‹ Les nouvelles machines marines, supplément au Traité des appareils à vapeur de navigation (volume 2)Chapitre 9 sur 83 · PREFACE. TU · texte numérisé non relu

PREFACE. TU

peur, l'amiral Labrousse établit que le couple de roiaiion des machines à trois cylindres, système Woolf, différait peu de celui des machines ordinaires à deux cylindres, et était sensiblement moins régulier que celui des machines k trois cylindres indépendants. Mais les déductions précédentes n'étaient justes qu*en raison du faible degré de détente et du volume trop grand adoptés pour le cylindre admctteur des machines Woolf considérées, et qu'avait rendus obligatoires la limite qu'on s'était imposée pour la pression aux chaudières. Au surplus, dans cette étude du rôle de Tinertie des pièces mobiles, le savant amiral n'envisagea qu'un côté de la question. Après avoir minutieusement évalué les effets de cette inertie sur le couple de rotation, il ne songea pas à en examiner Taction importante sur la stabifité des appareils qu'il discutait Sans cela, il eût été obligé de reconnaître que les machinera trois cylindres, quel que soit du reste leur mode de fonc tionnement, réalisent, par \% fait même da la disposition en éventail des trois vilebrequins de l'arbre de couche, les principales conditions d'une bonne équilibration. Cest surtout pour cela, qu'elles sont à l'abri des chocs et des saccades qui se produisent dans les marches à grande vitesse, et sur lesquelles l'irrégularité du couple de rotation n'a qu'une faible influence.

En résumé, les critiques de l'amiral Labrousse dépassèrent le but; et, nous venons de le voir, efles n'envisagèrent sur chaque point qu'un cMé secondaire de la question. Somme toute, M. Dupuy de L6me avait vu juste, cette fois encore comme aux grandes époques de sa vie d'ingénieur, lors de la conception du premier vaisseau rapide k vapeur le Napoléon et de la première frégate cuirassée la Gloire. A un moment où en Angleterre la maison Randolph et Elder, et en France M. Benjamin Normand, fils de l'éminent constructeur du Davre, appliquaient le système Compound sur des appareils de force moyenne et de faible vitesse de rotation, présentant d'ailleurs de médiocres conditions d'accouplement des cylindres, M. Dupuy de Lôme Abordait le problème k grande échelle, et donnait une solution qui s'appropriait admirablement aux bâtiments de guerre de premier rang. 11 a suffi, pour donner k sa combinaison toute la valeur qu'elle comporte, d'aborder franchement les hautes pressions et de restreindre le volume du cylindre admetteur et som degré d'introduction, en adoptant d'ailleurs les condenseurs à surface.— L'avenir est venu consacrer d'une manière éclatante la supériorité des machines Compound. La marine commerciale, qui est elle-même le meilleur juge de ses intérêts, et où tout se pèse au poids de l'or économisé ou gagné, a unanimement adopté aujourd'hui ces machines dans tous les pays du monde. 11 ne s'agit pas ici de la vogue d'un jour; et si les adversaires du système viennent lui opposer quelques essais comparatifs avec des machines ordinaires où celles-ci ont été supérieures, cela prouve que les appareils comparés ne se trouvaient pas dans les mêmes conditions de bon fonctionnement; car on peut citer un bien plus grand nombre

VIII PRËFAGE.

d'expériences où les machines à délente simple ont été battues. Dans tous les cas, aucun argument ne saurait suffire pour effacer les avantages commerciaux que les Gompound réalisent depuis plusieurs années, et qui se révèlent surtout à Yuser, ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut. — Cette longue digres<sion nous a paru nécessaire pour édifier le lecteur sur Timportante question d*un système qui a déjà envahi toutes les marines de commerce, et que les marines de guerre adoptent de plus en plus.

Reprenant rénumération des publications relatives aux machines marines depuis 1862, nous citerons une Étude comparative des machines à trois cylindres Woolf et de l'ancien type à deux cylindres , donnée, en 1868, par 11. Ilubac, mécanicien principal de la Flotte, dans le Bulletin du cercle des Mécaniciens de Toulon.

La même année, M. Audenet, ingénieur de constructions navales, fit paraître une brochure intitulée: « Consommation de combustible des machines marines ». Cette brochure est traitée de main de maître. On y voit pour la première fois quelques principes de Thermodynamique appliqués aux appareils de navigation. L'auteur a en outre étudié avec un soin et une sagacité extrêmes Tinfluence que produisent sur la consommation de com-« bustible et de vapeur, Télévation de la pression, la salure de Teau, la plus ou moins grande siccité de la vapeur, la température de la condensation, les chemises de vapeur, l'emploi du Woolf et enfin la vitesse de rotation. Tout l'ensemble de ce travail repose d'ailleurs sur les expériences les plus sérieuses, ce qui lui assure une incontestable autorité. M. Audenet a complété ce travail en i873 et 1874, par deux études sur les chaudières à vapeur et les condenseurs à surface.

En 1873, M. Hallet, ingénieur civil, a édité une importante. brochure « Sur les nouvelles machines à vapeur marines », comprenant la traduction anglaise du travail de Bramwell sur Téconomie de combustible dans les machines Compound, et une étude originale sur le même sujet. Cette publication constitue un ouvrage très-sérieux à tous les points de vue, et où les praticiens et les ingénieurs peuvent puiser des renseignements pleins d'intérêt sur le système Woolf, dans ses applications actuelles à la navigation.

Enfin, en 1874, M. Ortolan, mécanicien en chef de la flotte, a publié une note intéressante sur les combustibles usuels.

A rénumération précédente des principaux travaux sur les machines marines, parus en France depuis 1862, nous joindrons de nombreux articles du àîémorial du génie maritime et de la Bévue maritime et coloniale.

PRÉFACE. ,x

£d Angleterre, pendant la période de iemps qui nous occupe, on ne trouve guère traitant des machines marines, et en dehors des revues périodiques bien connues Ariizan^ The Navt/^ Engineer^ et Nautical Magazine^ que les trois ouvrages suivants :

1*" SMp building iheoretical and practical, éditer M. Rankine. Cet ouvrage remarquable embrasse toute la science du navire k vapeur, coque, appareil et propulseur. 11 a été publié en collaboration par les constructeurs et les ingénieurs les plus distingués de TAngleterre. La partie qui concerne les machines marines a été rédigée, pour la partie théorique, par le célèbre professeur Rankine, qui y a introduit d'une manière élémentaire les principes de la Thermodynamique;

2* Modem marine Engineering^ by N. P. Burgh, engineer, suivi d'un supplément sur les Compound engines. Ce livre ne contient absolument que . des documents descriptifs, et n^offre d^utililé qu'à ce point de vue;

3* Une nouvelle édition àa Screw^opeller de Bourne, qui n'est qa'une reproduction intégrale de Touvrage primitif, avec addition de quelques récents appareils, mais sans aucunes 'considérations nouvelles.

Il nous reste k dire qu*en dehors de l'Angleterre, nous n'avons trouvé à l'étranger aucun document sérieux sur les machines marines.

Notre premier soin, en entreprenant la présente publication, a été d'extraire de tous les ouvrages précédents les documents et les idées vraiment dignes d'intérêt, et comportant un caractère certain de nouveauté.

Résumer, en les coordonnant, ces documents et ces idées répandus danft des sources si diverses, et n'offrant, pour la plupart, qu'un point de «ue particulier; y ajouter de nombreuses données originales et recueillies par nous-méme dans les usines les plus en vogue et auprès des hommes les plus compétents; enfin rédiger Tensemble sous une forme méthodique, en invoquant en temps et lieu les principes de la Thermodynamique : tel est l'objectif que nous nous sommes proposé pour la partie technique du livre.

En parcourant l'ouvrage, le lecteur se rendra facilement compte du labeur excessif, nécessité d*abord par la rédaction du texte et la préparation des planches et de leurs légendes, et en second lieu par l'établisse ment des tableaux numériques de l'atlas, qui présentent chacun un tout parfaitement homogène d'éléments relatifs aux divers appareils considérés. Aussi nous eût-il été impossible d'entreprendre un pareil travail, si nous n'avions trouvé dans le personnel spécial de la marine à vapeur de guerre et de commerce, un monde de collaborateurs dévoués. Les noms des principaux de ces collaborateurs figurent sur la couverture de l'ouvrage. Mais il en est un au zèle duquel nous devons un hommage tout particu-

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