‹ Les nouvelles de Miguel de Cervantes SaavedraChapitre 47 sur 53 · lA fmii» » eoor ioiérteure 4ea ipâisoiit d« SévfiUe · texte numérisé non relu

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SCIP ION ST : BERGAN:?â, %4t

bataUle^, ââns manteaux, sans ëpées, et tout déboutonnés. Uua d'eux, qui dorait ôtre Thôte, tenait d'une main un grand pot de yin, et» de Vautre, un grand verre de cabaret, qui, rempli jusqu'aux bords d'un vin généreux et écumant, trin<quait à toute la compagnie. A peine eurent-ils aperçu mon maître, qu'ils vinrent tous à lui les bras ouverts. Ils porté» rent tous sa santé, et lui leur rendit raison à tous, car il était d'humeur affable, n'aimant fâcher personne pour peu de chose. Youloir te conter à présent ce qui se passa dans ce taudis, le souper qu'ils firent, les combats et les vols qui furent racon** tés, les dames doiit ils s'attribuèrent la conquête, celles qu'ils maudirent et réprouvèrent, les louanges qu'ils se donnèrent les una aux autresvles braves absents qui furent mentionnés, l'adrease aux armes dont ils firent preuve, se levant de table au milieu du souper pour exécuter, en escrimant avec les mainsv los bottes et parades dont il était question, les exprès^ sions exquises dont ils se servaient, et finalement l'étrange figure de l'hôte, auquel tous portaient respect comme à leur seigneur et père, ce serait m'enfoncerdans un labyrinthe d'où je ne pourrais plus sortir à mon gré. Enfin, je demeurai bien oonvaincu que le maître de la maison , qu'on appelait Monipodio *, était receleur de larrons et de rufiens, et que la grande bataille livrée par mon maître avait été d'abord concertée entre eut. Ils étaient convenus de battre en retraite et de laisser les fourreaux d'épées, que mon maître paya en bon ar^* geot cottiptant^ avec tout ce que Aonipodio dit que coûtait le couper, qui ne finit qu'au point du jour à la satisfaction gé^* nérale* Fpur dessert^, on dénonça à mon maître un rufien étranger qui était venu, tout flambant neuf, s'établir dans la ville. U était sans doute plus vaillant qu'eux, et, par jalousie, ils le dénoncèrent. Mon maître l'arrêta la nuit suivante , nu et dans son Ut ; car, s'il eût été debout, je vis à sa mine qu'il ne se serait pas laissé prendre si docilement. Cette arrestation, qui vint apj!ès la bataille* augmenta singulièrement la renommée de mon poltron , car il l'était plus qu'un lièvre ; mais, à force de collations et de verres de vin,. il soutenait sa réputation de brave. Tout ce qu'il tirait du métier et de ses intelligences occultes s'en allait par le canal de la bravoure. Mais prends patii^nce^ ci éooute maiutenant une aventure qui lui arriva, sans que j'ôte ou que j'ajoute un atome à la vérité.

4, Voir la nouvelle dé AiAfon^/tf^lCor/fM^Vo. .

kf^ DIALOGUE DES CHIENS

. Dwj. lairons Tolèrent à Antequera un forl bon èkerftl. Ils l'amenèraal à Bëville, et, pour le yendre sans danger, ils usé* rent d'une ruse aussi ingénieuse^ à mon aris, que raiso&m^ ble. Ils aUèrent descendre à deux diflërenies auberges^ et Tutl se présenta à la justioe, exposant dans une requête que Pedro de Losada lui devait quatre cents réaùï qu'il lui avidi prêlëei ainsi que l'attestait un billet signé de son nom , den% 11 étftH parteuri Le lieutenant du eorrégidor ordonna que ce Loeaida reconnût son billet, et que, dans ce cas, il fournit des gttgeSf ou fût conduit en prison. Cette affUre fut rémise à mon maître et au greffier son ami. Le roleur lès eonddisit à l'aubergede Tautoe, qui reconnut aussitôt sa signature, aroua là dettes et oi^tt le cheval pour nantissement. Dès <[ué mon mettre l'eut TU, ranimai lui donna dans l'œil ^ ei il-le marqua pour sien, si par hasard il était vendu. Le voleur convenant que l'é» cbéianoe était passée, le cheval Ait mis en vente et adjugé pour cinq cents réaux à un compère que mon mettre avait placé là pour racheter. Le Cheval valait une fols plus que le jirix qu'on en avait donné ; mais comme l'avantage du ven« deur était dans la^élérité de la vente, il adjugea sa marcha»* dise à la première enchère» L'un des voleun touehala oréanee qu'on ne lui devait point; Tautre reçut la quittance dont il n'avait que faire, et mon mettre resta avec le.chèval, qui fut pire pour lui que celui de Se^irano pour son maître^. Les to^ leurs levèrent pied sur«'l»4champ , et au bout de doux jours ^ at>rè8 avoir bien rajusté ei ra^écé les bamais de la bête, mon maître parut au milieu de la place San^FrancisoOy monté sur son cheval, plus fier et plus giorieui qu'un vilUi» geaîB en habite des dimanches^ On lui fit mille oomplkQttits du bon marché, chacun affirmant que le cheval valait eent cinquante ducats comme un ouf un maravédi. Fonr lui| piafilant et voltigeant, il représentait sa tragédie sur le théitfe de ladite place. Yoilà qu'an milieu de ses tours et de set caraoolades arrivent deux hommes de bonne mine et de bel équipage. < Vive Dieu I s'écria l'un deu:^ , c^est Pied«4e*Fif | mon cheval, qu'on m'a vulé , il y a quehi^MS joufs, à AntSM ^era 1 -^Bn vérité , répétèrent quatre domestiques qui l'ao^ joompagnaient, c'est bien :là Pied^de-^er, le cheval qu'on n volé* » Mon maître resta tout interdite Celui du <^eval porta

4. Expression proverbiale an temps de Genrantès, dont je n*ai pq décou- TrirTorigine. >j * ..

SCIPION 8T BSftOâKZA. %%3

pteiatet il Ait tte^s à pireuTeft, et il en fôtunit dé êi beimet,

que la sentence fut rendue en sa faveur , et que mbtt ttattiNi fol âépos64âéi L'aventure se répandit, ainsi que l'adresse des volenirs qui avaient su vendre par l'intervention de la ]U»* tiee œ qu'ils avaient volé, et presque tout le mondifs se réjoaissail de ee que la convoitise de mon mattre eût fini par rompre le sac '. Mais sa disgrâce ne s'arrêta point là. Cette mdme nuit , il alla faire la ronde avec le corrëgidoi^ M^^nème , auqu^ on avait donné l'avis <|ue des voleurs se Btontndint daks le quartier de San^Julian. Au passage d'ttn earrefour, on vit un homme se sauver en courant; ansait6ft te oarrégidor, me prenant par mon collier et A*ëtd« tant de la langue s r Au voleur, Gavilan , me dit'-il ; coure ras, mon fils, an voleur I > Moi, qui étais fatigué des ini* qoitéa de l'alguasil-, pour exécuter ce que m'ordonnait le seignenr corridor, sans hésiter un moment, ]e m'élançai sur tton propre mattre, et, quelque effort qu'il fit, je le jetai par terre tout de son long , et, si l'on ne me l'eût ôté des dents , j'en aurais vengé plus de quatre. Enfin, Ton nous sépara, à son grand plaisir et à mon grand regret. Les recors voulÀieut me battre , et même me tuer à coups de bâton, ce qu'ils n'au* raient pas manqué de faire si le corrégidor ne leur eût dit : 4 Que personne ne le touche; le chien a fait ce que je lui avais eommandé. > La malice fut comprise; mais moi, sans prendre eongé de personne, je me sauvai à travers champs par un trou dé la muraille, et j'arrivai avant le jour à Mayrena, qui est ta foourg à quatre lieues de Séville. Ma bonne étoile voulut que i'f trouvasse une compagnie de soldats, qui allaient, à ce que j'ouïs dire , s'embarquer -k Garthâgène. Il y avait là quatre rufienSi des amis de mon maître, et le tambour en était un. Clelui4à avait été reoors, et o'était un gi^and bouffon, comme les tambours le sont d'habitude. Ils me reconnurent tous, et tous me parlèrent, me demandant des nouvelles de mon mattre, oemme si j'eusse pu leur répondre. Mais celtti qui me ât le plus de caresses fut le tambour. Aussi me dééi» dâiije i m'àrranger avec lui , e'il y consentait , et à têitè oette campagne, dût*il mè meûéf en Italie ou en Flandre; car il me semble, et tu dois être du même aviSi que, malgré le proverbe t t Qui est bête en een pays sera bêle à lùidrid, » eependant rien ae dwsne 4é l'esprit aux gens

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