Volé. — 2. La prison oa les gdères
8. En espagnol, solodad ressemble plus à solemnidad que solitude à solennité.
4. Diminutif de gancho, crochet, et, par métaphore^ raccoleur.
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pas à craindre qu'on nous prenne en sursaut. — Revenant donc à notre affaire, reprit Monipodio, je voudrais savoir, mes enfants, ce que vous savez faire, pour vous donner un emploi conforme à votre inclination et à votre habileté. — Moi , répondit Rinconète , je sais un peu la blague du badaud; j'entends la réserve; j'ai bonne vue pour la dépiste; je joue bien de la seule , des quatre et des huit ; j'ai la tricherie plus aux mains qu'aux pieds; j'entre dans la bouche du four comme dans ma maison ; je m'engage à ranger un régiment de tours mieux qu'un régiment de Naples , et à donner l'assaut au plus huppé mieux qu'à lui prêter deux réaux • . — Voilà des principes, dit Monipodio ; mais tout cela ne sont que de vieilles âeurs de coquelicots, si usées , si rebattues, qu'il n'y a pas un débu« tant qui ne les connaisse; elles servent tout au plus contre un niais assez blanc pour se laisser rafler après minuit. Mais le temps marchera et nous nous reverrons. En échafaudant sur ce fondement une demi-douzaine dé leçons, j'espère en Dieu que vous deviendrez un habile ouvrier , et peut-être maître à la fin. — Tout cela sera pour servir Votre Grâce et messieurs nos confrères , répondit Rinconète. .
— Et vous , Gortadillo , reprit Monipodio, que savez- vous? — Pour moi , répondit Gortadillo , je connais le tour qu'on appelle mets deux et tire cinq , et je sais sonder une poche avec beaucoup d'adresse et^ de ponctualité. — Savez-vous quelque chose de plus? dit Monipodio. — Hélas! non, pour mes grands péchés , répliqua Gortadillo. — Allons , ne vous affligez pas , mon enfant , repartit Monipodio ; vous êtes arrivé à un port où vous ne vous noierez pas , et à une école d'où vous ne sortirez pas sans être bien pourvu de tout ce qu'il convient d'apprendre. Et quant au courage , comment cela vous va-t-il , enfants? — Gomment cela pourrait-il nous aller, répondit Rinconète , si ce n'est très-bien? Du courage, nous en avons pour hasarder toute entreprise relative à notre art et à notre profession. — G'est fort bien , répliqua Monipodio ; mais je voudrais aussi que vous en eussiez pour souffrir, s'il en est besoin, une demi-douzaine d'angoisses, sans desserrer les lèvres, sans dire : c Gette bouche est à moi. » — Nous savons déjà , seigneur Monipodio , reprit Gortadillo , ce qu'ici veut dire angoisses , et nous avons du courage pour cela comme
t. Touies ces expressions, auianl qu'on pouvait le« rendre en français, ligniflent, dans l'argot bohémien , divers tours de filouieric.
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pour autre chose : car enôa nous ne sommes pas tellement ignorants que nous ne comprenions fort bien que ce que dit la langue, la gorge le paye, et le ciel fait vraiment trop de grâce à rhomme hardi (pour ne pas lui donner un autre nom) lorsqu'il remet à sa langue sa vie ou sa mort , comme si un non avait plus de lettres qu'un oui. — Halte-là I c'est assez, s'écria Monipodio. Cette seule réponse me persuade , me convainc, me force et m'oblige à ce que je vous couche sur-le-champ au rang des confrères de première classe, et que je vous exempte de Tannée de noviciat. -^ Je suis de cette opinion, i dit un des braves. £t tous Jes assistants , qui avaient écouté l'ezamen , l'appuyèrent d'une voix unanime. Ils demandèrent à Monipodio d'accorder aux deux jeunes gens la jouissance immédiate des immunités de leur confrérie , disant que leur bonne mine et leur agréable conversation méritait bien cet honneur. Monipodio répondit que , pour complaire à tout le monde , il leur accordait dès ce moment ces immunités; mais il les avertit de tenir une telle faveur en grande estime, puisqu'elles consistaient à ne point payer la demi-annate sur le premier vol qu'ils feraient ; à ne point faire d'offices mineurs dans tout le cours de cette année, c'est-à-dire à ne point porter de commission à quelque frère majeur, à la prison ou chez lui, de de la part de ses contribuants ; à humer le turc pur* ; à faire ripaille , où , quand et comme il leur plairait , sans demander permission au supérieur; à entrer immédiatement en partage dans ce que les frères majeurs apporteraient à la masse, comme eux-mêmes ; et , finalement, en plusieurs autres choses . que les nouveaux venus tinrent à faveur signalée , et dont les autres leur firent compliment dans les termes les plus polis.
Sur ces entrefaites, entre en courant un jeune garçon, tout essoufflé , tout haletant. « L'alguazil des vagabonds , dit-il , vient en droiture à cette maison ; mais il n'amène pas de gundlade^ avec lui. — Que personne ne s'effraye, s'écria Monipodio ; c'est un ami , et jamais il ne vient pour nous nuire. Remettez-vous , je vais aller lui parler. > Tous se remirent , en effet, car ils s'étaient un peu alarmés ; et Monipodio , sortant sur le seuil de la porte, y trouva l'alguazil , avec lequel il resta quelques moments à causer. Bientôt Monipodio revint.
. 4 , Boire le Tin par. — « 2. Quadrille de recon oa de soldats de la maréchaussée.
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c Qui était de garde aujourd'hui « demanda-t-il , à la place Saa-Salvador? -- Moi, répondit l'introducteur. — Ehbienl reprit Monipodio, comment n'avez* vous pas signalé une bourse d'ambre qui , ce matia , dans cet endroit , a fait naufrage avec quinze écus d'or, deux doubles réauz, et je ne sais combien de maravédisT — Il est vrai, reprit le guide, qu'aujourd'hui cette bourse a disparu ; mais ce n'est pas moi qui l'ai prise, et je ne puis imaginer qui a pu la prendre. -^ Pas de chansons avec moi , répliqua Monipodio ; la bourse doit se trouver, puisque l'alguazil la demande, et que c'est un ami qui nous rend chaque année mille petits services, i Le portefaix jura de nouveau qu'il ne savait pas oe qu'elle était devenue. Mais Monipodio entra dans un tel accès de colère, qu'il paraissait jeter feu et flammes par les yeux. « Que personne ne s'avise, s'écria-t-il , de violer le plus petit règlement dé notre ordre : il lui en coûterait la vie. Que la ctca* se trouve, et, si quelqu'un la recèle pour ne pas payer les droits , je lui donnerai toute la part qui lui revient, et je mettrai le reste de ma poche, car il faut à tout prix que Falguazil s'en aille content. » Le portefaix recommença pour la troisième fois son serment, l'accompagnant de malédictions sur lui-môme, et disant qu'il n'avait ni pris ni vu prendre cette bourse.
Tout cela ne faisait qu'enflammer davantage la fureur de Monipodio, et l'assemblée entière s'en émut, voyant qu'on violait ses statuts et ses sages règlements. A la vue de ces dissensions et de ce tumulte, Rinconète s'imagina qu'il serait bon de calmer ses confrères et de donner satisfaction à leur supérieur; qui bouillonnait de rage. Il entra en conseil avec son ami Gortadillo, et étant tombés d'accord, il tira la bourse du sacristain, c Cessez tout ce tapage, monseigneur,- s'écriat-il ; voici la bourse, sans qu'il lui manque rien de ce qu'annonce l'alguazil. Aujourd'hui mon camarade Gortadillo Ta attrapée avec ce mouchoir , qu'il a pris au même maître pardessus le marché. » Aussitôt Gortadillo tira de son sein le mouchoir, et le mit en évidence. A cette vue, Monipodio s'écria : c Gortadillo le Bon, car. ce titre et ce surnom vous restera désormais, gardez le mouchoir, et je prends à ma charge le payement de ce service. Quant à la bourse, l'alguazil va l'emporter, car elle appartient à un sacristain de ses parents, et il est juste d'accomplir à son égard le proverbe qui dit :