‹ Les nouvelles de Miguel de Cervantes SaavedraChapitre 48 sur 53 · I . Alluiloo su ptererbe» £tt ceékiM fotnpk el èo · texte numérisé non relu

I . Alluiloo su ptererbe» £tt ceékiM fotnpk el èo

%%% J)IÂLOanB DES CHIENS.

comme do. courir le m^mde et de foire touteo «ortes de oèn* n^ssaacee.

scmoii. — Cela est si vrû, que je me rappelle a?oir e&tendtt dire à un maître que j*eu8 , homme de forte tèie, que le fameux ûrec nommé Ulysse eut un grand renom de sagesse seulement pour avoir parcouru beaucoup de pays, et tu beaur coup de gens et de nations. J'approuve donc ton dessein de t'en aller où te mèneraient ces soldats. . BEROANZA.— 'Le css ost quo, pour mieux faire ses parades et bouffonneries, le tambour se mit à m'api^neudra à danser aa son de la caisse, et à faire mille autres singerieSt imposables vraiment d'être apprises par un autre chien que moi, comme tu le verras quaud je te les conterai. Poi^r arriver au lîea de destination, l'on avançait fort lentement; il n'y avait point de commissaire qui nous ttnt en bride; le capitaine était jeune, mais fort bon gentilhomme et fort bon chrétien ; l'enseigne n'avait quitté qae depuis peu de mois Madrid et la sàUke des pages; le sergent était retors et madré, et, de plus, grand ooiiducteur de compagnies du lieu où on les lève à celui où elles s'embarquent. Quant à la compagnie, elle était pleine de fanfarons et de gens de mauvaise vie , lesquele commettaient, dans les lieux où nous passions, des in* soltnoes et des excès qui faisaient maudire tel qui en était fort innocent. C'est le malheur d'un bon prince d'être accusé par ses sujets pour la faute de ses sujets, parce que Us uns sont les bourreaux des autres, sans que le seigneur y soit pour rien. 11 a beau le vouloir et l'essayer, il ne peut remédier à ces maux, car les choses de la guerre traînent presque toujours après elles la souffrance et les dissensions. Finalement, en moins de quiuse jours, grâce à mesdispositions heureuses et au zèle de celui que j'javais pris pour patron, je sus sauter pour le roi de France, et ne pas sauter pour la mauvaise cabaretière. U m'apprit aussi à faire des csourbettes comme un cheval napolitain, et à tourner en roftd oomme une mule de manivelle, ainsi que d'autres choses telles, que, sfi je n'eusse pas eu soin de ne pas m'effrir moi-même à les montrer, j'aurais fait douter ii ce n'était paa quelque démon sous la figure d'un chien qui les exécutait. Mou maître me donna pour nom le ehim atvant^ et à peine étions-nous arrivas à l'^pe que, se mettant à battre du tam* bour, il courait le pays en annonçant que toutes les personnes qui voudraieiit venir voir les touir» et l#s taleuls mer-

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Tdilleux du ebien sayant les yerrarent dans telle maison ou dans tel hôpital, moyennant quatre ou huit maravédis, selon que le pays était petit ou grand. Avec ces éloges et ces van-* teries, il ne restsût personne au pays qui ne vînt me voir, et personne ne s'en allait sans être étonné et ravi de m'avoir tu. Mon maître faisait parade du grand profit qull retirait,^ et traitait ses camarades comme dés rois. La convoitise et la Jalousie éveillèrent chez les mauvais sujets de la compagnie l'envie de me voler. Us en cherdiaient Toccasion, car cette £açon de gagner sa vie sans rien faire a beaucoup d'amateurs très-friands. C'est pour cela que Ton voit en Espagne tant de gens montrer les marionnettes ou expliquer des images, et tant d'autres qui vendent des épingles ou des couplets^ Tout leur fonds» s'ils le vendaient à la fois, ne leur donnerait pas de quoi vivre un jour ; et pourtant les uns et les autres ne quittent pas la guinguette et le cabaret de toute l'année : ce qui me fait croire- que c'est d'une autre source que de leurs métiers que sort le courant de leurs débauches. Tous -ces gens sont une race vagabonde, inutile, propre à rien, buvant le vin comme des éponges et mangeant le pain comme des charançons.

sciPiQN. — Assez, Berganza, ne retombons point dans les fautes passées. Continue, car la nuit s'en va, et je ne voudrais pas qu'au lever du soleil nous restassions à l'ombre du silence.

BBRGANZA. — Garde-le toi-même, et écoute. Comme c'est une chose facile de perfectionner une invention déjà faite, mon maître, voyant à quel point je savais imiter le coursier napolitain, me fit une schabraque de cuir doré et une petite selle qu'il m'ajusta sur les épaules. U y plaça une légère poupée représentant un homme avea une petite lance à courir la bague, et il m'apprit à enlever une bague qu'il plaçait entre deux bâtons fichés en terre. Le jour que je devais faire cet exercice, il annonçait que ce jour-là le chien savant courrait la bague et ferait d'autres galanteries nouvelles et inconnues, que je tirais, en effet, de mon sac aux inventions, pour ne ptHUt faire mentir mon maître. Nous arrivâmes ainsi , par étapes , à Montilla , ville • du célèbre et pieux marquis de Priego, seigneur de la maison d'Aguilar* et de Montilla. Mon maître fut logé, sur sa demande, dans un hôpital. Il fit aussitôt la publication accoutumée, et, comme la renommée avait déjà répandu le bruit des talents et des tours d'adresse du

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diien savant, en moina d'una htàté la eoiu ia vémplii d« monde. Voyant que la réoolta serait abondante, mon maftrv sd réjouit, et €e montra ce }our«là facéHeux à Teicès. La félt dommançait toujours par les sauts que je faisais dans un eer»* oeau de tamis, qui semblait un cenda de cuve. Il me faisaiti en forme d'eiorcisme, les questions ordinaires, et, quand il baissait une baguette d'osier qu'iL portait à ia main, c'était signe qu'il fallait sauter; quand il la tenait haute, qu'il £al« lait rester tranquille. La ptamière adjuration qn'ii m'adressa ee jour4à, mémorable entre tous eaux de ma vie, fut oellaHâ : € iiUons, Gavilan, mon ami, saute pour oe Tieillaid Tart*ga^ lant que tu connais, qui se fait maiioa! la bai^e; et, si ta ne veux pas, saute pour la magnificence et le pompeux maintien de dofta Pimpinela de Paphlagonie^ qui fut compagne de la Gkdioienne, serrante à Valdeiistillas* L'adjuration ne le platt pas, mon fils Gkvilant £h bùn, saute pour le bachelier PasiUas, qui signe licencié, sans atoir reçu le usoiadrè degré, ûhl que tu es paresseux I Pourquoi ne sautes^u pas? Maie Toilà que je oomprends fort bien tes malices. Maintenant» saute pour le vin d'fisquivias ', aussi fameux que celui de Giudad-Real, de San-Martin et de Riyadavia. > Il baissa la bal^uette, je sautai, et pris nota des méchancetés qu'il avait dites^ Alors, se tournant vers le public, il s'écria d'une voi< hanta t c N'allez pas penser, ô sénat valeureux, que la science de ce chien soit une chose pour rire. Yingtrquatre toura je hai ai appris, tels que pour le moindre d^entre eux volerait un épervier * ; je veux, dire que, pour le hiotndre, on ferait trente lieues de chemin. Il sait danser la sarabsmde et la âiasonne mieux que celle qui les a inventées; il avale ilne pinte de via sans ejn laisser une goutte; il entonné un soi, /a, mi, ré, tout aussi bien qu'un sacristain. Toutes ces choses et beaucoup d'autres qui me restent à dire, Yos &râee8 auront le temps de les voir pendant le peu de jourf que passera ici la oompa* gnie; quant à présent, que notre savant fasse encore un sont, et nous entrerons dans le gros de l'affaire, s

£n parlant ainsi, il tint en suspens l'ailditoire, qu'il avait appelé sénat, et alkuna chez les spectateurs le déi^r de v«4r jusqu'au bout tout oe que je savais. Mon mattrè alors se tournant vers moi : c Toames-^vous^ mon fils Gavilan, me

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