I . Almala/a
Les Nouvelles de Cervantes. - 5
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se montrer moioa libéral que les deux pachas, dit qu'il voulait les payer, afin que la chrétienne se présentât dans ce costume au Grand-Seigneur. Les deux compétiteurs en furent en* chantés, croyant bien chacun que tout cela viendrait en son pouvoir.
Resle maintenant à dire ce qu'éprouva Ricardo en voyant son âme mise aux enchères, quelles pensées^ lui vinrent en ce moment, et quelles craintes Tassaillirent, lorsqu'il vit qu'il n'avait retrouvé le cher objet de son amour que pour le perdre plus complètement. Il ne pouvait parvenir à s'assurer s'il était éyeillé ou endormi, et n'ajoutait pas foi au témoignage de ses propres yeux, car il lui semblait impossible de voir si inopinément devant eux celle qu'il croyait avoir fermé les siens pour toujours. Il s'approcha de son ami Mahamud, et lui dit : c Ami, ne la connais-tu point? — Non, je ne la connais point, répondit Mahamud* — Eh bien, sache, répliqua Ricardo, que c'est Léonisa. — Que dis-tu là, Ricardo? s'écria Mahamud. — Ce que tu as entendu, reprit Ricardo. — Tais«toi donc, dit Mahamud, et ne la découvre pas ; le sort arrange les choses pour que le tien soit heureux, car elle va passer au pouvoir de mon maître. «^ Te semble-^t-^il, reprit Ricardo, qu'il serait bon de me placer en un lieu d'où je pusse être vu? — Non pas, reprit Mahamud, de peur que tu ne latroubles et que tu ne te troubles, et ne t'avise pas de donner le moindre indice que tu la connais ou que tu l'as vue;, cela pourrait tourner contre la réussite de mon projet. — Je suivrai ton avis, > te^ partit Ricardo. En effet, il mit tous ses soins à ce que ses yeux ne rencontrassent point ceux de Léonisa, laquelle, tandis que tout cela se passait, avait les siens cloués à terre, versant quelques larmes qui pouvaient le disputer &a valeur aux perles de l'Orient.
Le cadi s'approcha d'elle, et, la prenant par la main, la remit à Mahamud, à qui il ordonna de la conduire à la ville et de la remettre à sa femme, en lui recommandant de la traiter comme une esclave du Grand-Seigneur. Mahamud obéit, et laissa seul Ricardo, qui suivit des yeux son étoile jusqu'à ce qu'elle eut disparu dans le nuage des murs de Nicosie. Il s'approcha du juif et lui demanda où il avait acheté et de quelle manière était venue en son pouvoir cette captive chrétienne. Le juif répondit qu'il l'avait achetée dans l'île Pantellaria à d^ Turcs qui y avaient fait naufrage ; et, comme il allait continuer l'histoire, il en fut empêché parce qu'on vint l'appeler
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de la part des pachas, qui youlaient lui demander ce que Ricardo désirait savoir. Il fut obligé de prendre congé de lui.
Dans le trajet qu'il y avait des tentes à la ville, Mahamud eut le temps de demander à Léonisa, en langue italienne, de quel pays elle était. Elle répondit : < De la ville de Trapani. » Mahamud alors lui demanda si elle connaissait dans cette ville un gentilhomme riche et noble, qui s'appelait Ricardo. A cette question, Léonisa poussa un grand soupir, c Oui, dit-elle, je le connais, et pour mon malheur. — Gomment, pour votre malheur ? répliqua Mahamud. — Oui, reprit-elle, parce qu'il m'a connue pour le sien, et pour le mien aussi. — Maintenant, continua Mahamud, avez-vous aussi connu dans la même ville un autre gentilhomme de bonne mine, fild de parents trèsriches, et de sa personne très-vaillant, très-libéral et très-discret, qui s'appelait GornélioT — Oui, je le connais aussi, répondit Léonisa, et je puis dire encore plus pour mon malheur que Ricardo. Mais qui étes-vous, seigneur, vous qui les connaissez et vous informez d'eux ? — Je suis natif de Palerme, répondit Mahamud ; divers accidents m'ont amené à prendre ce costume, «bien différent de celui que j'avais l'habitude de porter, et je connais ces deux gentilshommes parce que, il y a peu de jours, ils ont été tous deux en mon pouvoir. Gornélio fut fait captif par des Mores de Tripoli de Berbérie, qui le vendirent à un Turc, marchand à Rhodes, lequel l'amena dans cette île avec d'autres marchandises ; il confiait toute sa fortune à Gornélio. — Gornélio saura bien la garder, dit Léonisa, car il sait très-bien garder la sienne. Mais dites-moi, seigneur, comment et avec qui Ricardo est-il venu dans cette île ? — Il est venu dans cette île, répondit Mahamud, avec un corsaire qui l'avait enlevé tandis qu'il était dans un jardin sur le bord de la mer, à Trapani. Ge corsaire, à ce qu'il dit, avait enlevé avec lui une jeune fille dont il ne voulut jamais me dire le nom. Il est resté ici quelques jours avec sou maître, lequel allait visiter le sépulcre de Mahomet, qui est dans la ville de Médine; mais, au moment du départ, Ricardo tomba malade. Son maître me le laissa, parce qu'il était de mon pays, pour que j'en prisse soin jusqu'à son retour, ou, s'il ne revenait point ici , pour que je le lui envoyasse à Gonstantinople, d'où il me donnerait avis quand il y serait arrivé. Mais le ciel en a ordonné d*une autre façon : car l'infortuné Ricardo, sans éprouver aucun accident, finit en peu de jours une vie qu'il détestait, appelant toujours à voix basse iine
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Léonisa, qu'il m'avait dit aimer plus que sa vie et que son âme. Cette Léonisa, me dit-il, s'était noyée dans une galiote qui avait fait naufrage sur la côte de l'île Pantellaria, et c'est cette mort qu'il pleurait et déplorait sans cesse, jusqu'à ce qu'elle l'eût réduit à perdre la vie, car je ne lui ai pas vu le moindre mal dans le corps, mais seulement des signes de douleur dans l'âme. — Dites-moi, reprit Léonisa, cet autre jeune homme dont vous venez de parler, dans les conversations qu'il eut avec vous, et qui durent être nombreuses, étant tous deux du même pays, a-t-il nommé quelquefois cette Léonisa? a-t-il conté de quelle manière elle et Ricardo furent faits captifs? — Oui, répondit Mahamud, il l'a nommée, et m'a demandé s'il était venu dans cette île une chrétienne de ce nom, de telles et telles enseignes, qu'il serait bien aise de trouver pour la racheter, si toutefois son maître s'était détrompé et avait cessé de la croire aussi riche qu'il le pensait, bien qu'il pût se faire qu'après l'avoir possédée il l'estimât moins; ajoutant que, pourvu qb'on n'en demandât pas plus de trois ou quatre cents écus, il les donnerait volontiers pour elle, lui ayant porté dans un temps quelque affection. — Elle devait être bien peu vive, reprit Léonisa, puisqu'elle n'allait pas au delà de .quatre cents écus. Ricardo est plus libéral, plus vaillant et plus courtois ; Dieu pardonne à qui fut la cause de sa morti Et c'est moi, car je suis l'infortunée qu'il a pleurée pour morte, et Dieu sait si je me réjouirais de ce qu'il fût encore vivant, pour le payer, par le regret qu'il verrait que j'ai de ses malheurs, de celui qu'il a montré des mieDS. Oui, seigneur, comme je viens de vous le dire, je suis celle qu'a peu aimée Gornélio, et que Ricardo a bien aimée ; divers événements étranges m'ont amenée au misérable état où je me trouve, et dans lequel, tout périlleux qu'il soit, pai-pu, par la faveur du ciel , conserver mon honneur dans toute sa pureté. Cette consolation me fait vivre contente dans ma misère. Maintenant je ne sais ni où je suis, ni qili est mon maître, ni où doit me porter le destin contraire. Aussi je vous supplie, seigneur, ne serait-ce que par le sang de chrétien qui coule dans vos veines, de me conseiller dans mes infortunes : car, si celles que j'ai supportées en grand nombre m'ont rendue quelque peu prudente et avisée, il m'en survient de telles à chaque instant, que je ne sais plus comment les prendre et comment me conduire. * ^ Mahamud répondit qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour
son service, en la conseillant de son intelligence et en l'aidant de ses forces. Il lui fit connaître le démêlé qu'avaient eu entre eux les deux pachas à son sujet, et comment elle était restée au pouvoir du cadi, son maître, qui l'enverrait en présent au Grand-Turc Sélim à Gonstantinople. Mais il ajouta qu'avant que ce projet fût effectué, il espérait que le vrai Dieu, auquel il croyait, quoique mauvais chrétien, en ordonnerait autrement. Enfin, il lui conseilla de se mettre bien dans l'esprit d'Halima,'la femme du cadi, son maître, au pouvoir de laquelle elle devait rester jusqu'à ce qu'on l'envoyât à Gonstantînopje, et dont îl lui peignit le caractère et l'humeur. A ces choses, il ajouta d'autres avertissements profitables, jusqu'à ce qu'il l'eût amenée à la maison et remise au pouvoir d'Halima, à laquelle il transmit la commission de son maître. La Moresque accueillit très-bien la captive, en la voyant si parée et si belle.
Pour Mahamud, il retourna aux tentes dans l'intention de conter à Bicardo ce qui venait de lui arriver avec Léonisa, et, l'ayant trouvé, il lui rapporta tout dans le plus grand détail. Quand il arriva aux regrets qu'avait montrés Léonisa en apprenant que Ricardo était mort, celui-ci sentit les larmes lui' venir aux yeux. Mahamud lui dit qu'il avait imaginé l'histoire de la captivité de Cornélio pour voir ce qu'elle éprouvaitj et lui fit part de la froideur et de la malice avec lesquelles elle avait parlé de Cornélio. Tout ce récit fut un baume salutaire pour le cœur affligé de Ricardo. <c Je me rappelle, ami, disaitil à Mahamud, une histoire que me conta mon père, dont tu connaissais le goût pour les choses curieuses, et dont l'empereur Charles- Quint récompensa honorablement les services militaires. Il me conta que, lorsque l'empereur prit Tunis et la Goulette, un jour qu'il' était campé dans la plaine, on vint lui présenter sous sa tente une Moresque, comme un rare objet de beauté. Au moment où elle fut amenée, quelques rayons de soleil entraient par un côté de la tente et frappaient sur les cheveux de la Moresque, qui étaient assez blonds*pour le disputer à ceux mêmes du soleil, chose nouvelle parmi les Moresques, qui se vantent d'avoir toujours la 'chevelure noire. Dans la tente se trouvaient, parmi beaucoup d'autres, deux gentilshommes espagnols, l'un Andalous et l'autre Catalan, tous deux gens d'esprit et tous deux poëtes. A peine l'Andalous l'eut-il aperçue qu'il conmiença, dans son admiration, à dire quelques vers de ceux qu'on appelle strophes, avec des
rimes très-difficiles, et s'arrêtant au cinquième vers de la strophe, il resta là, sans terminer ni la strophe ni la pensée» faute de trouver sur-le-champ les rimes nécessaires. Mais Fautre gentilhomme, qui était à ses côtés et avait entendu les vers, le voyant embarrassé, xomme s'il lui eût pris de la bouche Tautre moitié de la strophe, la continua et la finit avec les mêmes rimes, ce qui causa à l'empereur un très-grand plaisir. Cette même histoire me revint à l'esprit quand je vis entrer sous la tente du pacha l'adorable Léonisa, qui aurait obscurci, non-seulement les rayons du soleil, s'ils l'eussent touchée, mais le ciel tout entier avec ses astres et ses étoiles.
— Arrête, arrête, ami Ricardo, s'écria Mahamud ; je crains à chaque pas que tu ne te laisses emporter si loin dans les louanges de ta belle et charmante Léonisa, que, cessant de paraître chrétien, tu ne semblés idolâtre. Dis-moi, si tu veuzi ces vers , ou strophes , ou comme tu les appelles ; ensuite nous parlerons d'autres choses qui isolent de plus grand agrément , et peut-être aussi de plus grande utilité. — Volontiers, dit Ricardo ; mais ' je te rappelle que les cinq premiers vers furent dits par l'un et les cinq derniers par l'autre, tous impromptu. Les voici' :
c De même que, lorsque le soleil se montre au sommet c d'une colline et nous surprend à l'improviste, sa vue dompte ~ « et éblouit notre vue ,
c De même que le rubis balais, qui ne souffre pas de ver» ff moulure, de même ton visage, Aja, cruelle lance de Mahoc met, perce et déchire mes entrailles. »
— Ils me font plaisir à entendre, dit Mahamud, mais j'ai plus de plaisir encore à voir que tu es en état de dire des vers, Ricardo, car en ^ire ou en faire exige un esprit sans passion.
— Cependant, reprit Ricardo , on pleure des élégies *, tout comme on chante des hymnes , et c'est également dire des vers. Mais, laissant cela de côté, dis-moi, que pense8*tu résoudre sur notre affaire? Bien que je n'aie pu comprendre ce dont les pachas convinrent dans la tente, tout me fut conté, pendant que tu conduisais Léonisa , par un renégat de mon maître, Vénitien de naissance, qui se trouva présent, et qui
4 . Ces vers , qui ne sonl curieux que par la bizarrerie des rimes , ne peu- Tent manquer de sembler détestables dans une traduction littérale. 9. Endeçhas^ cbants funèbres.
entend bien la langue tar(iue. Ce qu'il faut ayant tout, c'est découvrir un moyen pour empêcher que Lëonisa n'aille aux mains du Grand-Seigneur. — Ce qu'il faut d'abord, répondit Mahamud, c'est que tu viennes au pouvoir de mon maître ; cela fait, nous nous concerterons sur ce qui sera ensuite le plus convenable. » En ce moment vint le gardien des captifs chrétiens d'Hassan, qui^mmena Ricardo. Le cadi retourna à la ville avec Hassan, qui, en peu de jours, termina l'enquête de résidence d'Aly, et la lui donna scellée, pour qu'il se rendît à Gonstantinople. Aly partit aussitôt, après avoir instamment recommandé au cadi d'envoyer sans retard la captive, et d'écrire au Graûd-Seigneur de manière à favoriser ses prétentions. Le cadi lui en fit la promesse avec un cœur perfide, car il l'avait consumé d'amour pour la captive;
L'un des pachas parti, plein de fausses espérances, et l'autre restant, aussi bien leurré, Mahamud s'arrangea de telle sorte que Ricardo vint au pouvoir de son maftre. Cependant les jours s'écoulaient, et l'envie de voir Léonisa pressait tellement Ricardo qn'elle ne lui laissait pas un moment de tranquillité. Il changea son nom en celui de Mario, afin que le sien n'arrivât point aux oreilles de Léonisa avant qu'il la vît. Mais la voir était très-difficile, car les Mores sont extrêmement jaloux et cachent à tous les hommes les visages de leurs femmes , bien qu'ils ne trouvent pas mauvais qu'elles se montrent aux chrétiens ; peut-être parce qu'en les voyant captifs, elles ne les croient* pas hommes complets.
Or , il arriva qu'un jour Mme Halima vit son esclave Mario. Elle le vit et le regarda si bien qu'il lui resta présent à la mémoire et gravé dans le cœur; et, peu satisfaite peut-être des froids embrassements de son vieux mari , elle donna facilement accès à un désir coupable, et non moins facilement elle en fit confidence à Léonisa, qu'elle aimait déjà beaucoup à cause de son humeur aimable et de sa conduite prudente, et qu'elle traitait avec beaucoup de respect, comme bijou du Grand-Seigneur. < Le cadi , lui dit-elle, a amené dans sa maison un captif chrétien, de si bonne mine et de si gracieuse tournure, qu'à mon goût je n*ai jamais vu un si bel homme en toute ma vie. On dit qu'il est chilibi, c*est-à-dire gentilhomme, et du mêm6 pays que Mahamud, notre renégat. Mais je ne sais conmientlui faire entendre la bonne volonté que j'ai pour lui, sans que le chrétien prenne mauvaise opinion de moi pour la lui avoir 'Siéclarée. — Gomment s'appelle le captif? demanda
Lëonisa. — Il s'appelle. Mario , répondit Halima. — S'il était gentilhomme et du pays que Ton suppose, reprit Lëonisa , je le connaîtrais certainement. Mais « du nom de Mario, il n'en est aucun àTrapani. Toutefois, fais en sorte, madame, que je le voie et que je lui parle ; je te dirai qui il est, et ce qu'il faut attendre de lui. — Ce sera comme tu le désires, dit Halima. Vendredi, lorsque le cadi fera la azala * dans la mosquée, je le ferai entrer ici dedans, où tu pourras l'entretenir tête à tête ; et, si l'occasion te semble bonne pour lui révéler mon désir, tu, le feras du mieux qu'il te sera possible. »
Voilà ce que dit Hamila à Léonisa. Deux heures ne s'étaient pas encore écoulées, que le cadi appela Mahamad et Mario ; et, avec non moins d'empressement qu'Halima avait ouvert son cœur à Léouisa, l'amoureux vieillard ouvrit le sien à ses deux esclaves, leur demandant conseil sur ce qu'il fallait faire pour posséder la chrétienne , sans manquer au Grand- Seigneur à qui elle appartenait, et disant qu'il aimait mieux mourir mille fois que la livrer une seule au Grand-Turc. Le religieux musulman peignit sa passion avec de tels transports, qu'il la communiqua au cœur de ses deux esclaves, lesquels pensaient tout le contraire de ce. qu'ils disaient penser. Il demeura convenu entre eux que Mario, comme habitant de son pays, bien -qu'il eût dit qu'il ne la connaissait point, prendrait en main le soin de la solliciter et de lui découvrir la volonté de son maître ; que si, de cette manière, on ne pouvait rien obtenir d'elle, le cadi userait alors de violence, puisqu'elle était en son pouvoir , et qu'après cela , en disant qu'elle était ^morte, on s'excuserait de ne pas l'envoyer à Gonstantinople. Le cadi fut enchanté de l'avis de ses esclaves ,-et dans la joie de son bonheur en expectative , il accorda sur-le-champ la liberté à Mahamud, et lui légua la moitié de ses biens. Il promit alors à Mario , s'il obtenait l'objet de ses désirs, la liberté et des richesses avec lesquelles il retournerait dans son pays, riche, honoré et satisfait. S'il fut libéral dans ses promesses, ses captifs furent prodigues dans les leurs. Us s'offrirent à lui amener la lune du ciel, et non pas seulement Léonisa, pourvu qu'il leur fournît toute facilité de l'entretenir. < Je la fournirai à Mario quand il le voudra , répliqua le cadi. Je ferai en sorte qu'Halima s'en aille pour quelques jours chez ses parents, qui sont chrétiens grecs, et, lorsqu'elle sera partie, j'ordonnerai