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L'euquinine, dont la formule est C0>Qp2 w ^^t
l'élher éthylcarbonique de la quinine ; c'est donc un produit de, synthèse que Ton obtient en traitant la quinine par Tacide éthylcarbonique. Elle se présente sous forme de fines aiguilles blanches, fondant à 98** G., solublesdans Talcool, Téther et le chloroforme, mais peu solubles dans Teau ; elle donne au tournesol une réaction basique et se combine avec les acides en formant des sels cristaliisables ; enfin elle est à peu près insipide, ce qui constitue un avantage marqué sur la quinine et ses sels usuels, et ne manifeste qu'une très légère amertume qui cesse d'être sensible quand on mélange ce produit au sucre et aux sirops, au lait, au cacao et au bouillon. Le chlorhydrate cependant a un goût plus notable et désagréable, mais le tannate d'euquinine, dont on se sert quelquefois, est dépourvu de toute saveur fâcheuse.
L'euquinine est parfaitement tolérée par Testomac ; elle ne cause pas de vomissements ni de troubles dyspeptiques et n'amène pas les symptômes encéphaliques et tintements d'oreilles qui constituent l'ivresse quinique. Son ingestion est suivie de deux sortes de phénomènes, dont les uns sont prompts et dont les autres ne se manifestent qu'au bout d'un certain temps. Les premiers aboutissent à un abaissement de la température, constatée par tous les auteurs, von Noorden, Overlach, Galiner, Thomas, Panegrissi, Fauser, Mori, Blanchi, Bardet, dans tous les cas de pyrexies, périodiques ou non ; mais l'uctivité très remarquable de ce médicament dans la malaria et les maladies similaires prouve que l'action antithermique de l'euquinine est liée en partie à son pouvoir antiseptique à l'égard des germes des fièvres malariques et palustres.
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Les effets à longue échéance de Tadministration prolongée de reuquinine sont une augmentation du nombre des hématies et de la teneur du sang en hémoglobine, comme Ta constaté Overlach, et, en rapprochant cette action du pouvoir antimalarique, Bianchi conclut que ce produit agit d'une manière spéciale sur la rate et en général sur les organes hématopoïétiques. On retrouve là l'influence tonique de la quinine à petite dose. Enfin, d'après Panegrissi et Gammarelli, l'euquinine commence à s'éliminer par l'urine une demi-heure environ après l'ingestion ; l'élimination atteint son maximum au bout de sept heures, et au bout de quarante-huit heures, elle est terminée et les urines n'en contiennent plus.
De ce qui précède résultent les indications thérapeutiques. Suivant les médecins italiens, bien placés pour en juger, l'euquinine est l'anlimalarique par excellence, particulièrement chez les jeunes sujets, comme le déclare Bianchi, et une dose de l gramme à 18'',80 suffît la plupart du temps pour juguler les accès. Dans les formes diverses des fièvres intermittentes, elle donne les mêmes résultats satisfaisants ; son action antithermique n'est pas moins efficace dans les autres pyrexies, d'autant plus que le remède n'entraîne, même à doses fortes, aucun accident secondaire et aucun désagrément. Von Noorden qui, le premier, en 1896, a expérimenté Tenquinine, estime que 2 grammes de ce produit répondent exactement comme effet à i gramme d'un sel quinique soluble. Aussi a-t-on obtenu, dans la pneumonie, la fièvre typhoïde, la fièvre hectique des tuberculeux, les mêmes succès qu'avec la quinine. Mais l'avantage incontestable de l'euquinine est l'absence à peu près complète d'amertume, qui permet, comme le remarque justement Bardet, de suspendre le médicament dans des liquides alimentaires ou des sirops de fruits et par conséquent de fractionner considérablement les doses. Cet avantage, joint à sa faible toxicité, à la manière dont elle est supportée par les estomacs les plus délicats, à l'absence de troubles encéphaliques, en
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fait un remède extrêmement précieux dans toutes les pyrexies de l'enfance. Dans la coqueluche, elle amène aussi une amélioration souvent décisive. Enfin Overlach a obtenu d'excellents résultats de son administration, à doses faibles et prolongées, dans la chlorose et Fanémie, par suite de son action sur Thématopoïèse.
L'euquinine s'administre surtout en cachets de 0^^25 à 1 gramme pour les adultes, une ou deux fois par jour; les doses les plus faibles sont employées contre les pyrexies continues, les doses les plus fortes contre les attaques de malaria. Pour les enfants, on recourt à des doses deOK',10 à 08î',15 répétées plusieurs fois pro die, que l'on administre dans une potion sucrée, du lait, du bouillon, etc. Sous cette forme, l'euquinine est toujours bien acceptée par les petits malades.
B. — Pyramidon.
Le pyramidon est un dérivé une fois amidé et deux fois méthylé de l'antipyrine ; c'est le diméthylamido-antipyrine ou diméthylamidophényldiméthylpyrazolon, auquel Filhene, de Breslau, qui l'a employé pour la première fois en 1896, a donné le nom sous lequel il est actuellement connu. Le pyramidon est une poudre cristalline d'un blanc jaunâtre, insipide, soluble dans l'eau au dixième.
Au point de vue de l'élimination, Hoffmann a constaté que le pyramidon se dissocie dans l'organisme ; chez les tuberculeux on n'en retrouve plus trace ; chez Thomme sain, au contraire, il n'est jamais décomposé en totalité. On en retrouve 1 p. 100 environ dans les urines. En outre, chez les animaux intoxiqués, l'auteur a retrouvé le pyramidon dans l'extrait alcoolique du sang, du foie, des reins, de l'intestin grêle, des muscles, mais il n'a pu découvrir le point de l'organisme où le produit se décompose.
Les propriétés de ce nouveau produit sont éclairées d'une manière très intéressante par la loi que Dujardin-
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Beaumetz et Barde t ont établie * en montrant que, parmi les dérivés de la série aromatique, les dérivés amydés présentent des propriétés antipyrétiques notoires, et les dérivés méthylés des propriétés plutôt analgésiques accentuées. Et en efifet, le pyramidon, en confirmation de cette loi, est un antipyrétique très actif par sa molécule amidée, et un nervin puissant par les deux groupes de méthyle qui ont été intégrés dans la molécule de Fantipyrine.
Sur le système nerveux, le pyramidon paraît agir à peu près de la même manière que l'antipyrine ; il augmente aussi la pression sanguine et diminue très notablement la température ; mais cette diminution parait résulter plutôt de la régularisation et de l'augmentation de la perte de chaleur, que de l'abaissement de la production, car, comme on le verra plus loin, le pyramidon, semble intervenir d'une manière positive sur les échanges nutritifs. A ce point de vue, il représente un antipyrétique d'autant plus recommandable que l'on n'a pas à redouter, par son administration, les effets secondaires dus à la diminution des phénomènes d'oxydation, phénomènes si utiles à l'organisme dans sa lutte contre la fièvre.
Le pyramidon, toutefois, n'agit pas exactement comme l'antipyrine. D'abord à doses égales, il est trois fois plus actif chez l'homme. En second lieu, son action est plus lente (2 heures environ) à se manifester, mais, si elle est plus lente, elle est aussi beaucoup plus durable. On peut donc dire que, à cet égard, le pyramidon agit d'une manière plus douce, plus nuancée et plus résistante que l'antipyrine.
Les propriétés analgésiques de ce corps manifestent les mêmes qualités spéciales ; plus lentes à se produire, elles persistent plus longtemps. Au surplus le pyramidon paraît présenter sur l'antipyrine le grand avantage de ne déter-
1. Dujardin-Beaumetz et G. Bardet. Noie sur V action physiologique de la mélhylacétanilide et sur V action comparée des composés de la séné aromatique (G. R. Ac. des sciences, 23 mars 1889).
miner aucun accident secondaire notable, ni vomissements, ni malaises accusés ; il semble intervenir pour augmenter la diurèse, elles affeclions cardiaques ne sont pas une contre-indication de son emploi. Les recherches faites par Wihl, Spiro et Filehne, sur le sang des animaux traités par le pyramidon, n'ont jamais pu déceler une altération matérielle, et ni les hématies, ni Thémoglobine ne paraissent modifiés ou altérés. Les autopsies d'animaux soumis à des doses toxiques n'ont jamais pu montrer non plus de foyers hémorrhagiques, de dégénérations d'organes ou d'altérations sensibles de l'appareil vasculaire. Toutefois Bertherand a signalé des sueurs profuses, notamment chez les tuberculeux, et Gérest et Rigot, chez les typhiques, ont noté de légères éruptions sudorales. Ces petits inconvénients, plus désagréables chez les phtisiques, ont donné à Bertherand l'idée d'employer des combinaisons d'acide camphorique ou d'acide salicylique avec le pyramidon. Le bicamphorate de pyramidon a été ainsi utilisé très heureusement chez les tuberculeux et le salicylate de pyramidon chez les rhumatisants. Avec ce dernier sel, on a signalé, une seule fois, un peu d'érythème à forme urticarienne.
Somme toute, les actions antipyrétiques et analgésiques de l'antipyrine et de son dérivé amidé-méthylé sont assez voisines ; mais il n'en est pas du tout de même de leur influence respective sur les échanges nutritifs, ainsi que l'ont découvert Robin et Bardet. En efifet, l'antipyrine restreint les échanges respiratoires ; le pyramidon semble les accroître, parfois même assez notablement ; l'antipyrine diminue le rapport de l'urée à l'azote total ; le pyramidon l'augmente, de 10 p. 100 environ, suivant Bertherand ; il en est de même du reste pour le camphorate de pyramidon qui, comme l'a constaté Bardet dans un cas de grippe, fait également monter le coefficient azoturique. Le pouvoir opposé de ces deux corps sur le métabolisme général fournit à la thérapeutique des indications précieuses et intéressantes. En effet, tandis que le pyrami-
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don, par suite de Taugmentation qu'il détermine dans les échanges organiques, se montre bien supérieur à Tantipypîne dans les maladies fébriles, il lui est au contraire de beaucoup inférieur, comme Tout démontré Robin et Bardet, dans le diabète simple. Le diabète n'est point un ralentissement de la nutrition ; c'est, au contraire, une accélération de la nutrition. Le pyramidon doit donc augmenter et augmente en réalité, comme Font prouvé les observations cliniques, la quantité du sucre urinaire ; il est en conséquence contre-indiqué dans le diabète sucré et azoturique, tandis que Tanlipyrine, par son action modératrice sur les échanges, est le médicament de choix dans ces formes troublées de la nutrition. 11 y a là, pour ces deux produits si semblables d'apparence et de propriétés antipyrétiques et analgésiques, une spécificité d'action des plus intéressantes et des plus riches en applications.
En dehors de cette contre-indication formelle dans le diabète et Tazoturie, le pyramidon donne des résultats très satisfaisants, d'une part, comme antipyrétique, dans les pyrexies simples ou compliquées, spécialement dans la péritonite, le typhjus, la fièvre typhoïde (Gérest et Rigot), dans la bronchite, la pneumonie, la pleurésie, la grippe, l'érysipèle et les fièvres exan thématiques, et d'autre part, comme analgésique, dans les céphalalgies des anémiques, les polynévrites toxiques, les douleurs intercostales, les douleurs de la pseudo-leucémie, dans les douleurs d'origine rhumatismale, les névralgies, particulièrement dans les récidives si rebelles de la névralgie du trijumeau, et enfin dans les douleurs fulgurantes du tabès (Legendre et Dubois). Notons cependant que dans ses applications à l'antipyrèse, le bicamphorate de pyramidon doit être préféré surtout pour les tuberculeux et que, dans ses applications à l'analgésie, c'est le salicylate qu'il convient d'employer quand rien ne s'y oppose. En tout cas, qu'il s'agisse du pyramidon ou de ses sels, il est bon d'administrer le médicament dès le
début de la crise ou un peu auparavant, si on la prévoit, en raison de la lenteur relative de Faction analgésique.
Le pyramidon et ses sels s'emploient en cachets ou en solution, à la dose moyenne de 08%25 à 08%60 par jour ; on peut aller sans inconvénient jusqu'à 1 gramme et ls%50 par fractions ; Le Gendre et Bardet ont pu administrer jusqu'à 3 grammes de pyramidon en une seule journée sans constater d'accidents. En solution à 1/60, on l'administre par cuillerées à bouche, 3 ou 4 par jour, pour les adultes, par cuillerées à café (3 ou 4 pro die) pour les enfants. Cette dernière forme est celle qu'il faut préférer pour les petits malades, car le pyramidon, d'ailleurs soluble dans les véhicules ordinaires, n'a aucun mauvais goût et est parfaitement toléré. Enfin Bertherand a utilisé la méthode hypodermique, particulièrement dans les sciatiques, et il a obtenu des résultats satisfaisants à raison de 10 centigrammes par injection ; une ou deux par jour. L'eflFet est aussi notable qu'avec des doses plus fortes administrées par la voie digestive.