‹ Les nouvelles formules du matérialismeChapitre 10 sur 32 · ML MV- ML · texte numérisé non relu

ML MV- ML

quantité de mouvement Mv ou --j-, l'énergie ^— ^ ou -jr^^ , letra-

vail — - etc. Et tout cela devra entrer en ligne pour apprécier

le cas simple en apparence, complexe en réalité que j'ai pris tout à l'heure pour exemple, car je l'ai fait se passer dans un milieu gravitaire.

Autant de signes « abstraits, » mais correspondant tous à des réalités et non tous de la même façon, ni aux mêmes espèces de réalités. Nous voilà encore embarrassés par ce mot très général de réalité, si difficile à définir, demandez aux idéalistes !

En ces « réalités, » puisque ce mot est écrit, nous en distinguerons de divers genres ou de diverses espèces.

La vitesse est-elle une réalité? Sans doute, tout autant que celle du corps en mouvement. Elle est une corrélation de ce

mouvement -^ la longueur d'un parcours divisé par le temps

employé pour ce parcours.

Est-ce une chose'! oui, dans le sens où le mot res est pris en latin. Tout ce dont on peut parler.

Nullement dans le sens usuel, en français, de ce même mot chose. Le rapport d'une distance à une durée n'est pas une chose, et le mot vitesse nous sert à noter la façon dont notre esprit conçoit une certaine manière d'être ou plutôt de changer dans un ensemble réel ou imaginaire.

« Les lettres L, M, T, représentent par abréviation longueur, masse, temps.

Aire ^= L^, volume = L^, vitesse ^'

Accélération = rp^, quantité du mouvement = -rrr.

Densité -3 la deusité étant définie la masse par unité de volume.

Porce = Tprj parce qu une lorce est mesurée par la quantité

de mouvement qu'elle imprime par unité de temps, et est par suite le quotient d'une quantité de mouvement par un temps, ou encore parce qu'une force est mesurée par le produit d'une masse par l'accélération imprimée à cette masi^e (1).

Ce dont il est question ici, sous le nom de force, n'est donc pas une entité qu'on puisse grouper avec l'enlité masse. C'est un simple rapport, une relation. Cette relation comme toutes celles des choses réelles est inséparable de deux choses ; elle est donc aussi réelle dans ce sens. Nous pouvons cependant la séparer par abstraction et la considérer à part en notre esprit au

moyen des symboles ou signes qui l'expriment ^-^ ou My, y représentant l'accélération, elle-même représentée par ^r^.

Ces correspondances entre les diverses conditions du mouvement réel des corps réels ou du mouvement conçu dans notre esprit de corps imaginaires, et les signes abstraits par lesquels on peut les représenter exactement, sont de la plus haute importance comme éléments essentiels de la vraie métaphysique scientifique. Un philosophe dialectisant de « force » et de « matière » sans les avoir bien comprises et gravées en son entendement, s'expose à parler sans savoir lui-même ce qu'il dit : C'est là — il faut l'avouer — un triste mode fonctionnel, quand il s'agit d'instruire les autres 1

Quand je dis :

La force (2), la vitesse, la température, il est donc évident que je ne désigne que des relations.

Ces relations sont quantitatives.

Elles s'expriment par des nombres.

Les unités de ces nombres sont arbitrairement choisies, c'està-dire par pure convention. La masse, elle aussi.^ est une quantité, une réalité. Elle est quelque chose de plus. Elle est une chose ou si l'on veut une entité. Mais ce dernier point ne regarde

(1) J.-D. E^ERETT. — Unités et constafites physiques. Trad. de Jules Raynaud. — Paris 1883.

(1) Dans le sens de pulsion, celui qu'on lui donne en mécanique rationelle.

plus guère la mécanique rationnelle, mais bien la physique et surtout la cliimie, fondées toutes deux sur cette induction générale : on n'a jamais vu une masse se former de rien, ni pouvoir être réduite à rien. De nihilo nihil,... etc.

Il n'en est pas de même puur la vitesse, pour la quantité de mouvement, ni même pour la force (au sens des mécaniciens) ? Ces rapports peuvent à chaque instant varier, se réduire à zéro, croître indéfiniment.

En est-il de même pour l'énergie ?

L'énergie est aussi bien quelque chose que la masse, quelque chose comme la masse de permanent dans la nature, impossible comme elle à réduire à néant.

L'énergie et la masse (force-vive, énergie cinétique ou Force proprement dite, et Matière au sens rigoureux du mot) forment une dualité métaphysique indéniable. Ces deux choses, par cela même, comparables entre elles, bien que non commensurables l'uns par l'autre, et n'en admettant pas une troisième de la même espèce ni du même ordre, sont non seulement deux réalités, deux quantités, mais encore deux... Ici le mut va peut-être manquer à ma pensée (ô Boileau, ô Condillac !) et la mécanique ni la physico-chimie ne me le fourniront pas. J'ai dit choses, entités (1) ;

Cl) Ce mot scolaslique à'entité est sujet, comme celui de substance, comme tant d'autres du parler philosophique, à de nombreuses critiques ; on l'applique à tons les cas d'individualité ou d'individuation réalisée ou idéale ; on peut lui faire signifier aussi ce qui se constate dans In nature comme réel, sans être nécessairement corporel ni limité, ni rliithmique, ni morphique, ni évolutif... c'est donc en ce sens qu'il est ici employé et qu'on pourrait dire : Il y a quatre entités générales ou universelles, sinon directement perceptibles par nos sens externes, accessibles du moins à notre esprit et fonctions de notre savoir, par l'exercice de nos facilités sensorielles, et de leurs organes et pouvant être nommées et notées par les signes verbaux suivants ;

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