Cf. Les sérot/iérapies (Paris
SÉROTHÉRAPIE ET VACCINATIONS 207
près comme celle du sérum antitétanique, mais les valeurs sont un peu différentes. Si 1/400 de centimètre cube de sérum préserve de l'infection un cobaye de 500 grammes, le sérum est actif à 1/50 000, ou, en d'autres termes, une quantité de sérum égale au 1/50000 du poids du corps du cobaye suffît à le protéger contre l'infection. Cette méthode, utilisée par Roux, mesure donc le pouvoir préventif. Le sérum de l'Institut Pasteur a un pouvoir supérieur à 1/100 000. En Allemagne, Behring et Ehriich emploient la méthode des mélanges qui mesure au contraire le pouvoir an ti toxique. Le sérum dont O^'^jl neutralise exactement 1 centimètre cube de toxine, c'est-à-dire la dose 100 fois mortelle pour un cobaye, contient par dixième de centimètre cube, une uniié antitoxique ou 1 unité d' Ehriich; mais si un sérum neutralise 1 centimètre cube de la toxine étalon, à la dose de 1 millième de centimètre cube (0*^*^,001), il renferme alors 100 unités antitoxiques. On admet que le sérum à 1/100 000 de l'Institut Pasteur équivaut à environ 250 unités d'Ehrlich.
Le sérum antidiphtérique est surtout antitoxiqué; il donne des résultats très remarquables, constatés par un grand nombre d'observateurs, puisque la mortalité globale par diphtérie qui était jadis de 60 p. 100 environ, est tombée à 15 p. 100 et même à 5 p. 100 si l'on défalque les cas où le sérum a été injecté trop tardivement. En effet le sérum est à peu près impuissant quand la toxine bactérienne a diffusé, qu'il y a paralysie, irrégularité du pouls et de la respiration. C'est ce que constate la statistique de Bouchard.
Enfants traités le 1®^ jour de la maladie, mortalité Op. 400.
Ces chiffres montrent que l'administration précoce du
sérum^ quand les signes cliniques sont affirmatifs ou môme douteux, est absolument indiquée. On observe rapidement alors une amélioration sensible de ]'état général et le décollement plus ou moins rapide des fausses membranes. Toutefois quand il y a association du streptocoque ou du staphylocoque avec le bacille de Lœffler, l'efifet est moins constant.
Enfin ce sérum est également préventif, comme Landouzy Ta montré, puisque sur 12426 personnes injectées préventivement, 53 seulement ont contracté la diphtérie, soit i sur 235. L'immunité conférée par le sérum est de 3 semaines environ.
Dans la diphtérie bénigne, au début, 5 à 10 centimètres cubes de sérum suffisent; quand la maladie date de plusieurs jours, ou présente un pronostic sévère, il faut injecter 10-20 centimètres cubes, quel que soit Tâge; enfin dans les cas très graves et spécialement quand la diphtérie s'étend au larynx et aux bronches, on peut aller jusqu'à 30 et 50 centimètres cubes. D'ailleurs il est préférable d'injecter, dès le début, une dose forte que de recourir à des injections répétées de doses faibles.
Les injections de sérum antidiphtérique présentent certains inconvénients, dont on paraît avoir exagéré l'importance. Quelques jours après l'injection, on observe souvent une éruption d'urticaire avec une légère hyperthermie,|de courte durée; plus rarement, on constate de l'érythème polymorphe et de la fièvre, et tout à fait exceptionnellement des gonflements articulaires douloureux qui compliquent l'éruption, notamment chez les adultes et quand le streptocoque est associé au bacille de Lœffler ; l'état fébrile peut alors durer quelques jours; mais ces accidents ne présentent jamais de réelle gravité.