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points distincts, des objets qui se ressemblent. Ainsi les mouvements de la mer assemblent ici des galets, là des graviers, plus loin des sables fins, ailleurs de la vase. Il trouve comme toujours des faits analogues entre eux représentant cette fonction de la nature, dans le monde physique, dans l'organisation des êtres, dans la peusée humaine, dans les sociétés, dans les migrations des peuples, etc.
Comme dans ses précédentes études, il ne manque jamais de trouver ce qu'il cherche, et c'est ainsi que se font les métaphores. Ces correspondances sont incontestablement réelles, parfois curieuses à relever, mais elles ne fournissent l'explication de rien. Elles tendent à ramener les choses hautes et vrai~ ment complexes vers les basses dont la complexité mal, ainsi nommée n'est que pure confusion ou fortuit mélange, sans unification véritable, car l'unification en une harmonie supérieure, en une coordination voulue, n'a rien à faire avec la concentration, la conglomération, ni avec cette ségrégation si ambitieusement développée. Parfois l'auteur semble s'apercevoir de la faiblesse de ses « preuves », du peu d'exactitude de ses comparaisons, mais cela ne dure pas ; et il continue ou reprend la série des faits particuliers de ce même ordre d'insuffisante distinction, dont l'accumulation n'ajoute rien à l'énoncé premier ou au premier des cas relevés, non donné ordinairement pour probant, mais dans le but de mieux « faire comprendre. »
On comprend bien certes ! la pensée de l'auteur ainsi exprimée sous de multiples formes, on comprend aussi qu'elle ne s'est pas relevée très haut et qu'elle n'a pu atteindre très loin.
Et il croit avoir étudié ainsi et même déterminé « les diverses phases de l'évolution » !!... Il n'en a point, je ne dirai pas déterminé, mais seulement abordé une seule.
En somme, ne l'a-t-il pas avoué, il a seulement brodé les multiples arabesques de sa dialectique sur un certain canevas, l'hypothèse de la nébuleuse. Il a été comme ébloui par celte œuvre d'imagination inductive et de puissance déductive, où l'esprit peut se rendre compte de certains possibles et notamment de ce que peut faire la nécessité (mathématique et mécanique) sur les données relativement simples d'un éther primordial d'apparence homogène, des deux formes universelles de la force permanente (radiation et gravitation) et des divers rythmes spécifiques de la nature, actinisme, lumière, chaleur, gravitation, etc.
M. Herbert Spencer, nouvel Icare, a pensé qu'en empruntant
les ailes de Dédale, il pourrait s'approcher de très près du soleil de la science dont il aime (et je l'en loue) les chauds et féconds rayons. Mais la cire s'est ramollie et fondue, et le souffle de Notos a dispersé les plumes innombrables, dont quelques-unes, prises à part, ne sont pas sans prix... Inutile, n'est-ce pas 1 de poursuivre l'allégorie.
A ce propos, je dois le rappeler, l'auteur des Premiers principes donne partout ses « solutions » comme relatives. Veut-il dire par là qu'il en considère les démonstrations comme incomplètes, je crois avoir démontré qu'elles ne sont point du tout des solutions, même des solutions hypothétiques concevables.
J'ai, pendant le cours de la précédente étude, qualifié le philosophe insulaire, de matérialiste, malgré une certaine crainte de lui déplaire. Sans aucune malice je me suis servi de cet adjectif, dans la nécessité d'exprimer en un seul mot, et sans aucun danger de livrer mon adversaire aux bêtes du cirque, la théorie prétendant tout expliquer par les transactions de la masse et de la force. Je serais désolé que personne pût soupçonner un manque de courtoisie de ma part envers un travailleur courageux et persévérant qui mérite à ce titre tous les égards et tous les respects, sans parler de la célébrité de son nom par le monde. Il faut aussi respecter et aimer la sainte vérité ou ce que nous prenons pour elle, selon nos moyens personnels toujours limités. D'un autre côté, chacun a le droit de prendre en face du public la position qu'il veut et de nommer comme il l'entend sa doctrine, son système ou sa théorie maîtresse. Pour concilier de mon mieux ces difficultés, antinomiques au moins d'apparence, je citerai presque en entier les deux dernières pages des Premiers principes, contenant des réserves données pour importantes, en y ajoutant çà et là des remarques par lesquelles du même coup ma critique se complétera :
« Bien qu'il soit impossible, dit M. Herbert Spencer, d'empêcher les fausses interprétations, surtout dans ces questions qui excitent tant d'animosité, il est bon pourtant, pour s'en préserver autant que possible, de résumer la doctrine philosophicoreligieuse qui règne dans les pages précédentes. Nous avons montré à satiété et en tous sens que les vérités les plus hautes que nous puissions atteindre ne sont que des formules des lois les plus compréhensives de l'expérience que nous avons des relations de Madère, de Mouvement et de Force; et que la Matière, le Mouvement, la Force, ne sont que des symboles de la réalité inconnue. Un pouvoir dont la nature reste pour toujours
inconcevable et auquel on ne peut imaginer de limites dans le temps ou dans l'espace, produit en nous certains efTets(l); entre ces effets, il y a une certaine ressemblance de connexion, ce qui nous permet de leur assigner des lois d'une haute certitude (2) )).
« L'analyse re'duit ces diverses espèces d'effets à une seule espèce d'effet et ces diverses lois à une seule espèce de loi. Le couronnement de la science est l'interprétation de tdus les ordres de phénomènes comme manifestations différemment conditionnées de cette espèce de loi. Mais, après cela, la science n'a encore fait que systématiser l'expérience ; elle n'en a pas étendu les limites (3). Nous ne pouvons pas plus qu'auparavant dire si les lois sont aussi absolument nécessaires qu'elles sont devenues pour notre pensée relativement nécessaires (4). Tout ce qui nous est possible c'est d'interpréter le procès des choses
d) Ici le philosophe penche au moins en apparence vers une sorte de panthéisme et même vers un idéalisme extériorisé, différent mais dérivé de celui de Berkeley d'où sont sorties les philosophies de Kant, de Hegel, de Schopenhauer et de tant d'autres.
(2) Les seules lois présentant ce caractère de haute certitude sont les corrélations mathématiques ou mécaniques abstraites, applicables sous certaines conditions aux réalités. Quant aux lois d'induction, elles sont toutes contestables tant qu'on ne les a pas réduites à ces corrélations déjà cofiquises ou qu'on n'en a pas dégagé les corrélations absolument connues de ce genre.
(3) L'auteur s'est ici préoccupé sans doute de la totalité de l'expérience possible dont parle Kant (Critique de la Raison pure), ce qui n'offre rien de bien clair à l'esprit; car il est évident que toute bonne théorie, lorsqu'elle paraît, agrandit nécessairement le champ de l'expérience actuellement possible, et permet ou de poser des questions nouvelles, ou de mieux présenter des questions auparavant mal posées.
(4) Ceci est au fond l'expression d'un pur agnosticisme, se confondant tout à fait avec le Doute universel des pyrrhoniens. Nous n'avons aucune raison de douter des évidences ni des démonstrations bien vérifiées des sciences mathématiques, ou bien il n'y a point de science. Quant aux lois d'induction, elles ne valent que dans la limite des faits qu'elles embrassent et dans la mesure de l'exactitude des observations ou des expériences. En général, elles sont des expressions de plus ou moins hautes probabilités. Supposer des puissances qui s'amuseraient à nous tromper sur toutes choses, ce serait se condamner volontairement à ne jamais rien savoir. Une induction relative à la manière dont nos sens nous mettent en rapport avec les milieux extérieurs (en dépit de toutes les prétendu<îs erreurs que leur attribuaient surtout dans les temps passés certains groupes de philosophes) nous montre précisément le contraire, car cette
mise en rapport, l'anatomie et la physiologie unies à la physique la y
prouvent des mieux assurées, suivant les conditions connues du réel et A / ^3 *^
celle» des possibles. '^^ ^
comme il se présente à notre conscience bornée; mais nous sommes incapables d'en concevoir et encore moins d'en connaître le procès réel (1). On se rappellera aussi que, si la connexion entre l'ordre phénoménal et l'ordre ontologique est à jamais impénétrable, la connexion entre les formes conditionnée et la forme inconditionnée de l'être est à jamais inscrutable. L'interprétation de tous les phénomènes en fonction de Matière, de Mouvement, de Force n^est rien de plus que la réduction de nos idées symboliques complexes à des symboles plus simples, et lorsque l'équation a été réduite à sa plus simple expression, les symboles n'en sont pas moins des symboles (2). »
« Par suite, les raisonnements qu'on peut suivre dans les pages précédentes, ne fournissent aucun appui à aucune des hypothèses rivales sur la nature ultime des choses. Ils n'impliquent pas plus le matérialisme que le spiritualisme, et pas plus le spiritualisme que le matérialisme(3). »
(3) Ce procès réel insoupçonné opposé au procès connaissable des choses est, dans le sens de la pensée de M Herbert Spencer, tout à fait chimérique. Nous ne connaissons jamais — il est vrai — là totalité de telles corrélations ; ce n'est pas une raison pour douter de ce que nous en avons découvert, car !a vérificatiou en est constante, et fût-elle simplement possible.
(4) Nous avons besoin de pareils symboles pour synthétiser les idées particulières nées en nous à l'occasion de nos études concrètes des êtres et des choses. La question est de savoir si vos trois symboles qui se réduisent à deux, masse et force, suffisent ou ne suffisent pas ; s'ils embrassent réellement les faits /es plus importants présentés par la vie, par la science et par l'art. Or ils ne les embrassent nullement, et ce n'est qu'en laissant de côté les faits de la vie, même les plus simples, ceux de la pensée, et ceux de la création, dans la conscience humaine et dans la nature, que vous parvenez à celte artificielle et insuffisante généralisation très illégitimement simplifiée. De plus, vous arrivez à douter du peu que peuvent représenter vos symboles. Après avoir essayé de nous démontrer que nous ne sommes rien que des accidents ou des modes éphémères de l'Inconnaissable, vous complétez votre prédication en nous affirmant que nous ne pouvons absolument rien savoir. Cette doctrine ne peut donc porter d'autre nom que celui de nihilisme. On peut ajouter à ce nom le qualificatif de transcendental, je crois, sans inconvénient.
(1) Tous ces raisonnements veulent tendre à prouver que l'eurythmie et l'eumorphie, la vie et la conscience, la beauté, la pensée ont pour conditions efficientes de réalisation deux entités, ou tout au moins deux fonctions universelles discernables et conjuguées, connues par la simplicité au moins originelle de leurs manifestations pour l'une, d'inertie et pour l'autre de mouvement inconscient; si l'on y joint le temps et l'espace, cela fait quatre conditions générales, implicitement contenues en ce que les anciens et les philosophes du dernier siècle nommaient plus confuse-
« Tout argument qui semble militer en faveur d'une de ces hypothèses est aussitôt neutralisé par un argument de même valeur en faveur de l'autre (1).
Le matérialiste, voyant que, par une déduction nécessaire de la loi de corrélation (2), ce qui existe dans la conscience sous forme de sentiment peut se transformer en un équivalent de mouvement mécanique, et par conséquent en équivalent de toutes les autres forces manifestées par la matière peut croire démontrée la matérialité des phénomènes de conscience (3). »
ment et ea bloc la Matière. Ils veulent établir que cette matière étant elle-même dépourvue de conscience, d'intelligence, de génie, la conscience, l'intelligence et le génie ne sont que des résultats de ses nécessaires ou forhiUes transactions. Et c'est là le pur matérialisme — il s'y faut bien résigner selon vous — ne comportant, comme possible, aucun» pérennité ou immortalité soit de l'homme soit des autres êtres organisés par des rencontres tatales de masses hétérogènes et de forces diversement distribuées ; ces êtres sont ensuite désorganisés de même et pour toujours. On ne voit pas quelle espèce de spiritualisme pourrait tenter de •e prévaloir de tels raisonnements. Si ce n'est peut-être celui que l'on nomme plus souvent idéalisme et qui de nos jours tend à se rapprocher — asymptoliquement, si l'on veut — sous le nom de monisme, du matérialisme de tous les temps. D'autre part, si ces mêmes raisonnements et les études des choses naturelles et humaines qui les accompagnent ne servent à prouver ni le matérialisme ni une autre doctrine, à quoi servent-ils donc et surtout que prouvent-ils ? Serait-ce qu'il n'y a rien à prouver et presque rien à penser.
(1) Cette remarque peut être vraie quant au spiritualisme hyperphysique ou aphysique de Berkeley et de ses successeurs de la grande école allemande. Dans un autre sens du mot, sa justesse devrait être démontrée.
(2) La corrélation des forces physiques est un fait général et non une loi. L'auteur la nomme loi parce qu'on l'étend par analogie assez incontestable au delà des faits d'un certain ordre actuellement observés à beaucoup d'autres faits du même ordre ; mais ce serait abuser étrangement de l'ana logie que de l'étendre sans plus d'artifice à d'autres faits non compris dans cet ordre ; et même d'un ordre évidemment différent, aux faits de la pensée, par exemple.
(3> Il n'y a presque point de mots en cette phrase que la critique ne soit en droit de contester ; et les corrélations exprimées y sont en désaccordsformel avec les méthodes employées dans les sciences. Aucune corrélation n'a été établie par l'expérience, ni par aucune théorie concevable, entre les faits de pensée créatrice (coordination des rythmes et des formes ou de mouvements voulus) et les forces physiques du monde extérieur Ces mots de forces manifestées par la matière, n'expriment rien de plus concevable pour l'esprit. Une force ne saurait se manifester par la matière ni par elle-même, elle ne le peut faire que par le changement de rapports dans l'espace d'objets, de corps déterminés. L'expression matérialité des phénomènes de conscience est aussi bien vague. Même pour un matérialiste, un « phénomène » n'est point matériel, pas plus qu'un mouvement ou un
— Si —
« Mais lespiritualiste, partant de la même donnée, peut soutenir avec la même autorité... — » Ce n'est giières I — « .... que si les formes déployées par la matière (je souligne ces mots) ne sont connaissables que sous la forme de ces mêmes équivalents de conscience qu'elles produisent, il faut en conclure que ces forces, quand elles existent hors de leur conscience, sont de la même nature que lorsqu'elles existent dans la conscience : et qu'ainsi se justifie la conception spiritualiste d'après laquelle le monde extérieur consiste en quelque chose d'essentiellement identique avec ce que nous appelons l'esprit (1) ».
« Mais ceux qui comprennent bien la doctrine de cet ouvrage verront qu'aucun de ces deux termes ne doit être pris comme fondement. Bien que la relation du sujet et de l'objet nous oblige à ces conceptions antithétiques de l'Esprit et de la Matière, l'une est tout autant que l'autre le signe delà Réalité inconnue et qui les supporte l'une et l'autre. »
C'est ainsi que le monisme actuel s'est constitué en doctrine prétendue nouvelle, fondant en une seule substance ou Réalité — le sens de ces mots est identique — ou, si l'on veut dans le même Inconnaissable le panthéisme de Spinosa, l'idéalisme de Berkeley et tous les idéalismes dérivés, et le prétendu positivisme scientifique. On se débarrasse du même coup de la nécessité d'admettre la dualité substantielle Force et masse et on retombe dans le très ancien matérialisme d'Epicure, lequel inhabile à toute différenciation générale nommait du moins franchement la Matière, ce que le nouveau, — pour éviter ce mot quelque peu décrié, paraîtil, à notre époque, — nomme l'Inconnaissable ou la Réalité.
En résumé, M. Herbert Spencer a suivi la méthode générale dont voici les deux formules caractéristiques :
rapport, à moins de prendre ce mot « matériel » dans le sens de l'ancien matérialisme qui ne, distinguant rien de rien, ne savait pas distinguer la masse (ou matière pure) de la force (ou énergie, inconsciente) ni même de l'espace si souvent et si singulièrementqualifié de matériel.
(1) Ce « spiritualiste » est au fond aussi matérialiste que son adversaire supposé, en ce qu'il admet comme prouvée ou probable la corrélation gratuitement admise non des forces et des sensations, mais des forces et de la pensée (coordination intellectuelle). Us s'éloignent autant l'un que l'autre de la science expérimentale et de la logique matiiématique. Ils n'ont pour soutenir leurs opinions ni le moindre fait d'observation ou d'expérience, ni la moindre théorie acceptable. Ces deux opinions données ici comme opposées, se confondent parfaitement dans le monisme contemporain, la forme la plus récente du matérialisme, tirée par déduction ou dialectiquementde l'idéalisme pur de Berkeley.
1° Poser tout d'abord l'Inconnaissable en n'essayant pas de le déterminer, — je ne veux pas dire en lui-même, ce qui serait, de toute évidence, impossible, — mais par rapport au connnaissable de l'esprit humain.
2° Prendre pour guide l'hypothèse cosmogonique, et ramener à des corrélations analogues tout le connu des sciences, poursuivant toute l'évolution des choses et des êtres depuis un certain état primitif (théorique) supposé relativement homogène de la matière cosmique, jusqu'au retour à un état pareil.
Ayant fait cela, il pensa avoir édifié une philosophie complète, ses données fondamentales sont l'étendue et la durée et la persistance du mouvement, ce qui déjà comprend deux entités inconnaissables, si ce n'est par leurs fonctions. Il s'est flatté d'expliquer uniquement avec ces données ce qu'on nomme la création, la vie, la conscience et la pensée.
J'ai démoutré qu'il n'y a pas réussi, et que son entreprise aurait dû lui paraître irréalisable, dès ses premières tentatives. Le vice d'une telle méthode consiste en ce que le philosophe y méconnaît les bonnes règles de toutes les recherches scientifiques, d'où sout sorties les découvertes les moins contestées, lorsque des hommes de génie les ont faites, les bonnes règles qui ont tout au moins puissamment contribué à la réalisation de ces découvertes.
Ces règles sont particulièrement indispensables en philosophie, à cause de la grande généralité des questions. Dans les sciences d'observation, des hasards heureux peuvent parfois se présenter ; encore cela est-il moins fréquent qu'on ne le suppose.
En un groupe restreint de faits, un esprit intuitif peut tout d'un coup apercevoir un rapport très important que d'ingénieuses expériences ultérieures n'auront qu'à rendre évident pour les savants et pour tout le monde. Il ne peut en être ainsi lorsqu'il s'agit de résoudre ensemble et au mieux possible les grands problèmes des origines théoriquement possibles et de l'évolution de l'univers, comprenant tous les développements individuels, les manifestations physiologiques et psychologiques des êtres. Dans ce cas, il faut se garder de trop de confiance en une seule idée préconçue, il faut demander aux faits de parler en quelque sorte d'eux-mêmes, et ne se laisser conduire par des analogies partielles qu'avec la plus extrême prudence. Il faut ne négliger aucune loi déjà vérifiée, aucune induction déjà justifiée ; il faut, en allant d'induction en induction, embrasser d'autant
plus de faits et les mieux déterminer que l'ordre des chose» considérées devient plus complexe, enfin il faut éviler d'employer des mots mal définis et contenant déjà l'idée première qui, à tort peut-être, a servi de point de départ, car celte idée se retrouvera, si l'on n'y prend garde, dans toutes les conclusions, en vertu de raisonnements déduclifs où le paralogisme se glissera fatalement. Faute de tout cela, on n'aura fait avec plus ou moins d'art qu'un plaidoyer didactique et dialectique en faveur de quelque doctrine ancienne, acceptée d'avance plutôt que réinventée, et on n'aura prouvé aux clairvoyants qu'une chose, c'est qu'on a beaucoup erré à l'aventure, et loin de toute réalité.