‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigation (volume 2)Chapitre 38 sur 83 · TO · texte numérisé non relu

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brantes. La cuirasse des tourelles aura O^^àS. Les tourelles sont reportées en abord dans un alignement oblique ; les canons tirent le long des murailles de deux grands roufles s*élevant à 6"*,10 au-dessus de Teau et portant le gaillard. Tous les inconvénients du bas francbord sont écartés, et le bâtiment peut recevoir une mâture. Chaque canon peut tirer dans Taxe, sur Favant et sur l'arrière, et droit par le trav.ers sur les deux bords; mais son champ de tir rencontre deux angles morts formant ensemble i ôO*" environ. Tel est le type le plus nouveau auquel a conduit la série des transformations qui ont, depuis quelque temps, fait compter les années comme des siècles pour l'architecture navale.

— Les Russes ont construit quelques bâtiments où tout a été sacrifié à la condition d'avoir la plus forte cuirasse pour le nîoindre dépla* cément possible. La forme circulaire a été adoptée à cet effet, conformément aux principes de la géométrie. La première batterie circulaire n'a eu que 27 centimètres d'épaisseur de cuirasse ; mais les autres atteignent 36 centimètres.

Ces bâtiments appartiennent à la classe des garde-côtes. Us se nomment des Popoffka, du nom de leur inventeur.

Elles ont 30"» de diamètre, 3",7 de tirant d'eau et 2.530'* de déplacement. Les fonds sont complètement plats. Le pont supérieur

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se trouve en abord à 0^,65 aa-dessus de Teau. La muraille est verticale, et forme àla partie an'iëre un porte-à-faux abritant le gouvernail.

— Au milieu du navire se trouve une tourelle de 9" de diamètre sur 2",15 de hauteur, renfermant deux canons en acier de 8 pouces. — La direction dans te mouvement de propulsion est assurée au moyen de douze quilles de O^^OS de haut. Ce mouvement est d'ailleurs obtenu à l'aide de six hélices commandées chacune d'une manière indépendante par un eompound de 80 chevaux, et capables de procurer au navire une vitesse de 8 à 9 nœuds.

N" XI. — 1. Examen sommaire dee conséqaencee du cniraseement. — 2. Bee relatione à observer entre la puissance défensive et la puissance offensive. -^ 3. Sur le décuirassement partiel, et sur le décuirassement total dans certains cas particuliers. — 4. Bâtiments de combat insubmersibles. — 5. Types probables des grands bâtiments de combat de l'avenir. — 6. Considérations sur les bfttiments de combat de rang inférieur.

N* XI| Examen sommaire des conséquences du cuirassement

— 11 nous reste à chercher les enseignements qui peuvent ressortir de tant de conceptions diverses, de tant d'essais coûteux si souvent considérés comme des solutions définitives.

Au début, la cuirasse a paru d'abord devoir diminuer d'une manière absolue la destructibilité des flottes. La révolution eût été favorable à la marine française et aux marines secondaires en général, si elle se fût arrêtée à la première transformation. Nos ressources, en effet, sont plus limitées en matériel qu'en personnel, comme le montre la difficulté de réaliser les programmes successifs pour la composition de la flotte, y compris celui de 1872. Or nous pouvions espérer, en 1858, créer une flotte capable de livrer plusieurs combats, sans avoir derrière elle une réseive de navires propres à remplacer ceux mis hors de service.

Ces prévisions furent renversées par les progrès des moyens d'attaque, qui suivirent de si près ceux des moyens de défense. La grande révolution, qui reste en définitive le fruit du cuirassement, est un énorme accroissement du prix de revient des navires déjà si fort augmenté par l'introduction de la vapeur. Le

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déplacement a doublé ; en même temps, il a fallu employer des matériaux beaucoup plus chers, le fer, puis Facier, exigeant une dépense de mise en œuvre plus considérable. Le kilogramme du navire armé, qui coûtait autrefois 0^£0, coûte maintenant 1 franc et plus. Le vaisseau rapide à vapeur revenait à 1 million plus cher que l'ancien vaisseau de ligne de 3 millions; Tadoption d'une cuirasse sur des navires en bois dé 6.000^'' a augmenté le prix d'un nouveau million; aujourd'hui, c'est à 10 millions au moins quil faut évaluer la valeur d'un navire de guerre.

Tandis que le matériel augmente en valeur, le personnel diminue en nombre. Pour manœuvrer, avec les appareils à vapeur ou les systèmes hydrauliques, quatre canons placés dans deux tourelles, il faut à peine, en comptant le transport des munitions, le dixième des canonniers du vaisseau en bois. Une flotte à voiles d'autrefois portait un matelot par 3.000 francs de valeur de matériel ; aujourd'hui, il faut au plus un homme par 10. 000 et môme par 15.000 francs. La proportion n'a guère moins varié pour les officiers. Ce n'est pas tout ; le matériel d'aujourd'hui devient impropre au service, par le changement des types, en moitié moins de temps que celui d'autrefois par l'usure naturelle; il faudrait donc des fonds pour le renouveler deux fois plus souvent.

Ce n'est plus dans les ressources en hommes, c'est dans la richesse budgétaire du pays que la puissance maritime a sa limite. La question du nombre est remplacée, pour les équipages, par celle de la perfection. Le budget total de notre marine étant à peu près stationnaire, sa répartition tend nécessairement à se modifier d'une manière profonde ; et le personnel sera singulièrement réduit, si les constructions persistent dans la voie actuelle.

Une seconde révolution est dans l'effacement complet des marines secondaires. Celles-ci, incapables de suivre le mouvement en avant et d'avoir sans cesse un navire du type actuellement le plus efficace, ne pourraient pas plus se liguer aujourd'hui, contre une marine puissante, que des bâtiments inférieurs ne pourraient se réunir contre un cuirassé de premier rang.

N"* XI, De8 relations à observer entre la puissance défensive

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et la puissance offensive. — Peut-on tirer de l'examen du passé des déductions précises sur ce que peut ou doit être la marine de guerre future? Il serait téméraire de répondre pour une époque un peu éloignée ; il est intéressant de chercher à prévoir au moins l'avenir immédiat, celui en vue duquel doivent être étudiées les constructions d'aujourd'hui.

Il faut reconnaître d'abord que la solution convenable pour le navire dépend de la solution possible pour le canon. Le canon de demain fera le vaisseau de demain. L'artillerie de marine, dans laquelle les questions de pénétration et de portée se posent aujourd'hui avec tant de précision, est en réalité une science nouvelle, dans laquelle il faut prévoir de nouveaux progrès. Au début de la cuirasse, le canon était regardé comme une arme "immuable, ou tout au moins, comme une arme dont les transformations étaient plus lentes que celles des vaisseaux eux-mêmes ; c'est là ce qui justiûe complètement la construction de la première flotte cuirassée. Aujourd'hui, il n'y a pas de limites connues; on ferait peut-être des pièces perçant les plaques d'un mètre, plus facilement qu'on ne forgerait cette cuirasse ; l'outillage nécessaire pour construire une telle artillerie coûterait sans doute moins cher qu'un navire cuirassé à 20 centimètres. Du jour où l'étude du canon a établi la possibilité de percer toutes les cuirasses, deux solutions sont devenues possibles pour les navires. La valeur militaire peut être principalement demandée à la cuirasse; elle peut l'être uniquement à l'artillerie qui, reprenant alors son importance d'autrefois, donne au navire la plus efficace des protections, celle qui consiste à écraser son adversaire avant d'être soi-même gravement endommagé.

Dans toutes les marines, on se propose, en général, un double but : adopter une cuirasse impénétrable aux canons de l'adversaire, fabriquer des canons en état de percer les cuirasses usitées à l'étranger. Il est évident que la solution simultanée, dans deux pays rivaux, du problème ainsi posé, renferme une contradiction. Le cuirassement ne veut pas de demi-mesures, une cuirasse traversée par un boulet n'a servi qu'à rendre le trou dans la muraille plus grand, plus difficile à boucher, plus meurtrier par suite des débris projetés à l'intérieur.

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La cuirasse est une grande puissance, ou bien un gros poids mort et une grande cause d'infériorité. Pour prendre l'avantage, chaque pays doit accroître les dimensions de ses navires. Il est possible, en créant un nouveau type, de frapper de déchéance les navires plus anciens ; mais on reste exposé à recevoir à son tour* dans son matériel, une atteinte pareille à celle que l'on a portée.

Dans cette course, où les concurrents cherchent à se devancer sans tendre vers un but défini, il se rencontre bien des voies différentes. Les uns ne reculent devant aucun accroissement de dimensions des navires, et poursuivent le cuirassement à tout prix! D'autres jugent un sacrifice nécessaire, et se contenteraient d'une cuirasse protégeant la carène et les organes vitaux du navire en laissant les canons à découvert. Quelques-uns, en acceptant cette dernière solution, réclament la conservation d'un blockhaus cuirassé pour la roue du gouvernail et le commandant, tandis que la plupart font bon marché du blockhaus, même quand les canons sont protégés. Il n'y a jamais eu d* époque où l'on ait été plus certain que la solution adoptée, quelle qu'elle fût, dût faire beaucoup de mécontents.

N* XI, Sur le dëcnirassement partiel, et sur le décuirassèment total dans certains cas particuliers. — L'augmentation de calibre, en amenant une diminution du nombre des pièces et en accroissant la difficulté de les charger, a complètement changé les conditions du combat. Les coups envoyés sont rares; les coups reçus doivent l'être bien plus encore, en raison de l'agilité des évolutions à la vapeur. Pour soutenir une longue lutte, il ne s'agit pas, pour un bâtiment, d'être à Tabri de tout dommage, il faut qu'il ne puisse pas être anéanti d'un seul coup. L'abandon du cuirassement pour l'artillerie n'a, dans ces conditions, rien d'irrationnel ; on peut même soutenir que, là où les tourelles cuirassées sont possibles, leur poids, employé en canons, serait souvent mieux utilisé. Les deux systèmes rivaux les plus débattus, cuirassement et décuirassement de l'artillerie, peuvent d'ailleurs trouver leur application rationnelle sur des navires de destination différente.

Si l'on construit des navires dont l'artillerie soit décuirassée, il suffit

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d'assurer à leur flottaison une protection relative; les chances d'être coulé doivent seulement être moindres que celles d'avoir toutes ses pièces démontées l'une après l'autre. Quant aux machines, aux chaudières, à la barre du gouvernail, aux soutes aux poudres, elles doivent jouir d'une protection absolue. La protection partielle de la carène en même temps que la protection absolue des organes vitaux, peuvent être obtenues en abandonnant la cuirasse verticale des flancs, en blindant un pont au-dessous de la flottaison, et en établissant, sur ce pont, une tranche divisée eu compartiments étanches qui peuvent servir de soutes au navire (*). A bord d'un bâtiment ainsi disposé, les ravages produits sont forcément limités ; un canon peut être démonté, un certain volume d'eau peut être introduit à bord; ce n'est point là un accident capital. La valeur défensive de ce système serait indépendante du calibre des pièces de l'ennemi; elle prendrait même relativement plus de valeur contre les gros canons (**). L'artillerie, disséminée sur le gaillard, pourrait être modifiée facilement et comprendre, suivant la campagne prévue, soit quelques pièces de gros calibre, soit beaucoup de pièces de petit calibre. L'allégement considérable résultant de la suppression de la cuirasse permettrait de revenir à des navires de dimensions modérées aptes aux navigations lointaines. Ajoutons, en faveur de cette solution, que, le jour où l'on comptera sérieusement avec la torpille, on devra tendre à réduire les dimensions des bâtiments.

N** XI^ Bâtiments de combat insubmersibles. — Si Tartillerie reste placée dans des toui'elles cuirassées, ce qui suppose un

(•) Le Warrior, le Black-Prince, la Défense, la Résistance, ont leurs extrémités décuirassées et divisées en oelluies; PHecior et le Valiant ont vingt compartiments étanches à chaque extrémité et des caissons étanches sur ies flancs. Sur Ut Northumberland, des cioisons ont été combinées avec ia cuirasse et avec des cellules latérales, auxquelles ce navire a dû son salut dans son abordage avec l* Hercules, V Hercules a neuf cloisons transversales étanches à la hauteur de la flottaison, et des cellules étanches en abord. •Sur les navires anglais plus récents et sur les navires prussiens copiés sur leur modèle, on retrouve la même disposition, qui permet de diminuer sensiblement répaisseur de la cuirasse vers les extrémités avant et arrière.

(*') 11 est à prévoir, à ce sujet, que, si l'emploi des cellules devient un jour assez général pour faire abaisser le calibre des canons, il aidera^ par là, à conserver le cuirassement pour les quelques portions peu étendues du navire qui ont le plus besoin de protection.

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gros navire, il faut, contre le danger de couler bas, une protection aussi complète que celle dont jouissent les canons. Un tel résultat peut être encore obtenu avec le système cellulaire ; il suffit de remplir les cellules de substances encombrantes, dont le déplacement dans l'eau, ajouté au déplacement du flotteur sous le pont blindé, devienne égal au poids du navire, avant que renfoncement puisse compromettre les qualités militaires ou la sécurité. Les cellules deviennent, plus particulièrement pour ce cas, les cales du navire remontées d'un étage. Sur tin flexible j toutes les cloisons étant déchirées, l'immersion serait seulement accrue d'un pied; on ne sait donc pas quelle est la partie réellement vulnérable de la flottaison, ou de celle protégée par les simples cloisons, ou de celle défendue par l'énorme cuirasse de 0"*,61 (*).

N** XI5 Types probables des grands bfttiments de combat de l'avenir. — Deux types principaux de bâtiments de guerre peuvent, dans ces conditions, être prévus pour l'avenir.

D'abord, les cuirasses gardent leur rôle dans la défense: les tourelles et la flottaison peuvent être encore efficacement couvertes de fer. Des navires tels que le Dreadnought, écraseraient infailliblement les navires non cuirassés en nombre quelconque, dont les canons ne perceraient pas la cuirasse du Dreadnought.

En second lieu, des navires non cuirassés, plus petits que les précédents, mais dotés d'une artillerie perçant leurs plaques, peuvent lutter avantageusement contre eux,* tandis qu'ils rencontreraient euxmêmes leurs adversaires les plus redoutables dans des bâtiments armés d'un grand nombre de pièces de moindre calibre. L'adoption de ces bâtiments ramènerait à des flottes nombreuses demandant un nombreux personnel.

Dans les escadres mixtes composées de ces deux sortes de navires, pourra se vider un jour la question du cuirassement. La solution dépend de trop de données encore indéterminées pour qu'on puisse la prévoir aujourd'hui avec précision.

(*) La plupart des dispositions earactérisUques adoptées en Angleterre vax Vin flexible, ont été proposées en France, en 1872, pour la construction d'un navire de second rang.

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L'Inflexible représente, dès à présent, une solution mixte.

N** XI^ Considérations sur les bâtiments de combat de rang inférieur. — Au-de$oous des grands bâtiments de combat, il s'en trouve de moindre importance qui occupent encore un rôle digne d'intérêt.

Le bâtiment de ligne proprement dit, c'est-à-dire le bâtiment muni de tous les éléments de puissance que Ton peut combiner à une époque donnée, n'a jamais suffi aux besoins de la marine; son rôle, aujourd'hui, se restreint encore, à mesure que ses dimensions et son prix de revient s'accroissent. Il faut avoir des navires moins coûteux, pour les opérations de guerre à exécuter dans les mers lointaines, et même pour divers sei'vices spéciaux à remplir à proximité du pays.

Au temps de la marine à voiles, il existait une série de types successifs de grandeur différente; à chaque degré de Téchelle, on n'avait qu'une seule sorte de bâtiments, frégate, corvette, brick, goélette, etc., présentant à la fois toute la vitesse et toute la puissance d'artillerie compatible avec ses dimensions. Avec la vapeur, qui oblige à consacrer à l'appareil de propulsion une portion notable de l'exposant de charge, les solutions se sont multipliées selon que, pour un déplacement total donné, on a recherché particulièrement, soit la puissance d'artillerie, soit la vitesse, soit la distance franchissable à la vapeiu*. En même temps, les petits bâtiments ont commencé à se trouver, vis-à-vis des gros, dans des conditions d'infé: riorité qui n'existaient pas autrefois.

Si, laissant décote les classes inférieures de navires, nous considérons celle qui suit immédiatement les bâtiments de ligne, nous trouvons le point de départ du matériel actuel dans la frégate à hélice en bois, qui représentait à peu près, de son temps, l'ancienne frégate à voiles, mais sans avoir comme cette dernière la supério^ rite de marche sur le vaisseau. Plus tard, la cuirasse a été appliquée aux navires de la seconde classe. Pendant la période du cuirassement complet, on a pu obtenir de bons navires de second rang en faisant les premières applications du cuirassement partiel ; c'est ainsi que nos corvettes type Belliqueuse ou Jeanne-d'Àrc pouvaient figurer

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dans un combat, à côté des frégates du type Flandre^ contre des adversaires, grands ou petits, ayant comme elles 15 centimètres de cuirasse. Plus tard, ont été créés des navires à tourelles d'un déplacement relativement faible, tels que le 5^/ter, capables d'être associés à des navires à réduit beaucoup plus forts, comme le Suffren, Aujourd'hui que, sur les plus grands navires, on restreint les surfaces cuirassées à leur extrême limite, la question des navires de second rang, si Ton veut leur conserver une cuirasse eflScace, devient tout à fait insoluble.

Le cuirassé de première classe étant supposé n'avoir que le déplacement juste nécessaire pour porter les plus forts canons en service et la cuirasse qui leur correspond, il faut admettre que celui de seconde classe ne recevra qu'une artillerie inefficace contre certaines cuirasses et une cuirasse pénétrable aux gros projectiles. Ainsi construits, les petits cuirassés peuvent combattre entre eux, si toutes les marines, aux prises avec les mêmes impossibilités, adoptent, par un compromis invraisemblable, des solutions analogues. Les navires de second rang sont assurés de ne pouvoir prendre part, même comme appoint, à une lutte où figurent ceux de premier rang, qui les détruiraient à coups de canon sans avoir rien à craindre de leurs boulets. C'est ainsi, pour prendre nos exemples dans les types anglais les plus récents, que des Shannon^ en nombre quelconque, ne pourraient rien contre un seul Dreadnought ou un seul Inflexible, La position du petit cuirassé est d'autant plus critique que, sa marche étant généralement inférieure, il se trouve sans aucun moyen de salut en face de son puissant adversaire (*) .

Actuellement, le seul moyen de rendre, aux navires de la seconde classe, leur importance dans la flotte à côté de ceux de la première classe, consisterait à commencer par eux l'essai du réseau de cloisons étanches entièrement substitué à la cuirasse de la flottaison . On pourrait

(*) Peut-être faadra-Ml faire exception pour les deux cuirassés russes de seconde classe le Générai-Amiral et ie Duc-dC Edimbourg, qui ont reçu des cuirasses insuffisantes de \b centimètres 4 la flottaison, mais auxquels on s'est efforcé d'assurer de grandes Titessesi

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ainsi, tout en leur assurant une protection sérieuse, leur donner les canons du plus fort calibre, capables d'entamer toutes les plaques, et leur procurer une vitesse supérieure à celle des grands cuirassés. Telle serait aujourd'hui la continuation logique du mode d'opérer, suivant lequel les innovations successives, consistant ici en une réduction de surface cuirassée, ont toujours été appliquées d'abord aux navires de seconde classe.

N* XII. — 1. Conditions actuallef de la gnarre de course. Types de croiseurs les plus remarquables. — 2. Avisos et canonnières. ^ 3. Des transports A vapeur. — 4. Principaux types de transports à vapeur. — 5. Installations particulières propres aux transports à vapeur. — 0. Classification des bAtiments de guerre actuels. — 7. Tableaux concernant tous les éléments des divers types de bâtiments de guerre actuels, et effectifs des principales flottes du monde.

N* XII, Conditions actuelles de la guerre de course. Types de croiseurs les plus remarquables. — En même temps que Taccroissement du calibre des pièces et do l'épaisseur des cuirasses, a rendu si difficile la construction des navires de guerre de rang inférieur, les conditions nouvelles imposées à la guerre de course par l'application de plus en plus étendue de la vapeur à la marine de commerce, ont fait augmenter dans d'énormes proportions les dimensions des corsaires. Les navires construits exclusivement en vue de la chasse et de la croisière, appartenaient naguère aux classes inférieures de bâtiments. Les corvettes à hélice, telles que le PhUgéton ou le Dupleix^ disposées de manière à porter presque autant d'artillerie qu'il pouvait s'en loger sur leur pont, étaient encore des navires de combat. Les corvettes type Sané et In» fernetr qiû filent près de 15 nœuds, sont aujourd'hui de véritables croiseurs.

La poursuite des paquebots demande, pour être tout à fait efficace, une supériorité de marche de 2 nœuds environ, afin que le paquebot, chassé dès qu'il est en vue, puisse en général être atteint avant la nuit. La recherche de vitesses de 16 à 17 nœuds a conduit, ea Amérique et en Angleterre d'abord, ensuite en France, à con^

cxxvin INT»". — HISTORIQUE DE L\ MARINE A VAPEUR. — N* Xtlj

struire plusieurs très-grands navires qui sont dépourvus de toute puissance défensive, même pour les parties vitales, chaudières et machine, et qui portent un poids d'artillerie très-faible relativement à leur exposant de charge. Le tableau suivant donne les dimensions des principaux bâtiments de ce genre présentement adoptés.

Longueur

Largeur

Tirant d'eau moyen.

Déplacement.. . . .

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