il est assez peu soluble dans l'alcool et dans l'éther, ce qui restreint son emploi thérapeutique; il jouit enfin de propriétés vaso-dilatatrices et par conséquent hypotensives, plus remarquables par leur durée quepar leur intensité, ce qui le distingue nettement de la trinitrine, par exemple, dont l'action est immédiate et intense, mais passagère.

En efiFet, si l'on examine, à l'aide du sphygmographe, l'action du médicament, on s'aperçoitqu'elle ne commence à se faire sentir qu'au bout de 20, 30 quelquefois 50 minutes ; la tension artérielle baisse alors d'une manière lente et continue pendant une heure et demie environ, et tend sensiblement à se rapprocher de la normale physiologique ; elle peut rester aussistationnairependantprès d'une heure; quelquefois davantage, et remonte ensuite, mais avec une telle lenteur que souvent, six heures et demie après l'administration du tétranitrol, elle n'a pas encore atteint sa valeur primitive. En somme, on peut admettre que l'abaissement de la tension dure de 3 à 4 heures. De

1. Cf. Iluchard : Télranilrate d'érythrol (Ac. de Méd. mars 1901).

telle sorte que, si, comme Tindique Huchard, on prescrit un centigramme du remède toutes les trois ou quatre heures. (6 fois par jour), on maintient d'une façon presque permanente rabaissement de la pression artérielle, surtout si Ton a soin de faire précéder remploi dutétranitrol, dont TefiFet est tardif, de celui de trois à quatre gouttes d'une solution alcoolique de trinitrine au centième, dont l'effet au contraire est immédiat. D'ailleurs, en même temps que la pression vasculaire baisse, la fréquence du pouls augmente et peut atteindre 90, 100 et même 110 pulsations par minute. Notons enfin que l'action du tétranitrol est purement vasculaire et non cardiaque, et que Tinfluence sur le cœur est secondaire et consécutive aux effets vasodilatateurs.

Ce nouveau remède est indiqué toutes les fois qu'il y a de l'hypertension artérielle, dans les affections et maladies examinées ci-dessus, et notamment dans l'angine de poitrine, les anévrismes, les troubles dyspnéiques des néphrites, où il donne des résultais constants et très satisfaisants, un soulagementpresque immédiat et durable. Les migraines et certaines névroses se trouvent aussi parfois heureusement infiuencées par cette médication; elle ne paraît pas d'ailleurs produire de troubles gastriques ; son seul inconvénient est un peu de céphalalgie pulsatile et des lourdeurs de tète, au surplus exceptionnelles et passagères.

Huchard administrait au début le tétranitrol à la dose de 5 à 6 milligrammes par jour ; aujourd'hui, il se trouve bien de recourir d'emblée à des doses de 1 à 3 centigrammes chaque fois, et jusqu'à 6 et 8 centigrammes par jour, sous forme de comprimés ou de pilules rigoureusement titrés à un centigramme ; on est obligé de recourir à ce moyen, peu avantageux, en raison de l'insolubilité du médicament, car Brissemoret a échoué dans ses tentatives pour obtenir une solution concentrée titrée plus maniable.

Vopothérapie (Landouzy, 189o) ou organothérapie est une nouvelle méthode thérapeutique dans laquelle on se sert de sucs (oirôç) extraits des glandes, des parenchymes, des tissus de provenance animale pour combattre les phénomènes morbides dus à l'absence, à l'allération ou à rinsuffisance des organes ou tissus correspondants de l'homme, ou pour tenir un rôle de suppléance à l'égard d'organes physiologiquement synergiques (thymus et corps thyroïde, par exemple).

1° Principes de l'opothérapie

La méthode opothérapique est fort ancienne, car, de temps immémorial, les peuples sauvages et barbares ont mangé certains organes, dits nobles (cœur, cervelle, etc.). des animaux tués à la chasse ou des ennemis vaincus, afin de s'approprier ainsi les qualités dominantes dont ces organes étaient censément le siège respectif. L'usage contemporain, on peut dire, du sang et du fiel de bœuf dans la chlorose et la lithiase biliaire, du rognon de mouton dans les afiFections des reins et du mou de veau dans les afiFections pulmonaires est une survivance notoire des idées primitives relativement à la correspondance thérapeutique des organes animaux et humains. Ces idées.

ainsi obscurément perpétuées, n'avaient d'ailleurs qu'une base exclusivement empirique, quand, en 1889, Brown- Séquard, empruntant à Cl. Bernard et à Schiff la notion première des sécrétions internes, fournit à cette méthode, en dépit des échecs et des railleries du début, une base rigoureusement scientiflque.

Suivant Brown-Séquard, en effet, non seulement les glandes closes, mais aussi les glandes munies d'un canal excréteur, et ces dernières en plus de leurs sécrétions externes, élaborent et cèdent au sang des substances qui interviennent dansle fonctionnement général, puisque l'altération, l'insuffisanceou l'absence de ces substances déterminent des symptômes d'intoxication etdes troubles organiques. Si donc certaines de ces glandes viennent à être lésées ou détruites, on peut suppléer àl'insuffisance ou au défaut de leurs sécrétions internes, en introduisant dans l'organisme ainsi atteint, soit ces glandeselles-mémes, soit leurs matières actives sous forme d'extraits. Et les résultats des observations expérimentales et cliniques tendent, en grande majorité, à confirmer cette manière de voir. Mais on a été plus loin encore, et aujourd'hui on admet que non seulement les glandes, closes ou non, mais aussi tous les organes et tissus élaborent et versent dans la circulation générale, des produits qui ne sont pas exclusivement des déchets, en ce sens qu'ils interviennent, d'une manière plus ou moins importante, dans la vie de l'individu.

Mais, dans une telle occurrence, par quel mécanisme ces sécrétions internes agissent-elles ? et conséquemment par quel mécanisme agissent aussi les agents opothérapiques destinés à les remplacer ? Ces questions sont encore fort débattues, d'autant plus que, quand il s'agit de substances introduites, il faut tenir compte des différences qui tiennent à l'éloignement des espèces et à l'état sous lequel les substitutifs se présentent. Néanmoins, beaucoup de théories, basées sur les résultats de l'expérience physiologique et de l'observation clinique et thérapeutique et sur l'analyse chimique des organes et de leurs principes

actifs, ont été proposées, que Ton peut, avec HîlIemandS grouper sous trois chefs :

1** Les substances opothérapiques interviendraient comme agents modificateurs de la nutrition, soit directement, soit par l'intermédiaire du système nerveux.

2^ Les substances opothérapiques seraient antitoxiques ; elles représenteraient un moyen de défense contre les principes nuisibles fabriqués au cours des échanges organiques et elles auraient pour mission de transformer ces toxines^ au fur et à mesure de leur production, en substances inoffensives.

3** Enfin les substances opothérapiques seraient, les unes modificatrices de la nutrition, les autres antixotiques, encore qu'une même substance puisse jouer à la fois ces deux rôles ; peut-être même certaines d'entre elles joindraient, à leur pouvoir protecteur contre les auto-intoxications, la faculté d'intervenir dans la résistance aux infections et dans rétablissement de Timmunité.

Notons, au surplus, que Ton a fait aussi intervenir la notioin des suppléances fonctionnelles, quand il s'agissait d'organes ayant entre eux une synergie certaine ou possible, comme entre le corps thyroïde et le thymus d'une part, le corps pituitaire d'autre part, etc.

Si aucune de ces théories ne rend un compte exact du trouble déterminé par l'altération pathologique d'un organe suivant sa nature et de l'effet thérapeutique variable des divers agents opothérapiques, c'est qu'on a négligé de fixer le rôle des sécrétions internes dans la coordination générale. En effet, le milieu dans lequel baignent tous nos éléments anatomiques est un milieu limité, bien qu'il se renouvelle constamment et plus ou moins rapidement et complètement par l'ingestion et l'émonction. Mais, par suite de cette limitation du milieu, les altérations qui surviennent dans le fonctionnement d'un groupe de plastides,

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