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L-hyperthermie n'est pas l'ennemie

Indications

des antithermiques.

plus activement ; pour le second, c'est le salicylate de soude qui devra être employé ; pour le troisième, l'antipyrine donnera de merveilleux résultais à faible dose : 50 centigrammes à 1 gramme par jour; tandis qu'au contraire cette dose sera insuffisante pour notre quatrième malade, atteint de fièvre typhoïde, et il nous faudra des doses considérables, 2, 4 et 5 grammes. C'est là un point fort important sur lequel je ne saurais trop insister et qui montre la spécialisation des différents antithermiques dont je vous ai tracé l'histoire.

De Pour l'antipyrine, son action élective se montre particulière-

anhp^yrine, j^g^j. ^g^^^ fièvre dcs tubcrculeux, et c'est là un résultat bien applications, remarquable, car jusqu'ici nous étions bien impuissants contre cette fièvre hectique. Le sulfate de quinine, même aux doses de 75 centigrammes à 1 gramme, diminuait à peine cette fièvre tout en produisant des phénomènes d'excitation cérébrale; aussi Jaccoud avait-il proposé, lui, de substituer l'acide salicylique au sulfate de quinine. Ici encore l'action est peu manifeste, à moins d'employer des doses considérables qui ont les mêmes inconvénients que le sulfate de quinine, c'est-à-dire qu'elles produisent des vertiges et des complications cérébrales.

Reste l'antipyrine aux doses indiquées parFilehne :5 grammes en trois fois, 2 grammes d'abord, puis deux heures après 2 autres grammes, puis deux heures après 1 gramme. Ce médicament avait l'inconvénient de déterminer des sueurs profuses qui fatiguaient le malade. Mais maintenant que nous employons la nouvelle pratique de Huchard, c'est-à-dire que nous ne donnons que 50 centigrammes tous les jours ou tous les deux jours, nous tirons de cette médication un véritable bénéiice. Le malade n'éprouve plus cette chaleur mordicante de la peau qui le fatiguait, son sommeil est meilleur, ses déperditions sont moindres, et la médication antithermique vient se joindre à la suralimentation, aux médicaments modifiant l'expectoration qui, si elles ne guérissent pas le tuberculeux, lui permettent cependant de vivre et de lutter avec avantage contre sa maladie.

Daremberg cependant emploie une méthode différente dans l'administration de l'antipyrine ; il la donne surtout dans la période apyrétique, et il l'administre non pour combattre un accès qui se présente, mais pour empêcher celui-ci de se produire, et il administre ainsi jusqu'à 6 grammes d'antipyrine par jour, par doses fractionnées de 1 gramme. Il affirme que, par ce moyen,

DES INDICATIONS DE LA MÉDICATION ANTITllERMIQUE. 139

non seulement il arrête absolument la fièvre, mais encore qu'il évite l'action déprimante et sudorale de ce médicament (1).

L'antipyrine s'adressera aussi à ces fièvres éphémères si intenses qui accompagnent les amygdalites. Vous connaissez tous cet élat fébrile si grave et si effrayant de l'amygdalite ; la peau est brûlante et la température dépasse quelquefois 40 degrés, il y a de l'agitation et même du délire, et comme signes locaux on ne constate qu'un peu de rougeur dans l'arrière-gorge. Ici I encore l'antipyrine nous donnera de bons résultats, elle abaisse la température et calme par la sueur qu'elle provoque la sécheresse et l'ardeur de la peau.

Dans la pneumonie, vous pourrez encore user de l'antipyrine lorsque la température deviendra trop élevée. Enfin parmi les lièvres éruplives je vous signalerai la scarlatine, où l'action anti- ( thermique si puissante de ce médicament pourra trouver ses indicail">ns dans les formes anormales et hyperthermiques de cette maladie.

Quant à la quinine, elle restera le médicament antithermique De i& quinine, par excellence du périodisme morbide, car malgré l'action si puissante des nouveaux antithermiques, ils ne paraissent avoir qu'un effet incertain sur la fièvre intermittente. On a bien fait dans ces derniers temps quelques tentatives avec la résorcine et la quinoléine, mais, malgré les résultats favorables obtenus surtout avec ce dernier médicament, la quinine reste encore le médicament le plus puissant contre la fièvre intermittente.

Pour la fièvre de nature rhumatismale, c'est l'acide salicylique De l'acide ou plutôt le salicylate de soude qu'il faut employer, ici le médi- ^aiicyiique. cament a non seulement une action antithermique évidente, mais encore une action analgésique des plus puissantes, et constitue une véritable médication spécifique du rhumatisme articulaire aigu.Bernheim, de Nancy, abien soutenu que l'antipyrine donnait les mômes résultats que la médication salicylée dans le rhumatisme articulaire aigu ; les quelques tentatives que nous avons failes dans notre service à ce sujet »?.'ont pas répondu complètement aux prévisions du professeur de Nancy, et tout en obtenant un résultat assez favorable de l'antipyrine, ils ont été inférieurs à ceux obtenus avec le salicylate de soude. Peut-être

(1) Daremberg, De l'antipyrine contre la fièvre des tuberculeux {Bull, de thér., 30 juillet 1883).

faudrait-il faire une réserve pour le rhumatisme hyperthermique ou rhumatisme cérébral, où la thalline, qui se montre si puissante à faible dose, pourrait être indiquée. De Pour la fièvre typhoïde, je reconnais que les nouveaux anti-

^''^danîia™'^ thermiques, tout en permettant de ramener la température à la ûôvre typhoïde normale, ne modifient pas la marche de la maladie, et dans les très nombreux cas où l'antipyrine a été appliquée pour le traitement de la fièvre typhoïde, nous avons bien abaissé la température, mais dès que nous cessions l'administration du médicament, l'hypcrthermie apparaissait avec une nouvelle intensité, et les formes graves sont restées graves. Je dois cependant aussi reconnaître que l'administration de l'antipyrine n'a présenté aucun inconvénient et que, même administrée jusqu'à la dose de 4 grammes par jour par doses fractionnées de 1 gramme, cette antipyrine n'a produit aucun accident.

Pour ma part, jusqu'à nouvel ordre, je préfère dans la fièvre typhoïde, à tous ces médicaments, les bains, non pas les bains froids d'après la méthode de Brand, mais les bains tièdes. J'ai déjà soutenu l'avantage des bains tièdes sur les bains froids, il y a près de dix ans, en 1876, devant la Société des hôpitaux et depuis mon opinion n'a pas varié (I).

J'administre ces bains entre 35 et 36 degrés, de telle sorte qu'il y ait au moins 3 degrés de différence entre la température du malade et celle du bain, et je prolonge le bain une demiheure, trois quarts d'heure, suivant les forces du malade, forces que je soutiens en lui donnant dans son bain du vin et des grogs ainsi que du bouillon. J'obtiens de ces bains ainsi administrés lUf: un triple effet, d'abord les soins de propreté de la peau, puis

surtout une diminution dans les symptômes nerveux, ce qui amène le repos et le calme, enfin une action antithermique non douteuse.

L'application de nouveaux antithermiques à la fièvre typhoïde montre bien que l'hyperthermie n'est pas dans la dothiéncntérie le seul ennemi et qu'en abaissant la température, on combat un des petits cotés de la maladie et que si à mon sens les bains froids et surtout les bains tièdes sont préférables, c'est que leurs

(1) Dujardin-Beaumetz, De l'emploi des bains tièdes comparé à celui des bains froids dans le traitement de la fièvre typhoïde {Soc. méd. des hùp., 27 décembre 1870, p. 495).

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