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LA TDÉRAPEUTIQUE DEPUIS CINQUANTE ANS

L'année suivante, et seulement quelques mois après, en février ciiioroformi- 1847, Sédillot propose de substituer a 1 ether sulfurique 1 ctlier clilorhydriquc. Le mois suivant, le 8 mars, Flourens, dans une communication ù l'Académie dessciences, étudie comparativement l'aneslhésie produite par l'éther sulfurique et celle déterminée par l'étlier chlorhydrique, et propose d'employer un corps que Souheiran avait découvert en 1830, et qui se rapproche par plusieurs points de l'éther chlorhydrique : c'était le chloroforme. Au mois de novembre de la même année, Simpson, d'Edimbourg, apphqueleseffetsanesthésiquesduchloroformeàl'homme, et désormais, ce corps tend à se substituer à l'éther, dans l'anestliésie chirurgicale. Et pendant que l'on célébrait de toutes parts les bienfaits de cette anesthésie, celui qui le premier avait songé à appliquer la découverte de Davy sur le gaz liilariant à la pratique chirurgicale, Horace Wells, se tuait; et, par une étrange destinée, il employait pour accomplir son suicide, l'éthérisation, que ses adversaires triomphants venaient d'introduire dans la j)ratique médicale.

Dans cette découverte, l'empirisme avait une place plus apparente que réelle, et lorsqu'on suit pas à pas l'enchaînement des faits, on voit que c'est par une tout autre voie que la découverte de l'anesthésie a eu lieu. Davy, guidé par ses travaux sur l'action des substances gazeuses sur l'économie, emploie d'abord le protoxyde d'azote. Horace Wells veut appliquer ce protoxyde d'azote à la chirurgie ; il échoue dans sa première expérience ; Jakson songe alors aux vapeurs d'éther ; Morton applique ces vapeurs d'éther à l'anesthésie. Sédillot a la pensée de substituer l'éther chlorhydrique à l'éther sulfurique, et Flourens propose alors le chloroforme qui a tant d'affinités avec cet éther chlorhydrique. Enfin, Simpson établit les bases de la chloroformisation.

Ainsi donc, messieurs, c'est par une étude comparative des substances appartenant à la même série chimique que s'est faite cette grande découverte. Mais cette étude comparative n'en est pas restée au chloroforme, et les autres substances, appartenant aux groupes des éthyles et des méthyles, furent alors abordées, et l'on y trouva un grand nombre de corps, qui, sans renverser absolument le chloroforme, qui paraît encore le meilleur des anesthésiqucs, n'en rendirent pas moins d'importants services dans l'anesthésie chirurgicale. C'est cette môme étude comparative qui amena Liebreicht à introduire dans la thérapeutique

co puissant hypnotique, véritable chloroformisation médicinale, je veux parler du cliloral.

Du chlorai. Liebreiclit, en 1869, voulant examiner, comme il le dit luimême, les efïels de certaines substances qui subissent dans l'organisme des décompositions, étudia comparativement l'acide trichloracétique, ses sels et le chloral, et montra les propriétés hypnotiques do ce dernier corps, que Liebig, bien des années auparavant, en 1 83 1 , avait obtenu en dirigeant un courant de chlore sec sur l'alcool absolu, et que quelque temps plus tard, en 1834, Dumas étudiait de nouveau. Vous connaissez tous, messieurs, les immenses avantages que nous tirons chaque jour de ce chloral qui se consomme aujourd'hui par milliers de kilogrammes.

Paraicîéhyde. G'cst toujours la même étude comparative qui a conduit Gervello à conseiller l'usage de la paraldéhyde, car lorsqu'on examine la formule atomique du chloral, on voit qu'il peut être considéré comme une aldéhyde, l'aldéhyde triclilorée ; de là, la pensée d'employer cette paraldéhyde qui est, en résumé, constituée par la réunion de trois atomes d'aldéhyde. Un de nos élèves, le docteur Coudray, vient de consigner dans sa thèse des résultats qu'il avait observés dans notre service par l'emploi de cette paraldéhyde (I).

Mais la découverte de l'anesthésie chirurgicale et l'introduction du chloral et de ses dérivés dans la thérapeutique médicale ne suffisaient pas encore pour calmer toutes les douleurs, et en particulier les douleurs névralgiques. La découverte d'une méthode qui a pour ainsi dire révolutionné la pratique médicale en lui fournissant désormais un moyen positif et rapide d'introduction et d'absorption des médicaments devait compléter ces premières découvertes : je veux parler de la pratique des injections hypodermiques.

Des injections C'est à un Français que l'on doit la première idée ou, du 'mi'ques. moins, Ics premières tentatives pratiques de la méthode hypodermique. Le 27 décembre 1838, le docteur Lafargue (de Saint- Emilion) présentait à l'Académie de médecine un mémoire ayant pour titre : Sur les effets thérapeutiques de quelques médicaments introduits sous l' épidémie. Neuf ans après, en 1847 (2), Lafargue

(1) Coudray, De la paraldé/iT/de {Thèse de Paris, 1884).

(2) Lafargue, Des avantages thérapeutiques de l'inoculation de la movpliine et de celle de quelques autres médicaments énergiques {Bull, de thér., 1847, XXXVII).

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