Couche des cellules polymorphes. — L'existence d'une
couche de ce nom, semblable à celle de la corne d^Ammon, a été mentionnée pour la première fois par Schiffer. Il est parvenu à y imprégner certains corpuscules pyramidaux ou étoiles dont les expansions protoplasmiques ascendantes pénétreraient dans la zone moléculaire,, tandis que les cylindres axes descenderaient jusqu'à la région du hile. Il a vu aussi quelques cellules fusiformes horizontales déjà figurées par L. Sala.
Après avoir confirmé l'exactitude des descriptions de ces savants, nous avons pu à notre tour ajouter quelques données qui nous font connaître davantage la zone que nous étudions et permettent aussi d'identifier cette zone à son homonyme de la corne d'Ammon.
Il convient, dès lors, pour la commodité de la description, de distinguer dans la zone des cellules polymorphes deux sous-zones : l'une superficielle ou plexiforme, l'autre profonde ou des cellules irrégulières. Au-dessous de cette dernière se trouve une zone moléculaire qui est une dépendance des grandes cellules pyramidales de la corne d^Ammon (portion cachée dans le hile du corps godronné).
A. Sous-zone plexiforme. — Cette sous-zone contient^ outre le plexus très serré de collatérales dont il a été fait mention précédemment, diverses cellules nerveuses que nous classerons sous trois types : i° Cellules à cylindre axe ascendant ; 2° cellules à cylindre axe descendant ; 3° cellules sensitives de Golgi ou à cylindre axe court. (Fig. 21.)
1° Cellules à cylindre axe ascendant. — Elles sont triangulaires, ovoïdes ou étoilées ; elles possèdent une ou plusieurs tiges protoplasmiques qui se perdent dans la zone moléculaire, quelques rameaux protoplasmiques variqueux pour la couche des corpuscules polymorphes et un cylindre axe ascendant qui, arrivé dans la zone moléculaire, s'y bifurque à des hauteurs différentes et fournit des ramifications très abondantes; celles-ci constituent une bonne partie du plexus nerveux situé dans la zone moléculaire. (Fig. 21, ,^.)
Qjaelques-unes de ces cellules se comportent comme les
cellules pyramidales décrites plus haut, c'est à dire que leur expansion nerveuse ascendante, après avoir traversé la couche des grains, devient horizontale et collabore à la formation des deux plexus déjà cités : plexus susgranulaire et intergranulaire. (Fig. 21, /;.)
2° Les cellules à cylindre axe descendant résident d'habitude dans un plan plus profond de la zone plexiforme ; leur aspect est fuselé ou étoile, et leurs expansions remarquables par leur grande longueur et leur apparence velue ont communément un parcours horizontal. Le cylindre axe massif descend jusqu'à la région du hile et se prolonge par une fibre de Valveus. Dans son trajet à travers la région sous-jacente (zone des cellules irrégulières) au corps cellulaire qui lui a donné naissance, ou même plus bas encore, le cyhndre axe émet plusieurs fines collatérales, dont quelques-unes remontent jusqu'à la sous-
FlG. 22.
Schéma de la corne d'Ammon et de \a.fascia dentata montrant les rapports existant entre les grandes cellules pyramidales de la région inférieure de la corne d'Ammon et les fibres moussues provenant des grains.
A, couche moléculaire de \à fa scia dentata; B, couche des grains; C, couche moléculaire de la portion terminale de la corne d'Ammon ; D. faisceau longitudinal des fibres moussues ou cylindres axes des grains: E. cylindres axes des grandes cellules pyramidales allant à Ia Jimbria ; F, fimbria; G, petite cellule pyramidale ou supérieure ; H, faisceau formé de grosses collatérales nerveuses ascendantes ; /. collatérales de la substance blanche ; J, fibres terminales venant du subiculiim ; L, cellules pyramidales du subiculum dont le cylindre axe pénètre dans la corne d'Am-
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zone plexiforme située au-dessus où elles se ramifient à plusieurs reprises. (Fig. 21, f.)
3° Cellules à cylindre axe court. — Elles sont, d'ordinaire, de forme ètoilée ; leurs expansions protoplasmiques vont dans tous les sens ; quelques-unes d'entre elles gagnent la couche moléculaire de h fascia dentata.^ où elles donnent des arborisations dichotomiques. Leur cylindre axe présente une direction variable^, souvent à peu près horizontale et se résout ensuite en un nombre considérable de ramuscules variqueux, qui contribuent à compliquer le plexus intercellulaire de la sous-zone plexiforme.
B. SOL'S-ZONE DES CELLULES IRRÉGULIERES. Au-dcSSUS de
la couche moléculaire de la portion cachée de la corne d'Ammon se trouve un groupe Hnéaire de cellules, parfois bien délimité, et qui contient :
a. Des cellules pyramidales^, triangulaires ou étoilées, dont on peut suivre le cylindre axe descendant jusqu'à Valveus. Il n'est pas rare de voir que quelques-unes des expansions protoplasmiques de ces cellules pénètrent dans la zone moléculaire de h fascia dentata ou corps godronné (fig. 21, m).
b. Des cellules horizontales, allongées ou fusiformes, dont le cylindre axe se dirige vers la périphérie ; il est probable que ces cyhndres axes sont Torigine de certaines fibres, relativement épaisses, dont les ramifications multiples, après avoir abandonné quelques ramuscules horizontaux à la zone plexiforme située au-dessus, gagnent, en suivant des trajets différents, la couche moléculaire où elles se divisent abondamment et sur une grande étendue. Quelques-uns de ces cylindres axes donnent naissance à une arborisation si développée qu'elle peut couvnr un tiers ou encore plus de Tétendue de la couche moléculaire de même qu'une bonne partie de la sous-zone plexiforme située au-dessus.
Il est possible que cette zone serve aussi d'habitat à des cellules à cylindre axe court, dont les arborisations ne dépasseraient pas la limite supérieure des cellules pyramidales.
1° La corne d'Ammon est une écorce cérébrale, véritable, simplifiée en ce qui touche aux zones des cellules pyramidales et compliquée quant à la texture de la couche moléculaire. Ainsi, tandis que dans la zone moléculaire de Técorce cérébrale typique les collatérales de la substance blanche, les arborisations nerveuses des cellules sensitives de Golgi (cellules autochtones et à cylindre axe ascendant) et les bouquets des cellules pyramidales constituent un plexus unique, dans la zone moléculaire de la corne d'Amm.on (ensemble des couches radiée, lacunaire et moléculaire proprement dite) les arborisations des cellules de Go\g\ ïoïWiQnt plusieurs plexus superposés, chacun d'eux se mettant en connexion avec des parties distinctes de la tige et du bouquet périphérique des cellules pyramidales.
2° Les cellules sensitives de Golgi sont bien plus abondantes dans la corne d'Ammon que dans l'écorce cérébrale typique ; au contraire, les corpuscules spéciaux ou pluripolaires sont plus rares et peut-être manquent-ils dans la plus grande partie de la corne d'Ammon.
3° On doit considérer comme des dispositions nouvelles et comme un perfectionnement de la zone moléculaire la réunion en une bande horizontale (strafum lacunostùm, couche lacunaire) de grosses collatérales ascendantes provenant des cellules pyramidales inférieures, et Texistence d'une ou de plusieurs séries de corpuscules sensitifs de Golgi dans ce même stratum lacunosuni.
4° La régularité de position et Taccumulation en une mince couche des corps des. cellules pyramidales détermine dans la corne d^Ammon une disposition également régulière des plexus nerveux péricellulaires procédant des cellules sensitives de Golgi.
5° S'il est vrai que les cellules sensitives de Golgi ou corpuscules à cylindre axe court ont pour but d'associer entre elles les cellules pyramidales, on pourrait considérer comme
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existant dans ia corne d'Ammon plusieurs espèces de ces corpuscules d'association : z, corpuscules associant les corps des cellules pyramidales (ce sont les corpuscules à cylindre axe horizontal et Tune des variétés de ces corpuscules à expansion nerveuse ascendante, situés dans ia zone des cellules polymorphes) ; 2, corpuscules associant les tiges radiales des cellules pyramidales (ce sont les corpuscules de Golgi de la couche radiée); ^, corpuscules associant les bouquets ou panaches protoplasmiques des cellules p37ramidales (ce sont les corpuscules du stratum lacunosum et mohculare).
Il conviendrait de faire une semblable distinction dans les corpuscules sensitifs du corps godronné ou fascia dentata. •
On trouve aussi dans ce dernier quelques variétés de corpuscules d'association ou sensitifs de Golgi, à savoir : i, des cellules qui relient les panaches périphériques des grains (petites cellules de la couche moléculaire); 2, des cellules qui mettent en rapport les corps des grains (cellules pyramidales et autres dont le cylindre axe ascendant se résout en des plexus supragranulaires et intergranulaires); ^, des cellules étoilées ou fusiformes reliant les éléments de la couche des cellules polymorphes.
6° La fascia dentata, quoique réductible au point de vue histologique et embryologique à une écorce cérébrale, ainsi que l'ont montré différents auteurs et en particulier Schasffer, doit être considérée comme une variété quelque peu spéciale d'écorce grise, car on y trouve les cylindres axes des grains ou fibres moussues qui n'ont point leurs analogues dans la trame corticale ordinaire.
7° A l'exception des grains, tous les autres éléments et couches de Id. fascia dentata sont également représentés dans la corne d'Ammon; la couche moléculaire du premier de ces organes est seulement d'une structure plus simple.