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C. — Corps piluitaire

Le corps pituitaire ou hypophyse paraît exercer une suppléance fonctionnelle à l'égard du corps thyroïde, puisque, comme l'a constaté Combe, il s'hypertrophie fréquemment quand il y a atrophie du thyroïde. Il y aurait de plus analogie dans le rôle antitoxique des deux glandes. Enfin Sarda a montré qu'il y a des rapports assez constants entre les lésions pituitaires et l'acromégalie . C'est surtout dans le traitement de cette dernière affection qu'on l'a utilisé et Cyon, Mendel, Marinesco, ont constaté que son administration atténue la céphalalgie et les paresthésies des mains.

On emploie, en ingestion, l'organe frais ou desséché, quelquefois la matière extractive obtenue par Lyon et qui exerce sur le pneumogastrique une action excitante, le plus souvent l'extrait complet (opohypophysine); ce dernier à la dose de O^'^Oo en une seule fois.

D. — Capsules surrénales.

Les capsules surrénales produisent une sécrétion interne qui paraît d'une part exciter la contractilité musculaire, spécialement celle du cœur et des vaisseaux, et d'autre part détruire ou neutraliser certains poisons, particulièrement lespoisons musculaires. L'extrait est vaso-constricteur et détermine une élévation passagère de la pression vasculaire par action périphérique sur les fibres lisses et

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les terminaisons nerveuses. Cette action paraît due à l'adrénaline, principe actif des capsules surrénales, que nous étudierons plus loin.

On a d'abord utilisé l'opothérapie surrénale dans la maladie d'Addison, parce qu'il y a souvent, dans cette maladie, altération des capsules ; de plus, dans le diabète bronzé, on observe beaucoup de phénomènes, asthénie musculaire, abaissement de la tension artérielle, etc., que les animaux décapsulés présentent également. Toutefois, si Topothérapie n'amène que rarement la guérison (cas de Béclère), elle atténue notablement certains symptômes, l'asthénie, la mélanodermie, etc. L'extrait surrénal a été également employé dans le diabète insipide, dans l'asthénie cardiaque, la neurasthénie, les hémorrhagies (à cause de ses propriétés vaso-constrictives dues à l'adrénaline) et les accidents de la ménopause.

On emploie les organes de bœuf, de veau ou de mouton, en ingestion, soit frais, soit desséchés, en poudre, tablettes, etc. L'extrait (oposuprarénaline) est administré à la dose de Os',2 à 08^4 en une seule fois, ou 0s^4 à O^^S par vingt-quatre heures. Quand il y a intolérance gastrique, on peut pratiquer des injections sous-cutanées d'extrait glycérine.

E. — Adrénaline,

L'adrénaline, principe actif de l'extrait surrénal, a été découverte par Takamine (de New-York), en 1901. On n'en connaît encore ni la constitution gjiimique, ni le poids moléculaire ; elle présente cependant des propriétés remarquables et assez constantes.

D'abord sa toxicité est d'environ 0,0015 — 0,0020 (Chevalier); elle se manifeste par une dyspnée intense et des phénomènes de prostration ; il n'y a de phénomènes convulsifs qu'à la fin ; à l'autopsie, on ne constate généralement que des lésions banales de congestion. En injection

intra-veineuse, chez le chien, la dose toxique est, d'après Chevalier, de 08%0036 par kilogramme d'animal.

En injection intra-veineuse, l'adrénaline détermine tout d'abord et aussitôt, comme l'a montré Chevalier, le ralentissement des battements cardiaques, un abaissement de la pression sanguine et un ralentissement de la respiration. Mais très rapidement ensuite, la pression remonte par grandes oscillations au delà de la normale, les battements du cœur deviennent précipités et présentent des irrégularités et la respiration augmente d'intensité. II y a donc spasmes du cœur et des vaisseaux, ce qui explique l'augmentation de la pression artérielle par vaso-constriction périphérique intense. Mais cette vaso-constriction et cette augmentation de pression sont de courte durée et tout bientôt revient à la normale (6 à 8 minutes). Reichert a signalé, à la suite, une élévation de la température et une augmentation des échanges qu'il est difficile de constater expérimentalement.

En injection sous-cutanée, l'adrénaline, à la dose de 08',001 par kilogramme ne paraît avoir qu'une action très faible sur la pression artérielle. Administrée à l'intérieur enfin, elle ne donne que des résultats très incertains, attendu qu'elle perd presque toutes ses propriétés au contact des tissus et particulièrement des tissus glandulaires.

Ajoutons, pour terminer, que l'adrénaline, en injections intrapéritonéales massives chez le chien, détermine de la glycosurie (Herter et Richard).

L'adrénaline est un astringent et un hémostatique énergique, qui agit très rapidement (au bout de 1 à 2 minutes). On l'emploie avec succès dans les kératites, l'iritis et le glaucome pour soulager les douleurs ciliaires, réduire la tension oculaire et éclaircir l'opacité cornéenne consécutive aux contusions; dans le gonflement des canaux lacrymaux, et dans les bourdonnements d'oreilles (I ou II goutteB de solution d'adrénaline dans la trompe d'Eustache), et enfin dans toutes les petites opérations de chi-

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rurgie oculaire, et rhinologique, ou, en ischémiant le champ opératoire (le tamponnement suffît), elle évite les hémorrhagies. Il en est de même dans les opérations sur le nèz et les amygdales et en chirurgie dentaire ; enfin elle réussit très bien dans les épistaxis rebelles, et dans les congestions inflammatoires des voies respiratoires ou digestives antérieures, laryngites, pharyngites et amygdalites, dans le coryza et la fièvre des foins, d'après Vignes. Enfin on Ta préconisée contre l'intoxication par Topium et la morphine et le collapsus consécutif à Tanesthésie.

Elle est contre-indiquée toutefois, en raison de Taugmentation brutale de la tension sanguine au début chez tous les cardio-vasculaires.

On emploie l'adrénaline en solution au 1/1000® ; ces solutions sont généralement additionnées d'un peu de chlorélone, qui est nécessaire à leur conservation. Mais il faut remarquer que, au point de vue physiologique, c'est là un non-sens, puisque la chlorétone est un hypotenseur et un vaso-dilatateur. Il ne faut enfin utiliser que des solutions fraîchement préparées, parce que l'adrénaline s'oxyde et se transforme en oxyadrénaline. Aussi faut-il préférer les petits flacons contenant 5 centimètres cubes de solution, quantité largement suffisante pour toutes les indications de l'adrénaline.

F. — Rate,

La rate semble jouer un rôle assez important dans l'hématopoïèse; en tout cas, son extrait est très riche en nucléine, en phosphore, en fer ; d'après Schiff" et Herzen, il transforme le protrypsine en trypsine ; d'après Danilewski, il augmente le nombre des globules rouges et l'hémoglobine, et d'après Wauters, il renferme des substances bactéricides. La rate, en conséquence, a été utilisée dans l'impaludisme et la cachexie malarique où elle a donné quelques succès, dans les leucémies et les pseudo-

leucémies, dans Thypertrophie splénique, le rachitisme et même le goitre exophtalmique (Wood).

Oïl emploie, en ingestion, la pulpe de rate de porc ou de mouton, fraîche ou desséchée, ou bien l'extrait (opoliénine) à la dose de 2 à 6 grammes en une seule fois, ou de 4 à 12 grammes par jour. On se sert également, mais plus rarement, d'injections sous-cutanées d'extrait aqueux ou glycérine.

G. — Testicules,

Brown-Séquard a le premier, en 1889, employé le suc testiculaire (Séquardine). Pour ce physiologiste, l'importance de ce suc et sa valeur thérapeutique sont déduites des modifications que la suppression ou l'atrophie des glandes, par castration accidentelle ou opératoire, cryptorchidie, dégénérescence sénile, etc., déterminent dans l'organisme. Pour Brown-Séquard, ces phénomènes, de même que les corrélations qui existent entre le développement des testicules et l'évolution du larynx, du système pileux, des muscles, ne peuvent s'expliquer que par une sécrétion interne de ces glandes. On a récemment critiqué cette manière de voir et invoqué, pour expliquer les phénomènes de la castration et de l'anorchidie, des synergies héréditaires. Mais pour que ces synergies s'établissent, il leur faut un excitant qui ne peut être, comme on l'a vu au début de ce chapitre, qu'une sécrétion interne, dont l'effet se traduit par les corrélatious observées.

Les succès obtenus par la méthode de Brown-Séquard et confirmés par les attestations d'un grand nombre de praticiens, ont été également niés ou mis sur le compte de la suggestion (Gilbert et Carnot). La vérité, c'est qu'on a voulu faire de la médication orchi tique une panacée universelle, alors qu'elle ne convient qu'à des cas bien définis et particulièrement à toutes les formes de la neurasthé-

nie, de l'asthénie nerveuse, de la dépression cérébrale et aux accidents d'insuffisance orchilique ou de sénilité précoce, où elle donne des résultats presque constants, en stimulant le système nerveux, la puissance de travail physique et intellectuel, les échanges métaboliques, les sécrétions et la diurèse, létaux de Thémoglobine, la résistance vitale, etc. Et ces résultats s'expliquent en partie par la composition chimique des extraits testiculaires, riches en phosphore organique, dont l'action est tout à fait comparable à celle des lécithines et des glycérophosphates, que nous avons précédemment étudiés et qui donnent, en effet, dans les mêmes circonstances, des résultats semblables.

L'opothérapie orchitique a été utilisée avec succès dans la neurasthénie et les névroses dépressives, dans la mélancolie et Taliénation mentale avec stupeur, dans la paralysie agitante et la paralysie générale, dans la sénilité précoce et la débilité sénile, dans les états cachectique* tuberculeux, cancéreux, palustre, enfin dans les anémies, l'impuissance, et les troubles consécutifs à la castration.

On se sert d'habitude du suc testiculaire, obtenu par macération dans la glycérine, de testicules, coupés en morceaux, de taureaux ou de béliers; la macération est filtrée et stérilisée sous pression d'acide carbonique ; on l'utilise en injections sous-cutanées à la dose de 1 à 3 centimètres cubes. On emploie également l'extrait sec (opoorchidine) que l'on administre par la bouche à la dose de 0^%^ à 08%8 en une seule fois, ou 1k%5 à 3 grammes par vingt-quatre heures. Enfin on emploie quelquefois les organes frais, réduits en pulpe t)u légèrement grillés.

H. — Ovaires,

Les altérations ou la suppression des ovaires déterminent à peu près les mêmes phénomènes que les altérations ou la suppression des testicules ; il semble en outre que le sang menstruel soit chargé d'éliminer une partie

des toxines accumulées dans Torganisme féminin. Comme d'autre part, suivant Etienne et Démange, le principe actif de la sécrétion ovarienne, l'ovarine, paraît renfermer un ferment oxydant, une oxydase, analogue à la sperminedePoehl (cf. p. 109), l'insuffisance ovarienne entraîne des troubles d'auto-intoxication (par défaut doxydase) et de nutrition (par rupture delà coordination) qui se manifestent : 1** au moment de la croissance, de la formation, par la chlorose ; ^^ au moment de la ménopause et après la castration double chirurgicale, par des poussées congestives,derasthémie,des troubles nerveux, des vertiges et des crises syncopales, des névralgies pelviennes et céphaliques, etc. Ces derniers phénomènes peuvent également s'observer, mais avec une intensité moindre, dans l'aménorrhée et même la dysménorrhée.

On a donc utilisé, parfois avec des succès avérés, Topothérapie ovarienne, contre la chlorose, les troubles de la ménopause et de la castration totale, l'aménorrhée, d'une part, et, d'autre part, contre la neurasthénie, l'hystérie et l'ostéomalacie. On emploie en ingestion les ovaires de vache ou de brebis, en poudre desséchée ou en tablette à la dose de 08%10 à O^^SO par jour ; on utilise aussi l'extrait (opoovarine), parla même voie, à la dose de O^^S à Qs^S en une seule fois ou 0^,6 à 3 grammes jyi^o die. On a enfin quelquefois recours aux injections sous-cutanées d'extrait glycérine.

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