TREUILS ET CABESTANS A VAPEIR. — N
se fait par le mouvement d'oscillation du cylindre. Un robinet à quatre fins, placé à la jonction des conduits d^admission et d'évacuation, permet de renverser la marche avec la plus grande rapidité. Cette distribution est aaaiogne à celle que produirait un tiroir mû par un excentrique calé à 90* ; elle a Vinrconvénient de ne pas permettre remploi de la détente, mais cet inconvéoient est faible pour une petite machine dont le fonctionnement est toujours forcément intermittent. — Comme dans le type précédent, ce treuil comprend trois cloches : une cloche cylindrique au milieu, entre les bâtis, et deux cloches hyperboloîdales à Textérieur. Mais h cause de la boite de distribution de vapeur des cylindres, ces dernières*clochessont beaucoup trop en porte-à-faux, malgré rinstaliation d'un support supplémentaire. C'est d'ailleurs la seule partie du treuil Corradi qui laisse à désirer, car sa manœuvre est facile et toujours sûre.
Treuil de Carltund. — Ce treuil, construit par l'usine de Motola^ en Suède, est une autre modification du type anglais. Un cylindre à vapeur unique, placé au-dessous du pont, vient s'appuyer par son couvercle sur la base d'un des bâtis. Ces derniers sont par suite beaucoup moins hauts. Le tiroir est à l'intérieur des bâtis, mais il n'est conduit que par un seul excentrique à calage fixe, ce qui supprime la possibilité du renversement de marche. Il n'existe d'ailleurs que deux cloches sur le treuil : l'une cylindrique, entre les bâtis, et l'autre hyperboloïdale, en porte-à-faux, du côté opposé au cylindre unique. Enfin, le frein est sur l'arbre moteur au lieu d'être sur l'arbre des cloches. 11 résulte de l'ensemble de ces dispositions, que le treuil doit être manœuvré de la manière suivante : on vire en embrayant l'arbre intermédiaire avec les deux autres; puis, pour filer le garant, il faut embrayer directement l'arbre moteur avec l'arbre des cloches, ce qui change le sens du mouvement de cet arbre, la machine continuant de tourner. Cette installation est très-mal commode, car il faut commencer par bosser pour effectuer le changement d'embrayage.
Treuil de Claparède. — Ce treuil n'est employé qu'à terre, dans les arsenaux ou dans les chantiers de construction. Le treuil proprement dit est fixé sur un corps de chaudière locomobile à tubes horizontaux, qui supporte également la petite machine motrice à deux cylindres. Ce treuil comporte deux bobines à cannelures cylindriques, montées en porte-à-faux sur des arbres horizontaux parallèles à l'arbràmoteur, et sur lesquelles passe, en s'enroulant de l'une sur l'autre, le filin qu'il s'agit d'embraquer. De ces deux bobines, une seule à la fois est conduite par le mécanisme ; la deuxième reste fixe et ne sert qu'à augmenter la résistance du filin et à lui donner la direction convenable. Un pignon claveté sur l'arbre moteur, et que l'on peut engrener à volonté avec des roues de diamètre différentscTavetées sur les axes de chacune des bobines, permet de faire varier la vitesse et l'effort transmis au filin. — De l'autre côté des bobines et montées sur les axes de ces dernières, se trouvent des cloches hyperboloïdales.
Cahesian à papeur de W.Jiaihew ei (?••. 7- Le- type le plus important des
TREUILS ET CABESTANS A VAPEliR. — N» 66, 245
Cabestans à vapeur, usités surtout dans la marine anglaise, est celui de MM. Mathewy Paul et C'* de Dtmibarton, Il comprend deux parties distinctes : un treuil horizontal avec couronnes à empreintes pour chaînes, généralement placé dans Tentrepont, en un petit cabestan à axe vertical, sur le pont des gaillards. Les bâtis qui supportent tout l'appareil ainsi que les machines qui le font mouvoir, sont dans l'entrepont. •— Chaque machine se compose d'un cylindre vertical placé dans Taxe du bâti contre sa face extérieure, avec le tiroir placé en dedans des bâtis ; un seul excentrique à calage fixe conduit le tiroir. Les deux machines sont accouplées sur un arbre horizontal qui, par un système de deux pignons et d'une grande roue d'angle, peut transmettre un mouvement de rotation, à droite ou à gauche, à un arbre vertical situé à égale distance des deux bâtis et soutenu par deux crapaudines. — Le mouvement de rotation de cet arbre se transmet, d'une part, par une vis sans fin à l'arbre horizontal des couronnes à empreintes, et de l'autre, par un pignon à Tarbre vertical du cabestan supérieur. Ce pignon peut être désembrayé pour rendre le cabestan indépendant ; on peut également désembrayer à volonté chacune des deux couronnes à empreintes, do manière k virer Tune d'elles en laissant l'autre au repos, ou même en filant de la chaîne par cette autre. Pour ces manœuvres, chaque couronne à empreintes est munie d'une couronne à linguets et d'un frein. Le cabestan est également muni d'une couronne à linguets, et peut être mis en mouvement au moyen de barres, quand il a été désembrayé.
Haleur à vapeur de MM. Gaillard frères du Havre. — Les bateaux de pêche au hareng ou au maquereau, mettent à la mer des longueurs de 6 à 8 kilomètres de filets ; ces filets sont rentrés à bord au moyen d'un cabestan viré à bras d'hommes. Cette opération, outre qu'elle est extrêmement fatiguante, présente des dangers sérieux lorsqu'il y a de la mer, et exige des équipages de pêche nombreux. MM. Gaillard frères, du Havre, ont imaginé, pour le cabestan du haleur,* un moteur qui répond à toutes les exigences du temps.
Le cabestan a gardé sa forme primitive, ainsi que les empreintes des barres et ses linguets. Sur sa partie inférieure, au-dessus du rochet des linguets, est montée une grande roue qui reçoit son mouvement d'un pignon droit. L'axe de ce pignon traverse le pont et porte à sa partie inférieure, un grand disque circulaire dont le plan est légèrement conique, et s'appuie par ses bords sur deux galets montés comme des pignons sur l'arbre moteur. Au moyen d'un grand levier placé sur le pont, près du cabestan, on peut exercer un eiTort de pression suivant l'axe du disque, et par suite l'appuyer fortement sur ses galets. Le mouvement n'étant transmis que par frottement, toute avarie est évitée pour le cas où la résistance devient trop grande, soit p&r suite de la levée du bâtiment, soit par suite de l'introduction d'un corps étranger dans Teogrenage ; la machine continue de tourner, mais le cabestan s'arrête.
Le générateur de vapeur est une chaudière verticale à bouilleur.
Tout cet ensemble tient relativement peu de place, et son application constitue une progrès très-marqué dans le bien-être de nos pêcheurs.
246 APPAREILS A VAPEDR POUR GODVERNAIL. — N* 66^
Treuil à vapeur Gaillard, — MM. Gaillard, construisent aussi des treuils à vapeur, à deux cylindres horizontaux, dans le genre de ceux que nous avons décrits, arec deux fusées cylindriques au milieu, et un fusée hyperboloidale extérieure, sur chaque extrémité de Taxe de j^Parbre. Ces treuils ont un aspect très-robuste et se manœuvrent avec facilité.
N^ 66^ Appareils â vapeur pour manœuvrer le f^nvernail. — Jusqu^à présent, les appareils à vapeur pour la manœuvre du gouvernail sont munis de servo-moteurs Farcot. Les premiers appareils de ce genre ont été appliqués sur les garde-côtes cuirassés, Cerbère^ Bélier^ Bàule-Dogue et Tigre. Ils sont à action directe; c'est-à-dire que pour faire passer la barre de Tinclinaison maximum sur un bord à Finclinaison maximum sur le bord opposé, le piston moteur ne fait qu'une course dans son cylindre. Pour les grands cuirassés, Tappareil comporte deux cylindres inclinés agissant sur un arbre commun, et ce dernier actionne le treuil de la drosse par rintennédiaire d'un pignon.
Appareils & vapeur pour manœuvrer le i^uvemall t type appliqué sur les fl^rde-oôtes euirassés. — Cet appareil est représenté par la fig. 23, pL VIII. La légende adjointe à cette planche en donne une description détaillée.
Le fonctionnement du servo-moteur repose sur ce fait que, lorsque l'extré-
Fig. 23, ^*^ arrière du levier M actionné par les drosses, se trouve sur Taxe 1 de la
PI. vin., barre de manœuvre Aj, le tiroir du petit servo-moteur est à demi-course. —
Supposons la barre droite, tous les tiroirs à demi-course, et agissons sur les
drosses de manœuvre pour mettre la barre à tribord, comme sur la figure. Les
divers leviers et bielles de la transmission de mouvement du tiroir du petit
servo-moteur se déplacent dans le sens indiqué par les flèches : Tarticulation
arrière du levier de manœuvre M se place sur tribord de l'axe 1 ; le tiroir du
petit servo-moteur se déplace sur bâbord, ouvre Torifice du bas à Tintroduction
et celui du haut à l'évacuation. — Le piston p du petit servo-moteur se déplace
sur bâbord, et manœuvre le grand tiroir D ; celui-ci démasque ToriGce bas
de son cylindre pour Tintroduction, et celui du haut pour l'évacuation. — Le
mouvement du piston p est également transmis par le double levier U, la
bielle 11, la crémaillère et le pignon u, et enfin par les bielles et leviers 12, aux
tiroirs du frein hydraulique qui se déplacent sur tribord, mettant ainsi en
communication les deux bouts du cvlindre de ce frein. Il résulte de cette
disposition, que le frein hydraulique ne peut gêner les mouvements de la barre.
Le tiroir D du grand servo-moleur n'étant plus à demi-course, le piston P
se met en marche sur bâbord, et agit par sa tige TT et sa bielle B, sur la